Actualités du marché des devises

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nov. 17, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Retour des spéculations monétaires : avantage au dollar et à la livre sterling face à l'euro

  

Tendance du jour : la séance débute comme elle s'est terminée la veille et l'avant-veille, c'est à dire par un repli de l'euro face au dollar, la livre sterling et au yuan chinois. La devise européenne subit de plein fouet le retour des risques sanitaires en Europe et la nouvelle montée des prix de l'énergie (et notamment du gaz), mais aussi surtout le décalage d'anticipations monétaires entre la Zone Euro et les autres régions développées où le spectre d'une hausse de taux est à nouveau très largement discuté. L'EUR/USD accentue sa glissade et testait ce matin le seuil de 1,13 $ (plus bas depuis juillet) tandis que le taux EUR/GBP tapait à la porte du seuil de 0,84 £, ou son plus bas niveau depuis le début de la pandémie. L'euro limite la casse face au yen et au franc et semble profiter aussi bien d'un contexte toujours haussier sur les marchés actions que de l'existence de supports majeurs à 130 ¥ et 1,05 ₣ qui freinent sa chute. Le dollar australien est sur la défensive ce matin, les marchés jugeant que la hausse des salaires en Australie n'est actuellement pas assez forte pour faire dévier la banque centrale de son approche prudente en matière de hausse de taux. Les devises pétrolières sont ce matin orientées à la hausse, tout comme les devises d'Europe de l'Est qui, sous pression depuis plusieurs jours, tentent de se reprendre. La livre turque continue de glisser à des niveaux historiquement bas (11,7 TRY) et de conforter au passage son statut de plus gros contre-performeur de l'année sur les marchés des changes.

 
EUR/USD - Le dollar tiré par le haut par les fondamentaux, l'euro pénalisé par les risques énergétiques et sanitaires (-0,4% hier) : le taux EUR/USD est en chute libre et vient de perdre plus de -2% en 5 séances. Toujours orientée à la baisse, la paire teste ce matin le seuil de 1,13 $ ou un plus bas depuis plus d'un an (juillet 2020). Les causes de ce mouvement sont multiples. La première tient à la bonne dynamique du dollar qui surfe sur les anticipations de hausse de taux aux Etats-Unis, lesquelles ont été alimentées hier par le rebond plus important que prévu des ventes au détail (1,7% M/M vs. consensus à 1,4%) et de la production industrielle (+1,6% M/M vs. consensus +0,7%) aux Etats-Unis, lesquelles viennent nuancer les inquiétudes récentes autour de l'inflation et des tensions sur les approvisionnements. Alors que les premiers résultats de novembre publiés vendredi dernier par l'université de Michigan indiquaient une baisse du moral des ménages à un creux de 10 ans à cause de la montée des prix, cela ne se répercute pas pour le moment dans les comportements d'achat. Du moins c'est ce que suggère les statistiques économiques. Il reste néanmoins à savoir si le montant des ventes (calculées en terme nominal et non réel) est gonflé par les prix ou bien par le volume d'achat ? Impossible à dire pour le moment mais cela conforte en tout cas les anticipations de remontée des taux directeurs aux Etats-Unis dès l'année prochaine. Au sein même de la Fed le sujet divise comme le prouve les déclarations divergentes réalisées hier par deux membres de la banque centrale américaine. Pour le président de l'antenne de Saint Louis, James Bullard, il est urgent que la Fed durcisse sa politique monétaire pour combattre l'inflation, ce qui n'est pas de l'avis de son homologue de San Francisco, Mary Daly, qui avertit qu'un resserrement monétaire prématuré pourrait constituer une erreur au regard de l'incertitude qui plane sur les perspectives économiques du pays. Quoi qu'il en soit, les marchés semblent convaincus qu'au regard des récents évènements et données, la banque sera probablement obligée de sortir de sa réserve et d'agir, d'où la dynamique haussière du dollar. Si la devise américaine a la cote, ce n'est pas du tout le cas de son homologue européen qui pâtit à la fois du retour en grande pompe de restrictions sanitaires ciblées et mesures de confinement partiel en Europe (en Autriche, aux Pays-Bas et probablement bientôt en Allemagne) mais aussi de nouvelles pressions à la hausse sur les prix du gaz après l'annonce hier du report par le régulateur allemand de la mise en activité de l'oléoduc russe Nord Stream 2. Le prix du gaz côté au Royaume-Uni (indice NBP) a ainsi bondi de 15% hier pour atteindre un pic d'un mois à 239 £/thm. La hausse des prix de l'énergie devrait accroître le déficit commercial européen, et risque surtout de se répercuter sur le pouvoir d'achat des ménages, ce qui dans le contexte sanitaire actuel pourrait déboucher sur des mouvements sociaux. L'alignement des planètes est clairement défavorable à l'euro (favorable au dollar) et un repli plus prononcé n'est pas à exclure dans les prochains jours/semaines.

 
EUR/GBP - Une baisse du chômage au Royaume-Uni redonne du crédit à une hausse de taux en décembre (-0,5% hier) : la livre sterling a favorablement accueilli la baisse plus importante que prévu du chômage, de 4,5% à 4,3% contre 4,4% anticipé par le consensus, au Royaume-Uni au mois de septembre, mois durant lequel le gouvernement britannique a mis fin au dispositif de chômage partiel. Cela peut-il convaincre pour autant les banquiers centraux de relever les taux très rapidement, et possiblement dès décembre ? Les marchés se remettent à y croire fermement depuis hier et le scénario d'une hausse de 25 pbs le mois prochain est accrédité d'une probabilité de plus de 60% d'après les positions actuelles sur les marchés monétaires. L'accélération de l'inflation en octobre à un pic de presque 10 ans de plus de 4% (4,2% pour l'indice général CPI en dynamique annuelle) vient conforter cette thèse.  Depuis le début de la semaine, les taux courts et longs britanniques remontent et entraînent dans leur sillage la livre. Le taux 2 ans est de retour à 0,6% et le taux 10 ans à 1%, ou leur plus haut niveau depuis la réunion monétaire du début de mois durant laquelle le choix de la Banque d'Angleterre d'opéré un statu quo sur ses taux directeurs avait suscité beaucoup de déception. La livre sterling est sur une pente ascendante depuis la fin de semaine dernière et enchaîne ce matin une 4ième séance consécutive de hausse qui l'emmène taper à la porte du seuil de 0,84 £, ou un seuil support clé qui n'a plus été franchi depuis le début de la pandémie.

 
EUR/JPY - L'échange cordial entre J. Biden et X. Jinping et le rebond des actions stoppent le yen (+0,2% hier) : sur une pente descendante depuis un mois, le taux EUR/JPY a stoppé, au moins temporairement, sa glissade au niveau du seuil de 130 ¥. Malgré un contexte sanitaire et de marché (envolée des prix de l'énergie en Europe) défavorable en Europe, l'euro a tenu tête au yen et clôturé la séance de mardi dans le vert et ainsi mis fin à une série de 5 séances consécutives de repli pour une perte cumulée de -1,1%. On peut penser que le nouveau rebond des marchés actions américains sur fond de bons résultats trimestriels d'entreprises du secteur de la consommation (Walmart, Home Depot) et de solides ventes au détail américaines, ainsi que l'échange cordial entre le président américaine Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping lors de leur conversation téléphonique ont grandement œuvré au rebond correctif de la paire EUR/JPY. Ce matin, cette dernière tentait à nouveau de se faire la malle et de glisser sous la barrière de 130 ¥, mais sans succès pour le moment. Si l'environnement global apparaît davantage baissier qu'haussier compte tenu des risques sanitaires en Europe et des zones d'ombre sur les perspectives européennes face à la montée de l'inflation et des prix de l'énergie, l'existence d'un support pourrait retarder l'échéance et freiner la chute du cours.

 
EUR/SEK - Un rebond correctif qui se poursuit et un pic d'un mois (+0,6% hier) : cela fait un peu plus d'une semaine que la couronne suédoise est sur une pente descendante face à l'euro. Depuis un pic recensé en début de mois à 9,88 SEK, la devise suédoise a cédé près de 2% de sa valeur de la devise commune et s'échange en ce moment même à un plus bas de plus d'un mois à 10,05 SEK. Malgré la poussée de l'inflation en Suède à un pic de 10 ans de 2,8% en octobre, les spéculations monétaires restent relativement muettes. En cause, les marchés anticipent un dégonflement rapide des prix l'année prochaine comme le suggère la publication hier d'anticipations d'inflation à 1 et 5 ans à peine supérieur à 2%. Peu aidée par le volet monétaire, la couronne ne l'est pas non plus par la nouvelle hausse des prix de l'énergie en Europe, et notamment du gaz dont la Suède est un importateur net.

 
EUR/HUF - Nouvelle hausse de taux comme prévu en Hongrie (-0,2% hier) : pas de surprise hier en Hongrie où la banque centrale a réalisé une hausse de 30 pbs de son taux directeur principal, de 1,8% à 2,1%, comme l'anticipait le consensus. Le taux de dépôt a également été réhaussé de 30 pbs à 1,15%. Le combat contre l'inflation est pris à bras le corps par les banquiers centraux d'Europe de l'Est qui opèrent depuis plusieurs mois une stratégie agressive de normalisation monétaire. Sur une pente descendante depuis le mois de septembre, le forint retrouve un peu le sourire cette semaine. Après avoir touché la semaine dernière un creux face à l'euro depuis mars à 367 HUF, la devise hongroise s'en écarte et profite de rendements plus attractifs pour s'en écarter (364 HUF ce matin).

 
EUR/TRY - La livre turque s'effondre à nouveau (+2,4% hier) : en amont d'une nouvelle réunion monétaire ce jeudi en Turquie au cours de laquelle on craint l'annonce d'une nouvelle baisse du taux directeur (consensus : -100 pbs à 15%), la livre turque a chuté mardi de plus de -2% face à l'euro et touché un nouveau point bas historique à plus de 11,7 TRY. Les observateurs de marché considèrent comme malvenue (et probablement néfaste) une stratégie de réduction des taux monétaires dans le contexte inflationniste mondial auquel on fait face. L'inflation en Turquie approche en ce moment les 20% et pourrait potentiellement accélérer davantage sous l'effet des récents assouplissements monétaires, ce qui risque de gripper à la fois l'investissement et la consommation. Subissant de plein fouet une crise de défiance des acteurs de marché, la livre turque est un des plus gros sous-performeurs de l'année et subit pour le moment une décote de près de 30% de sa valeur face à l'euro sur l'année 2021.


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