Actualités du marché des devises

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oct. 11, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une livre poussée par des anticipations de hausse de taux en 2021,  un euro frileux face à la hausse des prix de l'énergie

  

Tendance du jour : les marchés des changes sont d'humeur badine ce matin après une nouvelle séance de hausse des actions chinoises et face à un nouveau rebond des prix de l'énergie (pétrole & gaz inclus). Aussi, on observe ce matin un large repli du yen (prolongement de la dynamique amorcée vendredi) et un rebond du dollar australien et des devises de pays exportateurs de pétrole (le rouble russe notamment). L'euro est assez stable face au dollar et accuse un léger repli face au franc, la faute aux tensions qui persistent sur les marchés actions européens qui accueillent difficilement la vive remontée ce lundi des prix de l'énergie. La livre sterling reste orientée à la hausse et tutoie ses plus hauts niveaux depuis le début de la pandémie (moins de 0,85 £) grâce à la poussée des anticipations monétaires outre-Manche. Ce lundi, les marchés monétaires intègrent un scénario de première hausse de taux de 15 pbs en décembre 2021 au Royaume-Uni. Le zloty polonais reste orienté à la baisse après l'apparition de nouvelles tensions vendredi entre Bruxelles et Varsovie. La livre turque se reprend légèrement après une chute de plus de -1% vendredi provoquée par des rumeurs de friture sur la ligne entre Ankara et la banque centrale.

 
EUR/USD - Accueil mitigé de l'emploi aux Etats-Unis (+0,1% vendredi) : après un mois d'août déjà mitigé (+366k créations d'emploi vs. 235k en 1ière estimation), les Etats-Unis ont publié en septembre son plus mauvais rapport sur l'emploi de l'année 2021. La première économie mondiale a enregistré "seulement" 194k nouvelles créations, soit plus de la moitié moins que ce qui était anticipé par le consensus (+500k). Si le nouveau recul marqué du chômage (de 5,2% à 4,8% = nouveau point bas depuis le début de la pandémie) peut suggérer que l'on se rapproche d'une situation de plein-emploi qui légitimerait ce faible volume de créations, le nouveau toujours bas du taux de participation (en recul en septembre de 61,7% à 61,6% Vs. plus de 63% avant la crise) bat en brèche cette idée. Les marchés ont été quelque peu déçus par ce résultat, néanmoins il ne devrait pas, à lui seul, remettre en cause un scénario de début de phase de tapering par la réserve fédérale américaine (Fed) au mois de novembre. Du moins, c'est l'avis partagé par une majorité d'acteurs financiers. Le dollar a ainsi légèrement corrigé mais à aucun moment l'EUR/USD a été en mesure de rejoindre le seuil de 1,16 $. Cela pourrait n'être que partie remise mais il faudra néanmoins pour cela que les tensions sur les marchés actions se dissipent, que les pressions haussières sur les prix de l'énergie dégonflent et/ou que l'économie américaine déçoit au point de faire surgir des doutes dans l'esprit des investisseurs au sujet des futurs choix de la Fed. C'est plutôt mal parti puisque la bourse européenne ouvre la semaine dans le rouge et que les prix du pétrole comme du gaz en Europe affichent une forte hausse ce lundi matin. S'il n'y a pas de données économiques majeures à suivre ce lundi, on sera attentif cette semaine aux chiffres d'inflation (mercredi) et de ventes au détail (vendredi) aux Etats-Unis - parmi les derniers chiffres majeurs avant la réunion monétaire de novembre - et en Europe l'indice ZEW de sentiment des investisseurs en Allemagne (mardi) ainsi que les chiffres de production industrielle en Zone Euro (mercredi).

 
EUR/GBP - Rebond correctif après une semaine compliquée (+0,2% vendredi) : après une impressionnante série de 6 séances consécutives de hausse face à l'euro (gain cumulé de +1,8%), la livre sterling a connu une pause vendredi dernier et corrigé modestement en direction de 0,85 £. Ce mouvement s'inscrit dans une dynamique de prises de bénéfices de fin de semaine et ne remet pas en cause la trajectoire haussière actuelle de la livre, laquelle surfe sur les anticipations de hausse de taux de l'autre côté de la Manche. Face à la hausse ces dernières semaines des anticipations d'inflation au Royaume-Uni, les investisseurs spéculent sur le fait que la Banque d'Angleterre pourrait procéder à une première hausse de taux de 15 pbs en décembre de cette année. C'est du moins ce que signalent ce lundi les positions sur les marchés monétaires. Le taux 2 ans britannique a bondi de plus de 20 pbs depuis le 1er octobre et grimpe ce matin à un pic depuis janvier 2020 à plus de 0,60%, tandis que le spread avec le Bund 2 ans allemand est ce matin à un pic de plus de 2 ans à quasiment 1,30%. Le volet monétaire et les anticipations de divergences de cycle entre le Royaume-Uni et la Zone Euro tirent le taux EUR/GBP vers le bas. Bien qu'à proximité de ses plus bas niveaux depuis le début de la pandémie, la paire de change se heurte pour le moment à une barrière située à 0,8450 £ qui est pour le moment le seuil plancher sur l'année 2021.

 
EUR/JPY - Net repli du yen après l'emploi américain (+0,7% vendredi)  : les chiffres décevants de l'emploi américain ont paradoxalement donné un coup de boost aux marchés boursiers, lesquels aux Etats-Unis ont enchaîné vendredi une 3ième séance consécutive de hausse (+0,8% vendredi et +2,3% en cumulé) pour clôturer à un nouveau pic en octobre. Le yen a littéralement flanché vendredi et lourdement chuté face à l'euro. Le soulagement par ailleurs provoqué par l'accord trouvé au Sénat sur le relèvement du plafond de la dette américaine ou encore l'ouverture à la hausse de la bourse chinoise après une semaine de congé ont possiblement pesé dans la balance dans le choix des investisseurs de se délester de positions en yen. Le taux EUR/JPY poursuit de manière significative son rebond après une nouvelle séance de gains des actions chinoises ce lundi et en écho au nouveau rebond ce matin des prix du pétrole. La paire de change tutoie actuellement ses plus hauts niveaux depuis 3 mois à plus de 130,5 ¥.

 
EUR/PLN - De nouvelles tensions entre Bruxelles et Varsovie (+0,4% vendredi): la décision de justice rendue vendredi en Pologne signifiant une primauté du droit national sur le droit européen a ravivé quelques inquiétudes à l'égard d'un possible retour de vives tensions entre Bruxelles et Varsovie et un possible conflit qui pourrait conduire à des procédures de sanction contre l'économie d'Europe de l'Est (néanmoins peu probable car cela suppose une majorité intégrale  des 27 membres de l'UE). Le zloty a toutefois cédé une partie des gains engrangés après la hausse de taux surprise survenue mercredi dernier en Pologne et a clôturé la semaine non loin du seuil de 4,60 PLN. Le taux EUR/PLN restait en phase ascendante ce matin et oscillait à un pic depuis une semaine à plus de 4,61 PLN.

 
EUR/TRY - De la friture sur la ligne entre Ankara et la banque centrale turque ? (+1,3% vendredi) : des bruits de couloir ont fait part vendredi d'une hausse de la défiance du président turc Recep Tayyip Ergodan à l'encontre du gouverneur central turc, lequel est entré en poste il y a seulement 7 mois après le renvoi successif de trois de ces prédécesseurs en moins de 3 ans. Le chef du gouvernement serait mécontent que la banque centrale ait procédé à une baisse de taux si tardive. De telles informations ravivent la rumeur d'un possible départ précipité du président de la banque de Turquie, et donc au passage les inquiétudes à l'égard du manque de stabilité (sinon d'indépendance) de l'institution monétaire. La livre turque a cédé plus de 1% de sa valeur face à l'euro vendredi dernier et est revenue se rapprocher de ses plus bas historiques situés à 10,42 TRY face à l'euro. En léger repli ce matin, le taux EUR/TRY restait toujours solidement valorisé à plus de 10,35 TRY.

 
EUR/CLP - La forte poussée de l'inflation pénalise le peso (+1,6% vendredi) : l'accélération de l'inflation au Chili à un pic de presque 7 ans à plus de 5% (5,3% recensé en septembre vs. 4,8% en août) a vivement inquiété les marchés quant à d'importantes répercussions probables sur l'économie, via notamment une baisse possible de la consommation domestique. Le peso chilien a vivement corrigé vendredi et chuté de -1,6% face à l'euro et clôturé la semaine à un creux de plus d'un an à 953 CLP. Sur les niveaux actuels, la devise chilienne n'est plus très loin de ses plus bas historiques situés à 969 CLP face à l'euro. Si la paire EUR/CLP est stable ce matin, elle n'est pas à l'abri d'une nouvelle accélération en cas de perturbations sur les marchés.


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