Actualités du marché des devises

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oct. 12, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro n'y arrive toujours pas, hausse des spéculations vendeuses sur la livre & retour en grâce du baht thaïlandais

Tendance du jour : le début de séance est très calme ce matin sur les marchés des changes alors que l'on assiste parallèlement à un dégonflement de la hausse des prix de l'énergie (catalyseur positif) et un repli marqué des actions européennes en ouverture de séance (-0,8% pour l'indice Stoxx 600) sur fond de retour des inquiétudes autour du groupe chinois Evergrande et ses possibles répercussions sur les marchés financiers internationaux. Le taux euro est légèrement orienté à la hausse face au dollar et à la livre mais manque clairement de catalyseurs pour espérer remonter plus significativement. Le seuil de 1,16 $ apparaît pour l'heure toujours une marche trop haute à gravir, à moins qu'une surprise positive au niveau des résultats de l'indice ZEW en Allemagne ne l'y aide. Le taux EUR/AUD fait une pause et bute sur le support de 1,57 A$ après être retombé la veille à un creux de 3 mois. Les principales variations de change s'observent ce matin en Asie où le won coréen pâtit du statu quo de la banque centrale coréenne sur ses taux directeurs (1,5%) et le baht thaïlandais bondit à un pic d'un mois au lendemain de l'annonce d'un assouplissement des restrictions d'entrée sur le territoire. L'actualité ce mardi sera focalisée sur un nouveau rapport sur l'emploi aux Etats-Unis ainsi que l'ouverture de la saison de résultats trimestriels outre-Atlantique. Le discours du vice-président de la Fed et de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, seront également à surveiller alors que les débats autour des risques de stagflation battent leur plein. Le discours également du ministre du Brexit David Frost à Lisbonne sera un également un point d'attention à suivre pour les suiveurs de la livre sterling.

 
EUR/USD - L'euro n'y arrive toujours pas (-0,1% hier) : on le répète, l'environnement de hausse des prix de l'énergie est clairement défavorable à l'euro du fait que la Zone Euro est un importateur net d'énergie. Aussi, cette flambée des prix représente un coût additionnel pour la région qui pourrait se répercuter significativement sur ses finances (hausse des déficits commerciaux) mais aussi sur la consommation des ménages (baisse du pouvoir d'achat). Aussi, malgré une tentative timide de rebond vers 1,16 $ observé en début de journée, l'EUR/USD a très vite rebroussé chemin et fini la première séance de la semaine dans le rouge à hauteur de 1,1550 $. Au regard de la forte dépréciation récente de la paire de change mais aussi des fortes anticipations, déjà intégrées dans le cours actuel, de resserrement monétaire à venir aux Etats-Unis, il y a clairement une fenêtre pour un rebond. Le problème est que les catalyseurs haussiers sont actuellement pauvres. Un résultat un peu mieux que prévu ce matin de l'indice ZEW de sentiment des investisseurs allemands pourrait aider l'euro à relever la tête mais là encore il est plus fortement probable que le résultat nous surprenne négativement que positivement (consensus 24,0 vs. 26,5 en septembre).

 
EUR/GBP - Vers une rupture du lien positif entre les taux et la devise ? (-0,0% hier) : alors que l'on évoque depuis plusieurs jours une forte hausse des anticipations de première hausse de taux à venir très prochainement au Royaume-Uni - les marchés monétaires tablent sur un ajustement de +15 pbs en décembre - on observe en parallèle une forte hausse des spéculations baissières sur la livre sterling sur les marchés à terme et options américains. Les dernières statistiques hebdomadaires du CFTC publiées lundi indiquent que les positions nettes sur la livre sterling ont enregistré la semaine dernière leur plus fort recul depuis mai 2019 (-22k contrats) et sont désormais à un plus bas depuis 4 semaines, en territoire négatif (= investisseurs majoritairement vendeurs de GBP). Comment expliquer ce peu d'enthousiasme soudain pour la devise britannique ? Pour beaucoup d'observateurs, une hausse prématurée des taux directeurs par la Banque d'Angleterre en réponse directe à la récente forte hausse de l'inflation dans la région serait une erreur et aurait pour conséquence d'affaiblir l'économie britannique plutôt que de la renforcer. Autres mauvaises nouvelles pour la livre : 1) un rapport réalisé par l'Institut d'études fiscales (IFS) évalue à 15 Mds£ le possible coût additionnel cette année (et au-delà) pour le gouvernement britannique en matière de remboursement de dettes à cause de la hausse des prix et des taux de crédit, 2) les tensions post-Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne restent vivaces et pourraient encore monter d'un cran à l'occasion du discours ce mardi à Lisbonne du ministre britannique du Brexit David Frost qui devrait très largement revenir sur les points de divergences entre les deux régions. Après un fort rebond en début de mois (+1,8%) et un retour à proximité de ses plus hauts niveaux de l'année situés à 0,8450 £, la livre a clairement levé le pieds depuis vendredi dernier et subi une petite correction. Celle-ci reste néanmoins modeste en raison du peu de vigueur actuel de l'euro qui freine une ascension plus ample du taux EUR/GBP. On note ce matin la baisse du chômage au Royaume-Uni de 4,6% à 4,5% en août (en ligne avec le consensus), ou son plus bas niveau depuis un an. C'est une petite éclaircie parmi la flopée de nouvelles négatives tombées outre-Manche ces dernières 24 heures. La livre s'en contentera et s'appuie dessus ce matin pour ne pas glisser au-dessus du seuil de 0,85 £.

 
EUR/JPY - Le yen prolonge sa glissade (+0,8% hier) : dans la continuité de la fin de semaine dernière, le yen a prolongé son repli face à l'euro, et cela de manière très significative. La devise japonaise a cédé -0,8% lundi, portant ainsi ses pertes à -1,6% en trois séances. Le taux EUR/JPY s'est offert une pointe à plus de 131 ¥, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le 13 juillet dernier. La devise japonaise a souffert d'un large regain d'intérêt hier pour les devises de pays exportateurs de matières premières lors d'une séance marquée par une nouvelle hausse significative des prix de l'énergie mais aussi des matériaux. Est-ce que le franchissement hier du seuil de résistance de 130,6 ¥ peut ouvrir la porte à une nouvelle accélération du taux EUR/JPY ? Pas impossible mais il faudra pour cela que les marchés actions affichent une meilleure mine que celle entrevue hier. Après un fort rebond la semaine dernière, les marchés actions américains ont enchaîné hier une seconde séance de baisse (-0,7% lundi pour les indices S&P 500 et Nasdaq).

 
EUR/AUD - La hausse des matières premières porte l'Aussie dollar (-0,7% hier) : les prix du pétrole ont grimpé hier à un nouveau pic de 3 ans à plus de 84 $ tandis que les prix de l'aluminium ont bondi à leur plus haut niveau depuis 2008. La devise australienne a été très largement sollicitée par les investisseurs lundi et a repris sa marche en avant après avoir marqué une pause vendredi dernier. La devise australienne vient d'enregistrer 7 séances de hausse face à l'euro sur les 8 derniers jours ouvrés et a accumulé un gain sur cette période de +2,8%. Après avoir chuté à un plus bas annuel en août, le dollar australien est clairement engagé dans une phase corrective haussière qui le fait osciller aujourd'hui à un pic de 3 mois à un peu plus de 1,57 A$. Cette barrière constitue un support majeur depuis mai et semble pour le moment parfaitement jouer son rôle d'épouvantail face aux assauts de la devise australienne.

 
EUR/MXN - Le peso mexicain ne profite pas de la hausse du pétrole (-0,7% hier) : malgré le rebond des prix du pétrole, le peso mexico est rattrapé par la vague de défiance qui frappe actuellement les devises sud-américaines en raison de la hausse des taux d'intérêt américains et des pressions inflationnistes sur des niveaux excessivement hauts en Amérique Latine. Le peso mexicain est sous haute pression depuis la fin du mois de septembre et s'est déprécié de plus de -2,5 face à l'euro depuis deux semaines. Le taux EUR/MXN est remonté hier à un pic depuis juin à plus de 24,0 MXN et restait ce matin en phase ascendante. Le prochain seuil technique se situe à 24,6 MXN, lequel n'a plus été franchi depuis le mois de mars.

 
EUR/THB - Le baht accueille favorablement le retour bientôt des touristes en Thaïlande (-0,7%) : après avoir chuté le mois dernier à un plus bas historique face à l'euro à plus de 39,5 THB, le baht thaïlandais a amorcé depuis deux semaines un rebond correctif, lequel s'est intensifié hier après l'annonce d'un allègement des règles d'entrée dans le pays pour les personnes vaccinées. À partir du 1er novembre, les visiteurs d'une liste de 10 pays qualifiés de "faiblement à risque" incluant notamment l'Allemagne, la Chine, les Etats-Unis ou encore le Royaume-Uni n'auront pas à subir une période d'isolation lors de leur entrée sur le territoire britannique. Grâce à ces assouplissements sanitaires, les autorités thaïlandaises espèrent relancer l'activité du tourisme qui est une des principales sources de revenu du pays (secteur qui représentait 18% du PIB national avant la pandémie). Le taux EUR/THB accentue son repli ce matin et accumule plus de -1% de pertes sur le début de semaine, la paire oscillant ce matin à un creux d'un mois à 38,7 THB.


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