Actualités du marché des devises

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oct. 28, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La BCE et la croissance américaine au centre des débats de marché

Tendance du jour : le début de séance est très calme, la faute à une certaine inertie des positions avant la réunion de la BCE et la publication des chiffres de croissance américaine au T3 attendues toutes les deux en début d'après-midi. Les principaux mouvements observés sont liés au prolongement ce matin d'une dynamique de repli des prix des matières premières dont du pétrole qui enregistre depuis hier un recul de -3%. Le dollar canadien se replie (1,44 C$) tandis que la roupie indienne retrouve de le sourire (87 INR). Malgré un rebond plus fort que prévu de l'économie suédoise au T3 (+1,8% T/T = meilleure performance depuis un an), la couronne suédoise réagit peu mais se maintient à proximité du pic de plus de 3 ans touché la veille face à l'euro à 9,96 SEK. Alors que l'EUR/USD continue d'osciller sans direction autour de 1,16 $ et que le taux EUR/GBP se maintient à distance du seuil de 0,84 £, on observe une lente mais continue dépréciation du taux EUR/JPY qui retombe ce matin sous le seuil de 132 ¥ et oscille à un plus bas depuis 2 semaines. Au sein des marchés émergents, la livre turque est à nouveau secoué et cède près de -1% ce matin tandis que les devises d'Europe de l'Est et le rand restent orientées à la baisse face à l'euro.

 
EUR/USD - Un EUR/USD tout timide en amont de la BCE (+0,1% hier) : on pouvait s'y attendre, à la veille de la réunion monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) le taux EUR/USD a été atone toute la journée de mercredi et fluctué autour du seuil de 1,16 $. On retiendra néanmoins la nouvelle révision à la baisse de la projection de croissance américaine au T3 par la Fed d'Atlanta de 0,6% à 0,2% ainsi que l'aplanissement de la courbe de taux aux Etats-Unis, ou deux éléments qui suggèrent un net ralentissement de l'économie américaine et qui invitent à repenser les anticipations de resserrement des conditions de crédit aux Etats-Unis que les marchés monétaires anticipent pour mi-2022. La contraction hier des commandes de biens durables aux Etats-Unis - quoi que moins importante que prévu (-0,4% M/M en septembre vs. consensus -1,1%) - est venue appuyer ce sentiment de doute, ce qui a limité les pressions haussières sur le dollar provoquées hier par le repli des cours des matières premières. Les investisseurs auront tout le temps la semaine prochaine de se pencher sur le cas de la politique monétaire américaine et du dollar à l'occasion de la réunion de la Fed le 3 novembre, mais en attendant les regards sont tournés vers l'Europe et la BCE. La réunion d'octobre ne devrait pas déboucher sur de changements majeurs en matière de politique monétaire néanmoins on attend quelques réponses sur une série de questions : 1) sur l'inflation, 2) sur l'impact de la crise énergétique sur les perspectives de croissance, 3) sur la politique de rachats d'actif alors que la fin de vie du programme d'urgence PEPP approche (mars 2022), et 4) sur l'équilibre des forces au sein de la banque entre colombes et faucons. Il n'est pas certain pour autant que la réunion d'aujourd'hui et la conférence de presse de la présidente de la banque Christine Lagarde apporte des éléments concrets de réponse à toutes ces questions. En raison de l'approche traditionnellement prudente de la part de l'institution monétaire européenne et des récentes sorties de sa présidente qualifiant les montées inflationnistes de transitoires, une grande partie des investisseurs voit la BCE prendre le train de la normalisation monétaire (ie. remontée des taux directeurs) plus tard que les autres. D'où un élargissement des écarts de rendements entre les taux souverains européens et ses pairs et un manque d'attractivité criant de l'euro en 2021. Un changement de position sur la question de l'inflation ou un signal en faveur d'une volonté de réduire la voilure en matière de soutien monétaire pourrait amorcer un changement de dynamique pour l'euro, mais cela ne semble pas être le scénario qui se dessine. Outre la BCE, la séance de jeudi sera riche d'enseignements en matière de tendance économique aux Etats-Unis et en Zone Euro. On suivra ainsi attentivement les premiers chiffres de croissance aux Etats-Unis ainsi que les chiffres d'inflation et de chômage en Allemagne.

 
EUR/GBP - Le nouveau budget britannique ne fait pas briller la livre (+0,2% hier) : une grande partie des annonces du nouveau budget avait déjà filtré dans la presse, aussi la présentation faite hier par le ministre des Finances Rishi Sunak n'a pas grandement ému les marchés, ni la livre sterling par la même occasion. Le gouvernement britannique va augmenter ses dépenses de 3,8% par an jusqu'à 2024/2025 en concentrant son soutien dans l'éducation, la santé, l'environnement et le soutien aux secteurs les plus touchés par la pandémie comme celui de l'évènementiel et de l'hôtellerie & restauration. Ces nouvelles dépenses seront financées par une hausse des impôts (hausse des prélèvements sociaux et du taux d'imposition sur les entreprises de 19 à 25%) mais aussi par une croissance plus forte que prévu de l'économie, laquelle a vu sa projection de croissance pour cette année vivement révisée à la hausse de 4% à 6,5%. Notons tout de même que la projection pour 2022 a été révisée de 7,3% à 6% et celle pour 2023 révisée de 1,7% à 2,1%. L'autre enseignement de ce nouveau budget est la reprise supposée du contrôle sur les déficits dont les estimations sur les trois prochains exercices fiscaux ont été revues à la baisse de 1 à 2%. Ainsi, le gouvernement table désormais sur un déficit budgétaire de 2,4% du PIB à horizon 2023/2024 alors qu'en mars dernier il tablait sur un déficit de 3,5%. Ce savant équilibre entre soutien et contrôle des dépenses n'a pas réellement enthousiasmé les observateurs, à commencer par la Confédération de l'industrie britannique (CBI) qui estime que le budget ne va pas assez loin et laisse les entreprises face à un environnement mêlant pression fiscale élevée, productivité basse et inflation en nette hausse. Ce dernier point est d'ailleurs un des éléments qui pourrait mettre en péril les projections du Bureau de responsabilité budgétaire (OBR) puisque Sunak a annoncé qu'une hausse de 1% de l'inflation (et des taux d'intérêt) coûterait 23 Mds£ au gouvernement. Faut-il y voir un appel du pieds fait à la Banque d'Angleterre avant la réunion de jeudi prochain ? Pas impossible. En tout cas, sur les marchés monétaires on évalue actuellement la probabilité d'un scénario de hausse de taux de 25 pbs en novembre à presque 70%. En repli hier, alors que l'on a également eu l'écho de possibles sanctions à venir de la part de la France dans le conflit qui l'oppose au Royaume-Uni sur les questions de pêche, la livre sterling reste toujours valorisée à moins de 0,8450 £ face à l'euro et reste à proximité de la barrière de 0,84 £ qui pour le moment fait rempart à son ascension. Ce jeudi, ce sera surtout la dynamique de l'euro en marge de la BCE qui dictera la dynamique de la paire sachant que la livre a désormais les yeux tournés sur la réunion monétaire de jeudi prochain au Royaume-Uni.

 
EUR/JPY - Pas de sortie de politique de crise prévue au Japon avant plusieurs années ? (-0,2% hier) : la réunion monétaire ce jeudi de la Banque du Japon a livré peu de surprises. Cette dernière a maintenu son taux directeur inchangé à -0,1%, ainsi que son objectif de 0% sur le taux obligataire 10 ans. La banque japonaise a par ailleurs indiqué qu'elle voyait l'inflation restée coincée sous l'objectif de 2% pendant encore au moins de deux ans. Dans ce contexte, la perspective d'un changement de cap monétaire apparaît peu probable, aussi cela confirme l'idée que la Japon devrait être parmi les dernières économies développées à relever ses taux d'intérêt. Malgré ces divergences, le yen est orienté à la hausse et profite amplement des mouvements correctifs observés depuis hier sur les matières premières mais aussi sur les crypto-monnaies. Le retour également depuis hier des inquiétudes autour d'un ralentissement de l'économie mondiale au regard de l'aplanissement de la courbe de taux aux Etats-Unis ainsi que les craintes persistantes qui pèsent sur le secteur immobilier chinois favorisent une revalorisation d'une devise japonaise qui a connu un mois d'octobre très compliqué. Le taux EUR/JPY est de retour depuis ce matin sous le seuil de 132 ¥ et oscille à un plus bas depuis 2 semaines. L'extension de cette correction dépendra en premier lieu du comportement de l'euro en marge de la réunion de la BCE ce jeudi ainsi que du sentiment général des investisseurs à l'égard des risques de faillite qui pèse sur le promoteur chinois Evergrande alors que la fin d'une période de grâce pour payer ses créanciers étrangers arrive à terme vendredi.

 
EUR/CAD - La Banque du Canada fait rugir (temporairement) le loonie (-0,2% hier) : la banque centrale canadienne a annoncé hier l'arrêt de son programme de rachat d'actifs et avancé sa projection de première hausse de taux à "mi-2022" contre "au second semestre 2022" auparavant. Bien que la banque a révisé à la baisse sa projection de croissance pour cette année de 6% à 5,1% en raison des tensions logistiques persistantes et une baisse de la demande extérieure, elle voit une réduction plus rapide que prévu des capacités inemployées sur le marché du travail et anticipe également un maintien plus long que prévu d'une inflation à plus de 3% dans le pays. Les annonces de la Banque du Canada ont fait bondir les taux souverains canadiens, le taux 2 ans grimpant à un pic depuis mars 2020 à plus de 1,05% et le taux 5 ans à un pic depuis janvier 2020 à plus de 1,4%. Cette forte poussée des rendements obligataires reflète une hausse des spéculations sur les marchés monétaires où on anticipe désormais une hausse de taux de 25 pbs à horizon mars 2022 puis trois autres hausses d'ici la fin d'année prochaine. Le taux EUR/CAD a chuté fortement en réaction immédiate à la publication du communiqué officiel de la BoC et franchi temporairement le seuil de 1,43 C$ pour la 1ière fois depuis février 2020. La paire de change a rapidement retracé une partie de ses pertes et ainsi montré que le passage de cette barrière était une marche encore trop haute à gravir. Alors que le mouvement correctif des prix du pétrole se prolonge ce jeudi (-3% depuis mardi), le taux EUR/CAD remonte légèrement et a ce matin les yeux davantage tournés vers le seuil de 1,44 C$ que celui de 1,43 C$.

 
EUR/BRL - Plus forte hausse de taux depuis 20 ans au Brésil (-0,4% hier) : si l'on anticipait une 6ième hausse de taux hier soir au Brésil, le consensus ne tablait néanmoins pas sur un resserrement monétaire aussi important. La banque centrale brésilienne a opéré une hausse de taux de +150 pbs (vs. consensus +100 pbs) pour ramener le taux directeur à son plus haut niveau depuis 4 ans à 7,75%. Cette décision inattendue a soutenu la dynamique haussière observée cette semaine sur le réal brésilien après sa dépréciation de -3 à -4% face au dollar et à l'euro la semaine dernière. Le taux EUR/BRL oscille à un plus bas depuis plus d'une semaine mais se tient néanmoins à l'écart de la barrière de 6,40 BRL qui fait office de seuil support pour la paire de change.

 
EUR/ZAR - La chute des prix des métaux précieux affecte le rand (+1,7% hier) : la devise sud-africaine vient de se déprécier de -2,5% en deux séances face à l'euro et restait orientée à la baisse ce matin, celle-ci oscillant à son plus bas niveau du mois à plus de 17,50 ZAR. La cause de la faiblesse du rand réside en deux facteurs : 1) la baisse des prix des matières premières dont le platine (-4,5% en deux jours) et du palladium (-4% en deux jours) dont l'Afrique du Sud est le premier producteur mondial, et 2) les craintes sur l'économie mondiale et le secteur immobilier chinois.


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