Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 18, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le retour de la menace nucléaire chasse l'optimisme :  repli de l'euro et rebond du franc suisse

Les titres du jour :

 
La tentation du nucléaire : selon les experts du Pentagone, la Russie pourrait brandir la menace nucléaire si jamais le conflit en Ukraine venait à se prolonger dans le temps. Face à l'isolation diplomatique de la Russie et aux dommages collatéraux économiques et financiers provoqués par les sanctions internationales, Moscou pourrait rapidement manquer de moyens militaires révèle le directeur de l'Agence de renseignement du département de la Défense des Etats-Unis. Face à cette menace, le franc retrouve des couleurs (1,0350 ₣) tandis que l'euro et les devises d'Europe de l'Est (PLN, HUF, CZK) sont en retrait.

 
Une hausse de taux prudente au Royaume-Uni : si la Banque d'Angleterre a bien rehaussé son taux directeur pour la 3ième fois consécutive (+25 pbs à 0,75%), elle paraît désormais hésitante à l'idée de normaliser rapidement les conditions monétaires compte tenu des risques économiques et des incertitudes soulevés par la guerre en Ukraine. Si en février les débats avaient porté sur la magnitude de la hausse de taux, ce mois-ci les discussions ont porté sur la légitimité de réhausser une nouvelle fois malgré les pressions qui pèsent déjà sur le pouvoir d'achat des ménages à cause de la flambée des matières premières. La livre sterling s'est rétractée hier face à l'euro et est de retour au-dessus du seuil de 0,84 £.

 
La Banque du Japon maintient et défend une approche ultra-accommodante :  sans grande surprise la banque centrale japonaise a opéré un statut quo de sa politique monétaire ce mois-ci. Elle a par ailleurs défendu son approche jugeant que la guerre en Ukraine risquait de fragiliser la reprise économique dans le pays. La BoJ dénote dans le paysage actuel où beaucoup de banques centrales réfléchissent ou ont déjà franchi le cap de relever les taux d'intérêt. Le décalage de cycle monétaire participe à rendre le yen peu attractif, ce qui peut expliquer sa rapide correction dès lors que les tensions de marché liées à l'Ukraine se sont dissipées. Stable face à l'euro ce matin à un creux d'un mois à 131,5 ¥, le yen vient de subir un repli de plus de -5% sur les 8 dernières séances.

 
Pas de défaut pour la Russie... pour le moment : la banque américaine JP Morgan a confirmé hier avoir envoyé le montant de 117 Mds$ pour le compte de la Russie à la banque Citibank dans le cadre de l'échéance de paiement des intérêts sur dette en devises étrangères détenue par l'Etat russe. Sur les marchés du crédit, le prix des contrats d'assurance contre un risque de défaut de la Russie (CDS) a vivement chuté. Cela n'empêche pas l'agence de notation Standard & Poor's de dégrader ce vendredi sa note de crédit sur la Russie de CCC- à CC, ce qui signifie que les titre de dette russe sont jugés très vulnérables. La crainte d'un défaut de paiement de la Russie s'est réduite ces dernières heures mais n'a pas pour autant disparu. On pourrait être amené à en entendre à nouveau parler dans les prochaines semaines. Après un fort rebond en début de semaine, le rouble marque le pas.

 
Retour des tensions sur l'héritage du Brexit ? : selon le journal britannique The Times, la ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss, frustrée de ne pas voir les négociations sur le statut commercial de la frontière nord-irlandaise progresser, aurait demandé à ses équipes d'avancer dans le processus de suspension du protocole inscrit dans l'accord de sortie signé par le Royaume-Uni et l'Union Européenne. Une telle action viendrait mettre de l'huile sur le feu et serait très certainement suivie de mesures de rétorsion de la part de Bruxelles qui pourrait prendre la forme de droits de douane sur les importations britanniques.

 
Les marchés actions européens gardent le sourire : en l'espace de 4 séances, les actions européennes ont bondi de plus de 4,5% et sont bien parti pour enregistrer sa meilleure semaine depuis novembre 2020. Quand bien même si les prix du pétrole sont en nette hausse depuis hier (+10%, Brent à 108 $/brl) ou que les titres des journaux reparlent d'une possible menace nucléaire de la Russie, les bourses européennes ne s'en offusquent pas et gardent le sourire. Cela profite amplement à l'euro qui continue, pas à pas, d'effacer les pertes subies depuis le début du conflit russo-ukrainien. Après une pointe à 1,11 $, le taux EUR/USD courbe un peu l'échine ce matin et se replie.

 
Coup de projecteur ce vendredi : il y a peu de publications économiques à majeures surveiller aussi il est fort possible que la séance de vendredi se décompose en des mouvements correctifs des gains et pertes enregistrés cette semaine. On aura un œil sur la décision monétaire en Russie et d'éventuelles mesures opérées par la banque centrale pour raffermir le rouble.

Volatilité des devises :

EUR/USD - Un retour en grande pompe à 1,11 $ mais une marche encore trop haute à gravir (+0,5% hier) : avec son nouveau gain enregistré jeudi, l'EUR/USD a rebondi de +1,4% en 3 séances et s'est même offert une pointe à 1,11 $ pour la 2ième fois seulement en 2 semaines. Le regain d'optimisme observé sur les marchés actions européens offre un soutien clair à l'euro alors qu'à l'opposé du spectre le dollar subissait le contre-coup des annonces de la Fed qui s'apprête à remonter ses taux lors de chaque réunion à venir en 2022, négligeant au passage les signaux de possible récession envoyés par les marchés obligataires. Le seuil de 1,11 $ a néanmoins eu raison de la poussée de l'euro et apparaît pour le moment une marche trop haute à gravir pour ce dernier. La paire se contracte ce matin dans ce qui ressemble à un mouvement correctif de fin de semaine. Le retour ce matin de la menace nucléaire et des tensions sur le Brexit ne favorise pas non plus une nouvelle accélération de la paire EUR/USD. Bien au contraire, cela pénalise la devise européenne.

 
EUR/GBP - La prudence de la BoE déplaît à la livre sterling (+0,5% hier) : il y a bien eu une hausse de taux hier au Royaume-Uni, néanmoins les marchés ne s'attendaient pas forcément à ce que cette décision s'accompagne d'une communication si prudente, ni de voir un membre du conseil de gouvernance voter en faveur d'un statu quo ce mois-ci. Contrairement à son homologue américaine, la Banque d'Angleterre ne s'aligne pas sur les attentes de marché et ne compte pas rehausser tous azimuts ses taux d'intérêt, et prendre le risque en faisant cela de faire dérailler l'économie. Après avoir atteint des sommets ces dernières semaines, les spreads de taux entre le Royaume-Uni et l'Allemagne se compriment sur fond de réévaluation à la baisse des anticipations monétaires de l'autre côté de la Manche. L'avantage monétaire dont jouit depuis plusieurs mois la livre sterling risque de se réduire, ce qui devrait offrir un levier au taux EUR/GBP pour se revaloriser. Le taux de change a flirté avec ses plus hauts de l'année hier autour de 0,8450 £ mais a échoué à casser ce seuil. La paire se rétracte légèrement ce matin mais reste néanmoins valorisée à plus de 0,84 £.

 
EUR/JPY - L'EUR/JPY n'en finit plus de monter (+0,4% hier) : à grande enjambée, et grâce à l'appui d'un retour de l'optimisme sur les marchés financiers, le taux EUR/JPY a intégralement effacé les pertes subies à cause de la guerre en Ukraine. Le taux de change a enregistré hier une 5ième séance consécutive de hausse et cumule désormais plus de 5% de gains sur les 8 dernières séances. Remonté à hauteur de 131,5 ¥, le taux est largement au-dessus du niveau qui était le sien avant l'entretien du président russe Vladimir Poutine du 21 février dans laquelle il avait annoncé reconnaître l'indépendance de deux régions séparatistes (130,2 ¥) et est actuellement valorisé un peu plus de 1% en-dessous de son pic annuel (133,15 ¥ le 10 février). La confirmation par ailleurs ce matin de la Banque du Japon de maintenir de manière prolongée sa politique ultra-accommodante n'est d'aucun soutien pour le yen, bien au contraire. Prochain obstacle à surveiller, la barrière de 132 ¥ dont le taux EUR/JPY s'est approché hier et ce matin sans parvenir toutefois à l'atteindre.

 
EUR/CHF - Le franc se heurte à un mur à 1,04 ₣ (+0,1% hier) : le taux EUR/CHF a enchaîné hier une 4ième séance consécutive de hausse et clôturé à cette occasion à un pic de quasiment 3 semaines aux portes du seuil de 1,04 ₣. La paire a touché ce seuil hier mais a aussitôt retracé, celui-ci résistant aux assauts et aux pressions haussières sur l'euro. Alors qu'elle vivait une semaine idyllique, ce matin c'est la soupe à la grimace pour la paire EUR/CHF qui cède près de -0,5% et retrace sous le seuil de 1,0350 ₣. Le retour dans l'actualité de la menace nucléaire de la part de la Russie - option qui apparaît ici comme un moyen de pression géopolitique plus que d'une véritable volonté d'user de cette arme - effraye les investisseurs européens, et cela se répercute sur le franc qui est à nouveau recherché comme valeur refuge.

 
EUR/AUD - L'emploi et les matières premières font bondir l'Aussie dollar (-0,7% hier) : la publication jeudi matin d'un recul plus important que prévu du chômage en Australie à son plus bas niveau depuis 2008 couplé au rebond des prix des matières premières sous l'impulsion notable du pétrole (+9% hier) a favorisé un rebond de la devise australienne. Celle-ci enchaîne ce matin une 3ième séance consécutive de hausse  face à l'euro et menace de repasser sous le seuil de 1,50 A$ qu'il avait déjà franchi un peu plus tôt ce mois-ci au plus fort de la volatilité financière autour de l'Ukraine.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.