Actualités du marché des devises

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nov. 19, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un rebond très éphémère de l'euro  & effets de contagion de la volatilité en Turquie sur les émergents

Tendance du jour : une éclaircie très éphémère ? C'est ce à quoi s'apparente le rebond hier de l'euro qui ne se confirme pas ce matin puisque la devise commune accuse un repli généralisé face à très grand nombre de ses pairs, devises du G10 et émergentes confondues. L'annonce de nouvelles restrictions en Allemagne où le nombre de nouvelles contaminations de COVID atteint des records et où le nombre de personnes en soins intensifs est à un plus haut depuis juillet semble déteindre sur l'euro. Les nouveaux propos de Christine Lagarde en défaveur d'une action précipité de la part de la BCE contre l'inflation ou encore les tensions palpables autour du Brexit en marge de nouvelles discussions ce vendredi à Bruxelles ne plaident pas en faveur de la devise commune. L'EUR/USD glisse en direction de 1,13 $ et le taux EUR/GBP en direction de 0,84 £, bien aidé il faut le reconnaître par les bons résultats de ventes au détail publiés ce matin au Royaume-Uni. Les devises émergentes, notamment celles d'Asie et d'Amérique Latine effacent ce matin une partie des pertes subies la veille. Le rand ainsi que la livre turque se reprennent également après les très lourdes pertes subies la veille (-5% pour la TRY). Notons également la conformation ce matin du rebond des prix du pétrole qui s'écarte du creux de 6 semaines touché cette semaine, cela malgré les rumeurs de libération des réserves pétrolières stratégiques de la Chine et des Etats-Unis.

 
EUR/USD - L'euro relève la tête et résiste aux solides fondamentaux américains (+0,4% hier) : sur une pente (très) glissante depuis le début de semaine, l'euro a relevé la tête et s'est offert un premier rebond en 7 séances face au dollar pour consolider sa position au-dessus de 1,13 $. Les bons résultats économiques publiés hier aux Etats-Unis, à savoir un rebond bien plus important que prévu de l'indice d'activité de la Fed de Philly (+15 pbs) à un pic de 7 mois et un volume plus faible qu'anticipé de nouvelles inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage (+2,08 Mln = plus bas volume depuis le début de la pandémie), n'ont pas pu empêcher le rebond de la paire EUR/USD. Cela n'empêche que ces résultats renforcent la thèse d'un resserrement plus rapide que prévu des conditions de crédit aux Etats-Unis et donc d'un accroissement des divergences monétaires avec la Zone Euro à la source même de l'attractivité du dollar face à l'euro. Les risques à court terme restent toujours baissiers même si l'on entrevoir quelques mouvements correctifs haussiers qui sont après tout très naturels compte tenu de la forte glissade de l'EUR/USD qui s'est déprécié de près de -8% depuis le mois de mai dont -3% depuis la fin octobre. Dans l'actualité ce vendredi, on continue de surveiller les tractations en ce moment concernant la présidence de la Fed et le duel qui oppose l'actuel président Jerome Powell, candidat à un second mandat en février, et Lael Brainard dont les marchés financiers estiment la sensibilité monétaire encore plus "colombe" que son rival (biais baissier pour le dollar). Toujours aux Etats-Unis, on surveille le possible vote ce vendredi à la Chambre des représentants du plan budgétaire de nouvelles dépenses sociales et sur le climat baptisé "Build Back Better" après la publication hier par le Bureau budgétaire du Congrès - agence fédérale apolitique - d'un rapport mettant en lumière la hausse marginale des déficits (+367 Mln$ sur 10 ans) provoquée par ces nouvelles dépenses. Si à long terme, la hausse constante et ininterrompue de la dette américaine est préoccupante et pourrait se révéler être un fardeau pour le dollar, à court terme il s'agit d'un nouveau stimulus pour l'économie américaine qui pourrait faciliter les futurs choix de la réserve fédérale américaine dans son désir de réduire la voilure de sa politique monétaire très expansionniste pour combattre la hausse de l'inflation (biais haussier pour le dollar). Le taux EUR/USD accuse un repli ce matin sous l'effet de nouveaux propos de la part de la présidente de la BCE Christine Lagarde rejetant le besoin de se précipiter à durcir les conditions monétaires pour combattre une inflation qui selon elle devrait dégonfler à moyen terme, mais aussi de l'annonce de nouvelles restrictions sanitaires en Allemagne.

 
EUR/GBP - Coup d'arrêt pour la livre sterling en amont d'un nouvel épisode sur le Brexit (+0,4% hier) : la livre sterling restait sur quatre séances consécutives de hausse face à l'euro et un rebond de 2% qui l'avait porté à un sommet depuis le début de la pandémie à moins de 0,84 £, aussi le mouvement correctif de jeudi n'est pas en soi très surprenant. Il intervient notamment en amont d'une rencontre ce vendredi à Bruxelles entre diplomates britanniques et européens pour faire le bilan d'une semaine de discussions intenses destinées à résoudre le conflit concernant la gestion de la frontière nord-irlandaise et son statut juridique dans les échanges commerciaux inter-régionaux. Si les deux camps semblent vouloir trouver un compromis sur le sujet, le Royaume-Uni n'écarte pas la possibilité d'activer l'article 16 du protocole nord-irlandais synonyme de suspension unilatérale des dispositions douanières négociées avec l'UE si aucun accord n'est trouvé sur le sujet. La cause de la discorde entre les deux régions est le statut particulier de l'Irlande du Nord qui est toujours intégrée à l'union douanière européenne alors que la Grande Bretagne n'y est plus depuis le 1er janvier dernier, ce qui implique donc des contrôles douaniers sur les échanges entre Londres et Belfast. Une hérésie pour les autorités britanniques mais aussi pour les autorités nord-irlandaises qui considèrent que les promesses du Brexit ne sont pas tenues. Si le dossier nord-irlandais est actuellement prioritaire, notons par ailleurs que le différend entre le Royaume-Uni et la France sur la pêche n'est toujours pas réglé et que Paris n'écarte pas la possibilité d'appliquer des mesures de rétorsion si elle n'obtient pas davantage de licences pour ses chalutiers. La livre est bien entendue très sensible à ces développements même s'il faut le reconnaître bien moins que lors de la période de négociation des accords sur le Brexit entre 2016 et 2020. Néanmoins tout dérapage de la situation aurait très probablement des répercussions néfastes pour la devise britannique. Cette dernière est en hausse ce matin et surfe sur les bons résultats économiques publiés ce matin au Royaume-Uni qui renforcent un peu plus un scénario de hausse de taux par la Banque d'Angleterre le mois prochain. Malgré les pressions inflationnistes, la confiance des ménages a rebondi après avoir chuté en octobre à un creux de 7 mois. Quant aux ventes au détail, elles ont rebondi bien plus fortement que prévu en octobre (+0,8% M/M vs. consensus +0,5%) et l'estimation de septembre a quant à elle été révisée à la hausse (de -0,2% à 0,0%). Ce matin, l'estimation d'un resserrement monétaire de 25 pbs en décembre était estimée à 55% sur les marchés monétaires, d'où le rebond de la livre qui revient s'approcher ce matin du seuil de 0,84 £.

 
EUR/JPY - Rebond correctif vers 130 ¥ (+0,6%) : le rebond généralisé de l'euro hier a donné l'occasion à l'EUR/JPY de s'écarter d'un creux de 5 semaines touché mercredi à presque 129 ¥. La paire de change restait sur 8 séances de baisse sur les dix derniers jours ouvrés et une perte de valeur de plus de -2% aussi ce rebond arrive à point nommé. Cela sonne-t-il pour autant la fin du mouvement correctif de la paire EUR/JPY amorcé fin octobre ? Peu probable au regard de la faible valorisation du yen dont le potentiel haussier demeure important (seule devise du G10 à engranger une perte annuelle face à l'euro en 2021) mais aussi compte tenu de la multitude de risques baissiers qui entourent en ce moment l'économie européenne et l'euro. La situation sanitaire en Allemagne continue de se dégrader significativement tandis qu'à l'Est de nouvelles tensions avec la Russie au sujet de l'Ukraine menacent d'entraîner des répercussions sur les prix de l'énergie et notamment du gaz. Revenu hier aux portes du seuil de 130 ¥, sans toutefois le toucher, la paire EUR/JPY accusait ce matin un repli modeste.

 
EUR/NOK - La couronne accueille mal la nouvelle d'un arrêt des rachats de devise par la banque centrale (+1,2% hier) : la Norges Bank a annoncé jeudi qu'elle allait stopper ses achats journaliers de devises (actuellement de 700 Mln NOK) qu'elle réalisait habituellement pour le compte du gouvernement afin de lui assurer des fonds pour ses dépenses fiscales et budgétaires. Ce choix est guidé par des revenus plus importants tirés de la vente de pétrole et gaz grâce à la hausse récente des prix de l'énergie en Europe. La couronne a vivement réagi à l'annonce et cédé plus de -1% de sa valeur face à l'euro, enregistrant ainsi sa pire séance depuis le mois d'août dernier. Le taux EUR/NOK a grimpé hier à un pic de plus de 6 semaines à plus de 10,0 NOK mais reculait ce matin sous ce niveau après la publication de chiffres de croissance en Norvège plus important que prévu au T3 grâce notamment aux revenus du pétrole (rebond de l'économie continentale de +2,6% T/T vs. consensus +2,5% / rebond total incluant les revenus des plateformes pétrolières offshore de +3,8% vs. consensus +3,3%).

 
EUR/CNH - La banque centrale chinoise prévient que la volatilité du yuan n'est pas à sens unique (+0,5% hier) : après avoir chuté mercredi à un creux de plus de 4 ans à moins de 7,20 ¥, le taux EUR/CNH s'est offert hier un rebond correctif à 7,25 ¥ sous l'impulsion d'un rebond généralisé de l'euro. Malgré cette éclaircie, le taux EUR/CNH accusait ce matin un nouveau repli et n'arrivait pas à capitaliser sur son rebond de la veille. Si les divergences monétaires pénalisent à nouveau la devise européenne face au yuan, on est tout de même sensible ce matin aux échos en provenance de Chine et notamment aux propos de la banque centrale chinoise qui insiste sur le fait que le yuan peut osciller à la hausse comme à la baisse et que sa trajectoire n'est pas à sens unique contrairement à ce que laisse présupposer sa revalorisation ininterrompue depuis l'été 2020. Faut-il y voir là un signal de possibles mouvements correctifs à venir à moyen terme ? Possible si l'on en juge par les propos rapportés ce matin dans la presse d'Etat du premier ministre chinois Li Keqiang qui évoque de nouvelles pressions baissières sur l'économie chinoise ou encore les récentes mesures d'assouplissement de la régulation sur les transactions immobilières introduites par plusieurs villes chinoises destinées à atténuer les difficultés financières que rencontrent plusieurs promoteurs.

 
EUR/ZAR - Une hausse de taux surprise en Afrique du Sud qui laisse le rand de marbre (+1,6% hier) : contre toute attente, la banque centrale sud-africaine a décidé de relever son taux directeur de 25 pbs à 3,75 % alors que le consensus misait sur un statu quo. Cette première hausse en 3 ans est guidée par la présence selon la banque d'importants risques inflationnistes et fait écho à la publication mercredi de chiffres d'inflation proche de ses plus hauts niveaux depuis 4 ans à 5%. Cette décision n'a pas vraiment provoqué la réaction que l'on pouvait anticiper. Le rand a largement souffert hier et cédé -1,6% de sa valeur face à l'euro lors d'une séance marquée par la forte dégringolade de la livre turque, laquelle semble avoir provoqué une soudaine désaffection envers les devises émergentes comme le rand. Cela peut expliquer la forte dépréciation subie par le rand jeudi. L'impression par ailleurs que la banque centrale sud-africaine souhaite appliquer une stratégie de hausse graduelle de ses taux d'intérêt n'a pas non plus aidé le rand à contenir les pressions baissières s'abattent sur lui. Le taux EUR/ZAR s'est offert hier un pic de 2 semaines à plus de 17,8 ZAR mais retraçait une partie de ses gains ce matin sous l'effet d'un repli de l'euro.

 
EUR/TRY - La livre turque s'écroule après une nouvelle baisse de taux en Turquie (+4,8% hier) : la livre turque a cédé hier près de -5% de sa valeur face à l'euro, enregistrant ainsi sa pire séance depuis mars mais aussi sa seconde plus forte perte journalière de l'année 2021 qui pour le moment s'inscrit comme étant la pire depuis 2001 pour la devise turque (-27%). La cause des tourments relève d'une crise de défiance envers la devise après une nouvelle baisse de taux significative réalisée par la banque centrale (-100 pbs à 15%) alors que l'inflation dans le pays approche les 20%. Le taux EUR/TRY bat en ce moment chaque jour des records et a enregistré hier une pointe à presque 12,8 TRY. Après une perte de -10% sur les 4 premières séances de la semaine, la livre relève la tête et rebondit de 1% ce matin (12,5 TRY).


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