Actualités du marché des devises

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avr. 28, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro en perdition face aux devises nord-américaines, la BoJ met un coup derrière la tête du yen

  

Les titres du jour :

  

  • Inquiétude en Europe face à la menace d'une coupure de gaz de la Russie : après la décision de Moscou de ne plus vendre de gaz à la Pologne et la Bulgarie sous couvert d'un refus de ces deux pays de payer ses factures énergétiques en rouble, plusieurs pays européens s'inquiètent de subir le même sort. Les regards sont principalement tournés vers l'Allemagne et l'Italie qui sont les deux plus gros consommateurs de gaz russe (en volume). La Commission Européenne, par la voix de sa présidente Ursula von der Leyen, met en garde les entreprises européennes qui seraient tentées de céder aux exigences de la Russie qui ne sont pas conformes aux sanctions européennes qui lui ont été infligées depuis son invasion de l'Ukraine fin février. Dans un mémo publié la semaine dernière, Bruxelles recommandait de payer Gazprom en euro ou dollar sur son compte en devises étrangères, et que l'entreprise russe pratiquerait elle-même une conversion en rouble sur son autre compte en devise locale. Or avec les décisions radicales prises cette semaine, il y a désormais un sérieux doute sur le fait que la Russie accepte ce procédé. Alors que des échéances de paiement sont attendus fin mai en Allemagne et en Italie (via les entreprises Uniper et ENI), il y a un sérieux risque de voir ces deux pays majeurs se faire couper leur compteur de gaz russe. Cela signifie que dans les prochaines semaines, l'Europe va non seulement devoir se rationner mais va également devoir payer son gaz plus cher sous prétexte d'une réduction de l'offre sur les marchés (si plus de possibilité d'accès au gaz russe). Hier, le prix du contrat à terme mensuel de gaz naturel en Europe a bondi de plus de 20% à l'ouverture de séance à plus de 127 €/MWh avant de retracer en cours de séance pour finalement clôturer 4% au-dessus de son cours observé mardi à 107 €/MWh.
  • Forte baisse de moral des ménages en Zone Euro, l'inflation comme ennemi du pouvoir d'achat : en Allemagne, l'indice de confiance GfK des ménages est ressorti hier à son plus bas niveau depuis le début de l'historique en 2001 tandis qu'en France un indicateur de sentiment similaire est ressorti à son plus bas niveau depuis décembre 2018. Les niveaux d'inflation records en Europe sur ce début d'année 2022 mais aussi l'incertitude émanant de la prolongation du conflit en Ukraine pèsent très lourdement sur la confiance des ménages. La flambée des prix de l'énergie mais aussi de certains produits de base du quotidien affecte directement le portefeuille des salaires les plus modestes. Si les effets persistent dans le temps, on peut craindre un choc de demande et une vive contraction de la consommation, ce qui se fera lourdement ressentir sur la croissance.
  • Un euro en perdition totale face aux devises nord-américaines : déjà vivement fragilisé par les anticipations de fortes divergences monétaires en une Zone Euro attentiste face à l'inflation et des économies nord-américaines très actives sur ce volet et qui s'apprêtent à durcir très brutalement les conditions monétaires comme elles ne l'ont jamais fait depuis les années 90, l'euro est cette semaine affaibli par les risques énergétiques qui pèsent sur la Zone Euro. Après trois séances, la devise européenne vit actuellement sa pire semaine depuis 2 mois face au dollar américain (-2,6%) et face au dollar canadien (-1,7%). L'euro continue de chuter ce matin et est désormais à son plus bas niveau depuis 5 ans face au dollar à presque 1,05 $, et à son plus bas niveau depuis presque 7 ans face au dollar canadien à 1,35 C$.
  • La perspective d'une hausse de taux imminente en Australie fait bondir l'Aussie dollar : à la lueur de chiffres d'inflation plus forts que prévu au 1er trimestre en Australie (5,1% sur 12 mois vs. consensus 4,6% et 3,5% au T4 2021), les marchés monétaires ont vivement réagi et considèrent comme très probable une première hausse de taux de la part de la Réserve bancaire australienne la semaine prochaine (réunion monétaire le 3 mai). La probabilité d'un scénario de resserrement monétaire de 25 pbs lors de la prochaine réunion est aujourd'hui estimée à plus 95%. Les marchés voient plus loin et anticipent même, une fois la première pierre posée, une accélération du processus de normalisation et un rehaussement du taux directeur à 2,65% contre 0,1% actuellement, ou son plus haut niveau depuis 2013. Sous l'impulsion d'une poussée des rendements souverains à 2 ans australiens à un pic depuis 2014 à plus de 2,40%, mais aussi à cause de la faiblesse conjoncturelle de l'euro, le taux EUR/AUD a corrigé vivement hier (-0,8%) et a retracé à 1,48 A$ après avoir fait une pointe à 1,5050 A$ en début de semaine.
  • Une pause de la correction boursière qui favorise des effets de retracement : après la violente chute subie mardi (-2,8% pour l'indice S&P 500 / -3,9% pour l'indice Nasdaq) la bourse américaine a marqué une pause et s'est stabilisée hier à l'occasion d'une séance sans réelle tendance. La baisse momentanée de l'indice de volatilité VIX que l'on avait vu mardi bondir à son plus haut niveau depuis plus de 6 semaines a favorisé des effets de retracement sur les devises qui ont vivement souffert ces derniers jours du regain de nervosité visible sur les marchés financiers. On pense en premier lieu aux devises sud-américaines qui, à l'image du réal brésilien (+1,4% à 5,24 BRL), ont vivement rebondi hier. La couronne suédoise également, bien aidé par la publication d'un montant record de ses exportations en mars (+21% par rapport à février à 182 Mds SEK), a également vivement rebondi mercredi (+0,8% à 10,39 SEK) après avoir clôturé la veille à un plus bas depuis 6 semaines face à l'euro à 10,48 SEK. La devise prolonge son rebond de la veille, de manière très appuyée (+1,1% à 10,27 SEK), après l'annonce ce matin d'une première hausse de taux en Suède de 25 pbs, laquelle n'était pas anticipée par les marchés.
  • Le peso philippin à un pic de presque 2 ans face à l'euro : quelle performance pour la devise philippine qui en l'espace de 4 séances a enregistré un rebond de +3% face à l'euro qui l'a envoyé à un plus haut depuis mai 2020 à 55 PHP. La devise profite largement de la faiblesse actuelle de l'euro mais aussi des spéculations monétaires depuis la sortie lundi du gouverneur central de la banque centrale de Philippines qui a clairement évoqué une possible hausse de taux en juin pour contrer les effets de l'inflation, ainsi que d'autres resserrements à venir plus tard dans l'année. Les Philippines sont un des rares pays émergents à ne pas avoir encore remonter ses taux face au défi de la hausse des prix mais il semble qu'elles soient en passe de prendre le train de la normalisation monétaire en route.
  • Coup de projecteur ce jeudi : les regards seront tournés vers les premiers chiffres de croissance aux Etats-Unis en 2022 ainsi que sur les premières estimations d'inflation en Allemagne au mois d'avril. On relèvera la première hausse de taux surprise réalisée ce matin par la banque centrale suédoise de +25 pbs à 0,25%.

  

Volatilité des devises :

EUR/USD - Pas de répit pour l'euro qui n'en finit plus de glisser (-0,8% hier) : le taux de change a enchaîné hier sa 5ième séance consécutive de repli pour une perte cumulée de -2,7%. Toujours sur la défensive ce matin, la paire de change cumule -2,6% de pertes sur la semaine, ce qui est pour le moment sa pire performance hebdomadaire depuis près de 2 mois et le choc provoqué sur les marchés européens par le début du conflit en Ukraine et ses répercussions sur les prix de l'énergie. Il est une nouvelle fois question d'énergie, et plus particulièrement de gaz aujourd'hui puisque les économies européennes voient à nouveau surgir la menace d'une coupure de gaz de la part de la Russie. Malgré une volonté de réduire drastiquement sa dépendance au gaz russe, la Zone Euro serait vivement impactée en cas d'arrêt brutal des approvisionnements de son premier fournisseur de gaz qui représente à lui seul 40% des importations totales de gaz de l'Union Européenne. On ne peut pas nier non plus que la proximité de la réunion de la Fed programmée mercredi prochain aux Etats-Unis a probablement un effet néfaste sur la paire de devise, tout simplement par le biais d'un accroissement des spreads de taux Etats-Unis/Allemagne mais aussi à cause de la volatilité que les futures annonces génère sur les marchés boursiers américains (probable hausse de taux de 50 pbs et lancement des opérations de réduction du bilan). Flottant encore au début de semaine au-dessus du seuil de 1,08 $, le taux EUR/USD teste ce matin le seuil de 1,05 $, ce qu'on ne lui avait plus vu faire depuis 2017.

 
EUR/GBP - Une montée des risques sur les économies européennes qui profite à la livre (-0,5% hier) : le retour dans la lumière des risques énergétiques en Zone Euro et les pressions baissières sur l'euro qui en découlent directement font les affaires de la livre sterling qui en profite pour retracer ses récentes pertes subies face à la devise commune. Après une pointe lundi à 0,8450 $, le taux EUR/GBP est de retour sous le seuil de 0,84 £ ce matin. Plus qu'un levier pour la livre, le chantage énergétique opéré par la Russie sur l'Union Européenne est un véritable frein à une revalorisation plus ample de l'euro.

 
EUR/JPY - La baisse de la volatilité et la défense par la BoJ du plafond sur le taux 10 ans freine le yen (+0,2% hier) : la baisse momentanée de la volatilité sur les marchés actions américains mais aussi la défense ardue par la Banque du Japon du plafond de 0,25% sur le taux 10 ans japonais ont grandement joué dans la pause de la chute de la paire EUR/JPY amorcée cette semaine. Ce matin, à l'occasion d'une nouvelle réunion monétaire, la BoJ a réaffirmé son choix de maintenir ses taux d'intérêt à leur plus bas historique et de poursuivre son programme quantitatif. Le choix des banquiers centraux japonais de conserver une politique ultra-accommodante pénalise lourdement la devise japonaise dans le contexte actuel où l'on entrevoit un nombre croissant de banques centrales qui décident de remonter leurs taux d'intérêt. Après s'être stabilisé hier, le taux EUR/JPY rebondit vivement de plus de 1% ce matin et remonte à 137 ¥.

 
EUR/CHF - Des pressions baissières modestes et un test à 1,02 ₣ qui se précise (-0,1% hier) : si le taux EUR/CHF a enchaîné mercredi sa 3ième séance consécutive de repli, les pressions baissières restent pour le moment très modestes si on les compare à celles observées actuellement sur la paire EUR/USD. La grande différence est que le volet monétaire est plutôt favorable à l'euro actuellement par rapport au franc suisse puisque les marchés obligataires anticipent déjà une première hausse de taux en Zone Euro cet été alors qu'en Suisse une telle décision n'est pas pour le moment à l'ordre du jour. Néanmoins, les risques énergétiques qui remontent cette semaine en Europe pourraient renvoyer la paire EUR/CHF sur une pente descendante. La cassure éventuelle de la barrière de 1,02 ₣ vers laquelle le taux se rapproche pourrait avoir une influence majeure et précipiter un repli accéléré vers les niveaux de parité


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