Actualités du marché des devises

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oct. 07, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La correction des prix de l'énergie stoppe la chute de l'euro,  le zloty se remet de ses émotions  

  

Tendance du jour : la nervosité ambiante recensée hier sur les marchés boursiers européens se tarit ce matin en réponse au dégonflement des prix de l'énergie en Europe (-1% pour le pétrole et près de -20% pour le prix du gaz) et à l'annonce dans les médias ce matin d'un possible accord au Sénat américain pour relever le plafond de la dette jusqu'à décembre. Résultat, les marchés actions rebondissent vivement ce matin (+1% pour l'indice Stoxx 600) et l'euro retrouve un peu des couleurs, du moins il stoppe sa chute face à un grand nombre de ses pairs contre lesquels il a touché récemment des niveaux très bas. On pense aux deux devises américaines, le dollar américain (plus bas depuis juillet 2020) et le dollar canadien (plus bas depuis février 2020), mais aussi au franc suisse (plancher 2021 à 1,07 ₣ approché). Les deux devises océaniennes (AUD & NZD) profitent de l'accalmie pour se revaloriser face à l'euro. Au sein des marchés émergents, les devises les plus récemment pénalisées par la hausse de la volatilité rebondissent modestement. C'est le cas du rand, du baht thaïlandais ou encore du peso philippin. Le zloty polonais est stable à un pic de plus de 3 semaines (4,54 PLN) et se remet doucement de ses émotions au lendemain de sa meilleure séance depuis un an provoqué par une hausse de taux surprise en Pologne.

 
EUR/USD - Des résultats positifs sur l'emploi portent le dollar (-0,3% hier) : hier était publié aux Etats-Unis le premier des trois rapports sur l'emploi au programme cette semaine, et le moins que l'on puisse dire est que les résultats sont plutôt rassurants. Selon le cabinet de ressources humaines ADP, le secteur privé américain a enregistré 568k nouvelles créations d'emploi en septembre, soit +140k de plus que ce qui était anticipé par le consensus (428k) et le plus fort volume observé outre-Atlantique sur les trois derniers mois. Un tel résultat est de bon augure avant la publication ce vendredi des chiffres officiels de l'emploi (rapport NFP) et vient dissiper les craintes de fracture sur l'emploi provoqué par la fin de plusieurs programmes d'aide en septembre dernier. Des progrès sur le marché du travail américain renforce un peu plus la thèse d'un démarrage d'une action de tapering par la réserve fédérale américaine lors de sa prochaine réunion début novembre. Porté à la fois par les anticipations monétaires mais aussi par la nervosité générale des opérateurs de marché à l'égard d'un scénario de stagflation (combinaison de croissance faible et inflation forte) de l'économie mondiale, le dollar poursuit son ascension et se rapproche pas à pas du seuil de 1,15 $, lequel n'a plus été touché depuis juillet 2020.  Au passage, l'euro n'a pas été aidé par la contraction plus significative que prévu des commandes industrielles en Allemagne (-7,7% M/M vs. consensus -2,1%) ou encore le rebond plus modeste des ventes au détail en Zone Euro (+0,3% M/M vs. consensus +0,8%). Les pressions baissières sur l'euro se tarissent ce jeudi matin alors que l'on accueille de bonnes nouvelles en provenance des Etats-Unis puisque les médias révèlent que le Sénat serait proche d'un accord pour relever le plafond de la dette jusqu'à décembre. Un tel scénario viendrait chasser les peurs de possible défaut historique des Etats-Unis en octobre. Cette bonne nouvelle côté américain a paradoxalement des effets néfastes à court terme sur le dollar, lui qui a pleinement profité ces derniers jours des inquiétudes générales des marchés autour d'un double risque de shutdown et défaut du gouvernement américain. Alors que l'on continuera d'avoir les regards tournés sur l'emploi américain jusqu'à vendredi, on aura également un œil attentif sur les prises de parole ce jeudi de plusieurs banquiers centraux européens dont le chef économiste de la BCE Philip Lane. La publication en milieu de journée des Minutes de la réunion de septembre de la banque centrale européenne sera également l'occasion de jauger de quelle manière cette dernière traite le risque inflationniste et les réponses qu'elle souhaite y apporter (ou pas).  

 
EUR/GBP - La livre sterling reçue 5 sur 5 mais stoppée aux portes de 0,85 £ (-0,0% hier) : profitant de la faiblesse en ce moment de l'euro mais aussi des anticipations monétaires outre-Manche qui accompagnent les fortes poussées inflationnistes dans la région (anticipations d'inflation à 10 ans recensées hier à un pic de 13 ans à plus de 4%), la livre sterling a enchaîné une 5ième séance consécutive de hausse face à l'euro, portant ainsi ses gains à +1,5% sur la période. Dans son élan (baissier), le taux EUR/GBP a furtivement glissé sous le seuil de 0,85 £ et touché à cette occasion un creux de 7 semaines. Il a toutefois manqué de ressources pour passer le cap des 0,85 £ et a ainsi fait rapidement marche arrière pour clôturer la journée au-dessus de ce seuil. Les marchés monétaires intègrent aujourd'hui un scénario de hausse de taux de +20 pbs en février prochain, néanmoins on a vu surgir ces dernières heures de nouvelles spéculations autour d'un possible scénario de remontée des taux d'intérêt au Royaume-Uni d'ici la fin d'année.  Les positions actuelles évaluent à plus de 20% la probabilité d'un resserrement de +25 pbs dès le mois novembre. Une hausse prématurée de taux, c'est un scénario récemment évoqué par le gouverneur central britannique Andrew Bailey, aussi il ne faut pas négliger cette possibilité. Les rendements obligataires britanniques ont récemment accéléré pour toucher un pic de plus de 2 ans (cas du taux 10 et 30 ans britannique) sous l'impulsion d'une forte remontée des anticipations d'inflation, ce qui n'a clairement pas laissé la livre sterling insensible. Faute de publications économiques majeures à suivre au Royaume-Uni, la livre sterling restera sensible au volet monétaire ainsi qu'à l'environnement de marché global.

 
EUR/JPY - Une hausse de la volatilité porte le yen (-0,4% hier) : la nouvelle chute des marchés actions européens de -1% hier (Stoxx 600) sur fond d'inquiétude des acteurs de marché à l'égard des répercussions néfastes de la flambée des prix de l'énergie sur les perspectives de croissance en Zone Euro a pénalisé le taux EUR/JPY qui restait sur deux séances consécutives de hausse. Ce rebond nous avait paru surprenant compte tenu de la nervosité générale des marchés actions sur le début de semaine. Les choses sont rentrées dans l'ordre alors que le niveau de volatilité des marchés boursiers européens est actuellement à proximité de ses plus hauts niveaux observés depuis février dernier. Si le taux a furtivement glissé hier à un creux de presque 2 semaines à moins de 128,5 ¥, les pressions baissières se sont vite résorbées alors qu'en parallèle on assistait à un dégonflement des prix du gaz naturel en Europe. L'indice britannique NBP a enregistré jusqu'à près de 40% de gains sur la séance de mercredi pour finalement rétrocéder la totalité de ses gains et finir dans le rouge sur un repli de -7%. Les prix du gaz continuaient ce matin de se rétracter vivement (près de -20%), apportant un peu de baume au cœur à la paire EUR/JPY qui reste au contact du seuil de 129 ¥.

 
EUR/CHF - La contraction des bourses européennes renvoie le franc proche de ses plus hauts de l'année (-0,4% hier) : après une pause mardi, le taux EUR/CHF a repris sa marche en arrière hier et glissé en direction du seuil de 1,07 ₣ qui fait office de plancher en 2021. La correction des marchés boursiers européens et la déception causée par les mauvais résultats de l'industrie allemande et des ventes au détail européennes ont grandement influencé la direction de la paire de change, laquelle cumule désormais près de -2% de pertes en un peu moins de 4 semaines. Sauf nouveau décrochage des marchés actions européens - ce qui paraît peu probable ce matin au regard du dégonflement des prix du gaz et de la dissipation des risques de défaut aux Etats-Unis - le taux pourrait profiter d'une accalmie temporaire pour rebondir et s'éloigner de ses plus bas de l'année. La barrière de 1,07 ₣ reste à surveiller et représente un cap majeur pour le franc qui s'il venait à être franchi pourrait accentuer le mouvement haussier de la devise suisse.

 
EUR/CAD - le dollar canadien franchit un cap majeur (-0,3% hier) : petit évènement hier, le taux EUR/CAD a confirmé la cassure du seuil de 1,46 C$ qui jouait le rôle de support de la paire de change depuis février 2020. La dépréciation de l'euro en écho à des fondamentaux décevants et une montée des inquiétudes générales à l'égard des perspectives européennes dans un contexte de flambée des prix de l'énergie a été à l'origine de cette nouvelle contraction de la paire de change. Cette dernière vient d'enchaîner 6 séances consécutives de repli et 11 séances de baisse sur les 12 derniers jours ouvrés pour un repli cumulé de plus de -3%. Malgré la correction hier des prix du pétrole, le loonie bénéficie toujours d'un contexte haussier sur les prix de l'énergie. Néanmoins, une correction technique des prix de l'énergie après le récent rallye qui a mené l'indice américain WTI à un pic depuis 2014 pourrait sonner une pause de la glissade de la paire EUR/CAD et même favoriser un rebond. Pour le moment ce n'est pas le cas puisque le taux continue sa chute en direction du seuil de 1,45 C$.

 
EUR/PLN - Une hausse de taux surprise en Pologne fait rugir le zloty (-1,2%) : si beaucoup d'observateurs l'espérait, la banque centrale polonaise avait jusqu'à présent fermer la porte à un scénario de hausse de taux, jugeant qu'une telle stratégie pourrait fragilisée l'économie, cela malgré un rebond de l'inflation à un pic de 20 ans. Aussi ce fut une petite surprise que de voir hier la NBP décider d'opérer un resserrement monétaire de +40 pbs et de remonter son taux directeur à 0,5%. Non anticipée donc, cette annonce a provoqué de vives réactions sur les marchés des changes, le zloty enregistrant sa meilleure séance face à l'euro depuis un an (+1,3%). La Pologne est la 3ièmes économie majeure de la région d'Europe de l'Est avec la Hongrie et la République Tchèque à procéder à une hausse de ses taux directeurs cette année. Ce premier ajustement pourrait en appeler d'autres puisque la banque polonaise semble avoir changer son fusil d'épaule à l'égard de l'inflation dont les effets pourraient se révéler plus durables que prévu. Des rendements plus attractifs pourraient redorer un peu le blason de la devise polonaise, elle que l'on avait chuté face à l'euro en septembre à un creux de 6 mois à plus de 4,64 PLN. Le taux EUR/PLN restait ce matin légèrement orienté à la baisse et oscillait à un creux de plus de 3 semaines à 4,54 PLN.


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