Actualités du marché des devises

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nov. 23, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La reconduction de Powell à la présidence de la Fed enflamme le dollar,  attention aux effets de contagion relatif à l'effondrement de la livre turque

  

Tendance du jour : sur la défensive depuis plusieurs jours, l'euro trouve un peu de réconfort ce matin grâce à l'appui de résultats plus probants que prévu des premières estimations des enquêtes d'activité dans le secteur privé en Zone Euro. Les commentaires du gouverneur de la Banque de France confirmant le souhait de stopper définitivement le programme de rachat d'actif d'urgence en mars 2022 appuie ce rebond correctif. Cela tombe à point nommé après une dernière séance compliquée durant laquelle l'EUR/USD s'est retrouvée sous pression et a approché le seuil de 1,12 $. La reconduction de Jerome Powell à la présidence de la Fed a stimulé le dollar, le choix de la constance renforçant les spéculations d'une première hausse de taux aux Etats-Unis d'ici la mi-2022. L'actualité ce matin est dominée par un repli des prix du pétrole sur fond de rumeurs de déblocage des réserves stratégiques de pétrole par plusieurs pays consommateurs tels que les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l'Inde et la Corée du Sud. Les devises pétrolières comme la NOK, le CAD ou encore le RUB sont sous pression. Ce dernier sort d'une séance compliquée à cause de la réapparition des risques de sanctions internationales à l'encontre de la Russie en cas de nouveau conflit militaire avec l'Ukraine. L'autre évènement du jour c'est la nouvelle chute de la livre turque (plus de 5% ce matin) qui menace de se répercuter sur d'autres devises émergentes.

 
EUR/USD - La reconduction de Jerome Powell à la présidence de la Fed enflamme le dollar (-0,5% hier) : le taux EUR/USD a débuté cette nouvelle semaine de la même manière qu'il a terminé la précédente, c'est à dire en baisse. La volatilité de la paire de change a très largement été influencée en début de séance par les craintes à l'égard de la montée des risques sanitaires en Europe et la montée de la gronde sociale dans plusieurs pays européens après la salve de nouvelles restrictions annoncée la semaine dernière. Sur la défensive à cause d'une certaine défiance des acteurs de marché à l'égard de l'euro, le taux de change a en plus souffert d'un rebond du dollar dans l'après-midi en réaction à l'annonce dans les médias d'une reconduction de Jerome Powell à la présidence de la réserve fédérale américaine pour un second mandat. La Maison Blanche a récompensé l'action du gouverneur central américain durant la pandémie, mais surtout fait le choix de la raison d'assurer une certaine stabilité au sein de l'institution monétaire dans un contexte incertain où risques sanitaires et inflationnistes se côtoient. Les marchés ont chaleureusement accueilli cette décision et voient leur scénario de resserrement monétaire en 2022 conforté. Il faut dire que dans le même temps, le débat autour d'une accélération de la phase de réduction des rachats d'actif (tapering) s'intensifie aux Etats-Unis. Le président de l'antenne régionale de la Fed à Atlanta, Raphael Bostic, y est allé hier de son commentaire sur le sujet et indiqué que face aux progrès sur l'emploi et à la hausse de l'inflation dans le pays il était justifié de discuter et de considérer cette option. Il est clair qu'un arrêt plus rapide que prévu du programme quantitatif adopté durant la pandémie (120 Mds$/mois), dont il a été décidé en novembre de réduire chaque mois de 15 Mds$ le volume de rachat, ouvrirait la porte à une hausse ou plusieurs hausses de taux en 2022. Sur les marchés monétaires, un premier resserrement de 25 pbs est désormais intégralement anticipé pour juin prochain, ainsi que deux autres hausses de la même magnitude en septembre et en décembre. Le renforcement des spéculations monétaires aux Etats-Unis a donné l'occasion au dollar de bondir à un nouveau pic annuel et depuis juillet 2020 face à l'euro à moins de 1,1250 $. Alors que la paire de change cumule près de -4% de pertes en près de 4 semaines, celle-ci tente de rebondir ce matin en amont de la publication des premières enquêtes d'activité de novembre publiées ce matin en Zone Euro et cet après-midi aux Etats-Unis.

 
EUR/GBP - La livre sterling poursuit sur sa lancée malgré le pessimisme des hedge funds (-0,1% hier) : quand bien même si les positions spéculatives nettes sur la livre sterling sur les marchés à terme et options américains ont chuté la semaine dernière à un plus bas depuis deux ans (-31,9k contrats selon les dernières données publiées lundi par le CFTC), le taux EUR/GBP n'y a pas été sensible. Il faut dire qu'en ce moment l'euro n'est pas non plus des plus attractifs aussi la livre sterling peut au moins se targuer d'un double avantage face à son homologue européen, à la fois sanitaire (pas de restrictions au Royaume-Uni) et monétaire (anticipations de hausse de taux au Royaume-Uni). Le taux EUR/GBP reste donc sur la défensive sous 0,84 £ et a même touché un nouveau creux depuis le début de la pandémie à moins de 0,8380 £. La proximité néanmoins avec le palier de 0,83 £, véritable seuil plancher pour la paire de change depuis le référendum du Brexit de juin 2016, réfrène pour le moment cette dynamique baissière. Le taux de change s'offre un petit rebond ce matin et tente de remonter au-dessus de 0,84 £ en amont de la publication ce matin des premières enquêtes du secteur privé de novembre en Zone Euro et au Royaume-Uni. Ce sera l'occasion d'évaluer les impacts économiques de la recrudescence de la pandémie en Europe.

 
EUR/JPY - La BCE entrouvre la porte à un arrêt des rachats d'actif (+0,3%) : bien que les tensions sanitaires en Europe restent palpables, le taux EUR/JPY s'est offert un modeste rebond correctif après avoir subi vendredi dernier sa pire séance en 5 mois (-1%). Remonté hier au-dessus du seuil de 129 ¥ après avoir clôturé la semaine dernière à un creux de près de 7 semaines, le taux EUR/JPY tente ce matin de consolider sa position au-dessus de cette barrière. La paire de change réagit positivement aux commentaires du gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau évoquant la fin du programme quantitatif d'urgence déployé durant la pandémie. Selon le responsable monétaire, la Banque centrale européenne ne devrait pas renouveler son programme quantitatif d'urgence (PEPP) à son échéance en mars 2022 et pourrait ne pas avoir à augmenter son programme de rachat d'actif (APP) déjà en place avant la pandémie en guise de compensation. Il s'agit d'un premier pas vers une sortie progressive de la politique de crise de la part de la BCE qui apparaît tout de même à la traîne par rapport à ses consœurs qui ont déjà, ou envisagent de la faire très prochainement, relevé leur taux d'intérêt. Il faudra surveiller ce mardi les résultats des enquêtes d'activité PMI de novembre, lesquels pourraient à nouveau mettre l'euro sous pression s'il s'avère que la remontée des risques sanitaires affecte l'économie européenne.

 
EUR/NOK - Le dégonflement des prix du pétrole participe à affaiblir la couronne (-0,3% hier) : il ne faut pas se fier au rebond de la veille, la couronne norvégienne reste toujours en phase corrective face à l'euro dans un contexte de dégonflement des prix du pétrole. On en veut pour preuve que ce matin, en amont de l'ouverture de la séance européenne, le taux EUR/NOK avait déjà effacé les pertes de la veille et oscillait à un plus haut depuis 7 semaines à hauteur de 10,08 NOK. Les prix du pétrole aux Etats-Unis (indice WTI) accusent ce matin un repli de -1% et reculent à un creux de 7 semaines de 76 $. Le repli est plus modéré en Europe (-0,6% à 79 $). Ces nouvelles pressions baissières sur les prix résultent d'annonces faites dans les médias ce matin d'une entente entre plusieurs pays consommateurs de pétrole pour relâcher sur le marché des réserves stratégiques dans un but de combler l'écart entre l'offre et la demande et ainsi faire fléchir les prix du baril de brut. Alors que la semaine dernière on évoquait une initiative américaine et chinoise, des pays comme le Japon, l'Inde et la Corée du Sud devraient se joindre à cet effort commun pour faire descendre les prix.

 
EUR/RUB - La menace de sanctions internationales irrite le rouble (+1,6% hier) :  le rouble a significativement piqué du nez hier et chuté de -1,6% face à l'euro alors que la menace de sanctions internationales contre la Russie refait surface depuis les révélations faites par les services secrets américains indiquant une présence militaire russe aux frontières avec l'Ukraine. Américains et européens n'avaient pas hésité à punir économiquement la Russie après l'invasion de la Crimée en 2014, ce qui avait conduit à une récession de l'économie russe en 2015 et une longue traversée du désert du rouble. Le rouble a souffert d'une vente massive de dettes souveraines russes par les investisseurs étrangers qui craignent un nouveau conflit militaire entre la Russie et l'Ukraine. Le chute des prix du pétrole n'aide pas non plus la devise russe qui est sur la défensive depuis la fin du mois d'octobre. Le taux EUR/RUB oscille en ce moment à un plus haut depuis fin septembre à plus de 84 RUB mais reste néanmoins très largement en-dessous de sa moyenne annuelle calculée à 87,6 RUB.

 
EUR/CLP - Plus fort rebond en 20 mois du peso chilien au lendemain du 1er tour des présidentielles (-2,5% hier) : le peso chilien a signé hier sa meilleure séance en 20 mois face à l'euro au lendemain du 1er tour des élections présidentielles au Chili qui a vu le candidat d'extrême-droite arrivé en tête devant le candidat socialiste. Malgré une élection polarisée, les marchés accueillent favorablement le rééquilibrage des forces politiques au Sénat entre les formations conservatrices et libérales (Droite) et celles plus égalitaires et étatistes (Gauche), lequel devrait limiter les décisions radicales du futur gouvernement. Grâce à ce rebond, le peso a réussi à effacer une large partie des pertes subies en marge du scrutin (-4,5% en 3 séances entre le 16 et le 18 novembre). Redescendu hier sous le seuil de 915 CLP, le taux EUR/CLP rebondit modestement ce matin.

 
EUR/TRY - La défense par Erdogan d'une politique de taux bas ne convainc pas les marchés (+0,9% hier) : la livre turque n'en finit plus de plonger. La défense par le président turc de la politique actuelle de baisse de taux amorcée par la banque centrale depuis septembre ne convainc pas les marchés qui la considère comme à contre-courant et inadaptée au regard des risques inflationnistes actuels. Le taux EUR/TRY chute ce matin de plus de 5% et cumule désormais plus de 20% de pertes en l'espace de 4 semaines. Inutile de dire que le taux EUR/TRY atteint ce matin un nouveau pic historique à plus de 13,5 TRY.


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