Actualités du marché des devises

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nov. 09, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les craintes de la Fed égayent le yen,  première hausse de taux attendue en Roumanie 

  • Tendance du jour : le début de séance est marqué par un soupçon d'aversion au risque en écho aux commentaires de la Fed faisant égard de ses craintes d'une correction des actifs risqués dont la valorisation a atteint des niveaux records en marge de la pandémie. Le yen rebondit ce matin et accentue sa revalorisation récente face à l'euro pour atteindre un pic de 4 semaines. Le franc est également légèrement orienté à la hausse tandis que le dollar est stable à proximité de ses plus hauts de l'année face à l'euro à moins de 1,16 $. La prolongation du rebond amorcé vendredi dernier des prix du pétrole se répercute positivement sur le loonie canadien (1,44 C$) et la couronne norvégienne (9,84 NOK). On note ce matin le nouveau rebond de la devise tchèque qui atteint un nouveau pic depuis le début de la pandémie à moins de 25,20 CZK. Autre devise en forme, le baht thaïlandais passe ce matin sous le seuil de 38,0 THB face à l'euro et oscille ce matin à son plus haut niveau depuis 4 mois.
  • EUR/USD - Rebond correctif freiné à l'approche de 1,16 $ (+0,2% hier) : sur la défensive en fin de semaine dernière, le taux EUR/USD a tenté de relever la tête lundi lors d'une séance pauvre en publications macroéconomiques et marquée par les réactions positives des marchés aux annonces faites vendredi par le laboratoire pharmaceutique américain Pfizer sur la conception d'une pilule efficace à 89% contre les formes graves du COVID (réduction des décès et hospitalisation chez les personnes les plus sensibles) et à l'adoption du plan d'infrastructure américain de près de 1000 Mds$. L'autre bonne nouvelle, du moins en termes de perspectives économiques pour la région, nous vient d'Allemagne et nous est révélé par le média Politico. Alors que la moyenne mobile sur 7 jours des nouvelles infections de COVID approche ses plus hauts depuis le début de la pandémie, la nouvelle coalition en devenir SPD-Verts-FDP (négociation toujours en cours pour former un gouvernement) n'entend pas imposer de restrictions strictes à toute la population comme à l'automne dernier mais souhaite plutôt se concentrer les efforts sur la vaccination des personnes les plus fragiles, la prévention et la limitation de certains services aux personnes non-vaccinées. C'est du moins la feuille de route dessinée par le probable futur "trident" gouvernemental, laquelle sera prochainement discutée au Parlement. Le taux EUR/USD s'est dirigé hier vers 1,16 $ mais la marche a été trop haute comme le suggère le retracement observé à l'approche de ce seuil clé. Aux Etats-Unis, en amont de la double publication mardi et mercredi d'indices de prix (prix à la production mardi et prix à la consommation mercredi), le sujet domine les débats de marché. Lundi, une enquête mensuelle réalisée par l'antenne régionale de la réserve fédérale américaine à New York indique que la médiane des anticipations d'inflation des ménages américains à horizon un an atteint un nouveau pic historique (depuis juin 2013, date de lancement de cette enquête). Si la hausse des anticipations d'inflation alimente habituellement les spéculations autour d'un scénario de hausse prématurée de taux aux Etats-Unis, le dollar n'en a pas bénéficié hier. Les marchés ont encore à l'esprit les mots dictés la semaine dernière par Jerome Powell insistant sur la "patience" de la banque centrale américaine sur une remontée des taux. Davantage de mouvements pourraient néanmoins s'observés au niveau du dollar en fonction des résultats publiés aux Etats-Unis lors des prochaines 48 heures. Le taux EUR/USD reste orienté à la hausse ce matin malgré la contraction surprise des exportations allemandes (-0,7% M/M vs. consensus +0,0%), ainsi que celle des exportations françaises (-0,9%). On suivra attentivement les résultats en fin de matinée de l'indice ZEW mesurant le sentiment des investisseurs et analystes allemands, lequel pourrait enregistrer un plus fort repli que prévu (consensus 20,0 vs. 22,3 en octobre) à cause des tensions sur les approvisionnements, de la hausse des coûts de l'énergie et du retour des risques sanitaires en Allemagne.
  • EUR/GBP - La livre sterling se reprend dans un environnement de marché propice aux prises de risque (-0,3% hier) : la livre sterling restait sur deux séances consécutives de repli face à l'euro après la décision de la Banque d'Angleterre de maintenir jeudi dernier ses taux directeurs inchangés à 0,1%. Après avoir bondi à un pic d'un mois et flirté avec le seuil de 0,86 £ - sans toutefois jamais l'atteindre - le taux EUR/GBP a retracé une partie des gains engrangés la semaine dernière (+1,4%) et a clôturé la séance sous le seuil de 0,8550 £. La devise britannique a profité d'une séance pauvre en publications économiques et propice aux prises de risque pour se refaire la cerise. L'absence également dans la presse de nouveaux développements sur le conflit actuel entre Paris et Londres sur la pêche a favorisé ce rebond. Ce mouvement correctif de la livre manque néanmoins de catalyseurs pour pouvoir se prolonger ce matin.
  • EUR/JPY - La Fed fait part de ses inquiétudes à l'égard d'un risque de correction des actifs risqués (+0,0% hier) : très stable hier, le taux EUR/JPY tente ce matin de glisser sous le seuil de 131 ¥ et oscille à son plus bas niveau depuis 4 semaines alors que l'actualité est dominée ce mardi par les craintes de la part de la banque centrale américaine à l'égard d'une possible correction des actifs risqués. Dans son rapport semestriel de stabilité financière publiée lundi soir, la réserve fédérale américaine cible plusieurs facteurs de volatilité susceptibles d'endommager les marchés financiers américains. Parmi eux sont cités : 1) le secteur immobilier chinois, 2) le haut niveau d'endettement de certaines économies émergentes qui les rend sensibles à une forte remontée des taux de crédit, 3) la versatilité et l'effet de levier très élevé de certains petits porteurs américains. Le haut niveau de valorisation des marchés actions mais aussi de certains actifs risqués comme l'immobilier, qui ne cesse de grimper pour atteindre des pics historiques, fait l'objet de débat quant à la formation d'un phénomène de bulle auto-alimentée par les injections massives de liquidités opérées par la Fed - multiplication par 2 du bilan (de 4,2 à 8,6 Trn$) - depuis le début de la pandémie.
  • EUR/CHF - L'ombre de la Banque Nationale Suisse plane sur le franc ? (+0,3% hier) : le volume de dépôt à vue au sein de la Banque Nationale Suisse a enregistré une 4ième semaine consécutive de progression (+0,6% en cumulé), a révélé hier les statistiques hebdomadaires de la banque centrale helvète. Il faut remonter au mois de mai pour voir un mouvement similaire d'une magnitude au moins aussi forte. Faut-il y voir là un signe d'une intervention des banquiers centraux suisses pour contenir les pressions haussières sur le franc ? Pas impossible. L'optimisme qui transpirait hier des marchés financiers et des marchés des changes, ainsi que le rebond général de l'euro a également grandement joué dans la revalorisation lundi de la paire EUR/CHF que l'on a vu flirter avec le seuil de 1,06 ₣ sans néanmoins réussir à le toucher. Cela fait maintenant plus d'une semaine que le taux se heurte à cette barrière qui résiste bien à ses assauts. Le retour dans l'actualité des risques sanitaires en Europe et dans ses bagages le spectre de nouvelles restrictions susceptibles de freiner la dynamique économique de la région semblent pour le moment freiner les envies d'ascension du taux de change.
  • EUR/RON - Une première hausse de taux attendue ce mardi en Roumanie (-0,0% hier) : selon toute vraisemblance, la banque centrale roumaine devrait opérer une première hausse de taux de 50 pbs à 2,5% - plus forte hausse depuis 2008 - afin de contenir la montée des pressions inflationnistes dans le pays alors que la croissance annuelle des prix culmine actuellement à un pic de 10 ans à plus de 6%. Si habituellement une remontée des taux d'intérêt a un effet positif sur la devise, les exemples récents de la Pologne et de la Hongrie indiquent une rupture parfois de ce lien traditionnel sachant qu'un durcissement trop fort des conditions de crédit pourrait fragiliser l'activité. Le leu roumain oscille depuis le début de l'automne à proximité de ses plus bas historiques face à l'euro à hauteur de 4,95 RON.
  • EUR/MXN - Le peso mexicain attentif à l'inflation (+0,1% hier) : la devise mexicaine sera sensible cet après-midi à la publication des nouvelles statistiques d'inflation au Mexique, lesquelles sont attendues en progression en octobre. Alors que l'indice générale devrait atteindre un nouveau pic annuel et depuis 2017 à plus de 6%, l'indice sous-jacent pourrait dépasser les 5% pour la première fois depuis 2009. De tels résultats pourraient raviver les anticipations de nouvelle hausse de taux au Mexique où trois resserrements monétaires ont déjà été réalisés (+75 pbs en cumulé). Sachant que le taux directeur, actuellement à 4,75%, est largement en-dessous des niveaux d'inflation, il y a fort à penser que la banque centrale pourrait accentuer dans les prochaines semaines le processus de normalisation. Une telle action, couplée à une approche prudente de la part de la Fed sur ses taux et une dynamique toujours haussière sur le pétrole, pourrait porter le peso mexicain vers ses plus hauts de l'année face à l'euro situés à hauteur de 23,30 MXN. Orientée à la baisse depuis plus d'une semaine (-3% sur les 6 dernières séances), la paire EUR/MXN (23,5 MXN) n'est pas très loin de cette barrière.
  • EUR/ZAR - Rebond prolongé du rand sud-africain (-0,7% hier) : grâce à l'appui d'un environnement financier lundi propice aux prises de risque, la devise sud-africaine a enchaîné lundi une 5ième séance consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de plus de 3% sur la période. La devise a retracé plus de la moitié des pertes subies fin octobre en amont de la réunion de la Fed et oscille désormais à un pic de près de 2 semaines face à l'euro à moins de 17,30 ZAR.

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