Actualités du marché des devises

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mars 25, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro rassuré par les sanctions contre la Russie, la livre sterling pénalisée par inquiétudes sur la consommation

  

Les titres du jour :

  

  • Nouvelles sanctions occidentales contre la Russie : en marge des sommets de l'OTAN, du G7 et du conseil de l'UE qui avaient tous lieu hier à Bruxelles, de nouvelles sanctions ont été annoncées contre la Russie, la plupart d'entre elles ciblant des oligarques, des membres du Parlement et des sociétés principalement dans les secteurs de la Défense et bancaire. En parallèle, le Trésor américain a fait savoir qu'il pourrait désormais sanctionner les transactions en or impliquant la Russie, lesquelles sont de plus en plus utilisées par Moscou pour tenter de contourner les sanctions initiales impliquant un gel des avoirs en dollar de la banque centrale russe. D'un commun accord entre Américains, Européens et les autres pays occidentaux, il a également été décidé de bloquer le processus d'adhésion de la Biélorussie à l'OMC. Dans le même temps, le président américain a évoqué une possible exclusion de la Russie du G20 tandis que les Européens ont fait part de leur rejet de payer leur gaz russe en rouble. Un temps évoqué cette semaine, un embargo européen sur le pétrole russe n'a finalement pas été décidé. Cela s'est répercuté sur les prix du brut qui après avoir touché en séance un pic de 2 semaines à presque 125 $/brl a finalement fini dans le rouge (-2%, 119 $/brl).
  • Pas de surprises de la part des banques centrales mais changement de ton en Suisse :  il y avait plusieurs réunions monétaires hier et aucune n'a véritablement offert de surprises par rapport aux anticipations du consensus, au moins dans les prises de décisions. Ainsi en Norvège et en Afrique du Sud, les décideurs monétaires ont décidé de relever de 25 pbs le taux directeur à respectivement 0,75% et 4,25% tandis qu'au Mexique une hausse de taux de 50 pbs a été opérée pour ramener le taux principal à 6,5%, soit le niveau auquel il était deux ans auparavant. La Banque Nationale Suisse a quant à elle opté pour un statu quo de sa politique monétaire et a surpris par l'absence de commentaires particuliers concernant le franc que l'on a vu approcher le niveau de parité en mars face à l'euro pour la 1ière fois en 7 ans. Le changement de ton affiché par le gouverneur central helvète qui fait du combat contre l'inflation sa priorité laisse à penser qu'un durcissement des conditions monétaires via une remontée des taux n'est pas quelque chose d'inenvisageable en Suisse. Le franc a reçu le message et en a profité pour accentuer son rebond de la semaine face à l'euro pour revenir à proximité du seuil de 1,02 ₣.
  • Des enquêtes PMI bien meilleurs que prévu en Europe mais une industrie qui connaît son plus faible rebond depuis au moins 1 an : on craignait que la guerre en Ukraine impacte significativement l'activité des économies européennes et britanniques, or à en juger par les premières enquêtes PMI de mars les répercussions économiques sont pour l'heure très modestes, notamment sur l'industrie qui apparaît comme la plus vulnérable au conflit à l'Est. La grande surprise est venue d'Allemagne où l'activité manufacturière a ralenti bien moins fort que prévu (57,6 vs. 58,4 en février et 55,8 anticipé). En Zone Euro, les activités des secteurs manufacturier et des services ralentissent par rapport au mois dernier, mais bien moins que prévu. L'industrie enregistre néanmoins ce mois-ci sa plus faible performance depuis 14 mois Au Royaume-Uni, les services rebondissent alors que le consensus misait sur un ralentissement et compensent ainsi le recul plus prononcé que prévu de l'industrie qui enregistre sur mars sa plus faible croissance depuis 1 an (55,5 vs. 58,0 en février et 56,7 anticipé).
  • Le moral des entreprises françaises se détériore, l'OAT à 10 ans dépasse désormais les 1% : selon les données de l'INSEE, le climat des affaires dans l'hexagone s'est vivement détérioré au mois de mars, celui-ci perdant 6 pts sur un mois et reculant à son plus bas niveau observé sur les 11 derniers mois. Cette baisse de moral relève d'une dégradation des perspectives dans l'ensemble des secteurs d'activité, la faute à des pressions inflationnistes élevées et des tensions sur les approvisionnements. C'est notamment dans le commerce de gros que l'on observe la plus forte détérioration sur les deux derniers mois. En cause, des inquiétudes sur les livraisons depuis l'étranger. Autre possible source de préoccupation à venir pour les entreprises, la remontée rapide des taux d'intérêt qui risque de faire gonfler les coûts du crédit. Le taux souverain 10 ans français a été aperçu à plus de 1% hier pour la 1ière fois depuis 4 ans. En l'espace de 3 mois, on est passé de 0% à 1% sur l'OAT 10 ans, ce qui dénote de la célérité et de la magnitude de la variation qui si elle continue lors des prochains mois pourrait raviver les débats sur la soutenabilité de la dette européenne.
  • Accord européen sur l'encadrement des sociétés technologiques : à l'étude depuis plusieurs mois, la régulation des marchés du numérique en Europe a fait un grand pas en avant après l'accord trouvé hier entre les pays membres de l'UE, la Commission et le Parlement européen. Ce texte, dont la mise en vigueur est espérée pour 2023, vise à renforcer la protection des données personnelles, mieux réguler leur utilisation et interdire les pratiques non-concurrentielles. Un système d'amendes avec un barème pouvant atteindre 10% des ventes mondiales en cas d'infraction, voire 20% en cas de récidive est prévu dans la version actuelle du texte.
  • Des incertitudes sur le déblocage des fonds européens vers la Pologne affectent le zloty : l'annonce hier du renvoi surprise du gouvernement du ministre du Développement, Piotr Nowak, a suscité quelques remous. Ce dernier avait fait parler de lui cette semaine en évoquant des avancées dans les négociations avec Bruxelles sur le déblocage des fonds du plan de relance européen vers la Pologne, lesquels sont pour le moment gelés sur la base de critères de non-respect de l'Etat de droit par le gouvernement de Varsovie. Le porte-parole du gouvernement avait par la suite minimisé cette déclaration, insistant sur le fait qu'il n'y avait pour le moment pas d'accord avec la Commission Européenne. Le renvoi de Nowak ravive ainsi les doutes sur le versement des fonds européens. L'annonce par ailleurs de la Pologne hier de son refus de payer son gaz russe en rouble ou encore la tentative de séduction faite par les autorités polonaises auprès des Américains pour prendre la place de la Russie au G20 sont deux éléments qui pourraient être mal reçus par Moscou et provoquer des mesures de rétorsion de sa part. Le zloty a perdu plus de -1% de sa valeur hier lors d'une séance très agitée (4,77 PLN).
  • Coup de projecteur ce vendredi : On observe ce matin une contraction surprise des ventes au détail au Royaume-Uni (-0,3% M/M Vs. +0,6%) alors qu'un peu plus tôt ce matin a été publié un indice montrant un recul du moral des ménages britanniques à un plus bas depuis 16 mois. On surveillera ce vendredi la confiance des entreprises allemandes (indices Ifo) ainsi que des ménages américains (indice Michigan).  Le président américain poursuit lui ce vendredi son voyage en Europe et se rendra en Pologne.

  

Volatilité des devises :

EUR/USD - L'euro plie mais ne rompt pas, le seuil de 1,10 $ comme bouée de sauvetage (-0,1% hier) : l'euro a passé une grande partie de la journée de jeudi sur la défensive, la faute à un climat de tensions hier sur les marchés en marge des trois sommets internationaux programmées en Belgique sur la journée de jeudi avec l'OTAN, le G7 et le Conseil de l'Union Européenne. Pour la 3ième séance consécutive, l'euro a fait mine de glisser sous le seuil de 1,10 $ mais a encore une fois réussi à retracer une partie de ses pertes en fin de séance pour revenir au contact de cette barrière. Il y avait hier quelques craintes palpables autour de la décision d'un embargo européen sur le pétrole russe et les répercussions économiques qu'une telle décision pourrait engendrer sur les approvisionnements énergétiques en Europe. Le choix des européens de ne pas cibler directement l'industrie pétrolière (ni gazière par ailleurs) dans le paquet des nouvelles sanctions hier contre la Russie soulage les acteurs de marché. En témoigne le repli depuis hier de -3% des prix du pétrole suite à cette décision (ou non-décision) et le rebond ce matin de l'EUR/USD à plus de 1,10 $. Si l'euro poursuit sur sa lancée - cela pourrait dépendre des résultats ce matin des indices Ifo de climat des affaires en Allemagne - un obstacle à 1,1050 $ se dressera sur sa route. Ce niveau a été approché mais jamais atteint lors des quatre dernières séances.

 
EUR/GBP - Correction baissière sur la livre sur fond de fondamentaux décevants (+0,1% hier) : si la publication hier des premières enquêtes d'activité du secteur privé en mars a sonné comme un premier avertissement, les chiffres décevants de ce matin au Royaume-Uni sur la consommation viennent confirmer un mouvement correctif sur la livre sterling. L'observation ce matin d'une baisse du moral des ménages à un creux de 16 mois en mars et d'une contraction surprise des ventes au détail sur février (-0,3% M/M) - la deuxième sur les trois derniers mois - soulignent les risques que fait peser l'inflation, actuellement à son plus haut niveau depuis 30 ans à 6,2%, sur le pouvoir d'achat des ménages britanniques. Selon les projections du bureau de responsabilité budgétaire rattaché au Trésor, le revenu disponible réel des ménages pourrait subir cette année sa pire contraction depuis 1956 ! La situation pose un véritable casse-tête aux banquiers centraux sur le fait d'intervenir en remontant rapidement et significativement les taux d'intérêt (comme prévoit de le faire la Fed) ou au contraire d'intervenir prudemment pour ne pas fragiliser davantage l'économie. Il semblerait que ce soit la seconde option qui est aujourd'hui privilégiée. La livre sterling est sur la défensive depuis mercredi face à l'euro et glisse ce matin au-dessus du seuil de 0,8350 £. Un retour à plus de 0,84 £ n'est pas inenvisageable mais cela présuppose que l'euro pousse plus fort qu'il ne le fait actuellement.

 
EUR/JPY - Le yen poursuit sa dégringolade et chute à un creux de 4 ans (+1,0% hier) : avec sa nouvelle chute hier, la devise japonaise cumulait plus de -2% de pertes face à l'euro sur la semaine. On ne sait pas ce qui pourrait stopper la chute de la devise japonaise si ce n'est des prises de bénéfice ou un sursaut de volatilité marquant sur les marchés actions. La première hypothèse apparaît crédible au regard des pertes importantes subies cette semaine par le yen et des niveaux très bas de valorisation touchés par celui-ci face à ses principaux pairs. Le taux EUR/JPY a en effet fait une pointe hier à 134,6 ¥, soit son plus haut niveau depuis 4 ans. Un mouvement correctif s'observe ce matin et la paire retrace sous le seuil de 134 ¥.

 
EUR/CHF - La BNS affiche ses nouvelles priorités et fait régner le flou (-0,1% hier) : même si les variations sont modestes, on observe néanmoins depuis plus d'une semaine une tendance baissière sur le taux EUR/CHF, lequel est passé en 6 séances de 1,04 ₣ à 1,02 ₣ (-2%). En affichant hier son choix de s'attaquer à l'inflation, le gouverneur central suisse a envoyé un message clair sur le fait que la préoccupation première de la banque centrale n'était plus le haut niveau de valorisation du franc mais plutôt le contrôle de la hausse des prix. Si cela n'a pas été explicitement évoqué, la question d'une possible hausse de taux en Suisse émerge, d'autant plus que le gouverneur central helvète a souligné que ce choix n'était pas lié aux décisions prises par son homologue européenne. Si pour l'heure un scénario de normalisation monétaire en Suisse n'est pas central, le simple fait que l'on puisse considérer l'idée est déjà un changement majeur. Cela risque de compliquer la tâche de l'euro et ses tentatives de revalorisation face au franc, surtout que dans le même temps le conflit en Ukraine persiste.

 
EUR/ZAR - Un rebond symbolique sous 16,0 ZAR pour la 1ière fois en  2 ans (-1,7% hier) : en marge de la décision de la banque centrale sud-africaine de remonter son taux directeur de 25 pbs à 4,25% - plus haut depuis 2 ans - le rand sud-africain s'est significativement revalorisé face à l'euro au point de glisser sous le seuil de 16,0 ZAR pour la 1ière fois depuis janvier 2020. Profitant très largement du fort rebond des prix des matières premières - notamment métaux industriels et métaux précieux - depuis le début du conflit en Ukraine, le rand est l'une des devises qui s'est le plus revalorisée ces dernières semaines avec le réal brésilien. Avant la séance de vendredi, la devise sud-africaine avait cumulé près de +7% de gains face à l'euro depuis le 24 février, date du début de l'invasion de la Russie en Ukraine. Ce matin, un rebond correctif s'observe sur l'EUR/ZAR.


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