Actualités du marché des devises

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oct. 25, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La hausse du pétrole et le soulagement sur Evergrande dopent l'optimisme, la livre turque n'en finit plus de couler

Tendance du jour : peu de changements notables en matière de dynamiques de change ce lundi matin. Les devises liées aux matières premières comme la couronne norvégienne ou encore le dollar australien poursuivent leur ascension alors que ce matin les prix du pétrole en Europe dépassent les 86 $ et testent ses plus hauts niveaux depuis 2014 ! Le taux EUR/USD est stable à hauteur de 1,1650 $ malgré un nouveau recul (le 4ième consécutif) de l'indice de climat des affaires en Allemagne. Le soulagement temporaire des tensions autour de l'immobilier chinois continue d'alimenter l'optimisme des marchés quand bien même si ces derniers font également face à une remontée des risques sanitaires. La livre sterling remonte légèrement ce matin après avoir clôturé la semaine à un creux d'une semaine face à l'euro (0,8465 £) et ne paraît pas affecté par le retour dans l'espace médiatique de vives tensions entre britanniques et européens sur l'héritage du Brexit. Le yuan reste fortement valorisé face à l'euro (7,42 ¥) et bénéficie de la stratégie de la banque centrale chinoise de défendre un yuan fort (taux pivot USD/CNY à nouveau abaissé à moins de 6,40 ¥, tout proche d'un creux de 4 mois. On relève ce matin l'extension du rebond du rouble (81,5 RUB) après la hausse de taux opérée vendredi par la banque centrale russe, et en même temps la dégringolade sans fin de la livre turque qui paye les déclarations politiques du président Erdogan et l'émergence de nouvelles craintes de sanctions contre la Turquie.

 
EUR/USD - Le soulagement sur Evergrande et les PMI au soutien de l'euro (+0,2% vendredi) : la séance de vendredi a été dominé par le soulagement général autour de l'immobilier chinois et du cas Evergrande dont plusieurs médias ont annoncé le versement de coupons sur sa dette (montant de 83,5 Mln$) auprès de créanciers étrangers avant la fin de la période de grâce de 30 jours fixée à samedi 23 octobre 2021. L'autre élément à l'origine de la poussée (modeste) de l'euro vendredi a été la publication des premières enquêtes d'activité du mois d'octobre, lesquelles ont quelque peu rassuré, notamment concernant l'industrie qui a mieux résisté que prévu à la forte montée des prix de l'énergie et des coûts de production. L'indice préliminaire d'activité en octobre est quasiment similaire à celui de septembre (58,5 vs. 58,6) et très largement au-dessus des attentes du consensus (57,0). Si l'indice d'activité des services recule un peu plus que prévu (de 56,4 à 54,7 contre 55,5 anticipé), il reste néanmoins très largement en zone d'expansion (au-dessus de 50). Après une pause survenue jeudi et une première séance de repli en 7 jours ouvrés, le taux EUR/USD est remonté au niveau de 1,1650 $ vendredi. Il éprouve toutefois des difficultés à accélérer au-dessus de ce niveau pour rejoindre 1,17 $ comme si des freins subsistaient. Le retour des risques sanitaires en Europe, les pressions haussières constantes sur le prix de l'énergie ou encore les anticipations de tapering aux Etats-Unis peuvent expliquer la frilosité actuelle du cours de change à monter plus haut. Cette semaine, les regards se porteront principalement sur la réunion de la BCE dont la communication sur l'inflation sera scrutée, ainsi que sur les premiers chiffres de croissance au T3 et des estimations d'inflations aux Etats-Unis (indices de prix PCE) et en Zone Euro (premières estimations du mois d'octobre). Pour la Fed, dont les membres sont officiellement entrés en période de "black-out" médiatique avant la réunion du 2-3 novembre prochain, il s'agira des dernières publications majeures à l'aune desquelles ils devront décider de quelle manière ils souhaitent ajuster la politique monétaire.

 
EUR/GBP - Nouvelle contraction des ventes au détail et premiers doutes sur l'action monétaire de la Banque d'Angleterre (+0,5% vendredi) : à la surprise générale, les ventes au détail au Royaume-Uni se sont contractées (-0,2% M/M vs. consensus +0,5%)... pour le 5ième mois consécutif. Après l'inflation, c'est le second indicateur majeur qui déçoit, de quoi semer un peu le doute dans l'esprit des acteurs de marché qui voyaient déjà l'annonce d'une première hausse de taux en novembre au Royaume-Uni comme un scénario quasi-inévitable. Si de bons résultats dans les enquêtes d'activité du secteur privé au mois d'octobre (indice composite à un pic de 3 mois) sont venus un peu atténués la déception, le recul des anticipations monétaires sur le mois de novembre a vivement affecté la livre sterling face à l'euro. Au volet monétaire, on peut y ajouter également le volet politique et sanitaire qui dans leurs récents développements n'ont pas réellement aider la livre sterling. Alors que la région fait face à une vive hausse des contaminations (pic à 51,5k recensé jeudi = plus haut niveau depuis le 17 juillet 2021), l'Union Européenne a mis en garde Londres sur le fait qu'elle pourrait mettre fin à l'accord commercial post-Brexit si Londres continuait à ne pas respecter ses engagements concernant le statut juridique et douanier de la frontière nord-irlandaise. De son côté, Paris a menacé de mesures de rétorsion si les Britanniques continuent à refuser la distribution de davantage de licences de pêche aux chalutiers français. L'alignement des planètes n'est clairement pas en faveur de la livre, ce qui lui a valu de terminer la semaine dernière à un creux d'une semaine face à l'euro à plus de 0,8460 £. Malgré ces obstacles, la devise britannique retrouvait ce matin un peu d'allant et tentait de s'écarter du seuil de 0,85 £ qu'elle n'a plus connu depuis près de 2 semaines. Le coup de projecteur de la semaine pour le Royaume-Uni sera la présentation ce mercredi de l'actualisation du budget par le ministre des Finances Rishi Sunak, l'occasion pour lui de faire des annonces au niveau fiscal et investissements publics. Si les médias évoquent une hausse des dépenses dans la Santé, le budget devrait confirmer une ambition du gouvernement de resserrer les vis et réinstaurer une politique de rigueur budgétaire pour réduire les déficits. Il reste à savoir si cette rigueur budgétaire sera bien accueillie par les marchés qui peuvent désapprouver le timing de celle-ci par rapport à la vulnérabilité actuelle de l'économie.

 
EUR/JPY - Simple correction technique ou nouvelle inquiétude liée au volet sanitaire ? (-0,2% vendredi)  : après avoir culminé non loin de ses plus hauts de l'année à plus de 133 ¥, le taux EUR/JPY a connu une petite décompression sur la fin de semaine. Celle-ci s'est poursuivie vendredi alors même que les marchés accueillaient à bras ouverts l'apaisement en Chine des tensions sur l'immobilier. Faut-il y voir une correction technique liée à des prises de bénéfice après un rallye de 3,5% de la paire de change en deux semaines, ou une autre raison est à l'origine de ce repli ? Il est vrai que la recrudescence de cas en Europe, surtout à l'Est, a fait les gros titres de la presse financière et peut alimenter un peu de nervosité parmi les suiveurs de l'euro quant à un déplacement des risques vers l'Ouest. Si la première option semble pour le moment privilégiée puisque l'on revoit la paire EUR/JPY remonter ce matin à 132,5 ¥, il ne faut pas néanmoins négliger la seconde. Notons toutefois que le reflux temporaire des risques sur l'immobilier chinois et la chute de la volatilité sur les marchés actions internationaux (notamment américain) restent deux facteurs défavorables au yen dont le statut de valeur refuge est peu recherché lorsque les conditions de marché sont favorables.

 
EUR/CHF - Le franc a le vent en poupe (-0,1% vendredi) : le franc s'est offert vendredi une 3ième séance consécutive de gains face à l'euro et a temporairement été aperçu à un pic depuis juillet 2020 à moins de 1,0660 ₣. Le retour des risques sanitaires en Europe, ainsi que les pressions haussières continuent sur les prix de l'énergie pèsent sur le moral des investisseurs étrangers qui voient là deux facteurs de risque majeurs pour les perspectives de la Zone Euro. Le franc bénéficie d'un regain d'intérêt parmi les acteurs de marché qui craignent que la région fasse l'objet de nouveaux troubles économiques, et même voire politiques avec les élections françaises qui se préparent et la formation d'une combinaison inédite en Allemagne qui se profilent (coalition entre sociaux-démocrates, écologistes et libéraux). La paire EUR/CHF s'offre un modeste rebond ce lundi matin mais reste pour l'heure toujours globalement orientée à la baisse.

 
EUR/ZAR - La banque centrale sud-africaine repousse une hausse de taux pour le moment (+1,2% vendredi): le rand a vivement corrigé vendredi face à l'euro et s'est déprécié de plus de -1% en écho aux commentaires du gouverneur central sud-africain Lesetja Kganyago. Ce dernier a indiqué clairement qu'une première hausse de taux serait conditionnée à une évaluation de pressions persistantes sur l'inflation, ce qui n'est pas pour le moment le cas. Plusieurs pays émergents comme le Brésil, la Russie ou encore le Mexique ont déjà opéré un resserrement monétaire pour combattre l'inflation, participant au passage à tirer les rendements obligataires de ces pays vers le haut.  Avec une inflation récemment recensée à 5% en septembre, cela fait maintenant 5 mois consécutifs que la croissance des prix à la consommation en Afrique du Sud est au-dessus de l'objectif moyen de la banque centrale fixé à 4,5%. D'où d'importantes spéculations monétaires de remontée des taux directeurs, lesquelles ont été tuées dans l'œuf vendredi par les propos du banquier central. Le rand a connu une fin de semaine compliquée durant laquelle il a cédé près de -3% de sa valeur en deux séances face à l'euro. De retour à plus de 17,20 ZAR, le taux EUR/ZAR s'est rapproché de son cours moyen annuel calculé à 17,40 ZAR.

 
EUR/TRY - Les dernières sorties d'Erdogan accentuent la chute de livre turque (+1,1% vendredi) : déjà vivement pénalisée par la baisse de taux significative opérée par la banque centrale turque malgré un contexte inflationniste inquiétant en Turquie, la devise turque se voit désormais pénalisée par les craintes de sanctions contre la Turquie après les dernières sorties du président Recep Tayyip Erdogan. En réponse au soutien accordé par plusieurs pays, dont l'Allemagne, les Etats-Unis et la France, à un opposant politique turc actuellement emprisonné dans le pays (Osman Kavala), le président turc a réclamé le départ manu militari des ambassadeurs des pays concernés hors de Turquie. Après avoir franchi le seuil symbolique de 11,0 TRY la semaine dernière - record historique - le taux EUR/TRY gagnait ce matin plus de 1% et oscillait à plus de 11,30 TRY.


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