Actualités du marché des devises

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mars 23, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un environnement peu volatile favorable à l'Aussie dollar et défavorable au yen

  

Les titres du jour :

  • Un embargo pétrolier pas si simple à appliquer : alors que des rumeurs évoquaient en début de semaine un possible embargo européen sur le pétrole russe, des voix discordantes entendues hier suggéraient qu'un accord entre les 27 membres de l'UE serait compliqué à réaliser. L'Allemagne, les Pays-Bas mais aussi la Hongrie ne seraient pas favorables à une telle mesure qui aurait des conséquences néfastes sur les économies européennes. Le risque de pénurie d'énergie est un autre argument qui fait réfléchir les européens dans leurs réflexions sur la meilleure manière de durcir le ton avec Moscou. Hier, en marge d'un évènement organisé par le journal britannique Financial Times, l'un des plus négociants mondiaux de matières premières Trafigura a évoqué une menace réelle de pénurie de diesel en Europe à cause de la guerre en Ukraine. Cela se répercute sur les prix puisque désormais en Allemagne et en France le coût du litre de diesel à la pompe est plus élevé que celui de l'essence. Si de nouvelles sanctions contre la Russie devraient être annoncées jeudi en marge du Sommet de l'OTAN, on ne sait pas encore réellement quelle forme elles prendront. Probablement pas celle d'un embargo pétrolier pour l'Europe.
  • Des assouplissements fiscaux attendus au Royaume-Uni mais certainement pas de big bang : ce mercredi le secrétaire au Trésor britannique Rishi Sunak présentera la nouvelle version du budget, lequel devrait inclure des mesures de soutien au pouvoir d'achat qui souffre grandement de la hausse des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine. Si l'on peut s'attendre à des aides ciblées en faveur des foyers les plus modestes et conjoncturels comme un gel temporaire des prix de l'énergie, il ne faut pas à priori s'attendre à ce que le gouvernement britannique fasse beaucoup de cadeaux alors qu'il est pleinement engagé dans une démarche d'assainissement des finances et de réduction de la dette héritée de la pandémie. La bonne nouvelle néanmoins c'est que sur les 11 premiers mois de l'année fiscale 2021 (mars 2021 à mars 2022), le déficit public est 26 Mds£ en-dessous de l'objectif que s'était fixé le Trésor. Cela lui offre un levier financier supplémentaire pour venir soutenir le pouvoir d'achat sans prendre le risque de plomber les finances dans un environnement de remontée rapide des taux d'intérêt (ie. du coût du service à la dette).
  • Accord trouvé entre américains et britanniques pour démanteler les barrières douanières héritées de la présidence Trump :  on a appris hier que le Royaume-Uni et les Etats-Unis avaient trouvé un accord pour retirer partiellement à partir de juin les droits de douane appliqués sur les exportations britanniques d'acier (25%) et d'aluminium (10%), lesquels avaient été mis en place en 2018 sous l'administration de Donald Trump. Le Royaume-Uni est autorisé à vendre un quota de 500k tonnes d'acier sans frais douanier supplémentaire, le surplus étant taxé par contre à hauteur de 25%. En retour, les Britanniques acceptent de retirer les droits de douane appliqués sur certains produits de consommation de marques américaines comme les motos, les spiritueux ou encore les jeans.
  • Une hausse de taux plus forte que prévu en Hongrie de 100 pbs : 3ième hausse de taux de l'année et la 10ième depuis le début du cycle de normalisation monétaire débutée en juin 2021, la banque centrale hongroise a néanmoins surpris les marchés en opérant hier une hausse de taux de 100 pbs - de 3,4% à 4,4% - alors que le consensus misait plutôt sur un resserrement de 75 pbs. Désormais, les taux directeurs hongrois sont quasiment les plus élevés de la région, et reviennent à hauteur des taux tchèques 4,5%. Le forint hongrois a enregistré hier la meilleure performance dans la région de l'Europe de l'Est avec un gain de +0,8% face à l'euro. Le taux EUR/HUF a testé un support de 3 semaines à 369 HUF mais a toutefois échoué à casser cette barrière.
  • Le yen chute à son plus bas de l'année face à l'euro : sous l'influence du rebond hier de la paire USD/JPY (seconde paire de change la plus échangée du monde) à un pic de 6 ans, la paire EUR/JPY a bondi hier à un nouveau pic annuel à plus de 133 ¥ et tentait ce mercredi de prolonger son ascension en direction du seuil de 134 ¥ avec lequel il a déjà flirté au printemps 2021 mais qui n'a jamais été véritablement cassé depuis maintenant 4 ans. La baisse de la volatilité sur les marchés actions (plus bas depuis plus de 5 semaines aux Etats-Unis) associé à la forte remontée des rendements obligataires en Amérique du Nord et en Europe pénalisent la devise japonaise.
  • Coup de projecteur ce mercredi : l'inflation au Royaume-Uni a accéléré plus fortement que prévu sur février et atteint un nouveau pic de 30 ans à 6,2%. On surveillera en début d'après-midi la présentation du budget britannique par le secrétaire au Trésor britannique Rishi Sunak mais aussi les interventions du gouverneur central américain Jerome Powell et de son homologue européenne Christine Lagarde qui tiendront tous les deux un discours en début d'après-midi.

  

Volatilité des devises :

EUR/USD - Un coup d'arrêt sur le pétrole qui fait du bien à l'euro (+0,1% hier) : après un repli sous 1,10 $ observé en début de journée mardi (point bas recensé à 1,0969 $), le taux EUR/USD a réussi à retracer ses pertes et finir la journée dans le vert au-dessus de cette barrière. Le reflux des prix du pétrole qui restait sur 3 séances de hausse et un gain de +18% a semble-t-il aidé l'euro à relever un peu la tête, lui qui craignait que ces nouvelles pressions haussières sur les prix de l'énergie viennent dégrader les finances des ménages et le déficit commercial de la région. La question d'un embargo européen sur le pétrole russe est épineuse et ne trouve pas écho parmi tous les 27 membres de l'UE, ce qui explique la contraction hier des prix du baril de brut. Si l'EUR/USD a sauvé les apparences, il reste ce matin sur la défensive au bord de 1,10 $, cela malgré une volatilité qui ne cesse de baisser sur les marchés actions. Les divergences monétaires restent néanmoins très largement en faveur du dollar face à l'euro comme en témoigne l'élargissement du spread de taux 2 ans qui a progressé de +11 pbs depuis le début de semaine et qui est ce mercredi à un plus haut depuis septembre 2019 à 240 pbs.

 
EUR/GBP - L'accord commercial sur l'acier britannique fait vrombir la livre (-0,6% hier) : la livre sterling a enregistré hier sa meilleure performance depuis 5 semaines face à l'euro et rebondi de +0,6% pour revenir à hauteur de 0,83 £. En l'espace de 3 séances, la devise britannique a progressé de +1,4% face à l'euro et est remontée à un plus haut depuis 2 semaines. L'annonce d'un accord commercial trouvé entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis pour éliminer les barrières douanières sur l'acier et l'aluminium britannique a été positivement accueillie par les marchés, ce qui explique le sursaut de la livre qui a prolongé l'ascension démarrée vendredi dernier. Revenu à hauteur du seuil de 0,83 £ ; barrière qui a fait office de plancher depuis le référendum de sortie de l'UE jusqu'à son franchissement en début de mois pour la 1ère fois en plus de 5 ans ; la livre sterling marque le pas ce matin malgré un chiffre d'inflation plus fort que prévu outre-Manche sur le mois de février. Une inflation à plus de 6% n'est pas non plus étonnant sachant que la Banque d'Angleterre a indiqué la semaine dernière qu'elle voyait un pic à 8% ce printemps. On attend la présentation en milieu de journée de la nouvelle version du budget britannique. Il sera intéressant de voir de quelle manière les marchés accueillent les nouvelles mesures de soutien au pouvoir d'achat sachant que des mesures trop timides pourraient être considérées comme préjudiciables à la consommation et des mesures trop amples pourraient être jugées trop dangereuses en matière de gestion de la dette dans un contexte de remontée rapide des taux d'intérêt.

 
EUR/JPY - Le yen glisse à un plus bas annuel (+1,3% hier) : l'absence de volatilité combinée au rebond des rendements obligataires américains et européens se répercutent négativement sur la devise japonaise, laquelle souffre des taux négatifs appliquées au Japon et du retard pris par la Banque du Japon dans son cycle monétaire par rapport aux autres régions développées. Le taux EUR/JPY a allègrement franchi le seuil de 133 ¥ hier et a clôturé à son plus haut niveau de l'année (et depuis juin 2021) à plus de 133,20 ¥. Si le taux semblait prendre ce matin la direction du seuil de 134 ¥, il a finalement retracé ses gains à l'ouverture de la séance européenne malgré un rebond des marchés actions qui oscillent à un pic de 5 semaines (Stoxx 600 à 459 pts). Il faut avoir en tête que le seuil de 134 ¥ est un seuil de résistance qui fait office de plafond au-dessus du taux EUR/JPY depuis plus de 4 ans.

 
EUR/CHF - Chute stoppée mais pas de catalyseurs pour assurer un rebond (+0,0% hier) : après deux séances consécutives de recul, le taux EUR/CHF a stoppé mardi sa chute et s'est stabilisé aux portes de 1,03 ₣, celui-ci ne trouvant pas les ressources nécessaires pour repasser au-dessus de cette barrière. Le haut niveau des prix de l'énergie et la crainte de mesures de rétorsion de la part de la Russie contre les économies européennes en cas de nouvelles sanctions freinent pour le moment un rebond de l'euro face au franc. Les conditions de marché sont pourtant favorables (volatilité basse, dynamique haussière sur les marchés actions, rebond des rendements obligataires européens) aussi il manque peut-être une étincelle pour débloquer les peurs qui enrayent une revalorisation de l'EUR/CHF.

 
EUR/AUD - Le dollar accélère à nouveau son ascension et oscille sur des plus hauts niveaux depuis 2017 (-0,8% hier) : le nouveau rebond depuis la fin de semaine dernière des prix des matières premières combiné à la nouvelle forte poussée des rendements obligataires (+18,4 pbs hier pour le taux 2 ans australien = seconde plus forte hausse journalière de l'année) constituent un important soutien à la devise australienne. Cette dernière profite également du manque de traction sur l'euro pour accentuer sa revalorisation face à celui-ci. Le taux EUR/AUD a cassé hier le seuil de 1,48 A$, ce qu'il avait déjà fait furtivement en début de mois, et oscille actuellement sur ses plus bas niveaux depuis l'été 2017.


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