Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

nov. 15, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

De moins mauvaises nouvelles de l'économie chinoise  dopent les devises cycliques et pétrolières

Tendance du jour : l'actualité est dominée ce matin par les "bons" chiffres de l'économie chinoise (du moins meilleurs que prévu) qui vient redorer le blason des devises cycliques (AUD, NZD), pétrolières (NOK, RUB) ou encore émergentes (ZAR). Le yuan varie peu mais reste arrimé à un pic de 4 ans face à l'euro à 7,30 ¥. L'euro est relativement stable face à ses principaux pairs (USD, GBP, JPY) mais ne parvient toujours pas à relever la tête alors que l'actualité européenne est actuellement concentrée sur la détérioration des conditions sanitaires et le retour de nouvelles restrictions dans la région. Si elles sont moins strictes que par le passé, notamment en raison du haut niveau de la vaccination en Europe, on peut néanmoins craindre quelques impacts sur l'économie, d'où une cote de popularité pour la devise commune très basse. Malgré un rebond plus fort que prévu de l'inflation en Suède ce matin, la couronne suédoise reste orientée à la baisse face à l'euro et oscille à un creux de 3 semaines à plus de 10,0 SEK. Remonté la semaine dernière à un pic de presque 5 mois face à l'euro, le baht thaïlandais est stable ce matin à 37,4 THB malgré une contraction finalement moins deux fois moins forte que prévu de l'économie au T3 (-1,1% T/T vs. consensus -2,5%).

 
EUR/USD - La baisse de la confiance des ménages américains n'entame pas la confiance du dollar (-0,0% vendredi) : malgré une chute surprenante et marquante de l'indice Michigan de confiance des ménages à un plus bas depuis 10 ans au mois de novembre, cela n'a pas vraiment altéré la cote de popularité du dollar, sinon simplement stoppé son rallye face à l'euro. En effet, après avoir cassé le support de 1,15 $ et chuté à un creux de plus d'un an consécutivement à la publication des chiffres d'inflation aux Etats-Unis (pic de 30 ans atteint), le taux EUR/USD a fait du sur-place vendredi dernier, se contentant d'osciller autour du seuil de 1,1450 $. Malgré les craintes que font courir la montée des prix sur le pouvoir d'achat des ménages américains et leur niveau de consommation, l'euro n'en profite pas et pâtit de son côté de la montée des incertitudes sanitaires en Europe. Alors que la nouvelle vague de contamination s'avère inédite et désormais plus importante que celle entrevue à l'automne 2020, les autorités publiques européennes réfléchissent à des mesures pour contenir la progression du virus. Si au regard du haut niveau de vaccination en Europe (66% de taux de vaccination intégrale au sein de l'UE) l'option d'un confinement intégral est exclue, des solutions hybrides de restriction sont considérées. L'Autriche a ainsi annoncé un confinement des personnes non-vaccinées tandis que l'Allemagne réfléchit à faire solliciter un retour massif au télétravail. Cela aura-t-il un impact sur la dynamique de reprise ? Pas forcément mais la situation confortera à coup sûr les banquiers centraux européens à maintenir leur politique de soutien et continuer à repousser l'idée d'une remontée de taux directeurs négatifs. L'euro souffre à nouveau ce matin et recule sous le niveau de 1,1450 $ face au dollar alors que les regards sont focalisés ce matin sur l'entretien (virtuel) à venir entre Joe Biden et Xi Jinping.

 
EUR/GBP - La livre sterling finit la semaine en trombe avant la publication d'une large série de statistiques (-0,4% vendredi) : sous couvert d'un regain d'optimisme des acteurs de marché sur une possible résolution de la dispute entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne au sujet du statut juridique de la frontière nord-irlandaise, la livre sterling a fini la semaine dernière sur une note positive et clôturé à un pic de 6 séances face à l'euro sous le seuil de 0,8550 £. Il aura fallu d'une seule déclaration de la part de Bruxelles entrouvrant la porte à une solution sur ce volet pour enflammer une devise britannique qui se cherchait une direction depuis près d'une semaine. Si le taux EUR/GBP plafonne sous le seuil de 0,86 £ - barrière approchée récemment mais qui n'a plus été touchée depuis le 1er octobre dernier - il n'est pour le moment pas non plus candidat à une correction. À moins que refont surface cette semaine des spéculations autour d'un scénario de remontée des taux directeurs par la Banque d'Angleterre dès le mois de décembre. La probabilité de ce scénario est actuellement évaluée à 55% sur les marchés monétaires mais pourrait grossir si jamais les fondamentaux économiques britanniques appuient cette thèse. Justement, on suivra attentivement cette semaine de l'autre côté de la Manche les résultats des nouvelles statistiques en matière d'emploi, d'inflation et de ventes au détail. En attendant, le taux EUR/GBP ne confirme pas ce matin son repli de vendredi dernier et rebondit modestement.

 
EUR/JPY - Le yen ne s'arrête plus (-0,2% vendredi)  : le yen a enchaîné vendredi une 4ième séance consécutive de hausse face à l'euro (gain cumulé de +0,7%), et une 6ième sur les 7 derniers jours ouvrés (gain cumulé de +1,5%) sous couvert de risques sanitaires en Europe et de doutes sur un impact de l'inflation sur l'économie mondiale. La détérioration de la confiance des ménages américains est un signal majeur quant aux possibles dommages économiques causés par une forte poussée des prix. Les rumeurs de restriction sanitaire entendues en Europe, dont certaines se sont confirmées durant le weekend, ont également heurté l'euro face au yen. Oscillant à un creux d'un mois, le taux EUR/JPY patine un peu ce matin et semble positionné pour rebondir et s'éloigner du seuil de 130 ¥. Il faut dire que les chiffres de croissance au T3 publiés ce matin au Japon sont très décevants. L'économie japonaise a enregistré une contraction 4 fois plus importante que prévu (-0,8% T/T vs. consensus -0,2%).

 
EUR/AUD - Des nouvelles rassurantes en provenance de Chine tirent l'Aussie dollar vers le haut (-0,6% vendredi) : la banque centrale chinoise a rassuré les marchés vendredi en indiquant qu'elle veillerait à assurer une stabilité du marché immobilier, lequel est la cible depuis plusieurs semaines de toutes les inquiétudes alors que plusieurs promoteurs font part de leurs difficultés à rembourser leurs dettes. Le paiement par Evergrande de coupons d'intérêt sur dette auprès de créanciers étrangers (risque de faillite à nouveau écarté) mais aussi les rumeurs d'assouplissement de la régulation en Chine concernant le financement des promoteurs ont vivement rassuré les investisseurs. Profitant des bonnes nouvelles enregistrées chez le premier partenaire commercial de l'Australie, l'Aussie dollar s'est offert un rebond de +0,6% vendredi face à l'euro et poursuivait ce matin sur sa lancée pour atteindre un pic de près de 2 semaines à moins de 1,56 A$. Ce lundi, ce sont les résultats économies publiées en Chine, lesquels se révèlent meilleurs que prévu, qui stimulent la devise australienne.

 
EUR/RUB - Les tensions géopolitiques à l'Est font lourdement chuter le rouble (+1,9% vendredi) : les menaces proférées par la Biélorussie, allié historique de Moscou, envers l'Europe concernant la fermeture des vannes de gaz transitant dans le pays, ou encore les manœuvres militaires russes aux frontières avec l'Ukraine risquent de tendre les relations entre la Russie et l'Union Européenne, et potentiellement faire émerger un risque de nouvelles sanctions économiques. La devise russe a lourdement souffert de ces tensions géopolitiques et cédé près de -2% vendredi face à l'euro, soit sa pire performance depuis mars dernier. Clôturant vendredi à un creux d'un mois face à l'euro à 83,3 RUB, le rouble se reprend vivement ce lundi et repassait sous le seuil de 83 RUB. Ce mouvement correctif pourrait néanmoins à nouveau s'inverser si jamais Bruxelles venait à durcir le ton à l'égard de Moscou.

 
EUR/CNH - Surprise de l'économie chinoise, le yuan reste orienté à la hausse (-0,3% vendredi) : alors que le consensus misait sur un ralentissement de la production industrielle et des ventes au détail en Chine en octobre, elles ont au contraire toutes les deux rebondi, de 3,1% à 3,5% (croissance sur 12 mois) pour la première citée (consensus 3,0%) et de 4,4% à 4,9% pour la seconde (consensus 3,5%). Malgré les pénuries d'énergie et les restrictions introduites pour lutter contre la pandémie, l'économie chinoise fait mieux que prévu. Pas de trop plein néanmoins d'optimisme ce matin puisque le secteur de l'immobilier chinois reste au centre des préoccupations (recul des prix à un plus bas depuis 5 ans) et que les investissements urbains continuent de reculer (6,1% A/A vs. 7,3% en septembre). Le yuan est stable ce matin face à l'euro à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 4 ans à 7,30 ¥.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.