Actualités du marché des devises

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févr. 10, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les doutes de la BCE redonnent le sourire à l'euro, le dollar attentif à l'inflation américaine

 
Tendance du jour: sur la défensive sur le début de semaine, l'euro a retrouvé quelques couleurs hier et poursuit sur sa lancée ce matin alors que les doutes de la BCE sur l'inflation européenne dominent à nouveau les débats de marché. La publication ce jeudi des nouvelles projections macroéconomiques de la Commission européenne devrait entretenir ces discussions et alimenter par ailleurs les spéculations autour d'un possible démarrage d'un cycle de hausse de taux cette année en Zone Euro. L'absence néanmoins pour le moment de nouvelles tractions sur les rendements européens limite pour le moment un nouveau rebond significatif de la devise européenne. Après plusieurs échecs consécutifs cette semaine à revenir se repositionner sous le seuil de 1,14 $, le dollar aura possiblement une nouvelle occasion de rebondir à l'occasion de la publication ce jeudi des nouveaux chiffres d'inflation aux Etats-Unis. On suivra également attentivement la volatilité des devises nordiques ce jeudi alors que l'on attend ce matin en Suède les conclusions de la réunion monétaire de la Riksbank. La couronne norvégienne est quant à elle sur la défensive ce matin après la publication en Norvège d'une forte contraction des prix comme on en avait plus vu depuis 15 ans. En Europe de l'Est, le zloty marque une pause après sa forte accélération de la veille qui l'a porté à un pic de 8 mois sous 4,50 PLN.

 
EUR/USD - Les doutes de la BCE sur l'inflation réveille l'euro, le dollar attend l'inflation américaine (+0,1% hier) : sur la défensive depuis le début de semaine, l'euro a connu un sursaut hier en réaction aux révélations dans les médias de doutes dans les rangs de la Banque centrale européenne concernant le modèle de prévision de l'inflation. L'agence d'information Bloomberg a publié un rapport dans lequel plusieurs sources anonymes proche de la banque centrale révèlent que plusieurs gouverneurs centraux européens auraient des doutes concernant les prévisions d'inflation réalisées par la BCE elle-même, et plus globalement sur les capacités du modèle de prévision à intégrer les changements soudains de dynamique au niveau des prix. La banque européenne base sa politique de taux sur ses prévisions internes et Christine Lagarde a maintes fois répété dans le passé qu'elle conditionnait un ajustement monétaire à une anticipation d'une remontée de l'inflation au-dessus de l'objectif de 2% bien avant la fin de la période de 3 ans que couvre ces projections. En décembre dernier, la banque prévoyait une inflation à 3,2% en 2022 puis 1,8% en 2023 et 2024. Cette anticipation de dégonflement des prix dans le temps et de ralentissement sous l'objectif de la banque de 2% venait appuyer la rhétorique d'une dynamique "transitoire" des prix et d'un choix de ne pas bouger les taux. Or depuis la semaine dernière le discours a un peu changé et la banque ne ferme plus la porte à remonter ses taux d'intérêt, justement en raison d'inquiétudes profondes au sein du conseil de gouvernance sur le maintien prolongé d'un niveau élevé d'inflation en Zone Euro. Les doutes de certains banquiers centraux révélés hier ne font que confirmer le changement d'approche de la part de la banque - le pivotement de stratégie - observé la semaine dernière et renforce au passage les spéculations de marché sur le démarrage cette année d'un cycle de hausse de taux en Zone Euro. Après deux séances consécutives de baisse, l'euro a stoppé temporairement sa chute et s'est même offert un rebond à quasiment 1,1450 $ avant de retracer une partie de ses gains de la journée en fin de séance. Le dégonflement prolongé des taux courts européens - notamment du taux 2 ans allemand qui a reculé mercredi pour la 3ième séance consécutive (-0,34%) - a coupé les ailes à l'euro dans sa tentative de rebond. Les débats autour de l'inflation européenne et des choix de la BCE devraient se prolonger ce jeudi à l'occasion de la publication des nouvelles projections macroéconomiques de la Commission Européenne. Néanmoins, le principal évènement de la journée concernera les Etats-Unis où en début d'après-midi seront publiées les nouvelles estimations d'inflation de janvier. Déjà à un pic de près de 40 ans à 7%, l'inflation américaine aurait à nouveau accélérer le mois dernier à 7,3% selon le consensus économique. Si cela se confirme, ou même si la croissance des prix venait à être plus forte que prévu, on devrait assister à de nouvelles spéculations en faveur d'une hausse de taux plus forte que prévu en mars aux Etats-Unis de 50 pbs. Le dollar pourrait alors en profiter pour tenter de revenir se positionner sous le seuil de 1,14 $, ce qu'il tente de réaliser depuis le début de semaine mais sans succès.

 
EUR/GBP - Le sursaut de l'euro surprend la livre sterling (+0,2% hier) : le rebond de l'euro hier provoqué par les révélations de doutes dans les rangs de la BCE à l'égard des projections internes d'inflation a surpris la livre sterling qui restait sur deux séances consécutives de hausse face à son homologue européen. Le taux EUR/GBP en a profité pour consolider sa position au-dessus de 0,84 £ mais a coincé au niveau du palier de 0,8450 £, la faute à un manque de soutien de la part des rendements obligataires européens que l'on a vu reculer hier. La série de photos publiés hier dans la presse britannique confirmant la participation du premier ministre Boris Johnson à un évènement organisé à Downing Street en pleine période de confinement lors de la période de Noël vient replace le dirigeant britannique sous le feu des critiques et ravive la menace d'une tentative de motion de censure à son encontre au Parlement. Le retour d'incertitudes politiques outre-Manche pourrait avoir des répercussions néfastes sur la livre sterling, notamment si un changement de gouvernance apparaît aux investisseurs comme un scénario plausible. Pour le moment, il n'y a pas vraiment d'effet de contagion sur la livre sterling, laquelle tente de rebondir ce matin et de s'écarter du seuil de 0,8450 £ approché la veille.

 
EUR/JPY - Les marchés actions accueillent favorablement le dégonflement des taux d'intérêt (+0,1% hier) : on a assisté hier à un beau rebond des marchés actions américains et européens, les premiers étant principalement soutenus par les bons résultats trimestriels d'entreprises comme Disney tandis que les second accueillaient avec le soulagement le recul des rendements obligataires européens. Dans cet environnement de marché plus favorable aux prises de risque, le yen s'est légèrement contracté face à l'euro et le taux EUR/JPY est revenu titiller le seuil de 132 ¥. Les gains affichés mercredi par la paire de change sont demeurés relativement modestes, la faute probablement à cette barrière de 132 ¥ qui fait office de plafond depuis 3 mois et contient pour le moment les tentatives de rebond de l'EUR/JPY. Ce n'est que partie remise puisque ce matin la paire retentait sa chance. Si ce seuil venait à être cassé, le prochain objectif à la hausse se situe à 133,5 ¥ qui s'avère être le point le plus haut observé depuis le mois d'octobre 2021, et plus globalement sur la période de juin 2020 à aujourd'hui.

 
EUR/CHF - Le taux EUR/CHF toujours en phase de retracement (-0,1% hier) : peu aidé par le dégonflement des taux européens, l'euro a enchaîné hier une 3ième séance consécutive de repli face au franc suisse. Si le mouvement correctif est très modeste et assure pour le moment le maintien de la paire EUR/CHF au-dessus du seuil de 1,0550 ₣, il apparaît en ce moment plus probable que cette dernière se dirige vers 1,05 ₣ qu'elle ne remonte à 1,06 ₣. Attention tout de même à la possible frustration que pourrait causer chez les acheteurs de franc plusieurs échecs successifs de retour de la devise helvète vers le seuil de 1,05 ₣. Le rebond par ailleurs des indices boursiers européens favorisé par le recul des rendements obligataires ou encore les signaux de détente des tensions entre la Russie et l'Ukraine constituent deux éléments à priori non-favorables à un rebond plus significatif du franc. En raison du profil de valeur refuge de la devise suisse, cette dernière a plutôt tendance à être recherchée par les investisseurs lors de périodes de trouble. Or pour le moment, on goute à un retour au calme sur les marchés financiers. Il reste à savoir si celui-ci sera temporaire ou non.

 
EUR/NOK - Le coup de mou du pétrole et le ralentissement de l'inflation en Norvège ne font pas les affaires de la couronne (-0,1% hier) : déjà pénalisée sur ce début de semaine par le coup de mou du pétrole dont l'ascension connaît une pause en raison de la baisse apparente des tensions géopolitiques autour de l'Ukraine, la couronne norvégienne accueille froidement le ralentissement bien plus fort que prévu de l'inflation en Norvège sur le mois de janvier. L'indice principal de prix à la consommation s'est contracté de -0,9% sur le premier mois de l'année 2022, soit bien plus fort que le recul de -0,1% anticipé par le consensus. C'est tout bonnement la plus forte chute des prix recensée dans le pays sur les 15 dernières années. La dynamique de croissance des prix sur 12 mois recule très significativement et perd plus de 2% en un mois, passant de 5,3% à 3,2% et retombant à son plus bas niveau depuis 6 mois. L'indice sous-jacent revient à 1,3% après un pic de 8 mois à 1,8% atteint en fin d'année dernière. Ces résultats viennent amoindrir les anticipations de possible accélération du cycle de normalisation monétaire en Norvège où les taux d'intérêt ont déjà été rehaussé à deux reprises l'année dernière (2x +25pbs, de 0% à 0,50%). Alors que la banque centrale a clairement indiqué qu'elle comptait remonter à nouveau les taux en mars prochain, on peut questionner ce matin si ce résultat d'inflation ne pourrait pas pousser l'institution monétaire norvégienne à revoir ses plans et repousser cette décision à plus tard. Si l'on observe finalement peu de réactions à ces résultats ce matin, le taux EUR/NOK repart néanmoins à la hausse et oscille à hauteur de ses plus hauts niveaux observés au cours des 2 dernières semaines à proximité du seuil de 10,1 NOK. Le maintien à un niveau élevé des prix du pétrole limite pour le moment les gains pour la paire de change mais il ne va sans dire qu'une correction marquée des prix du baril de brut pourrait envoyer cette dernière dans la zone 10,1-10,2 NOK qui correspond à la borne supérieure du couloir de fluctuation observé sur ce début d'année.

 
EUR/SEK - Un statu quo monétaire attendu en Suède mais une communication surveillée de la part des banquiers centraux (-0,2% hier) : après avoir chuté à la fin du mois de janvier à son plus bas niveau depuis plus d'un an face à l'euro à plus de 10,55 SEK, la couronne suédoise se reprend doucement mais surement et vient d'ailleurs d'enchaîner trois séances consécutives de hausse face à son homologue européenne. La devise suédoise reste orientée à la hausse ce matin et tutoie ses plus hauts niveaux depuis 3 semaines à hauteur de 10,40 SEK. Si le retour au calme cette semaine sur les marchés boursiers et la baisse des tensions géopolitiques autour de l'Ukraine favorisent un rebond de la devise suédoise, les suiveurs de la couronne ont également un œil sur les conclusions ce jeudi de la dernière réunion monétaire de la banque centrale suédoise (Riksbank). Alors que l'on observe un pivotement général de stratégie de la part des principales banques mondiales en faveur d'un durcissement des conditions monétaires pour atténuer les effets néfastes de l'inflation sur l'économie - y compris des plus prudentes d'entre-elles comme récemment la BCE - les marchés attendent de voir si la Riksbank entend suivre cette tendance et considérer prochainement une première hausse de taux. Si les marchés perçoivent un signe ce jeudi corroborant avec ce scénario, alors nous pourrions assister à une percée de la couronne suédoise sous le seuil de 10,40 SEK et une possible tentative de cassure du seuil de 10,35 SEK (ancienne résistance en décembre/janvier qui devrait faire office de seuil support).

 
EUR/PLN - Nette accélération du zloty qui grimpe à un pic de 8 mois (-0,8% hier) : dans la continuité de la séance de mardi durant laquelle on a assisté à une nouvelle hausse de taux en Pologne (+50 pbs à 2,75%), le zloty polonais s'est significativement revalorisé hier face à l'euro. La devise polonaise n'a pas été insensible aux propos du gouverneur central qui a fait savoir hier que la banque ferait son possible pour renforcer la devise dont la forte dépréciation au cours des deux dernières années a fortement contribué à la forte hausse de l'inflation en Pologne.  La cassure d'une ligne de tendance haussière observée sur le taux EUR/PLN depuis printemps 2020 a probablement constitué un signal acheteur chez les suiveurs de la devise polonaise et contribué à accélérer son mouvement haussier. Suite à sa chute, la paire de change est retombée hier sous le seuil de 4,50 PLN et oscille actuellement à un plus bas depuis le mois de juin 2020. Le prochain niveau support majeur se situe à 4,45 PLN.


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