Actualités du marché des devises

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nov. 24, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Envolée du dollar avant Thanksgiving ? Les Minutes de la Fed surveillée 

Pause temporaire de la volatilité en Turquie 

Tendance du jour : on assiste ce matin à un début de séance relativement calme dans lequel l'euro repart à la baisse après la brève éclaircie offerte hier par de bons indicateurs PMI en Zone Euro. Le volet sanitaire reste une large source d'inquiétude pour les acteurs financiers européens alors que les infections augmentent significativement et que l'OMS alerte désormais sur une possible hausse de 50% des décès en Europe d'ici le mois de mars prochain (+700k vs. 1,5 Mln actuellement) si la tendance actuelle se poursuit. L'attention des marchés sera focalisée ce mercredi sur les nombreuses publications statistiques publiées aux Etats-Unis avant les congés de Thanksgiving qui débuteront jeudi avec entre autres la révision des chiffres de croissance au T3 et les indices de prix de dépenses de consommation personnelle (PCE). La publication des Minutes de la réunion de la Fed de novembre sera l'évènement majeur de la journée et ne manquera pas de générer son lot de réaction. Le dollar, qui bénéficie depuis le début de semaine, d'un regain de traction sur les taux courts (pic de 20 mois touché hier par le taux 2 ans) sur fond d'anticipation de hausses de taux aux Etats-Unis en 2022, sera attentif aux mouvements sur les marchés monétaires. La volatilité sur les marchés des changes est dominée ce matin par le repli du kiwi dollar malgré la hausse de taux réalisée en Nouvelle Zélande, le rebond correctif des devises d'Europe de l'Est et le rebond de la livre turque après son crash de la veille de plus de -10%.

  • EUR/USD - L'euro n'y arrive pas face au dollar (+0,1% hier) : après un repli de -3% en deux semaines dont -1,2% sur les deux dernières séances et la publication d'indicateurs PMI en Zone Euro bien au-dessus des attentes, on aurait pu espérer un rebond correctif plus important de l'euro face au dollar. Or c'est à peine si celui-ci a décollé hier pour s'écarter du creux de 16 mois à moins de 1,1250 $ sur lequel il a chuté en début de semaine. Pourtant, l'euro aurait pu se réjouir de voir un premier rebond en 4 mois de l'activité du secteur privé européen au mois de novembre (55,8 en 1ière lecture vs. 54,2 en octobre), lequel a déjoué les pronostics de nouvelle décélération suggérée par le consensus (estimation de 53,2) malgré l'inflation et la recrudescence des infections de COVID en Europe.  Si l'activité du secteur manufacturier connait un très léger rebond après une série de 4 mois consécutifs de recul (58,6 vs. 58,3 en octobre), il faut noter le fort rebond des services (56,6 vs. 54,6 en octobre) qui enregistre en novembre sa meilleure performance depuis 3 mois. Cela n'a pas néanmoins pas suffit à permettre à l'euro de rebondir. Il faut dire que le dollar bénéficie d'importants soutiens, et notamment des vives spéculations monétaires qui s'en donnent à cœur joie depuis la nouvelle tombée lundi de la reconduction de Jerome Powell à la tête de la réserve fédérale américaine. La devise américaine a ainsi profité hier d'une nouvelle poussée des taux 2 ans à un pic de 20 mois à plus de 0,6% (pic recensé en séance à 0,6870% avant un retracement à 0,6140% en fin de journée). L'EUR/USD est assez stable ce matin en amont d'une séance qui sera riche en publications économiques, notamment aux Etats-Unis où l'on aura une concentration plus importante que d'habitude de données en raison des célébrations en fin de semaine de Thanksgiving (marchés américains fermés jeudi et séance écourtée vendredi). Si les marchés surveillent particulièrement les Minutes de la réunion de la Fed réalisée en début de mois, ils auront également un regard attentif aux indices de prix PCE qui est l'outils préféré de la banque centrale américaine pour mesurer l'inflation, mais aussi la révision des chiffres de croissance américaine au T3 ou encore l'estimation finale de l'indice Michigan qui avait montré en début de mois un recul du moral des ménages américains à un plus bas depuis 10 ans à cause de la montée des risques inflationnistes. En Europe, l'attention se portera principalement sur les indices Ifo en Allemagne qui donneront une indication du moral des entreprises. Une journée qui s'annonce dense et qui pourrait donner lieu à quelques mouvements, notamment si du côté américain les Minutes de la Fed accrédite la thèse d'une possible première hausse de taux aux Etats-Unis en 2022.
  • EUR/GBP - L'euro gagne la bataille des PMI face à la livre (+0,3% hier) : si les premiers résultats des enquêtes d'activité du secteur privé au mois de novembre publiées hier révèlent un rebond au Royaume-Uni et en Zone Euro, c'est néanmoins dans la seconde région que les résultats ont le plus surpris (positivement). La dynamique baissière de la paire GBP/USD après la publication lundi des statistiques du CFTC indiquant que les positions spéculatives vendeuses de livre sterling sur les marchés à terme et options américains n'avaient jamais été aussi élevées depuis près de 2 ans, ou encore les commentaires hier du gouverneur central britannique suggérant qu'il pourrait se montrer moins volubile concernant l'orientation de la banque centrale sur les taux d'intérêt après les vives réactions observées lors du statu quo réalisé ce mois-ci ont probablement eu une influence (négative) sur la volatilité de la devise britannique. Le taux EUR/GBP s'offre un peu de répit et est de retour depuis hier au-dessus du seuil de 0,84 £. Si la dynamique reste haussière ce matin, on peut observer une résistance depuis plusieurs jours au niveau de 0,8430 £. Un franchissement de cette barrière pourrait activer un rebond correctif plus important après la chute récente de la paire à un creux de 20 mois.
  • EUR/JPY - Un rebond correctif prolongé grâce aux PMI européens (+0,3%) : les bons résultats des enquêtes d'activité du secteur privé en Zone Euro ont donné l'occasion à l'EUR/JPY de valider son rebond de lundi et de s'écarter du seuil de 129 ¥. Cette petite embellie ne se prolonge pas ce matin alors que l'actualité en Europe reste dominée par la montée des risques sanitaires. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) alerte contre un risque de 700 000 nouveaux décès liés au COVID en Europe d'ici le mois de mars prochain - soit une hausse de près de 50% par rapport au chiffre actuel (1,5 Mln) - si la dynamique de propagation du virus se poursuit. Les fluctuations incertaines du prix du pétrole face à l'action coordonnée de plusieurs pays consommateurs dont les Etats-Unis, la Chine et la Japon de libérer sur le marché une partie de leurs réserves stratégiques ou encore les risques de contagion de la forte volatilité émanant de Turquie sont également des facteurs qui poussent les investisseurs à privilégier le yen à l'euro. Alors que les marchés actions japonais ont clôturé ce matin avec plus de -1% de pertes, le yen se reprend et rebondit en direction du seuil de 129 ¥.
  • EUR/NZD - Une seconde hausse de taux en Nouvelle Zélande qui n'émeut pas le kiwi dollar (+0,2% hier) : sans grande surprise, la banque centrale néo-zélandaise a opéré une seconde hausse de taux en deux mois, cette dernière relevant à nouveau son taux directeur de 25 pbs à 0,75% afin de tenter de faire dégonfler l'inflation. Grandement anticipée par les marchés, cette action n'émeut pas le kiwi dollar, bien au contraire. Celui-ci cède -0,5% face à l'euro et chute à un creux de plus d'une semaine à 1,6250 NZ$ sur fond de déception de la part de certains opérateurs de marché qui anticipaient un durcissement monétaire plus agressif de la part de la RBNZ.
  • EUR/SEK - L'incertitude politique dessert la couronne suédoise (+0,6% hier) :  qui dirigera le futur gouvernement suédois ? Cela fait maintenant deux semaines que le pays nordique n'a plus de dirigeant à sa tête depuis la démission le 10 novembre dernier du premier ministre Stefan Lofven. Si Magdalena Andersson, toute nouvelle présidente du Parti social-démocrate, apparaît la grande favorite pour diriger le pays et devrait, sauf surprise, recevoir ce mercredi l'aval du Parlement pour composer un nouveau gouvernement, des doutes sur sa nomination persistaient jusqu'à hier. Un accord trouvé hier avec le Parti de Gauche, lequel réclamait une hausse des retraites en échange de son soutien, devrait ouvrir la voie à Andersson pour devenir la première cheffe de l'Etat en Suède. La couronne suédoise est lourdement pénalisée par les incertitudes qui entourent la future gouvernance suédoise comme en témoigne le repli de plus de -2% subi face à l'euro depuis l'annonce du départ de Lofven. Après une nouvelle déconvenue hier, la couronne suédoise reste orientée à la baisse ce matin face à l'euro et oscille à un plus bas depuis près de 7 semaines à presque 10,20 SEK. Un rebond correctif de la couronne pourrait survenir une fois que le flou autour de la future gouvernance suédoise sera dissipé.
  • EUR/MXN - Des doutes sur la présidence de la banque centrale mexicaine endommagent le peso (+1,0% hier) : la nomination de l'ancien ministre des Finances, Arturo Herrera, à la tête de la banque centrale mexicaine semblait évidente or depuis hier elle l'est un peu moins. En effet, ce dernier a révélé que le président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador avait changé d'avis et reconsidérait sa nomination à ce poste. Si aucune information n'a encore filtré concernant ce soudain volte-face, ou encore le nom d'un potentiel nouveau candidat, les marchés ont accueilli très froidement ce nuage d'incertitude autour de la gouvernance de l'institution monétaire qui occupe un rôle majeur dans l'environnement actuel de sortie de crise et montée des risques inflationnistes dans le monde. Le peso mexicain s'est déprécié de -1% hier face à l'euro et chuté à un creux de presque 3 semaines à plus de 23,80 MXN. Si la barrière de 24,0 MXN a contenu hier l'ascension de la paire EUR/MXN, celle-ci restait ce matin orientée à la hausse.
  • EUR/TRY - Sortie de route violente de la livre turque et retour des craintes de crise monétaire (+12,8% hier) : quelle chute ! La livre turque n'avait pas connu pareille déconvenue depuis l'été 2018, période durant laquelle la Turquie fut traversée par une crise monétaire. Si la magnitude de la dépréciation de la livre turque est moins violente qu'il y a 3 ans, on note néanmoins des ressemblances. La devise vient de perdre plus de -20% de sa valeur face à l'euro en seulement 6 jours sur fond de défiance générale des acteurs financiers sur le choix de la banque centrale - sous l'influence notable du président turc - de défendre une politique de baisse de taux malgré une inflation très élevée et une devise très dépréciée. Après avoir chuté à un nouveau creux historique à plus de 14,0 TRY, la livre se reprend ce matin et rebondit de près de 2%. Ce rebond correctif est d'ordre technique et ne préfigure pas pour le moment d'une disparition de la défiance générale à l'égard de la devise turque.

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