Actualités du marché des devises

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nov. 05, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro pénalisé par le retour des risques sanitaires en Europe,  la BoE fait chuter la livre sterling & le dollar face au test de l'emploi

 

Tendance du jour : on assiste à un début de séance assez calme durant laquelle les marchés digèrent les récentes annonces de la Fed et de la Banque d'Angleterre tout en se préparant à la publication des chiffres de l'emploi cet après-midi aux Etats-Unis. La livre sterling reste sur la défensive et approche du seuil de 0,86 £ face à l'euro qu'elle n'a plus touché depuis un mois. Le dollar est stable à proximité de ses plus hauts de l'année alors que les marchés anticipent de bons résultats sur l'emploi, lesquels viendraient donner un peu de crédit aux scénarios optimistes de hausse de taux aux Etats-Unis dès 2022. Le franc suisse reste solidement arrimé sur ses plus hauts de l'année non loin de 1,05 ₣ alors que l'on revoit poindre dans l'actualité la menace sanitaire en Europe. L'OMS a indiqué hier que l'épicentre de la pandémie était désormais localisé en Europe alors que l'on assiste en ce moment à une forte remontée des nouvelles contaminations en parallèle à la baisse des températures dans la région. Les devises océaniennes (AUD & NZD) sont sur la défensive ce matin face à l'euro alors que les tensions persistent sur l'immobilier chinois avec la suspension ce matin du cours de bourse à Hong Kong d'un promoteur chinois (Kaisa Group) après l'annonce par ce dernier de problèmes de liquidité et d'un manquement d'une échéance de remboursement programmée aujourd'hui. La couronne tchèque reste quant à elle orientée à la hausse au lendemain du plus fort resserrement monétaire réalisé en République Tchèque depuis la crise asiatique de 1997-1998 (+125 pbs) et se rapproche à grand pas de ses plus hauts de l'année situés à 25,25 CZK. Le rand sud-africain et le rouble russe retracent tous les deux une partie des larges gains engrangés hier après la Fed.

 
EUR/USD - L'emploi américain refait briller le dollar (-0,5% hier) : les marchés ont très vite digéré la réunion de la Fed et l'approche prudente du gouverneur central Jerome Powell sur les taux comme en témoigne le net rebond du dollar hier face à l'euro, lequel est revenu se positionner à proximité de ses plus hauts de l'année situés non loin du seuil de 1,15 $. L'attention des investisseurs s'est tournée vers l'emploi, domaine où des progrès sont attendus par la Fed (réduction des capacités non-exploitées) pour qu'elle envisage de rehausser ses taux directeurs. Hier, les statistiques hebdomadaires d'inscription aux allocations chômage sont comme la semaine précédente ressorties en-dessous des attentes et à leur plus bas niveau depuis le début de la pandémie (+269k vs. consensus +275k et 283k la semaine dernière). Le volume d'inscrits de longue durée aux allocations chômage au 23 octobre est désormais supérieur de moins de 20% à son niveau d'avant crise (2,1 Mln vs. 1,8 Mln en mars 2020). Les regards seront tournés ce vendredi sur les chiffres officiels de l'emploi aux Etats-Unis dont le consensus mise sur 450k créations nettes, ce qui serait le plus fort volume observé depuis juillet dernier. Les chiffres de septembre avaient déçu les marchés, l'économie américaine enregistrant ce mois-ci moins de 200k créations, mais la baisse du chômage sous les 5% pour la première fois depuis le début de la pandémie avait compensé la frustration des investisseurs. a hausse du dollar hier semble témoigner d'une anticipation de bons chiffres sur l'emploi en octobre venant accréditer la thèse d'un possible resserrement monétaire dès 2022 aux Etats-Unis. Si le dollar a autant la cote, c'est également aussi parce que l'euro ne séduit pas particulièrement les marchés. On lui reproche notamment son peu d'attractivité résultant d'une politique de taux négatifs que la Banque centrale européenne pourrait prolonger au-delà de 2022 (cf. commentaires tenus mercredi par Christine Lagarde) mais aussi la dégradation des perspectives économiques en Zone Euro. Hier, la publication des estimations finales des enquêtes d'activité PMI ont montré un 3ième mois consécutif de ralentissement dans le secteur privé qui a enregistré en octobre sa plus faible croissance depuis 6 mois. Le retour dans l'actualité des risques sanitaires en Europe (fort rebond des contaminations en Allemagne) et l'annonce par l'OMS que l'Europe est à nouveau l'épicentre de la pandémie n'aide pas non plus l'euro. Stable ce matin à 1,1550 $, le taux EUR/USD peut compter pour l'heure sur la présence d'un support à 1,15 $ qui résiste aux pressions baissières s'exerçant sur lui. Cette barrière pourrait être testée dans l'après-midi en cas de solides chiffres de l'emploi aux Etats-Unis tandis qu'à l'inverse un retour au-dessus de 1,16 $ pourrait s'observer en cas de déception. Autre élément majeur qui pourrait influencer le dollar ce vendredi et dans les jours à venir, c'est le vote prévu aujourd'hui à la Chambre des représentants du plan d'infrastructure de 1 Trn$ et du programme budgétaire de 1,75 Trn$ nommé "Mieux reconstruire" ("Build back better"). Sachant que le plan d'infrastructure a déjà reçu l'aval du Sénat, un vote favorable de la part de la seconde chambre du Congrès l'enverrait automatiquement sur le bureau ovale du président Joe Biden pour qu'il paraphe sa mise en vigueur.

 
EUR/GBP - La Banque d'Angleterre défie les anticipations de marché, la livre en fait les frais (+0,9% hier) : cela faisait des semaines que les marchés spéculaient sur une première hausse de taux au Royaume-Uni en novembre en raison des pressions inflationnistes dans le pays, or la Banque d'Angleterre (BoE) a déjoué les pronostics en choisissant de prendre son temps et de reporter cette décision à plus tard. Ainsi, à une large majorité (7 voix pour vs. 2 contre), elle a décidé de maintenir son taux directeur à son plus bas niveau historique de 0,1%, mais aussi de conserver un plafond de rachat d'actifs à 895 Mds£ (6 voix pour vs. 3 contre). Le choix de la patience semble être celui de la raison au regard du manque de recul de la banque sur l'emploi après l'arrêt du dispositif de chômage partiel et les orientations de l'inflation mais aussi compte tenu des risques baissiers qui pèsent sur l'économie britannique. De l'avis du gouverneur central britannique, Andrew Bailey, les récentes spéculations monétaires étaient un peu "exagérées", du coup les marchés envisagent plus probable une hausse de taux en février 2022 qu'en décembre prochain (probabilité d'un resserrement monétaire de 25 pbs estimée ce vendredi à près de 40%. Le décalage important entre les anticipations de marché et la posture adoptée par la BoE a provoqué un vif décrochage de la livre sterling, laquelle a cédé -1,4% face au dollar et -0,9% face à l'euro. Le taux EUR/GBP a ainsi clôturé jeudi à un pic depuis un mois à plus de 0,8550 £ et continuait de progresser ce matin en direction du seuil de 0,86 £ qui n'a plus été touché depuis le 1er octobre dernier. Alors que l'on surveille toujours le conflit sur la pêche entre Paris et Londres au-dessus duquel plane une menace de sanctions, les discussions hier entre les deux parties n'ont pas abouti mais elles reprendront la semaine prochaine, les deux partis voulant laisser la chance au dialogue.

 
EUR/JPY - Le statu quo de la BoE après la Fed donne l'occasion au yen de rebondir (-0,7% hier) : on craignait que cette semaine fasse date comme celle durant laquelle un changement de cap monétaire majeur fut entrepris par les principales banques mondiales, du moins c'est ce que laissait présupposer les récents mouvements observés sur les marchés obligataires et monétaires. Or après les réunions monétaires réalisées cette semaine en Australie, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, et même celle la semaine dernière en Zone Euro, on se rend compte que les banquiers centraux des économies développées globalement conservent une rhétorique sur l'inflation qu'ils considèrent comme "transitoire" et ne ressentent pas pour le moment d'urgence à relever rapidement les taux directeurs. Le yen avait largement souffert ces dernières semaines d'un manque d'attractivité résultant d'un élargissement des écarts de rendement obligataire entre le Japon où les taux obligataires sont plafonnés par la Banque du Japon et ses pairs qui ont fait l'objet ces dernières semaines d'importantes spéculations monétaires. Aussi, le yen a enregistré un important rebond correctif sur fond de réduction des spéculations monétaires aux Etats-Unis et au Royaume-Uni et de recul des taux courts dans ces deux pays (chute du taux 2 ans britannique à un creux d'un mois hier). Le yen a ainsi enregistré sa meilleure performance depuis un mois face à l'euro (+0,7%) et le taux EUR/JPY a glissé à son plus bas niveau depuis 3 semaines à 131,5 ¥. Le taux est stable ce matin alors que la barrière de 131 ¥ a un effet répulsif et contient la dynamique baissière.
EUR/CHF - Le franc reste une bonne protection contre l'inflation (-0,3% hier) : sous couvert d'un nouveau rebond historique des prix à la production en Zone Euro (+2,7% M/M = plus forte progression mensuelle depuis le début de l'historique de l'indice PPI débutant en novembre 2001) et du retour dans l'actualité des risques sanitaires en Europe (nouvel épicentre de la pandémie selon l'OMS), le franc suisse a repris le dessus sur l'euro et effacé ses récentes pertes pour se rapprocher à nouveau du seuil de 1,05 ₣ qui fait office de plancher pour le taux EUR/CHF depuis 2015. Malgré des risques plutôt orientés à la baisse, la paire de change relève un peu la tête ce matin et remonte au-dessus de 1,0550 ₣.

 
EUR/CZK - Une hausse de taux en République Tchèque comme en avait plus vu depuis la crise asiatique (-0,5% hier) : après la Pologne mercredi, la République Tchèque a elle-aussi surpris les marchés financiers en opérant une hausse de taux plus importante que ne l'anticipait le consensus de marché. En opérant son plus fort resserrement monétaire depuis la crise asiatique de 1997-1998 (+125 pbs), la banque centrale tchèque a désormais son taux directeur principal supérieur au niveau auquel il était avant le début de la pandémie (2,75% vs. 2,50% en mars 2020). En écho à cette stratégie agressive de normalisation monétaire de la part des banquiers centraux tchèques, la couronne tchèque a été la seule devise d'Europe de l'Est à s'apprécier face à l'euro et a bondi de +0,5% pour clôturer la séance à son plus haut niveau depuis un mois à moins de 25,35 CZK. Le taux EUR/CZK vient d'enregistrer un repli de -1,5% en une semaine et restait orienté à la baisse ce matin en direction du seuil de 25,25 CZK qui fait office de plancher en 2021.

 
EUR/RUB - L'OPEP n'entend pas faire d'effort pour contenir la hausse des prix du pétrole, le rouble rebondit vivement (-1,0%) : sur la défensive depuis la fin du mois d'octobre en raison de la correction de -5% des prix du pétrole, le rouble russe a vivement rebondi hier en marge de la réunion de la Fed mais aussi des conclusions d'une réunion de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses alliés. Incités par les pays importateurs de brut à intervenir pour calmer la hausse récente des prix à un pic depuis 2014, le cartel pétrolier n'a pas cillé et a conservé sa stratégie de réintroduction graduelle des quotas pétroliers à hauteur de 400k barils journaliers chaque mois jusqu'à septembre 2022. Une offre réduite en pétrole face à une demande en constante hausse est à l'origine de la hausse des prix en 2021, une dynamique qui pourrait donc se prolonger en l'absence de coup de pouce de l'OPEP, à moins que les Etats-Unis décident d'user de ses réserves d'urgence pour ralentir la hausse des prix. Le pétrole en Europe a enregistré jusqu'à 3% de gains en séance avant de retracer et clôturer la séance à son plus bas niveau depuis un mois à moins de 81 $. La perspective néanmoins d'un maintien de prix élevés dans les prochains mois mais aussi l'approche prudente de la Fed sur une hausse de taux ont nourri un rebond du rouble de -1% face à l'euro, lui qui venait de corriger de -3% sur les premiers jours de novembre. Le taux EUR/RUB est retombé hier sous le seuil de 83 RUB mais ne poursuivait pas son repli ce matin.


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