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nov. 25, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro va-t-il profiter de Thanksgiving pour se refaire la cerise ?  La couronne suédoise en proie aux incertitudes politiques

 Tendance du jour : après une nouvelle déconvenue hier provoquée entre autre par l'accentuation des pressions sanitaires en Europe et notamment en Allemagne où le nouveau gouvernement d'Olaf Scholz (accord de coalition trouvé hier) réfléchit sérieusement à des mesures de confinement pour endiguer une 5ième vague inédite qui a fait 100k nouvelles contaminations hier, l'euro tente de se refaire la cerise ce matin face aux valeurs refuges (CHF & JPY) et au loonie canadien contre lesquels la devise européenne a vivement souffert hier. Le taux EUR/USD se reprend doucement après avoir franchir pour la 1ière fois cette année le cap des 1,12 $, bien aidé dans sa chute par l'augmentation hier des spéculations monétaires aux Etats-Unis autour d'un scénario de hausse plus rapide que prévu des taux directeurs par la Fed après les Minutes de la Fed. L'ascension irréfrénable du dollar pourrait néanmoins connaître une pause en raison de l'absence des investisseurs américains qui célèbreront Thanksgiving. La couronne suédoise qui restait sur 5 séances consécutives de repli se reprend ce matin et s'écarte du creux de 3 mois touché la veille. Au sein des pays émergentes, la baisse de la volatilité en Turquie profite aux devises d'Europe de l'Est qui amorcent depuis quelques jours une phase corrective face à l'euro après avoir chuté à des niveaux extrêmement  bas tandis qu'à l'inverse les devises asiatiques cèdent du terrain ce matin, elles qui oscillent sur des plus hauts annuels face à l'euro.

  • EUR/USD - Les Minutes de la Fed ouvre la porte à une accélération du tapering et alimentent l'ascension du dollar (-0,4% hier) : le dollar ne s'arrête plus de grimper et a franchi un nouveau palier hier, celui de 1,12 $ pour la 1ière fois depuis presque 17 mois. Si la détérioration de la situation sanitaire en Europe et les nouvelles rumeurs de confinement en provenance d'Allemagne avaient initialement mis l'euro en mauvaise posture, les publications économiques sur l'emploi et l'inflation aux Etats-Unis ainsi que les Minutes de la Fed ont porté l'estocade. Lors d'une séance très riche en données économiques en raison des célébration sur cette fin de semaine aux Etats-Unis de Thanksgiving (marchés fermés jeudi et séance écourtée vendredi), on a entre autre observé 1) une accélération de la croissance annuelle de l'indice de prix des dépenses de consommation personnelle (outils de mesure favori de la Fed pour évaluer l'inflation) à un pic de 30 ans (3,6%), 2) un recul des nouvelles inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage à un plus bas  depuis 1969 (+199k), 3) la consommation domestique rebondir plus que prévu (+1,3% M/M vs. consensus 1,0%), 4) le PIB au T3 (2,1% vs. 2,0% en 1ière lecture) et l'indice Michigan de confiance des ménages (67,4 vs. 66,8 en 1ière lecture) révisés à la hausse. En fin de journée, les Minutes de la Fed de la réunion de novembre ont alimenté le débat actuel portant sur une possible accélération dès le mois de décembre du rythme de réduction du programme de rachats d'actif (actuellement de 15 Mds$/mois) en mettant en lumière les inquiétudes de certains membres à l'égard de l'inflation. Certains d'entre eux semblent d'ailleurs favorables à l'idée de rehausser plus rapidement que prévu les taux d'intérêts pour contenir la flambée des prix qui menace de se répercuter sur les marges d'entreprise et la consommation des ménages comme le sous-entend les résultats des récentes enquêtes de sentiment menées par l'Université de Michigan. Ce sentiment d'urgence corrobore avec les anticipations de marché qui ont déjà intégré deux hausses de taux en juin et septembre 2022 et envisagent un 3ième resserrement monétaire en décembre 2022. Porté par ces spéculations monétaires, le taux souverain 2 ans américain est de retour depuis hier au-dessus du seuil de 0,6% et oscille actuellement à un nouveau pic de 20 mois. Un mouvement qui n'a pas laissé le dollar insensible. En l'absence ce jeudi des investisseurs américains et alors que la paire de change enregistrait avant la séance d'aujourd'hui sa pire performance mensuelle depuis 3 ans (-3%), l'EUR/USD pourrait s'offrir un petit rebond correctif lui permettant de revenir se positionner au-dessus de 1,12 $. C'est d'ailleurs ce qui s'observe ce matin malgré la légère révision à la baisse des chiffres de croissance en Allemagne au T3 (+1,7% T/T vs. 1,8% en 1ière lecture).
  • EUR/GBP - La livre sterling en profite pas de la vulnérabilité de l'euro (-0,0% hier) : malgré un euro mal en point, tiraillé par la recrudescence des risques sanitaires en Zone Euro et le retour du spectre du confinement que l'on croyait ne plus jamais revoir dans la région, la livre sterling n'en a pas profité. La tentative de repli de la paire EUR/GBP sous le seuil de 0,84 £ a échoué, celle-ci retraçant rapidement ses pertes pour clôturer la séance à proximité de son niveau d'ouverture. Il faut croire que la proximité avec le seuil de 0,83 £ qui n'a été touché qu'à de très rares reprises au cours des cinq dernières années inhibe la livre et freine son ascension. L'absence de nouveaux développements venant nourrir les spéculations de première hausse de taux au Royaume-Uni ou signalant une avancée notable dans la tentative de résolution du conflit sur la frontière nord-irlandaise et la pêche entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne peuvent également expliquer le manque de traction de la livre sterling. Le taux est légèrement sur la défensive ce matin mais se maintient néanmoins au-dessus du seuil de 0,84 £.
  • EUR/JPY - Les risques sanitaires en Europe profitent au yen (-0,2% hier) : face à la recrudescence rapide des infections dans plusieurs pays européens, les autorités publiques tentent de s'organiser pour contrer la propagation du virus. Malgré la vaccination, cette seconde vague inédite dans sa magnitude oblige à repenser à l'impensable, c'est à dire envisager la réintroduction de restrictions de type confinement partiel ou intégral. L'Autriche a déjà franchi le pas, l'Allemagne y réfléchit sérieusement alors qu'un nouveau record de 100k cas vient d'être atteint. Après deux séances consécutives de rebond, le taux EUR/JPY a retracé une partie des gains du début de semaine pour se repositionner sous le seuil de 129,50 ¥. Si la paire de change profite ce matin d'un rebond de l'euro, elle semble pour l'heure davantage en mesure de glisser sous le seuil de 129 ¥ (comme cela a été le cas furtivement hier) que de rebondir au-dessus de 130 ¥.
  • EUR/CHF - Les rumeurs de confinement en Allemagne font grimper le franc (-0,4% hier) : les risques sanitaires en Europe ont à nouveau très largement affecté la volatilité de la paire EUR/CHF, laquelle sert souvent de baromètre de la confiance des investisseurs européens. Après une tentative vaine de retour au-dessus de 1,05 ₣ en début de semaine, celle-ci s'en est écartée pour revenir tutoyer ses plus bas de l'année et depuis 6 ans. Un creux a été touché en séance à 1,0454 ₣, non loin du point bas annuel recensé à 1,0446 ₣. Si un léger rebond correctif s'observe ce matin, la dynamique reste néanmoins toujours baissière en attendant d'observer un éventuel signe de la banque centrale suisse sur les marchés des changes pour tenter de dégonfler la forte valorisation actuelle du franc.
  • EUR/SEK - Un "super mercredi" en Suède qui se termine en eau de boudin (+0,6% hier) :  Magdalena Andersson ne sera restée première ministre de la Suède que quelques heures et peut déjà se targuer (ou pas) d'avoir eu le mandat le plus court de l'Histoire du pays. Fraichement nommée à la tête du pays nordique dans la matinée après un vote favorable au Parlement, cette dernière a déposé sa démission dans l'après-midi consécutivement à la rupture de la coalition par les écologistes après le vote par les députés d'une résolution budgétaire portée par l'opposition. Si Andersson reste toujours la grande favorite pour devenir la première cheffe de l'Etat de la Suède et n'écarte d'ailleurs pas la possibilité de diriger un gouvernement minoritaire composé uniquement de membres du Parti social-démocrate, le flou général qui entoure le paysage politique suédois depuis la démission de l'ancien premier ministre Stefan Löfven mi-novembre dessert la couronne suédoise. Celle-ci a de nouveau connu une séance de recul face à l'euro - la 5ième consécutive - et clôturé à un plus bas depuis presque 3 mois à plus de 10,22 SEK. Si la devise rebondit modestement ce matin après le statu quo sans surprise de la banque centrale suédoise (taux directeur maintenu à 0%), elle accumule néanmoins plus de 3% de pertes depuis son dernier pic touché le 1er novembre dernier et oscille très largement au-dessus de son cours moyen annuel calculé à 10,1250 SEK.
  • EUR/KRW - Une première hausse de taux qui ne convainc pas les suiveurs du won (-0,5% hier) : comme la Nouvelle Zélande hier, la Corée du Sud a enregistré ce matin son second resserrement monétaire de l'année, la banque centrale relevant de 25 pbs le taux directeur à 1%. Celui-ci est désormais 25 pbs inférieur à son niveau d'avant crise. Cette décision très largement anticipée par les marchés n'a pas provoqué de grande réaction, et au contraire le won cède du terrain face à l'euro et s'écarte du pic de 18 mois touché la veille à quasiment 1330 KRW. Un petit doute porte sur la capacité de la banque coréenne à accélérer sa politique de normalisation monétaire, d'où ces prises de bénéfice visibles ce matin sur la devise coréenne.
  • EUR/BRL - Le réal attentif à l'inflation au Brésil (+0,2% hier) : après un large rebond de 6% face à l'euro en début de mois, le réal brésilien patine un peu et vient de se déprécier de 2% sur les deux dernières semaines. La bonne dynamique du dollar favorisée par la remontée des taux souverains américains n'aide par les devises émergentes, ni d'ailleurs l'excès de volatilité qui se dégage de la Turquie laquelle inspire aux investisseurs peu de confiance à aller placer son argent dans des régions émergentes. Ce jeudi, le réal brésilien pourrait se voir contrarier par des facteurs domestiques et notamment l'inflation que le consensus voit grimper à un nouveau pic de 5 ans à 10,65%. Si la croissance des prix à la consommation venait à accélérer davantage et dépasser le cap des 10,84%, soit le point le plus haut recensé depuis 2003, le réal pourrait à nouveau être la cible de pressions baissières qui pourraient le ramener au-dessus du seuil de 6,35 BRL face à l'euro (plafond depuis plus de 2 semaines).

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