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Couverture du risque de change | Livres blancs

L'impact du COVID-19 sur les chaînes d'approvisionnement

À la lecture de l’annonce d’un plan de relocalisation de la part d’Apple concernant un cinquième de sa production de smartphones hors de Chine, des milliards de pertes subies par les secteurs aériens et automobiles, ou encore des inquiétudes émanant des universités au regard du risque de baisse de fréquentation de la part des étudiants étrangers, on se rend compte que la pandémie que nous vivons pourrait initier de nouvelles tendances et de profonds changements au sein de nos modèles économiques et commerciaux.

Écrit par Guillaume Dejean – Western Union Business Solutions

Des circuits d’approvisionnement vulnérables

Dès lors que la première usine du monde a stoppé net son activité, c’est l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale qui s’est soudainement retrouvé plongé dans le noir. C’est précisément l’expérience douloureuse vécue par de nombreuses entreprises internationales durant cette pandémie au moment où la Chine a instauré sans préavis un verrouillage de son économie. Ce souvenir marquant pourrait laisser une trace indélébile dans l’esprit des dirigeants qui, dans cet environnement chamboulé, se retrouvent aujourd’hui à devoir faire des choix stratégiques qui habituellement nécessitent plusieurs années de réflexion.

Si l’on met de côté l’aspect humain extrêmement tragique de cette crise, cette période a permis de mettre en exergue la « fragilité de nos chaînes logistiques » d’après le Forum Economique Mondial[1] (FEM), laquelle découle directement, selon Oxford Economics, du « manque de diversification » de nos circuits de distribution et d’approvisionnement qui ont très généralement été construits sur la base d’une stratégie de réduction des coûts et non sur une analyse des risques et l’étude de scénarios de crise.

Alors que nous amorçons une phase de reprise qui s’annonce à première vue lente et graduelle, nous pensons que l’ensemble des réflexions et décisions qui seront prises durant cette période de transition pourrait engendrer d’importants changements en matière de commerce international. La question est : Comment et de quelle ampleur ? À travers l’étude de différents secteurs d’activité tels que l’automobile, le médical ou encore le voyage, nous allons dans cet article définir quelques tendances et recommandations que, selon notre jugement, toute entreprise internationale doit désormais considérer dans un nouveau monde post-crise.

Le monde avant le Covid-19 : un attrait fort pour la Chine sujet à débat

À l’époque où nous avions réalisé notre baromètre de sentiment des PME françaises, le Covid-19 n’existait pas dans nos esprits et l’on observait à l’époque chez les décideurs financiers de l’hexagone un fort attrait pour la Chine. Pour de nombreux secteurs – technologie, commerce de distribution ou encore industrie – la Chine est le premier pays à l’étranger dans lequel les entreprises disent avoir envie d’investir dans les cinq prochaines années. Cependant, à la lumière des récents évènements, on peut légitimement se demander si cet engouement est toujours aussi important, ou bien si les acteurs français envisagent de diversifier un peu plus leurs investissements et voient des opportunités ailleurs ?

Avec cette pandémie, les fortes interconnections commerciales tissées depuis de nombreuses années entre l’Europe et la Chine se sont révélées cette fois très préjudiciables. En effet, consécutivement à l’annonce du verrouillage complet de la province du Wuhan où l’on recense d’importantes usines d’assemblage et de montage de produits et biens manufacturiers, de nombreuses entreprises internationales se sont retrouvées du jour au lendemain incapables de produire quoi que ce soit. Un maillon dans la chaîne de distribution étant grippé, c’est l’ensemble de l’activité qui fut pénalisé. C’est pourquoi on qualifie en premier lieu cette crise de choc sur l’offre, l’impact sur la demande s’opérant dans un second temps. Les constructeurs automobiles européens ont particulièrement été impactés par la fermeture soudaine des usines chinoises. À titre d’exemple, les groupes français PSA et Renault ont vu leurs usines en Chine fermées pendant presque deux mois.

Ces perturbations au niveau de la chaîne d’approvisionnement a parfois donné lieu à des situations de pénurie et un sentiment de mécontentement de l’opinion publique qui a directement expérimenté et souffert durant cette crise de la dépendance de nos capacités de production vis-à-vis de l’étranger sur des secteurs clés comme l’industrie pharmaceutique. Fort de cette expérience, les entreprises pourraient décider, selon le Professeur David Semchi-Levi, expert en chaîne logistique au MIT, d’apporter de la diversification dans leur chaîne logistique et réfléchir à de nouveaux modèles commerciaux qui ne sont plus uniquement basés sur les coûts.

D’importantes (r)évolutions à venir ?

Au cours des dernières années, les entreprises internationales ont très largement eu recours à des politiques de délocalisation de leurs activités à l’étranger afin de préserver ou augmenter leur compétitivité. Néanmoins, l’arrivée de ce virus, pour lequel aucun traitement n’est connu à ce jour, pourrait chambouler les habitudes et amorcer une nouvelle dynamique favorisant une réduction des risques et plus de diversification en matière de logistique et canaux de distribution. La complexité de nos chaînes de valeur, qui ont vu grossir au cours du temps le nombre d’intermédiaires au profit très souvent d’une réduction des coûts, mérite d’être questionnée, et si besoin ajustée. [...]

[1] Rapport du Forum Economique Mondial – Mai 2020 (lien)

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