Actualités du marché des devises

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nov. 03, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Le dollar ne tremble pas avant la Fed, le zloty surfe sur les anticipations de hausse de taux en Pologne

  

Tendance du jour : c'est le jour J, celui que beaucoup d'investisseurs attendent depuis des semaines. Le jour durant lequel la réserve fédérale américaine devrait annoncer une politique de tapering, et une première étape décisive de sortie de crise qui prépare le terrain à une future hausse des taux directeurs. L'attention des marchés sera exclusivement focalisée ce mercredi sur cette décision qui ne tombera néanmoins qu'en fin de journée en Europe. Il ne serait donc pas surprenant d'assister à une séance peu volatile et des positions figées avant de connaître les plans de la banque centrale américaine. Pour patienter, les marchés pourront suivre les résultats d'un premier rapport sur l'emploi dans le privé aux Etats-Unis qui sert souvent de baromètre avant les chiffres officiels publiés vendredi, mais aussi sur les chiffres du chômage en Zone Euro ou encore une réunion monétaire en Pologne. Ce matin, on assiste à peu de mouvements si ce n'est un rebond correctif des deux devises océaniennes (AUD et NZD) qui retracent une partie des larges pertes subies la veille face à l'euro. Plusieurs devises émergentes rebondissent à l'image du peso mexicain, du rouble russe ou encore du rand sud-africain après le fort mouvement dépréciatif subit lundi. Le dollar, un des acteurs principaux de la journée de mercredi, est stable et toujours hautement valorisé face à l'euro à moins de 1,16 $. La livre sterling reste sur la défensive mais profite d'une résistance au niveau de 0,85 £ pour limiter les pertes.

 
EUR/USD - Le dollar reste solidement arrimé sur ses plus hauts de l'année avant la Fed (-0,2% hier) : pas de retour au-dessus de 1,16 $ pour l'EUR/USD avant la publication ce soir des conclusions de la nouvelle réunion monétaire de la Fed en marge de laquelle la banque centrale américaine devrait très probablement annoncé une réduction de son programme quantitatif à travers lequel elle injecte en ce moment chaque mois 120 Mds$ de liquidités sur les marchés financiers via le rachat de dettes publiques et privées, et d'hypothèques. L'attention des acteurs de marché se portera principalement sur les caractéristiques du tapering, à savoir la magnitude de la réduction mensuelle, le rythme mais aussi surtout sa durée. Il s'agit d'une étape décisive et nécessaire avant que la banque américaine ne procède à un rehaussement de ses taux directeurs, aussi plus longtemps il durera et plus tard sera la date du premier resserrement monétaire que les marchés anticipent actuellement à mi-2022. Si la Fed a ajusté ces dernières semaines son message sur l'inflation et reconnu que les pressions haussières sur les prix pourraient durer plus longtemps que prévu, il n'est pas certain pour autant qu'elle envisage de se précipiter à durcir les conditions de crédit. D'autant plus que l'économie américaine a montré au T3 des signes inquiétants de ralentissement et que les propositions de nouvelles dépenses budgétaires et de plan d'infrastructure dessiné par l'exécutif sont toujours bloquées au Congrès. Sans nouveau stimulus fiscal et compte tenu des effets durables des tensions sur les approvisionnements internationaux et des nombreux déséquilibres sur le marché de l'emploi (phénomène de "Big quit" ou vague de démission massive observée aux Etats-Unis ces derniers mois), les banquiers centraux américains pourraient décider de garder quelques cartes dans sa manche juste au cas où. Alors que le consensus mise sur une réduction des rachats de 15 Mds$ par mois ce qui déboucherait sur un arrêt total du programme quantitatif d'ici mai prochain, et ainsi ouvrir la porte à un scénario de hausse de taux courant été ou septembre 2022, il ne faut pas négliger l'annonce ce soir d'une approche plus prudente et d'un tapering plus long que ne l'anticipe le marché tout en laissant la porte ouverte à une accélération dans les prochains mois si les conditions le justifient. Fortement valorisé et à proximité de ses plus hauts de l'année face à l'euro, le dollar pourrait subir un important contre-coup si jamais la réunion de ce soir n'apporter pas de nouveaux éléments accréditant la thèse d'une hausse de taux prématurée aux Etats-Unis. En attendant la Fed, les marchés accueilleront une large série de statistiques majeurs aux Etats-Unis dont un premier rapport sur l'emploi dans le privé avant les chiffres officiels programmées vendredi mais aussi les statistiques de commandes d'usine et les résultats de l'enquête d'activité ISM dans le secteur non-manufacturier. Plus tôt dans la journée, l'EUR/USD suivra également les chiffres du chômage en Zone Euro.

 
EUR/GBP - La livre reste sur la défensive en l'absence de résolution du conflit sur la pêche (+0,1% hier) : la devise britannique est restée sur la défensive hier et a clôturé la journée à un creux de près de 4 semaines à plus de 0,85 £ en l'absence de résolution du conflit entre Paris et Londres sur la pêche et avant la réunion monétaire de la Banque d'Angleterre ce jeudi. Néanmoins, ces pressions baissières ne sont pas assez fortes pour le moment pour permettre au taux EUR/GBP de casser la barrière de 0,85 £. Alors que l'on suivra ce mercredi la publication des indices révisés d'activité dans le secteur des services au Royaume-Uni, les investisseurs pourraient attendre les échéances monétaires avant de prendre de nouvelles positions. La probabilité d'une première hausse de taux de 25 pbs outre-Manche ce jeudi est évaluée à un peu moins de 65% et est stable depuis le début de semaine.

 
EUR/JPY - Petite correction malgré les records en bourse (-0,3% hier) : on aurait pu penser que les nouveaux records boursiers enregistrés hier aux Etats-Unis et en Europe porteraient le taux EUR/JPY plus haut, or il n'en fut rien. Au contraire, le yen a profité d'une montée des incertitudes sur l'économie mondiale en cas de resserrement monétaire prématuré des conditions de crédit au sein des principales économies mondiales. Hier, la banque centrale australienne a stoppé un de ces outils monétaires (plafonnement du taux 3 ans à 0,1%) destiné à maintenir le coût du crédit attractif, ce mercredi la banque centrale américaine pourrait annoncer une réduction de ses injections mensuelles de liquidités et demain la Banque d'Angleterre pourrait relever ses taux d'intérêt pour la 1ière fois depuis le début de la pandémie. Le très haut niveau de valorisation des marchés actions et la perspective d'un changement rapide des conditions monétaires font craindre un risque de possible éclatement d'une bulle et d'un large mouvement correctif. Au regard de la faible valorisation du yen, il est tentant dans ces conditions de se tourner vers le yen, juste au cas où. Le taux EUR/JPY est retombé hier sous le seuil de 132 ¥ mais bénéficie pour le moment d'un support situé à 131,5 ¥ pour contenir son mouvement baissier.

 
EUR/CHF - Rebond correctif stoppé par un obstacle à 1,06 ₣ (+0,3% hier) : après avoir chuté lundi à un creux depuis mai 2020 à 1,0545 ₣, le taux EUR/CHF a enregistré hier sa meilleure performance en séance depuis plus de 6 semaines et un gain de plus de +0,3% en direction de 1,06 ₣. Si cette barrière a été touchée hier, la paire de change n'a pas été capable de la casser. Il est difficile de déceler les catalyseurs à l'origine de ce rebond mais on peut imaginer que la banque centrale suisse n'est pas restée les bras croisés face à la revalorisation récente du franc. Si la bonne performance des marchés actions européens offre également un environnement favorable à une revalorisation du taux EUR/CHF, cela pourrait ne pas durer alors que des tumultes pourraient survenir sur la fin de semaine en fonction des annonces monétaires faites par les banques centrales américaine et britannique.

 
EUR/AUD - L'Aussie dollar subit sa pire séance depuis près de 4 mois après la RBA (+1,1% hier) : la devise australienne s'est dépréciée de -1% hier face à l'euro et enregistré sa pire performance en séance depuis le 8 juillet dernier après la réunion monétaire de la Réserve bancaire australienne durant laquelle le gouverneur central a repoussé fermement les spéculations d'une possible première hausse de taux l'année prochaine. On peut être surpris de la magnitude de ce repli du dollar australien sachant que la banque centrale australienne a abandonné sa politique de plafonnement du taux 3 ans à 0,1% ainsi que son objectif de statu quo jusqu'à au moins 2024, ou deux éléments qui accréditent la thèse d'un resserrement monétaire plus rapide que prévu en Australie. Le rebond correctif du taux EUR/AUD semble simplement découler d'une rotation des positions et de prises de bénéfice après un repli de près de -7% enregistré en un plus de deux mois entre août et octobre. Remonté hier au-dessus de 1,5550 A$ après avoir été aperçu la semaine dernière à un creux depuis mars dernier à 1,5350 A$, le taux EUR/AUD effaçait une partie de ses gains ce matin.

 
EUR/PLN - Nouvelle hausse de taux attendue en Pologne (-0,2% hier) : après une première hausse de taux surprise de 40 pbs opérée en octobre, la banque centrale polonaise pourrait poursuivre ses efforts de lutte contre la forte remontée de l'inflation et ainsi décider de relever à nouveau son taux directeur de 50 pbs à 1,0% (consensus Reuters). Sur la défensive depuis la mi-octobre, le zloty a subi un certain nombre d'éléments défavorables comme la remontée des cas de COVID en Europe de l'Est, le regain de tensions avec Bruxelles sur des questions de souveraineté, ou encore les risques sur la croissance économique mondiale que font peser la flambée des prix de l'énergie et le ralentissement de la Chine. S'il n'est pas certain qu'une remontée des taux d'intérêt suffise à elle seule à infléchir l'inflation sans porter préjudice à la croissance, le zloty pourrait au moins se satisfaire d'offrir des rendements plus attractifs. En hausse hier, la devise polonaise prolonge sa revalorisation face à l'euro et s'échange ce matin à moins de 4,60 PLN. Si la paire EUR/PLN s'écarte de ses récents sommets et du seuil de 4,64 PLN qui fait office de plafond de verre depuis le mois de mars dernier, on peut noter que sur ce niveau de valorisation, on reste toujours très largement au-dessus du cours moyen annuel calculé à 4,55 PLN.

 
EUR/TRY - L'inflation continue de grimper en Turquie, au grand déplaisir de la livre turque (+0,4% hier) : l'indice de prix principal en Turquie a rebondi de plus de 2% en octobre, soit sa plus forte progression mensuelle depuis 3 ans. En dynamique annuelle, l'inflation générale enregistre son 5ième mois consécutif de progression et approche désormais les 20%, ou son plus haut niveau depuis janvier 2019. On pouvait s'attendre à une telle progression des prix compte tenu de la flambée des cours de l'énergie et des céréales mais aussi du choix "audacieux" (pour ne pas dire surprenant) de la banque centrale turque de procéder à une politique de baisse de taux (-300 pbs depuis septembre). Bien que le taux d'inflation sous-jacent reste stable à un peu moins de 17%, la crainte de spirale inflationniste en Turquie reste plus que jamais d'actualité après les résultats de ce matin, ce qui ne manque pas d'affecter la livre turque. qui reste à proximité de ses plus bas historiques à plus de 11,1 TRY. Les inquiétudes de possibles effets de "taper tantrum" sur les devises émergentes provoqués par la décision de la Fed ce soir impactent également négativement la devise.


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