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oct. 08, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Cap sur l'emploi américain : des raisons pour la Fed de ne pas "taper" ?

  

Tendance du jour : l'actualité est dominée ce matin par le rebond des marchés actions chinois après une semaine de congé et l'accord trouvé au Sénat américain pour relever le plafond de la dette qui assure au gouvernement de procéder aux paiements dus jusqu'à décembre. Le dégonflement des prix de l'énergie mais aussi les signaux de progrès sur le marché de l'emploi américain ravivent la confiance des acteurs de marché, ce qui se matérialise sur les marchés des changes par un reflux de la demande en valeur refuge telle que le dollar et le yen et à l'inverse un regain d'intérêt pour des devises comme le dollar australien ou le dollar canadien, deux des meilleurs performeurs hier face à l'euro au sein du G10. L'euro est globalement orienté à la hausse ce vendredi face à une grande partie de ses pairs mais reste néanmoins vulnérable face aux devises nord-américaines (CAD & USD) en amont de la publication cet après-midi des chiffres de l'emploi au Canada et aux Etats-Unis. Pour beaucoup d'observateurs, ces résultats pourraient avoir d'importantes répercussions au niveau monétaire, notamment aux Etats-Unis où les marchés anticipent le début d'une politique de tapering en novembre. On relève ce matin une forte contre-performance des devises de la région Europe de l'Est face à l'euro (à l'exception de la couronne tchèque) mais aussi de la roupie indienne (plus bas depuis près de 2 semaines à 86,6 INR) après le statu quo opéré ce matin par la banque centrale. Le rouble russe corrige également après son fort rebond de la veille (+1%) et s'écarte légèrement ce matin de son pic depuis juillet 2020 touché la veille à moins de 83 RUB.

 
EUR/USD - Des raisons pour la Fed de ne pas "taper" (-0,1% hier) : malgré une dissipation générale des inquiétudes autour d'un risque de défaut des Etats-Unis en octobre après l'annonce d'un accord trouvé au Sénat pour relever partiellement le plafond de la dette, le dollar reste arrimé à ses plus hauts niveaux depuis juillet 2020 face à l'euro. La publication hier d'un nombre de nouvelles inscriptions aux allocations chômage bien en-dessous des attentes (+326k vs. consensus +348k et 364k la semaine précédente) et à un plus bas depuis 4 semaines malgré l'arrêt en septembre de plusieurs programmes d'aides à l'emploi a été chaleureusement accueilli par les investisseurs qui l'interprètent comme un signal d'une amélioration du marché du travail aux Etats-Unis. Sauf résultat catastrophique cet après-midi du rapport NFP sur l'emploi (statistiques officielles publiées à 14h30), les investisseurs ne voient pas de raisons légitimes pour que la réserve fédérale américaine ne démarre pas une action de tapering en novembre prochain lors de sa prochaine réunion (3 novembre). Le début d'une phase de réduction des rachats d'actif nourrit automatiquement les débats autour de la date d'une première hausse de taux aux Etats-Unis, laquelle pourrait intervenir d'ici la fin d'année prochaine d'après les positions actuelles sur les marchés monétaires. Néanmoins, d'importants progrès sur l'emploi couplé à des pressions inflationnistes persistantes pourraient pousser la Fed à procéder à un ajustement plus rapide que prévu. Les investisseurs jugent ce scénario crédible, d'où l'avantage actuel du dollar sur l'euro. En Europe, les récents commentaires hier de membres de la BCE n'ont fait que confirmé les divergences actuelles d'opinion sur les risques liés à l'inflation. Pour le chef économiste de la banque européenne, Philip Lane, les pressions sur les prix sont transitoires et devraient finir par rapidement dégonfler d'où l'absence d'urgence selon lui à resserrer trop vite les conditions de crédit et risquer de fragiliser l'économie. Les divergences d'approche monétaire actuelles entre la Fed et la BCE participent à agrandir les écarts de taux entre les Etats-Unis et la Zone Euro, et du coup accentuer l'attractivité du dollar par rapport à l'euro. Le spread de taux 2 ans entre les Etats-Unis et l'Allemagne vient de franchir la barre des 100 pbs et est actuellement à un plus haut depuis mars 2020.

 
EUR/GBP - Les anticipations monétaires tirent la livre vers le haut (-0,3% hier) : la livre sterling a enchaîné hier une 6ième séance consécutive de hausse face à l'euro et approché tout près de ses plus hauts de l'année (et depuis février 2020) situés à hauteur de 0,8450 £. La paire EUR/GBP a touché un creux en séance a été touché hier à 0,8475 £ avant de retracer légèrement en fin de journée. Les anticipations de hausse prématurée de taux au Royaume-Uni sous la pression d'une accélération des anticipations d'inflation (pic depuis 2008 touché par les anticipations d'inflation à 10 ans selon Bloomberg) ont participé à élargir les spreads de taux entre le Royaume-Uni et la Zone Euro. L'écart entre les rendements obligataires 2 ans britanniques et allemand a vivement accéléré ces derniers jours pour grimper à un pic depuis février 2020 à près de 120 bs. La livre sterling devra cependant probablement attendre l'émergence d'autres catalyseurs confirmant la possibilité d'une première hausse de taux à venir pour parvenir à franchir le palier de 0,8450 £. C'est ce que laisse suggérer la petite correction subie ce matin par la devise britannique.

 
EUR/JPY - L'accord sur le plafond de la dette américaine stoppe l'ascension du yen (+0,2% hier) : après une frayeur mercredi, le taux EUR/JPY s'est repris et est de retour ce matin au-dessus du seuil de 129 ¥. Le dégonflement des prix de l'énergie, et notamment du gaz en Europe (-10% hier et -17% en deux jours), ainsi que l'annonce d'un accord trouvé au Sénat américain sur le relèvement du plafond de la dette a rassuré les investisseurs, lesquels se sont du coup détournés des actifs refuges comme le yen. Le rebond ce matin des marchés actions chinois malgré les risques qui pèsent sur l'immobilier chinois vient nourrir le rebond de la paire EUR/JPY. Attention ce vendredi aux risques de turbulences que pourrait provoquer de solides de l'emploi américain sur les marchés actions. De nouvelles secousses viendraient annihiler les récents progrès et renvoyer la paire de change vers 128 ¥ (seuil plancher depuis février dernier.

 
EUR/AUD - Le rebond des actions profite à l'Aussie dollar (-0,6% hier) : sous l'impulsion d'un nouveau rebond des actions américaines hier de près de 1% - 3ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé de +2,3% pour l'indice principal S&P 500 - et d'une poussée des rendements obligataires australiens à 10 ans à un pic depuis juin de presque 1,60 %, le dollar australien a enchaîné hier une 6ième séance consécutive de hausse face à l'euro et clôturé sous le seuil de 1,58 A$ pour la 1ière fois en 3 mois. Le taux EUR/AUD enregistre actuellement un repli de plus de -2% sur les six dernières séances et de presque -4% depuis le pic touché le 20 août dernier à quasiment 1,64 A$.

 
EUR/CAD - Le dollar canadien ne s'arrête plus et teste le seuil de 1,45 C$ (-0,4% hier) : on avait mis en lumière le risque de possible accélération de la dynamique baissière du taux EUR/CAD après la cassure du seuil de 1,46 C$ qui constituait un plancher depuis février 2020. Cela semble se confirmer puisque le taux EUR/CAD a enregistré hier une 7ième séance consécutive de baisse, ce qui porte à plus de -2% ses pertes sur cette période (et même -3,6% les pertes depuis le pic touché le 20 août dernier). Le rebond des prix du pétrole hier aux Etats-Unis, laquelle se prolonge ce matin pour porter l'indice WTI depuis 2014 à plus de 79 $, mais aussi la dissipation du sentiment d'aversion au risque sur les marchés actions offrent un environnement favorable au loonie canadien. Comme un grand nombre de devises du G10, le dollar canadien profite pleinement de l'élargissement des écarts de taux entre le Canada et la Zone Euro qui se nourrit pleinement du différentiel de stratégie monétaire entre les banques centrales. Alors que le taux EUR/CAD teste ce matin le seuil de 1,45 C$, nous pourrions assister à un nouveau décrochage plus important dans l'après-midi si le Canada publie de bons chiffres de l'emploi qui viennent alimenter les spéculations autour d'un scénario de possible hausse de taux plus rapide que prévu au Canada avant le S2 2022 (objectif de la Banque du Canada). Hier le gouverneur central canadien, Tiff Macklem, a tenté de calmer les débats de marché récents autour d'un risque de stagflation. Il reste pour l'heure confiant sur un fort rebond de l'économie au second semestre et estime que les craintes actuelles autour de l'inflation sont pour l'heure exagérées car les catalyseurs haussiers sont selon lui transitoires.

 
EUR/RUB - Large rebond du rouble malgré la baisse du gaz (-1,0%) : le rouble russe s'est offert hier sa meilleure séance depuis mi-juin face à l'euro (rebond de +1%) et bondi à un nouveau pic depuis juillet 2020 à moins de 83 RUB sur fond de dissipation de l'aversion au risque et de nouveau regain d'intérêt des investisseurs pour les actifs à haut rendement. Le rouble russe n'a pas été impacté par le dégonflement des prix du gaz en Europe, laquelle faisait suite à une impressionnante hausse de +70% en moins de deux semaines (sur la base uniquement des cours de clôture). Le contexte toujours globalement haussier sur les prix de l'énergie - en témoigne le rebond ce vendredi du pétrole et du gaz - ainsi que les anticipations de possible nouvelle hausse de taux en Russie en octobre (consensus de +25 pbs, réunion le 22 octobre 2022) ont clairement tiré le rouble vers le haut. Ce dernier ne prolonge pas son rebond ce matin et corrige légèrement.


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