Actualités du marché des devises

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févr. 28, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le rouble s'effondre après les sanctions SWIFT, l'euro pénalisé par les risques de répercussion économique

Les titres du jour :

  

  • Russie/Ukraine : Moscou brandit la menace nucléaire alors que la Russie rencontre plus de résistance que prévu en Ukraine. Il s'agit probablement d'un coup de pression en amont des négociations prévues ce lundi à la frontière biélorusse entre Russes et Ukrainiens.
  • Rouble : le rouble décroche de près de -30% ce matin après les sanctions internationales adressées ce weekend contre la Russie, et notamment l'exclusion de certaines banques russes du réseau SWIFT. La banque centrale russe est montée au créneau pour tenter de stopper l'hémorragie et a relevé ses taux directeurs de 9,5% à 20% (pic historique !).
  • Volatilité : l'euro est plus que jamais sous pression et engrange d'importantes pertes face à ses principaux pairs, notamment les valeurs refuges que sont le CHF, le JPY et l'USD. Les devises d'Europe de l'Est sont également lourdement pénalisées, dont notamment le zloty polonais que l'on revoit osciller ce matin à proximité de ses plus bas niveaux depuis 2009 (4,70 PLN).
  • Coup de projecteur cette semaine : si aujourd'hui tout semble secondaire au regard de l'actualité en Ukraine, on suivra néanmoins attentivement deux thématiques : 1) la réflexion des banques centrales à la guerre en Ukraine avec deux décisions monétaires en Australie (mardi) et au Canada (mercredi) mais aussi une double audition du gouverneur central américaine Jerome Powell au Congrès (mercredi & jeudi), et 2) les décisions stratégiques des membres de l'OPEP face au retour du pétrole à plus de 100 $/brl (réunion mercredi).

Volatilité des devises :

EUR/USD - L'euro flanche face au possible lourd prix économique à payer d'une opposition contre la Russie (+0,7% vendredi) : après une brève accalmie vendredi, le taux EUR/USD est à nouveau en forte baisse ce matin et chute sous le seuil de 1,12 $. Deux raisons majeurs à cela : 1) l'euro est clairement une victime collatérale de l'accentuation des sanctions contre la Russie qui fait craindre des répercussions économiques en Zone Euro (hausse de l'inflation et risque de pénurie d'énergie), et 2) achat massif de dollar comme protection face à un conflit qui pourrait s'accentuer dans les prochains jours compte tenu de la résilience des troupes ukrainiennes aux attaques russes mais aussi aux aides déployées vers l'Ukraine par l'Union Européenne pour résister aux combats. Après un repli de plus de -1% en ouverture de séance en Asie, le taux de change retrace un peu ce matin grâce notamment à l'espoir (infime) d'une possible réconciliation en marge des pourparlers qui se jouent actuellement à la frontière biélorusse entre Russes et Ukrainiens. Très sensible à l'environnement géopolitique, le taux EUR/USD reverra cette semaine surgir le volet monétaire à l'occasion de la double audition de Jerome Powell au Congrès, de la publication des indices d'activité ISM et des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis mais aussi des premières estimations d'inflation en Zone Euro en février. Les marchés estiment que la guerre en Ukraine ne devrait pas empêcher la réserve fédérale américaine de remonter ses taux directeurs en mars mais il se pourrait néanmoins que le conflit pousse l'institution monétaire à resserrer plus graduellement que prévu cette année. En Zone Euro, une première hausse de taux cette année apparaît de moins en moins certaine.

 
EUR/CHF - Le franc monte en flèche et revient tutoyer le seuil de 1,03 ₣ (+0,7% vendredi) : le choix de retirer l'accès aux banques russes (pas l'intégralité) au réseau de paiement international SWIFT aura-t-il des répercussions sur l'économie européenne ? En toile de fond se pose la question de la capacité des pays de la Zone Euro à fonctionner en se passant du gaz, du pétrole et du charbon importés de Russie. Les capacités de production d'électricité de nombreuses économies européennes sont aujourd'hui en grande partie dépendante des approvisionnements de ressources naturelles en provenance de Russie. C'est notamment le cas de l'Allemagne dont l'électricité est produite à 44% par du gaz naturel et du charbon (lignite + houille) et qui est dépendante de Moscou à hauteur de respectivement 55% et 50% pour ses matières premières. Le franc suisse a ouvert ce matin 1% au-dessus de son cours de clôture de vendredi face à l'euro non loin du seuil de 1,03 ₣ mais est relativement stable depuis. Le taux EUR/CHF a franchi temporairement ce palier jeudi dernier pour la 1ière fois depuis 2015 en écho aux premières manœuvres militaires russes en Ukraine mais n'avait pas réussi à casser cette barrière. Une nouvelle tentative pourrait s'observer dans les prochaines heures/jours, à moins qu'une issue diplomatique à ce conflit émerge. Ce qui apparaît néanmoins peu plausible à ce stade.

 
EUR/JPY - Fort rebond du yen ce lundi néanmoins freinée par l'espoir d'une issue diplomatique en Ukraine (+0,7% vendredi dernier) : le yen a ouvert ce matin en forte hausse face à l'euro et a été aperçu à presque 128 ¥, non loin de ses plus hauts de l'année. La devise japonaise a néanmoins retracé une partie de ses gains en début de séance européenne alors que l'on observe ce lundi de premiers pourparlers officiels entre Russes et Ukrainiens à la frontière biélorusse. Les marchés veulent croire qu'une issue diplomatique est encore possible malgré les références non-dissimulées ce weekend de Moscou à l'usage de sa force nucléaire pour faire pencher une guerre qui lui donne plus de fils à retordre que prévu. Si on peut y voir un coup de pression de la part des autorités russes en amont des négociations avec Kiev, la situation reste plus que jamais tendue et on ne peut réellement prédire quelle tournure prendra la situation. Malgré le soupçon d'optimisme qui se dégage ce matin des marchés des changes, un risque d'escalade des tensions apparaît plus plausible qu'un cessez-le-feu immédiat comme le réclame ce matin le président ukrainien. Les positions des deux camps apparaissent trop divergentes pour aboutir à un compromis rapide.

 
EUR/AUD - Le dollar australien semble immunisé aux tensions géopolitiques et surfe au contraire sur la flambée des prix des matières premières (-0,2% vendredi) : le taux EUR/CAD a littéralement cassé depuis quelques jours la ligne de tendance haussière observée au T4 2021 et semble ainsi confirmer une nouvelle dynamique baissière qui ne semble pas du tout altérée par la guerre en Ukraine. Bien au contraire. La flambée des prix des matières premières provoqué par le début de conflit profite aux devises de pays exportateurs comme l'Australie. le taux EUR/AUD cumule désormais 4% de pertes depuis le 4 février dernier et oscille ce matin à son plus bas niveau depuis plus de 3 mois à 1,55 A$. On surveillera attentivement demain la réunion monétaire de la Réserve Bancaire Australienne (RBA) et sa stratégie monétaire face aux tensions géopolitiques qui sape la confiance des investisseurs financiers. Après avoir indiqué en début de mois son intention de pas toucher ses taux d'intérêt avant 2024, il serait très surprenant d'observer un changement de communication au regard du contexte financier actuel qui est très volatile.

 
EUR/RUB - La banque centrale russe calme l'incendie sur le rouble (+0,3%) : la devise russe a chuté de près de -30% ce matin face au dollar et à l'euro à respectivement 106 RUB et 121 RUB après les décisions ce weekend des principales économies occidentales de retirer l'accès des banques russes au réseau de paiement international SWIFT mais aussi de geler les capacités de la banque centrale russe de vendre ses actifs étrangers (16% de ses réserves internationales étaient libellées en dollar fin 2021). Jouant les pompiers de service, la banque centrale russe a décidé d'appliquer une mesure d'urgence pour juguler les mouvements baissiers sur le rouble et a décidé de relever son taux directeur de 9,5% à 20% (nouveau pic historique). La stratégie semble porter ses fruits puisque le rouble a retracé une partie de ses pertes à la mi-journée. En effet, le taux EUR/RUB oscille actuellement à hauteur de 110 RUB.

 
EUR/PLN - Une vague migratoire à gérer et un risque de contagion qui continuent à pénaliser le zloty (+0,1% vendredi) : la devise polonaise chute de plus de -1% face à l'euro ce matin en écho à l'intensification des combats en Ukraine. Les conséquences sur les pays voisins se font déjà ressentir puisque l'on recense déjà près de 370 000 réfugiés ukrainiens qui ont fui leur pays pour se réfugier dans des pays voisins comme la Pologne ou la Roumanie. L'Organisation des Nations Unis (ONU) parle d'une vague migratoire qui pourrait atteindre 7 millions de personne si la guerre s'intensifie. La gestion de cette vague migratoire risque de provoquer quelques déséquilibres économiques mais aussi avoir une résonnance politique. La peur que le conflit se déplace dans les pays voisins de l'Ukraine n'est pas négligeable, d'où la dépréciation significative observée depuis plusieurs jours sur les devises d'Europe de l'Est. Le zloty est à nouveau à proximité de ses plus bas niveaux depuis 2009 face à l'euro, non loin du seuil de 4,70 PLN. Pour le moment cette barrière tient bon mais il faudra la surveiller de très près.


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