Actualités du marché des devises

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oct. 13, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une accalmie rompue par de vifs débats sur l'inflation américaine ?

  

Tendance du jour : on assiste à un début de séance calme dans lequel l'euro est à son avantage face à un grand nombre de ses pairs du G10, mais aussi face à plusieurs devises émergentes. Les bons résultats des exportations chinoises publiées ce matin au-dessus des attentes malgré les pénuries d'énergie observées récemment dans le pays ou encore la révision à la hausse des projections de croissance en Zone Euro sur 2021 (+0,4% à 5,0%) par le FMI lors de la présentation hier de ses nouvelles projections, ou encore le vote hier à la Chambre des représentants américaine du texte assurant le relèvement du plafond de la dette jusqu'à décembre donnent du baume au cœur aux investisseurs. Sous ces apparences calmes, la volatilité pourrait monter d'un cran cet après-midi puisque la publication des nouvelles statistiques d'inflation aux Etats-Unis pourrait donner lieu à de vifs débats, tout comme d'ailleurs la publication des résultats trimestriels de plusieurs banques américaines ou encore les Minutes de la Fed de la réunion de septembre. Parmi les principales variations observées ce matin, on retient le rebond de l'EUR/USD à 1,1550 $, l'orientation toujours haussière du taux EUR/JPY à plus de 131 ¥, le rebond correctif de l'EUR/AUD (1,57 A$) et du taux EUR/RUB (83 RUB) ou encore la glissade qui se poursuit pour le taux EUR/THB (38,4 THB).

 
EUR/USD - La baisse du moral allemand affaiblit l'euro (-0,2% hier) : on pouvait s'y attendre, l'indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands a enregistré un repli un peu plus important que prévu en octobre (-4,2 pts à 22,3 vs. consensus à 24,0) et ainsi chuté à son plus bas niveau depuis mars 2020. Aussi, l'ensemble des effets positifs de la reprise est entièrement effacé, la faute principalement à un rebond des inquiétudes à l'égard des perspectives dans un contexte de montée de l'inflation par le biais de la hausse des prix de l'énergie et le maintien de fortes tensions sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, mais aussi en raison d'anticipations d'une réduction progressive du soutien monétaire aux Etats-Unis et en Europe et de signaux répétés de ralentissement de l'économie chinoise. L'euro a été pénalisé par ce résultat et a du coup enchaîné une seconde séance de baisse cette semaine face au dollar pour se rapprocher un peu plus près de la barrière de 1,15 $. En parallèle, aux Etats-Unis on a eu de bonnes nouvelles sur le front de l'emploi avec la publication du rapport JOLTS qui montre un important recul des postes vacants aux Etats-Unis après un niveau record atteint en août à plus de 11,1 Mln. Ce résultat vient donner du grain à moudre à la théorie d'un durcissement du marché du travail américain sous l'effet d'une baisse drastique et continue du chômage dans le pays (4,8% recensé en septembre). Si cette théorie se vérifie - nuance à apporter au regard du faible taux de participation observé - cela devrait favoriser un rebond significatif des salaires, et donc nourrir des pressions inflationnistes durables qui forceraient la Fed à devoir resserrer les conditions de crédit. Sur le sujet de l'inflation, le débat fait rage outre-Atlantique entre le camp de ceux qui pensent que les pressions sur les prix ne sont pas transitoires (argument énoncé hier par le président de la Fed d'Atlanta Raphael Bostic) et ceux qui à l'inverse pensent qu'elles le sont. Dans ce dernier camp, on retrouve la secrétaire au Trésor et ex-gouverneur de la Fed, Janet Yellen, qui a défendu hier l'idée que la forte hausse récente de l'inflation aux Etats-Unis (plus de 5% cet été) ne devrait pas durer longtemps. Le débat risque sur l'inflation risque à nouveau de faire couler beaucoup d'encre ce mercredi, et possiblement faire vivement réagir les marchés, puisque l'on attend cet après-midi la publication des nouvelles statistiques d'indice de prix à la consommation (CPI). Selon le résultat, un camp sera plus avantagé que l'autre et donc l'on pourrait voir le dollar fluctuer au gré des implications monétaires que suggèrent ces nouveaux chiffres d'inflation.

 
EUR/GBP - L'emploi et les spéculations monétaires portent la livre (-0,1% hier) : consécutivement à de bons chiffres de l'emploi publiés hier au Royaume-Uni (recul du chômage de 4,6% à 4,5%), les marchés voient leurs convictions renforcées que la Banque d'Angleterre pourrait procéder à une première hausse de taux cette année, et possiblement dès novembre. Les marchés monétaires évaluent à presque 30% la probabilité d'une hausse de taux de 25pbs lors de la réunion du 4 novembre prochain. La livre sterling reste globalement orienté à la hausse face à l'euro mais cale pour le moment sur une barrière située à 0,8470 £. Celle-ci a été flirtée hier mais aussi lors des quatre dernières séances. Le taux EUR/GBP est stable ce matin après la publication d'une large série de données macroéconomiques au Royaume-Uni, laquelle montre un rebond plus modeste que prévu de l'économie au mois d'août (+0,4% M/M vs. consensus +0,5%) en raison d'une activité plus réduite des services (+0,3% M/M vs. consensus +0,6%) et d'une contraction de la construction (-0,2% vs. consensus +0,1%). La bonne performance du secteur manufacturier (+0,5% M/M vs. consensus +0,0%) a néanmoins permis de compenser ces contre-performances. À la lecture de ces résultats, on ne décèle pas de nouveaux indices soutenant une hausse prématurée de taux outre-Manche, d'où l'inertie du taux EUR/GBP ce matin.

 
EUR/JPY - Le yen reste en phase descendante (+0,1% hier) :  si les variations se sont révélées nettement moins importantes que lors des deux précédentes séances, le taux EUR/JPY a maintenu son cap et ainsi enchaîné hier une 3ième séance de hausse pour clôturer à un pic de 3 mois à plus de 131 ¥. La paire ne semble pas particulièrement affectée par les difficultés rencontrées actuellement par les marchés actions (3ième séance consécutive de repli aux Etats-Unis) mais au contraire goûte à l'accalmie ambiante autour du dossier Evergrande, mais aussi sur le volet sanitaire et économique. Par ailleurs, la variation très minime apportée par le FMI sur ses projections de croissance par rapport aux estimations réalisées en juillet (-0,1% pour 2021 à 5,9%, inchangé pour 2022 à 4,9%) malgré une hausse des incertitudes globales, ou encore la publication ce matin de résultats supérieurs aux attentes des exportations chinoises au mois de septembre (+28,1% A/A vs. consensus +21%) donnent un peu de baume au cœur à des investisseurs naviguant dans un environnement où la peur de "stagflation" prédomine (scénario de croissance faible et inflation forte). Le taux EUR/JPY restait orienté à la hausse ce matin et consolidait sa position à plus de 131 ¥.

 
EUR/CAD - Nouvelle tendance baissière à long terme ? (-0,3% hier) : grâce à l'appui de prix du pétrole à un niveau très élevé et d'un accroissement des différences monétaires entre le Canada et la Zone Euro, le dollar canadien poursuit un des plus importants rallyes de son histoire face à l'euro. La devise canadienne a enchaîné hier une 10ième séance consécutive de hausse face à l'euro, soit la seconde plus longue série depuis l'introduction de l'euro en 1999 (record recensé à 12). La devise canadienne poursuit un impressionnant rebond depuis le 20 septembre dernier, lequel s'est vivement accéléré depuis le franchissement la semaine dernière du support de 1,46 C$. Depuis cette date, la devise canadienne s'est appréciée de +4% face à l'euro et se rapproche pas à pas de ses plus hauts niveaux observés avant la pandémie (1,42-1,43 C$). Malgré le repli hier des prix du baril de brut, le loonie a pu s'appuyer hier sur un euro affaibli après la publication d'une baisse plus importante que prévu du moral des investisseurs allemands mais aussi sur l'annonce d'une prochaine réouverture en novembre des frontières entre le Canada et les Etats-Unis. Cette annonce a pris le dessus sur la révision significative des estimations de croissance du FMI pour le Canada en 2021 (-0,6% à 5,7%). Notons que le taux EUR/CAD a cassé à la baisse une ligne de tendance haussière observée depuis 2015, ce qui pourrait signifier un changement de tendance durable sur la paire de change et une nouvelle dynamique baissière qui pourrait s'intensifier dans le temps.

 
EUR/COP- Fort rebond du peso sur fond d'anticipation d'une amélioration du profil financier de la Colombie (-1,0% hier) : déjà orienté à la hausse depuis le début du mois d'août face à l'euro, le gouvernement colombien a donné hier de nouvelles raisons au peso de rugir. La devise colombienne a ainsi bondi de +1% face à l'euro et été la meilleure performeuse hier au sein de la région Amérique Latine après l'annonce par les autorités colombiennes d'une probable réduction des déficits grâce à l'appui de prix plus élevés du pétrole et d'un rebond plus important que prévu de la croissance cette année. Le taux EUR/COP a clôturé hier sous le seuil de 4290 COP pour la 1ière fois depuis mars dernier et n'est plus qu'à quelques encablures d'un support majeur localisé à 4280 COP. Depuis le pic historique atteint en août à 4690 COP, la paire a subi une forte correction de presque -9%.

 
EUR/THB - Le baht accélère son rallye (-1,2%) : dans la continuité de son rebond lundi, le baht thaïlandais a accéléré et enregistré sa seconde meilleure séance face à l'euro depuis mars 2020 (+1,2%). Au total c'est un gain de près de 2% enregistré en 2 séances depuis l'annonce faite lundi par le gouvernement thaïlandais d'assouplir à partir de novembre les règles sanitaires à destination des voyageurs d'un certain groupe de pays (10 au total) entrant sur son territoire. La période d'isolation ne sera plus rendue obligatoire pour les touristes américains, britanniques ou chinois le mois prochain, soit un changement majeur en termes de régulation dont les autorités espèrent qu'il favorisera une reprise de l'activité touristique dans le pays sachant que l'on recensait fin août à peine plus de 70k voyageurs étrangers depuis le début de l'année contre plus de 6 Mln recensés en 2020 et 40 Mln en 2019. Après avoir été observé à un pic historique fin septembre à plus de 39,5 THB, le taux EUR/THB oscille désormais à un creux de 5 semaines à moins de 38,5 THB. En cas de cassure du support de 38,0 THB (support depuis juillet 2021), la dynamique baissière pourrait s'accélérer.


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