Actualités du marché des devises

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févr. 02, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro se redresse avant la BCE, les devises pétrolières attentives aux décisions de l'OPEP

 

Tendance du jour : le début de séance est marqué ce mercredi par le rebond prolongé de l'euro face au dollar qui prend la direction de 1,13 $ à la veille de la première réunion monétaire de la Banque centrale européenne, dont certains observateurs espèrent y voir quelques signes d'inquiétudes de la part de l'institution monétaire à l'égard de l'inflation qui reste toujours élevée en Zone Euro sur ce début d'année 2022. De l'autre côté du spectre, les acheteurs de dollar sont quant à eux frustrés de voir un scénario de hausse de taux extraordinaire de 50 pbs en mars prochain dégonfler sachant qu'aucun membre de la Fed ne semble à cette heure favorable à cela. Plus globalement, la volatilité est ce matin très réduite sur les marchés des changes, la faute à plusieurs marchés asiatiques qui restent fermés pour cause de célébration de la nouvelle année lunaire en Asie mais aussi en raison d'un certain attentisme de la part des investisseurs avant la double réunion monétaire de demain au Royaume-Uni et en Zone Euro. Les devises pétrolières comme le CAD et la NOK sont stables ce matin alors que l'on surveille les conclusions ce mercredi de la réunion de l'OPEP dont l'issue pourrait avoir des impacts sur les prix du pétrole.  Le principal risque est que l'organisation surprenne les marchés en optant pour une réduction plus importante que prévu des quotas de production en mars prochain. Sinon le rouble continue, doucement mais surement, de se redresser et tutoie ce matin ses plus hauts niveaux depuis 3 semaines face à l'euro (86 RUB).

 
EUR/USD - L'euro pousse avant la BCE (+0,3% hier) : l'euro a prolongé mardi son rebond et se met à rêver d'un retour à 1,13 $ avant la réunion de la Banque centrale européenne ce jeudi. Tiré par le haut par une remontée des rendements obligataires européens, et notamment du taux 10 ans allemand de retour depuis mardi en territoire positif et à un plus haut depuis le mois de mai 2019, l'euro montre des capacités de résilience après sa chute la semaine dernière à 1,11 $ (creux de presque 20 mois). La publication sur le début de semaine de chiffres d'inflation en Allemagne, en France et en Espagne très largement au-dessus des attentes sur le mois de janvier donne du crédit aux anticipations de marché qui voient la BCE relever ses taux cette année (deux hausses de 10 pbs intégrées actuellement) bien que cette dernière exclût pour le moment dans sa communication un tel scénario. Si la prudence de la banque européenne et les divergences monétaires qui en résultent avec la stratégie de normalisation accélérée aux Etats-Unis sont la principale cause de la dépréciation de l'euro face au dollar en 2021, un possible virage monétaire surprise de la BCE demeure le plus gros catalyseur haussier pour l'euro en 2022. Il va néanmoins falloir s'armer de patience pour éventuellement voir un tel scénario se réaliser car il faudra plusieurs mois encore d'inflation élevée en Zone Euro pour que les banquiers centraux reconsidèrent le caractère supposé "transitoire" de la croissance des prix dans la région et ajustent le tir en conséquence. Au regard du peu d'attente qui émane de la réunion monétaire de jeudi durant laquelle la banque européenne devrait simplement confirmer sa stratégie de stopper le programme quantitatif d'urgence (PEPP) en mars et réduire graduellement les rachats d'actif (APP) jusqu'à la fin d'année, la moindre inflexion de sa communication sur l'inflation et ses impacts sur l'économie pourrait être considérée par les investisseurs comme une première étape préliminaire avant un possible changement de stratégie en faveur d'une réduction plus ample du soutien monétaire. En attendant la réunion de demain, l'euro pourrait faire une pause dans son ascension, voire corriger légèrement, en raison d'un probable attentisme des acteurs de marché qui attendront la BCE avant de prendre de nouvelles positions (à l'achat ou à la vente). Si on suivra d'un œil les premiers résultats d'inflation en Zone Euro au mois de janvier, ils devraient très probablement confirmer les résultats déjà observés en Allemagne et en France, à savoir des pressions haussières sur les prix toujours très élevées. La trajectoire de l'EUR/USD risque possiblement aujourd'hui d'être davantage influencée par la direction du dollar qui sera attentif à la publication cet après-midi du rapport ADP sur l'emploi dans le secteur privé, lequel fait office de baromètre de tendance avant les chiffres officiels qui tomberont vendredi. Le consensus économique mise sur un rapport modeste de seulement 207k nouvelles créations de poste sur le mois de janvier, soit le plus bas volume observé sur les 11 derniers mois. Si la vague Omicron aux Etats-Unis peut expliquer cette faible dynamique, on observe également un déficit de demande en matière d'emploi aux Etats-Unis, ce qui cause d'importantes problématiques de recrutement dans certains secteurs. Si une telle situation tire les salaires vers le haut et alimente les pressions inflationnistes, cela pose également des questions sur les risques autour des capacités de production de l'économie américaine. Cela devrait en tout cas refroidir un peu plus les banquiers centraux américains à considérer une hausse de taux plus ample que d'habitude de 50 pbs en mars.

 
EUR/GBP - La livre sterling reste solidement valorisée avant la BoE (-0,2% hier) : on craignait que l'agitation politique au Royaume-Uni sur ce début de semaine soit préjudiciable à la livre sterling mais il n'en est rien. Cette dernière s'est bien reprise hier face à l'euro et reste solidement arrimée sous le seuil de 0,8350 £ en attendant demain ce qui devrait très probablement être le premier enchaînement depuis 2004 de deux hausses consécutives de taux par la Banque d'Angleterre. La question que l'on se pose est de savoir si la réunion monétaire de demain fera glisser la paire EUR/GBP sous le seuil de 0,83 £, ce qui ne s'est plus produit depuis février 2020 et à de très rares reprises depuis le référendum de sortie de l'UE en juin 2016. Les marchés monétaires anticipent 5 hausses de taux de 25 pbs cette année au Royaume-Uni, ce qui ramènerait le taux directeur à hauteur de 1,5% d'ici décembre prochain. Il s'agit là d'un scénario très optimiste dont on attend jeudi s'il est partagé par la banque centrale britannique. Une hausse de taux d'une ampleur supérieure aux attentes (+50 pbs ?) ou la confirmation par la BoE d'un alignement de sa stratégie de hausse de taux avec les attentes des marchés monétaires pourraient enflammer la livre sterling. En attendant la réunion de demain, il est fort possible que l'on assiste à une séance très attentiste avec peu de mouvements.

 
EUR/JPY - Les tourments du pétrole annule les effets du rebond boursier sur le yen (-0,1% hier) : de retour lundi à plus de 129 ¥, on aurait pu penser que la paire EUR/JPY allait enchaîner et prendre la direction du seuil de 130 ¥ grâce à l'appui du beau rebond des marchés boursiers européens (+1,3% mardi pour l'indice Stoxx 600). Ce n'est pas ce qui s'est produit, la faute aux pressions baissières observées sur les prix du pétrole qui ont chuté de plus de -2% hier en Europe à la veille d'une réunion de l'OPEP autour de laquelle circule des rumeurs de possible hausse plus importante de l'objectif de production par les membres de l'organisation et leurs alliés. L'absence par ailleurs pour le moment de nouveaux développements favorables dans les négociations qui se poursuivent entre la Russie et l'Ukraine maintient une épée de Damoclès au-dessus de la tête des marchés qui freine (consciemment ou inconsciemment) les prises de risque. Si le taux EUR/JPY reste positionné ce matin au-dessus du seuil de 129 ¥, il montre ce matin plus d'appétence à un repli qu'à un rebond.

 
EUR/CHF - La marche de 1,04 ₣ apparaît trop haute à gravir avant la BCE (-0,3% hier) : la paire EUR/CHF n'a pas réussi à enchaîner et confirmer son beau rebond à 1,04 ₣ observé lors de la séance de lundi. Hier, la paire de change a subi un mouvement correctif durant lequel elle a effacé la totalité des gains engrangés lundi. Retour donc à la case départ avant la BCE. Au regard de la communication défensive délivrée par la banque et sa présidente Christine Lagarde, qui a répété le mois dernier qu'un scénario de hausse de taux en 2022 était hautement improbable, on peut comprendre que les acheteurs d'euro ne souhaitent pas se positionner avant la réunion monétaire de jeudi, et au contraire clôturer leurs profits après le pic de 2 semaines atteint lundi. La séance de mercredi devrait très probablement être une séance d'observation avant la double réunion monétaire de demain au Royaume-Uni et en Zone Euro.  

 
EUR/AUD - La baisse de la volatilité donne l'occasion à l'Aussie dollar de reprendre des couleurs (-0,5% hier) : la devise australienne fait partie de celles qui ont le plus fortement contreperformé face à l'euro au mois de janvier, cette dernière enregistrant un repli de -1,6% sur cette période. Alors qu'elle tutoyait encore lundi matin ses plus bas niveaux de l'année face à l'euro à plus de 1,59 A$, la devise australienne a depuis retrouvé des couleurs. La baisse significative de la volatilité sur les marchés actions, notamment illustrée par la baisse hier de l'indice de la peur aux Etats-Unis - le VIX - à son plus bas niveau depuis 2 semaines, offre des conditions favorables à un rebond correctif du dollar australien. Le statu quo hier de la RBA n'a rien changé, seulement de décaler de quelques mois les anticipations monétaires qui misent désormais sur une première hausse de taux en Australie d'ici juillet et non plus en mai. Toujours sur une pente descendante ce matin, le taux EUR/AUD tentait de casser le seuil de 1,58 A$ mais rencontrait quelques difficultés pour y parvenir.

 
EUR/CAD - L'OPEC va-t-elle donner des ailes au loonie, ou au contraire saper son moral ? (+0,2% hier) : même si elle a connu quelques récents remous, la devise canadienne reste fortement valorisée face à l'euro et oscille depuis maintenant un peu plus de trois semaines dans un couloir de prix élevé de 1,4100 -1,4350 C$, où le seuil de 1,41 C$ constitue pour le loonie canadien un point haut qu'il n'avait plus atteint depuis le mois d'avril 2017. Une des forces de la devise canadienne lui vient de la bonne dynamique des prix du pétrole qui ont rebondi de plus de 15% en janvier et qui ont récemment atteint leur plus haut niveau depuis 2014 à 90 $/brl. En raison d'une demande globale toujours élevée et qui devrait par ailleurs encore augmenter avec l'élimination progressive des restrictions sanitaires introduites à cause d'Omicron mais aussi de capacités de production impactées par des problèmes techniques ou des tensions géopolitiques (conflit Russie/Ukraine, attaques terroristes dans les Emirats), beaucoup d'observateurs voient les prix du pétrole remonter rapidement à 100 $. Or une remontée des prix à un niveau élevé n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les principaux pays producteurs qui voient surgir la concurrence des Etats-Unis et de leur production à base de gaz de schiste dont le coût de production élevé nécessite un prix du pétrole haut pour que ce soit rentable. Alors qu'il y a un large consensus des marchés sur le fait que l'OPEP et ses alliés avec à sa tête la Russie devraient très vraisemblablement poursuivre sa politique de réduction des quotas liés à la pandémie et ainsi opter pour une hausse de la production journalière de pétrole de 400 000 barils en mars comme ils le font chaque mois, la banque américaine Goldman Sachs a mis en garde hier sur le fait qu'une hausse plus importante de la production pourrait être décidée ce mercredi. Un tel scénario aurait un impact négatif (à court terme) sur les prix du pétrole et pourrait à cette occasion ramener le taux EUR/CAD au-dessus du seuil de 1,43 C$ contre lequel il bute depuis le début de semaine. En cas de rebond de la paire, on surveillera le seuil de 1,4350 C$ qui fait office de plafond depuis 3 semaines.

 
EUR/BRL - Le réal brésilien continue son ascension en espérant une nouvelle forte hausse de taux ce soir au Brésil (-0,4% hier) : le réal brésilien n'en finit plus de grimper et a touché hier un nouveau pic de 7 mois face à l'euro à moins de 5,95 BRL. La devise brésilienne porte ses gains face à l'euro à désormais +8% sur les quatre dernières semaines. Cette dernière tire sa vigueur sur ce début de semaine de fortes anticipations autour d'une probable nouvelle forte hausse de taux opérée ce soir par la banque centrale brésilienne. Le consensus table sur un resserrement de +150 pbs, ce qui ferait remonter le taux directeur principal de 9,25% à 10,75%, ou son plus haut niveau depuis avril 2017. Surtout, avec une telle hausse les taux directeurs brésiliens seraient désormais supérieurs à l'inflation (10%), ce qui peut expliquer l'engouement des investisseurs pour la devise brésilienne. Alors que l'on observe un support important à 5,85 BRL (seuil plancher observé depuis juin 2020), le réal brésilien pourrait également subir un mouvement de type "achetez la rumeur, vendez la nouvelle" après la réunion monétaire de ce soir, sauf surprise de la part de banque centrale et hausse de taux plus conséquente que prévu.


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