Actualités du marché des devises

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févr. 01, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les marchés questionnent l'inflexibilité de la BCE face au maintien de fortes pressions inflationnistes en Zone Euro

  
Tendance du jour : les effets bénéfiques sur l'euro de la dissipation des risques politiques en Italie se sont dissipés, aussi la devise européenne ne parvient pas sur ce début de séance à enchaîner son rebond de la veille face à ses principaux pairs, à l'exception notable du dollar contre lequel elle consolide sa position à plus de 1,12 $. On relève sur les marchés obligataires européens un soupçon d'optimisme à l'égard d'un possible ajustement de communication de la part de la BCE sur l'inflation alors que les premières estimations de janvier se révèlent plus élevées que prévu. Après l'Allemagne et l'Espagne hier, ce sont les statistiques de prix en France qui surprennent les marchés (3,3% en rythme annuel vs. consensus 3,0%). Malgré l'ouverture en forte baisse des prix du pétrole en Europe (-2% pour le Brent) à la veille d'une réunion mensuelle de l'OPEP, les devises pétrolières (CAD, NOK) gagnent du terrain face à l'euro ce matin. Le dollar australien est relativement stable (1,59 A$) malgré le statu quo de la RBA ce matin. Après avoir subi de lourdes pertes hier, les devises asiatiques accentuent leurs pertes alors que plusieurs marchés en Asie sont fermés pour cause de célébration de la nouvelle année lunaire. Les devises sud-américaines sont en retrait alors qu'elles sortent d'un mois de janvier extraordinaire.

  
EUR/USD - L'euro finit bien le mois de janvier porté par les nouvelles italiennes et le rebond de la bourse (+0,8% hier) : retombé la semaine dernière à un creux de 20 mois à presque 1,11 $, le taux EUR/USD a terminé le premier mois de l'année en beauté et s'est ainsi offert un rebond de +0,8% qui lui a permis de clôturer janvier au-dessus de 1,12 $. La reconduction à la présidence de l'Italie de Sergio Mattarella, mais surtout le maintien au gouvernement de Mario Draghi, personnage garant de la stabilité de la coalition hétéroclite actuelle en Italie, a vivement rassuré les marchés. Porté également par un rebond de la bourse européenne qui finit néanmoins le mois de janvier -4% en-dessous de ses niveaux de la fin d'année dernière, l'EUR/USD respire un peu et limite ses pertes à -1,2% sur ce premier mois de l'année 2022. À noter également hier la clôture du taux souverain 10 ans allemand en territoire positif, ce qui ne lui était plus arrivé depuis mai 2019. Il faut dire que l'inflation en Zone Euro continue de surprendre à la hausse, à l'image de l'Allemagne et de l'Espagne hier dont le taux annuel de croissance des prix à la consommation est ressorti bien au-dessus des attentes (resp. 5,1% et 6,1% vs. consensus 4,7% et 5,5%) malgré un affaissement de l'effet de base relatif à la hausse de la TVA en Allemagne et des prix de l'énergie. Le maintien de fortes pressions haussières sur les prix en Europe ne fait pas les affaires des banquiers centraux européens qui défendent la thèse d'une dynamique "transitoire" sur les prix. À défaut de provoquer un changement radical de l'orientation monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), on peut penser que l'inflation suscite quelques vifs débats ce jeudi lors de la première réunion monétaire de l'année de l'institution monétaire. Les acheteurs d'euro veulent y croire, et si tel est le cas cela pourrait offrir l'occasion à la devise européenne d'effacer une partie des pertes du début d'année. Le taux de change reste orienté à la hausse ce matin et consolide sa position au-dessus de 1,12 $. Les ventes au détail catastrophiques publiées ce matin en Allemagne (-5,5% M/M en décembre vs. consensus -1,4%) ne provoquent pas de réaction épidermique sur l'euro. Au contraire, cela vient donner du crédit au camp des partisans à une réduction du soutien monétaire afin d'atténuer les effets néfastes de la hausse des prix sur le pouvoir d'achat des ménages.

 
EUR/GBP - Les excuses de Boris Johnson déplaisent à la livre sterling (+0,4% hier) : remontée en fin de semaine dernière à proximité de ses plus hauts niveaux depuis près de 2 ans face à l'euro non loin de la barrière de 0,83 £, la livre sterling a levé le pied lundi à l'occasion d'une séance principalement marquée par les conclusions de l'enquête du haut fonctionnaire Sue Gray sur la série de fêtes organisées au sein du gouvernement britannique durant les périodes de confinement en 2020 et 2021. Celle-ci confirme la tenue de "réunion" non autorisée et alcoolisée à Downing Street, lieu de résidence du premier ministre Boris Johnson, et évoque de "graves manquements" et des "erreurs de leadership" qui érodent un peu plus le crédit de Johnson dont le départ du gouvernement est réclamé par l'opposition. Forcé de s'excuser hier après les révélations de ce rapport, ce dernier exclut pour le moment toute démission et s'emploie au contraire à rester actif sur un certain nombre de dossier majeur (Brexit, Ukraine) pour tenter d'éteindre l'incendie. Alors que la menace d'une possible motion de censure déclenchée par le Parlement est plus que jamais d'actualité, on ne sait pas encore si les députés de la majorité attendront le rapport de l'enquête de police ouverte la semaine dernière, et dont les conclusions pourraient ne pas être publiées avant plusieurs mois, pour tenter une offensive pour forcer le départ de Johnson du gouvernement. La livre sterling a retracé hier une partie de ses récents gains pour remonter à hauteur de 0,8350 £. Malgré un contexte politique incertain, la devise britannique peut tout de même compter sur des soutiens de poids, à savoir une probable nouvelle hausse de taux annoncée ce jeudi par la Banque d'Angleterre. Plus que l'annonce en elle-même, c'est surtout le calendrier monétaire qui sera scrutée par les marchés et qui constituera l'élément clé dont dépendra le déclenchement ou non d'un nouveau rallye de la livre sterling.

 
EUR/JPY - Rebond de l'EUR/JPY à un pic d'une semaine (+0,7% hier) : la détente des risques politiques autour de l'Italie et l'Ukraine a offert sur ce début de semaine un large rebond correctif de la paire EUR/JPY à plus de 129 ¥, ou un niveau au-dessus duquel elle n'avait plus clôturé depuis plus d'une semaine. Les pressions haussières ont probablement également été intensifiées par des prises de bénéfice généralement observées lors de fin de période comme c'était le cas hier lors de la dernière séance du mois de janvier. Il faut dire qu'avant la séance d'hier, le taux de change avait subi un mouvement correctif d'un peu plus de 2% en l'espace de 3 semaines. Ce rebond salvateur ne présage pour le moment pas d'un nouveau rallye de la paire EUR/JPY, lequel dépendra amplement de la capacité des marchés boursiers à se relancer dans un contexte de remontée des taux de crédit aux Etats-Unis dans les semaines et mois à venir. Le taux est très stable ce matin.

 
EUR/CHF - Retour au-dessus de 1,04 ₣ pour clôturer un mois de janvier très volatile (+0,3% hier) : le taux EUR/CHF aura connu plusieurs hauts et bas sur ce début d'année, touchant à la fois un plus bas depuis plus de 6 ans à 1,03 ₣ mais aussi un pic de 2 mois à 1,05 ₣. En retrait sur la fin du mois de janvier, le taux de change s'est offert un solide rebond hier et a même touché un pic de 2 semaines à 1,0440 ₣ en cours de séance avant de retracer légèrement en fin de journée. Le taux est en retrait ce matin ce qui tend à confirmer le caractère technique du rebond de la veille. Le soulagement général provoqué par le maintien de Mario Draghi à la tête du gouvernement italien s'est estompé et ne fait plus effet. La publication ce matin de résultats décevants des ventes au détail en Allemagne n'aide pas la paire EUR/CHF à accélérer, bien au contraire. De bons résultats sur l'emploi en Allemagne et en Zone Euro, ou une extension du rebond boursier de la veille en Europe pourraient aider le taux à poursuivre sa hausse de la veille.

 
EUR/AUD - La RBA continue de repousser un scénario de hausse de taux, le dollar australien fait la moue (-0,3% hier) : après son rebond de la veille, le dollar australien espérait confirmer ce matin mais pour cela encore fallait-il que la banque centrale australienne envoie quelques signaux suggérant une possible avancée de son calendrier monétaire de sortie de crise. Si cette dernière a annoncé ce matin la fin de son programme quantitatif elle exclut toujours l'idée de rehausser rapidement ses taux d'intérêt, cette dernière considérant toujours la hausse des prix comme transitoire et estimant qu'il subsiste toujours un certain nombre de risques économiques qui invitent à la prudence. La communication officielle reste identique aux précédentes sorties, à savoir que les taux directeurs ne seront pas remontés avant un retour durable de la croissance des salaires à 2-3%, ce que la banque n'anticipe pas avant 2023. Malgré ce statu quo, les marchés monétaires restent convaincus qu'une première hausse de taux devrait survenir dès cette année, et anticipent une annonce au mois de juillet. Le taux EUR/AUD a rebondi au-dessus de 1,59 A$ en réaction immédiate au communiqué de la RBA mais a depuis retracé ses gains. La paire de change reste néanmoins à proximité de ses plus hauts niveaux de l'année, le dollar australien n'ayant pas trouvé ce matin les catalyseurs justifiant un rebond.

 
EUR/CZK - Le dégonflement des tensions sur l'Ukraine offre un rebond à la couronne tchèque (-0,6% hier) : le taux EUR/CZK a chuté hier à un creux d'une semaine à 24,3 CZK non loin de ses plus bas de l'année et depuis 10 ans sur fond de dissipation des tensions autour de l'Ukraine. Les tractations avec la Russie se multiplient depuis plusieurs jours pour tenter de désamorcer le risque de conflit militaire dans la région. Les anticipations monétaires d'une nouvelle hausse de taux significative ce jeudi par la banque centrale tchèque (consensus : +75 pbs à 4,50%) est un autre soutien de poids pour la couronne tchèque. Cette dernière reste orientée à la hausse ce matin face à l'euro après la publication de chiffres de croissance en République Tchèque très largement au-dessus des attentes (+0,9% T/T vs. consensus +0,1%). Deux obstacles se dressent néanmoins devant la couronne tchèque dans son ascension, le premier situé à 24,30 CZK et le second à 24,20 CZK (niveau touché à une seule reprise depuis septembre 2011, c'était le 20 janvier dernier).

 
EUR/BRL & EUR/CLP - Le réal brésilien et le peso chilien concluent un très bon mois de janvier (-0,4% et -0,8% hier) : le peso chilien finit le mois de janvier avec près de 8% de gains engrangés face à l'euro, ce qui demeure sa meilleure performance depuis plus de 10 ans. Le taux EUR/CLP a clôturé janvier sous le seuil de 900 CLP, non loin de ses plus bas de l'année et depuis 7 mois. Le réal brésilien s'est lui revalorisé de plus de +6% face à l'euro en janvier et réalisé son meilleur mois depuis 7 mois. Le taux EUR/BRL termine le premier mois de l'année sous le seuil symbolique de 6,0 BRL, ou son plus bas niveau depuis 7 mois. Tiré par le haut par des rendements obligataires très attractifs, parmi les plus élevés du monde, mais aussi par une remontée des prix des matières premières et notamment des denrées alimentaires et des métaux industriels, les devises sud-américaines sont les meilleurs performeurs des marchés des changes sur ce début de l'année.


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