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nov. 04, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La patience réclamée par la Fed n'effraie pas le dollar, la livre en hausse avant la BoE

  

Tendance du jour : la Fed a réussi son pari, à savoir annoncer une action de tapering monétaire sans générer au passage d'importants remous sur les marchés financiers. Pas de "taper tantrum", et ce sont donc un grand nombre de devises émergentes qui soufflent ce matin et se renforcent face à l'euro. Les devises sud-américaines et asiatiques sont les plus sensibles à cette volatilité réduite. Sur la défensive hier en écho aux commentaires du gouverneur central américain Jerome Powell appelant à la patience sur une hausse de taux, le dollar retrace la totalité de ses pertes de la veille ce matin et revient à hauteur de ses plus hauts de l'année face à l'euro sous 1,16 $. Avec du recul, l'inflexion de la communication sur l'inflation supposée "transitoire" laisse entrapercevoir une possibilité d'accélération de la politique de normalisation monétaire. La livre sterling se raffermit (moins de 0,85 £) également avant l'annonce cet après-midi d'une possible première hausse de taux par la Banque d'Angleterre. En marge d'une réunion ce jeudi des membres de l'OPEP et de ses alliés qui pourrait reconfirmer l'intention de ne pas toucher à la stratégie de rehaussement graduel des quotas de production jusqu'à septembre 2022, les devises pétrolières ont le vent en poupe à l'image du dollar canadien (1,43 C$), du rouble russe (83 RUB) ou encore de la couronne norvégienne (9,85 NOK). Cette dernière est néanmoins légèrement freinée par l'annonce, sans surprise, d'un statu quo de la banque centrale norvégienne (taux à 0,25%).

 
EUR/USD - La Fed annonce son tapering et réclame de la patience sur les taux (+0,3% hier) : comme il l'était très largement anticipé par les marchés financiers, la réserve fédérale américain a annoncé qu'elle allait commencer à réduire à la fin du mois ses rachats d'actifs à hauteur de 15 Mds$ par mois, ce qui conduirait à la fin du programme quantitatif (QE) d'ici le mois de juin 2022. Par la voix de son gouverneur central Jerome Powell, dont le renouvellement du mandat en février prochain reste toujours en suspens, la Fed a réclamé de la patience au sujet d'une potentielle de hausse de taux, laquelle n'est pas automatiquement liée à la fin des rachats d'actif mais aux conditions économiques. Par ce biais, la banque centrale américaine repousse les anticipations monétaires actuelles qui tablent sur un premier resserrement monétaire d'ici la mi-2022, tout en n'écartant pas un possible ajustement si jamais les conditions sur le marché du travail s'améliorent davantage et les pressions inflationnistes persistent. À ce sujet d'ailleurs, la banque américaine a légèrement ajusté sa communication. Si elle considère toujours la forte hausse de l'inflation comme "transitoire", elle reconnaît tout de même des pressions plus durables qu'elle ne l'imaginait initialement et surveille étroitement l'évolution des prix. Alors que la médiane des projections du FOMC publiées en septembre dernier indiquait au moins deux hausses de taux en 2023, la plus récente enquête réalisée par l'agence d'information Bloomberg auprès d'économistes (enquête réalisée du 22 au 27 octobre) se veut plus optimiste concernant la trajectoire des taux et indique deux hausses (de 25 pbs) au 1er semestre 2023 et une autre au second, ce qui ramènerait le taux directeur à 1% contre 0,00-0,25% en ce moment. Si le dollar s'est déprécié hier en réaction aux propos du gouverneur central américain pour revenir se positionner à plus de 1,16 $ face à l'euro, la devise américaine effaçait ce matin l'intégralité de ses pertes de la veille (0,4% à 1,1570 $). Si Powell n'a pas donné de nouveaux arguments accréditant la thèse d'un durcissement plus rapide que prévu des conditions de crédit, l'observation de premières fêlures dans son plaidoyer, jusqu'à présent inflexible, sur une inflation supposément transitoire donne l'impression aux marchés que sa posture n'est pas aussi solide qu'elle n'en a l'air.  De ce point de vue, l'argument de divergences monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro tient toujours et n'est pas particulièrement remis en cause par la réunion d'hier, surtout qu'en parallèle Christine Lagarde a conforté l'idée hier, afin de tuer dans l'œuf toute spéculation à ce sujet, qu'il était "hautement improbable" que la BCE relève ses taux directeurs l'année prochaine. Des statistiques décevantes ce matin concernant les commandes industrielles allemandes - rebond plus modeste que prévu en septembre (+1,3% M/M vs. consensus +2,0%) et estimation d'août révisée à la baisse de -7,7% à -8,8% - n'aident pas l'euro ce matin.

 
EUR/GBP - La livre se reprend avant la Banque d'Angleterre (-0,2% hier) : après avoir flirté pendant deux séances avec le seuil de 0,85 £, sans véritablement réussir à le casser, le taux EUR/GBP a amorcé un repli en amont de la publication ce jeudi, à la mi-journée, des conclusions de la réunion de la Banque d'Angleterre durant laquelle une première hausse de taux de 25 pbs pourrait être annoncée. Les marchés monétaires anticipent à un peu plus de 60% la probabilité de ce scénario, ce qui démontre l'existence d'une plus grande incertitude parmi les acteurs de marché par rapport aux semaines précédentes. Si on peut questionner la pertinence du timing d'un premier resserrement monétaire aussi tôt dans le cycle de reprise ainsi que ses effets supposés bénéfiques pour infléchir la montée de l'inflation outre-Manche sans heurter l'économie, une telle décision pourrait renforcer l'argument de divergences monétaires entre le Royaume-Uni et la Zone Euro et accentuer l'élargissement des écarts de rendements obligataires - déjà très important - entre les deux régions, offrant ainsi une attractivité plus importante à la livre par rapport à l'euro. Néanmoins, une hausse de taux offrira-t-elle un levier assez fort à la devise britannique pour franchir l'obstacle de 0,84 £ qu'elle n'a pour le moment pas encore réussi à franchir en 2021 ? Possible mais pas évident sachant qu'en parallèle s'observe une détérioration des relations commerciales et politiques entre le Royaume-Uni et l'UE. Une rencontre entre Paris et Londres est programmée ce jeudi pour tenter de résoudre le conflit qui les oppose sur la pêche. Cette discussion fait figure, selon des proches sources du dossier, de dernière chance avant la mise en application de sanctions. Si cela se produit, cela pourrait très probablement freiner toute tentative de rallye de la livre.

 
EUR/JPY - Pas de "taper tantrum", pas de rebond du yen (+0,3% hier) : l'annonce hier par la Fed de son tapering n'a pas provoqué de remous sur les marchés financiers comme cela avait pu être le cas en 2013. Au contraire, les marchés actions ont accueilli favorablement le discours du gouverneur central américaine Jerome Powell clamant de la patience avant d'entreprendre une remontée des taux directeurs. La période de taux quasi nul pourrait donc durer encore un peu, ce qui n'est pas pour déplaire aux marchés actions qui ont basé leur rallye amorcé au printemps 2020 sur des conditions monétaires historiquement accommodantes. Alors que les bourses américaines et européennes ont enregistré de nouveaux records, le yen s'est rétracté face à l'euro et le taux EUR/JPY en a profité pour remonter au-dessus du seuil de 132 ¥. Malgré l'affaiblissement de l'euro ce matin, la paire de change limite pour le moment les pertes. On surveillera toutefois les réactions de marché à une éventuelle hausse de taux au Royaume-Uni (consensus), sachant qu'une hausse de la volatilité favoriserait une hausse de la demande en yen.

 
EUR/NOK - Confirmation d'une nouvelle hausse à venir en décembre en Norvège ? (+0,1% hier) : selon toute vraisemblance, la banque centrale norvégienne devrait maintenir son taux directeur inchangé à 0,25% ce jeudi. Néanmoins, l'attention des marchés se portera sur la communication de la banque et la confirmation (ou non) de sa part concernant un projet de nouveau resserrement monétaire en décembre après celui déjà opéré en septembre dernier. La Norges Bank fait figure de pionnière parmi les économies développées dans la course à la normalisation monétaire. La couronne a très largement profité de cet avantage monétaire, ainsi que d'un rebond très significatif des prix du pétrole, pour s'apprécier très significativement face à l'euro jusqu'à toucher en octobre un pic de 2 ans. Plus en difficulté depuis la mi-octobre après un rallye de près de 9% en 4 mois, la couronne vient de reculer de 2% en deux semaines face à l'euro et oscille en ce moment à un plus bas depuis 3 semaines à environ 9,85 NOK. Une correction de -5% des prix du pétrole est passée par là, tout comme un regain de nervosité ressenti avant la réunion de la Fed. Cette dernière n'ayant provoqué peu de remous hier, on peut penser que le rappel ce jeudi d'une hausse de taux à venir prochainement en Norvège pourrait redonner un peu de couleurs à la devise.

 
EUR/CZK - Spéculations monétaires et affaiblissement du dollar tirent la couronne vers le haut (-0,3% hier) : après déjà trois hausses de taux cette année dont une dernière de 75 pbs réalisée en octobre, qui s'avère être le plus fort resserrement monétaire observé depuis 24 ans en République Tchèque, la banque centrale devrait selon le consensus de marché relever de 50 pbs son taux directeur à 2%. En ramenant son taux principal à un niveau proche de celui observé avant la pandémie (2,25 %), les banquiers centraux tchèques seront ils tentés de faire une pause dans leur cycle de normalisation ? Pas certain au regard de la persistance des pressions sur les prix qui menacent de freiner l'expansion économique du pays. Cette stratégie de normalisation rapide des conditions monétaires n'est pas du goût de tout le monde et a recueilli de vives critiques le mois dernier de la part du premier ministre Andrej Babiš. Dans quelle mesure ces critiques peuvent influencer les futures décisions de la banque centrale ? Il est certain qu'un statu quo ou un rehaussement monétaire plus modeste ce mois-ci pourrait être interprété de la sorte, et se répercuter négativement sur la devise. La devise tchèque est clairement orientée à la hausse face à l'euro depuis la fin de la semaine dernière et vient d'engranger un gain de 1% pour s'échanger ce matin à un pic de plus de 2 semaines à moins de 25,50 CZK. En cas d'accélération du rebond cet après-midi, il faudra surveiller la barrière de 25,30 CZK que l'on a vu jouer le rôle de support à plusieurs reprises cette année.

 
EUR/PLN - Le zloty réagit favorablement à une hausse de taux plus importante que prévu en Pologne (-0,5% hier) : peu encline à durcir les conditions de crédit en début d'année, la banque centrale polonaise a surpris les marchés en procédant hier à un durcissement plus important que prévu de ses taux directeurs, celui-ci étant réhaussé de 75 pbs à 1,25% contre 1,0% anticipé par le consensus. Cette décision est d'autant plus surprenante qu'il s'agit de la plus forte hausse de taux depuis 2000. La lutte contre l'inflation qu'une majorité d'économistes voient bondir à près de 7% en octobre est à l'origine de cette décision. Le zloty polonais a positivement réagi à l'annonce pour s'écarter un peu plus du seuil de 4,60 PLN face à l'euro et se rapprocher de son cours moyen annuel calculé à 4,55 PLN.


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