Actualités du marché des devises

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nov. 02, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La RBA fait chuter l'Aussie dollar,  la livre sterling affectée par les tensions sur la pêche

 
Tendance du jour : le début de séance ce mardi est marqué par un net repli du dollar australien en marge de la réunion de la Réserve Bancaire Australienne durant laquelle le gouverneur central a repoussé les anticipations de hausse de taux dès 2022, mais aussi par un rebond du yen qui profite d'un reflux de l'optimisme général à la veille de la publication des conclusions de la réunion de la Fed dont une majorité d'observateurs anticipe l'annonce d'un tapering du programme quantitatif. Au regard des enjeux des prochains jours où l'on va voir s'enchaîner des décisions monétaires aux Etats-Unis (mercredi) et au Royaume-Uni (jeudi) avant que l'on enchaîne sur les chiffres de l'emploi américain (vendredi), la volatilité pourrait rester relativement modeste sur les marchés des changes. On observe ce matin également quelques mouvements correctifs et un rebond de certaines devises émergentes face à l'euro après de lourdes pertes subies hier. Notons que la livre sterling reste sur le reculoir alors que le conflit sur la pêche entre Paris et Londres reste toujours non résolu et que des sanctions pourraient de ce fait tomber prochainement. De retour hier à un pic depuis mai 2020 face à l'euro à 1,0550 ₣, le franc suisse ne montre pour le moment aucun signe de faiblesse.

 
EUR/USD - Retour à la case départ avant la Fed (+0,4% hier) : après un net repli observé lors de la dernière séance d'octobre (-1%) qui vient ponctuer un 3ième mois consécutif de pertes, le taux EUR/USD s'est repris lundi malgré l'absence d'investisseurs européens en congé à l'occasion des célébrations de la Toussaint. Après avoir flirté ses plus bas niveaux de l'année à moins de 1,1550 $, la paire de change a profité d'un rebond des marchés actions lundi pour faire son retour au-dessus du seuil de 1,16 $ juste avant l'ouverture de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine qui se tiendra du 2 au 3 novembre et délivrera son verdict mercredi soir à 20h00. Si les marchés anticipent très largement l'annonce lors de cette réunion d'un démarrage d'un processus de tapering, ou politique de réduction du programme de rachat d'actif à travers lequel la Fed injecte 120 Mds$ de liquidités chaque mois sur les marchés financiers, l'incertitude subsiste encore sur la magnitude et la durée de celle-ci. L'autre inconnu demeure également sur les conditions prérequises à un rehaussement des taux directeurs dont les marchés monétaires anticipent déjà l'annonce d'ici la moitié d'année 2022. Au regard des résultats décevants du 3ième trimestre publiés jeudi dernier aux Etats-Unis (2,0% en rythme annualisé = pire performance depuis le T2 2020) et des tensions qui persistent sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, la banque centrale américaine aurait tout à gagner à se laisser quelques marges de manœuvre pour pouvoir assurer un soutien à l'économie sans donner l'impression de rétropédalage dans sa stratégie monétaire. L'absence pour le moment d'accord au Congrès sur le programme de nouvelles dépenses budgétaires dont la dernière version discutée par les parlementaires s'élevait à 1,75 Trn$ ou encore sur le plan d'infrastructure du président Biden suggèrent une possible approche de la part de la banque centrale américaine plus prudente que ne l'anticipe actuellement les marchés. Un tel scénario mettant au grand jour un décalage notable entre les anticipations de marché et la posture de la Fed aurait très probablement des répercussions négatives sur la valeur du dollar. De là à imaginer un retour de l'EUR/USD à 1,17 $ ? Pas impossible mais le manque de traction en ce moment de l'euro pourrait toutefois freiner une telle ascension. Attention tout de même à une éventuelle tentative de cassure du support de 1,15 $ en cas de tapering agressif, lequel viendrait alimenter les thèses d'un possible resserrement monétaire prématurée aux Etats-Unis dès le 1er semestre 2022. En attendant le verdict qui tombera mercredi soir, on peut s'attendre à voir des positions figées et donc très peu de volatilité sur la paire EUR/USD.

 
EUR/GBP - Des doutes sur les choix de la BoE et les tensions sur la pêche affectent la livre (+0,6% hier) : la livre sterling a subi hier un coup de froid assez significatif à l'occasion de la première séance de novembre, la faute à une montée des inquiétudes à l'égard du choix de la Banque d'Angleterre de procéder ou non à une première hausse de taux ce jeudi, mais aussi des tensions sur la pêche qui persistent entre Londres et Paris et qui menacent de déboucher sur des sanctions. Quasi certains il y a encore deux semaines de voir la banque centrale britannique opérer un premier resserrement des taux directeurs en novembre, les marchés monétaires revoient un peu leur scénario et entrevoient un risque de possible report de la décision à décembre ou en 2022 en raison des incertitudes qui entourent les perspectives de croissance au Royaume-Uni. Lourdement handicapée par des situations de pénurie de matériaux et de main d'œuvre mais aussi par une consommation plus réduite des ménages alors que dans le même temps la région voit réapparaître le spectre d'une possible nouvelle vague pandémique cet automne (repli notable de la moyenne mobile sur 7 jours sur la fin octobre après qu'un pic depuis juillet fut atteint), l'économie britannique n'affiche pas une sérénité totale. La probabilité d'une hausse de taux de 25 pbs ce jeudi est en ce moment évaluée à 65% sur les marchés monétaires alors que celle-ci dépassait allègrement les 80% sur la seconde moitié du mois d'octobre. En plus des incertitudes monétaires, la livre sterling est également pénalisée sur ce début de semaine par des tensions politiques entre la France et le Royaume-Uni qui portent sur l'héritage du Brexit et notamment le peu de licences de pêche accordées par les autorités britanniques aux chalutiers français. Alors que le Sommet du G20 avait été le théâtre d'une annonce d'une désescalade de tensions entre les deux camps sur ce volet, hier le président français Emmanuel Macron a annoncé que des discussions étaient toujours en cours sur ce dossier, ce qui automatiquement maintient en suspens de possibles sanctions de la part de Paris et une éventuelle action en justice de la part de Londres pour contrer ces mesures de rétorsion. La paire EUR/GBP s'est offert hier une pointe à 0,85 £ pour la première fois depuis 3 semaines avant de retracer légèrement mais testait à nouveau cette barrière ce matin.  

 
EUR/JPY - Un rebond correctif porté par les marchés actions (+0,4% hier) : victime vendredi dernier de nombreuses expirations et de prises de bénéfice relatives à la fin du mois (-0,7%), le taux EUR/JPY a retracé plus de la moitié de ces pertes lundi sous l'impulsion d'un nouveau rebond des actions que l'on a vu atteindre un nouveau niveau record aux Etats-Unis. Davantage portés par de bons résultats trimestriels d'entreprise que par les incertitudes qui pèsent sur la croissance mondiale ou encore par le probable virage monétaire amorcé ce mois-ci par la réserve fédérale américaine via la probable annonce cette semaine d'un tapering de son programme de rachats d'actif, les marchés actions restent solidement arrimés à leur (très) haut niveau de valorisation. Du moins pour le moment. L'optimisme qui a émané de la séance de lundi, laquelle était notamment marquée par l'absence des investisseurs étrangers en congé prolongé à l'occasion des célébrations de la Toussaint, a porté le taux EUR/JPY au-dessus de la barrière de 132 ¥. Ce rebond pourrait n'être que de très courte durée puisque la fin de semaine pourrait être marquée par une recrudescence de volatilité sur les marchés financiers en marge des réunions monétaires programmées cette semaine aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les incertitudes qui pèsent toujours sur l'immobilier chinois et ses éventuels effets de contagion restent également une inconnue à ne pas négliger.  Ce matin, la paire EUR/JPY était à nouveau sur le reculoir après la décision de la banque centrale australienne durant laquelle l'abandon de la politique de contrôle de la courbe de taux a été interprétée par les investisseurs comme un signal soutenant la thèse d'un resserrement monétaire plus rapide que prévu en Australie. Un cycle de normalisation monétaire accélérée à travers le monde pourrait faire descendre les marchés actions de leur piédestal et en retour favoriser un rebond du yen.

 
EUR/CHF - L'ascension du franc se poursuit et toujours pas de signes d'intervention de la BNS (-0,2% hier) : après sa lourde chute survenue vendredi, le taux EUR/CHF a prolongé sa glissade lundi et semble pâtir d'effets prolongés de déception de la part des investisseurs après la réunion de la BCE de la semaine dernière. L'intangibilité de la banque centrale européenne au sujet d'un ajustement plus prononcé de sa politique de soutien malgré de fortes pressions inflationnistes dans la région et une dynamique économique solide (rebond plus important que prévu en Zone Euro au T3 de 2,2% = performance similaire à celle du T2) détériore l'attractivité de l'euro par rapport à ses différents pairs. Si on y ajoute à cela les craintes à l'égard de la crise énergétique en Europe, les frictions récentes observées entre la Pologne et Bruxelles qui menacent de fracturer la cohésion de la région ou encore les tensions vives entre Paris et Londres sur la question de la pêche, les investisseurs sentent le vent tourner et préfèrent ainsi se réfugier dans le franc suisse pour se protéger en cas de nouvelles tumultes en Europe. Alors que le franc oscille désormais à un pic depuis mai 2020 à hauteur de 1,0550 ₣, non loin de la barrière de 1,05 ₣ que la banque centrale suisse a ardemment protégé en 2020 au plus fort de la crise du COVID, on observe pour le moment peu de signaux suggérant une politique de défense contre une trop forte valorisation de la devise helvète par les autorités monétaires suisses. Si lundi, les statistiques de dépôt à vue au sein de la Banque Nationale Suisse (BNS) sont ressortis en hausse pour la 3ième semaine consécutive, on parle d'une hausse du volume de "seulement" +0,4% sur la période. Aussi si défense il y a, elle est pour le moment trop modeste pour freiner l'ascension du franc. Il faudra surveiller toute tentative de franchissement du seuil de 1,05 ₣, lequel constituerait un signal haussier pour les acheteurs de franc.

 
EUR/AUD - La banque centrale australienne abandonne sa politique de contrôle de la courbe de taux (+0,3% hier) : sans surprise, la banque centrale australienne a annoncé ce matin qu'elle maintenait son taux directeur inchangé à 0,1% et qu'elle comptait poursuivre ses rachats hebdomadaires de dettes pour un montant de 4 Mds A$ jusqu'à au moins mi-février. On note toute de même deux changements notables par rapport à la précédente réunion réalisée en octobre dernier : 1) face aux récentes poussées sur les rendements obligataires australiens qui ont suivi l'annonce du déconfinement en Australie et les récents chiffres d'inflation, la banque australienne a abandonné sa politique de plafonnement du taux 3 ans à 0,1%, et 2) la banque ne fait plus référence à 2024 pour évoquer la date à partir de laquelle elle pourrait opérer sa première hausse de taux. Ces deux ajustements donnent du grain à moudre aux spéculations qui anticipent une première hausse de taux en Australie en 2022 ou 2023. Et pourtant, on voit ce matin le dollar australien chuter lourdement face à l'euro (-0,8%) et chuter à un creux d'une semaine à plus de 1,55 A$. Les commentaires du gouverneur Philip Lowe repoussant fermement tout projet de resserrement monétaire en 2022 semblent faire effet, ou du moins éteint l'enthousiasme des derniers jours d'octobre durant lesquels l'Aussie dollar a grimpé à son plus haut niveau depuis mars face à l'euro à quasiment 1,5350 A$.

 
EUR/MXN - Les inquiétudes sur la croissance et la proximité de la Fed endommagent le peso (+1,9% hier) : dans la continuité de la séance de vendredi qui fut marquée par la publication d'une contraction surprise de l'économie mexicaine au T3 2021 (-0,2% T/T = première contraction depuis le T2 2020), le peso mexicain a subi un repli de près de -2% face à l'euro lundi. La proximité de la réunion de la réserve fédérale américaine où l'on attend une annonce de tapering qui pourrait créer quelques bouleversements sur les marchés du crédit a également une résonance négative sur les devises sud-américaines, et en particulier le peso mexicain. La devise restait sur la défensive ce matin et s'échangeait à un plus bas depuis juin face à l'euro à près de 24,2 MXN.


EUR/ZAR - Le rand chute significativement en marge d'élections locales en Afrique du Sud (+1,8% hier) : ce lundi se tenait en Afrique du Sud des élections municipales, lesquelles s'effectuent sur fond de grogne sociale à l'égard des dysfonctionnements dans les services publics et d'un taux de chômage historique dans le pays (34,4%) et notamment chez les jeunes. Si le parti au pouvoir, le Congrès National Africain, est largement favori, sa représentation pourrait être plus faible que lors de la précédente élection réalisée en 2016 (54%). Alors que le dépouillement des résultats se poursuit ce mardi, le rand se reprenait légèrement ce matin face à l'euro contre lequel il a clôturé hier à un plus bas depuis mars dernier à presque 17,90 ZAR. Les nouveaux signaux de ralentissement de l'économie chinoise survenus le weekend dernier via la publication d'enquête d'activité mais aussi les nombreuses réunions monétaires programmées cette semaine dans plusieurs économies développées dont les Etats-Unis ont eu également pour effet de réduire la demande en devises émergentes sur ce début de semaine. Elles sont considérées comme un probable dommage collatéral d'un mouvement de normalisation monétaire agressif qui déboucherait sur une forte remontée des rendements obligataires au sein des économies développées.


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