Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

févr. 07, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Décompression naturelle de l'euro après une semaine exceptionnelle

 

Points clés à retenir

  • Correction généralisée de l’euro malgré les spéculations monétaires : après un rebond de 2 à 3% face à un grand nombre de ses pairs, la devise européenne (1,14 $) subit ce matin une décompression naturelle liée à la dissipation des effets de la réunion de la BCE de jeudi dernier. Si l’euro recule, les spéculations monétaires autour d’une première hausse de taux cette année s’intensifient et sont ce matin alimentées par les propos du gouverneur central néerlandais, Klass Knot, qui anticipe une première hausse de taux de 25pbs en Zone Euro au T4 2022.

  

  • La crise ukrainienne toujours au cœur de l’actualité : après s’être entretenu hier avec la Maison Blanche sur le dossier ukrainien, le président français va se rendre lundi à Moscou et mardi à Kiev pour y rencontrer ses homologues russe et ukrainien et tenter de trouver un point de conciliation entre chaque partie pour éviter qu’un conflit militaire éclate. La devise ukrainienne est sous pression ce matin et recule de près de -1% face à l’euro (32 UAH).

  

  • Retour des investisseurs chinois et de l’optimisme général : fermés depuis une semaine en raison des célébrations de la nouvelle année lunaire, les marchés boursiers chinoises enregistrent un large rebond pour leur retour et s’écartent des bas niveaux depuis plus d’un an qu’ils avaient touché juste avant leurs congés. Les indices européens embraient le pas et ouvrent en hausse ce lundi matin. Le dollar australien (1,61 A$) en profite ce matin pour rebondir et effacer une partie des pertes de la semaine dernière qui l’avaient envoyé à un creux de 4 mois face à l’euro.
  • Le pétrole corrige légèrement sur fond d’espoir sur le dossier ukrainien : après avoir bondi en fin de semaine prochaine à un nouveau pic de plus de 7 ans à plus de 93 $/brl, les prix du pétrole se replient ce matin et réagissent aux propos du ministre ukrainien de la Défense qui relativise le risque de guerre et juge qu’une escalade des tensions est moins probable qu’une résolution à l’amiable du conflit.   

  

  • Contraction surprise de la production industrielle en Allemagne : la production a reculé de -0,3% en décembre alors que le consensus misait sur un rebond de +0,4% sur ce mois. Le retour des restrictions liées au déferlement de la vague Omicron en Europe mais aussi le maintien de goulets d’étranglement au niveau des chaînes logistiques industrielles reliant l’Asie à l’Europe expliquent cette contre-performance. Pour rappel, contrairement à ses voisins, l’économie allemande a vivement ralenti au dernier trimestre 2021 et s’est contractée (-0,7% T/T).

 

Volatilité des taux de change :

EUR/USD (1,14 $) : si les effets « haussiers » de la BCE sur l’euro se sont prolongés vendredi dernier et portés l’EUR/USD en dépit de meilleurs chiffres de l’emploi que prévu aux Etats-Unis, ils semblent se dissiper ce lundi. L’euro corrige légèrement et s’écarte du seuil de 1,15 $ dont il s’était approché en fin de semaine dernière, confirmant au passage l’importance psychologique que revêt cette barrière pour les acheteurs. Cette correction s’apparente à une décompression naturelle qui généralement s’observe après une phase de forte accélération comme cela a été le cas la semaine dernière pour l’EUR/USD qui a engrangé +2,7% et réalisé à ce titre sa meilleure performance hebdomadaire depuis mars 2020. Les débats monétaires autour d’un possible virage monétaire en Zone Euro et d’un démarrage d’un cycle de hausse de taux dès cette année se prolongent sur ce début de semaine grâce à l’appui des propos du gouverneur central néerlandais Klaas Knot qui voit un premier resserrement monétaire être réalisé au dernier trimestre 2022. Ces propos n’ont rien de bien surprenants venant de la part d’un responsable monétaire qui nous a déjà habitué dans le passé à des sorties en faveur d’une réduction plus rapide des mesures de soutien, d’où le peu de réactions visibles ce matin sur l’euro. La contraction surprise de la production industrielle en Allemagne fait figure de petite déception qui participe à faire fléchir l’euro et le ramener vers le seuil de 1,14 $. Outre les débats monétaires en Europe et la manière dont les marchés évaluent l’ampleur d’une possible compression des spreads de taux entre les Etats-Unis et la Zone Euro, le taux EUR/USD suivra attentivement les débats aux Etats-Unis autour d’une possible hausse de taux de 50 pbs par la Fed en mars prochain. Si cette option est pour le moment rejetée par les responsables monétaires américains qui ont été interrogés la semaine dernière sur cette question, les marchés monétaires évaluent à plus d’un tiers la probabilité de réalisation de ce scénario. À ce titre, il faudra surveiller les nouveaux chiffres d’inflation publiés ce jeudi aux Etats-Unis.

 

EUR/GBP (0,8450 £) : comme pour l’EUR/USD, le taux EUR/GBP se détend après un surprenant rebond de +1,7% enregistré en cumulé sur les séances de jeudi et vendredi dernier. Après avoir clôturé vendredi à un pic de 6 semaines à 0,8465 £, le taux de change retrace ce lundi matin et profite amplement de la baisse de régime de l’euro qui n’est plus porté par les effets de la BCE. Alors que les marchés questionnent l’avantage monétaire dont jouit la livre sterling acquis grâce au début précoce du cycle de hausse de taux au Royaume-Uni, cette dernière peut néanmoins se targuer pour le moment d’une attractivité bien supérieure à son homologue européenne. Si la livre sterling n’a pas trouvé les ressorts pour casser le seuil de 0,83 £ avec lequel elle a flirté après la décision la semaine dernière de la Banque d’Angleterre de rehaussé ses taux directeurs pour la seconde fois consécutive, elle n’a pas de raisons pour le moment de craindre une correction significative pour le moment. À moins que le contexte politique change la donne. Boris Johnson a subi de nombreuses défections la semaine dernière de conseillers proches et fait de son mieux pour regagner du crédit auprès de sa famille politique et éviter une motion de censure qui lui pend au nez après la série de polémiques dont il a fait l’objet ces dernières semaines concernant les « garden party » réalisées durant les périodes de confinement. Pour le moment, les risques qu’un tel scénario se produise sont réduits mais cela ne signifie pas qu’il faut pour autant les négliger. La livre sterling sera attentive cette semaine à la large série de statistiques économiques publiées en fin de semaine au Royaume-Uni qui inclue notamment les premières estimations de croissance au dernier trimestre 2021. Ce sera l’occasion d’évaluer l’état de santé de l’économie britannique et de voir si elle a la capacité de digérer une forte remontée des taux d’intérêt comme semble l’anticiper les marchés monétaires (5 nouvelles hausses de taux anticipées d’ici décembre 2022). À ce titre, on aura également une oreille attentive au discours que tiendra le gouverneur central britannique lors du diner annuel de la City de Londres auquel il participe jeudi soir.

 

EUR/JPY (131,5 ¥) : après conclu la semaine dernière à un pic de 3 mois à presque 132 ¥, le taux EUR/JPY retrace ce matin une partie des gains engrangés la semaine dernière (+2,7%). En l’absence de nouveaux catalyseurs sur l’euro mais aussi en raison de l’incertitude toujours palpable qui plane autour du dossier ukrainien, le yen se redresse modestement. Outre le contexte géopolitique, la paire de change reste également attentive au degré de nervosité véhiculé sur les marchés actions, lesquels sont très sensibles au durcissement en cours des conditions monétaires.

 

EUR/CHF (1,0550 ₣) : après avoir flirté vendredi dernier avec la barrière de 1,06 ₣, ce qu’on ne lui avait plus vu faire depuis plus de 3 mois, le taux EUR/CHF subit une décompression naturelle ce matin sur fond de dégonflement de l’euro dont la revalorisation fulgurante la semaine dernière a surpris les marchés financiers. Ce n’est pas la première fois que l’on assiste sur ce début d’année à une forte poussée de la paire de change or la précédente fois, la remontée à 1,05 ₣ s’était accompagnée d’une incroyable série de 9 séances consécutives de baisse et un retour à proximité de la barrière de 1,03 ₣. La semaine à venir sera l’occasion de voir si la revalorisation de l’euro relève d’un réel regain d’intérêt pour la devise ou n’est en réalité qu’épisodique.

 

EUR/AUD (1,61 A$) : le taux EUR/AUD avait bénéficié la semaine dernière d’un double appui, à savoir une revalorisation générale de l’euro mais aussi d’un regain de nervosité sur les marchés financiers qui ont altéré la demande en Aussie dollar. Après avoir bondi à un pic de 4 mois à 1,62 A$, le taux EUR/AUD corrige vivement ce lundi (-0,5%) et retrace au niveau de 1,61 A$. La bonne dynamique ce matin des marchés actions asiatiques sous l’impulsion du retour de congé des investisseurs chinois mais aussi des marchés européens, ainsi que la décompression de l’euro participent au mouvement correctif visible ce matin.

Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.