Actualités du marché des devises

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sept. 24, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'ombre d'une faillite d'Evergrande plane toujours : un regain de nervosité qui se ressent sur les marchés des changes

Tendance du jour : le début de séance de vendredi est marqué par un retour de la nervosité parmi les acteurs de marché et des inquiétudes concernant les nouveaux développements sur le dossier Evergrande. Après une accalmie de deux jours et un détournement des regards en direction de la Fed et des autres banques centrales qui ont dévoilé jeudi le compte rendu de leur réunion monétaire de septembre, les investisseurs se tournent à nouveau vers la Chine où l'on apprend ce matin que le promoteur immobilier chinois n'aurait, à priori, pas réglé l'échéance de 84 Mds$ d'intérêts sur sa dette initialement prévue hier. Plusieurs créditeurs révèlent en effet ne pas avoir encore été payé par le groupe chinois. Si l'on questionne toujours les effets potentiels de contagion que provoquerait une éventuelle faillite d'Evergrande - plusieurs banques ont ce matin indiqué avoir pas ou peu d'exposition sur le groupe chinois - les interrogations ne favorisent pas les prises de risque. Alors que le titre d'Evergrande perd plus de -10% ce matin, les marchés européens ont ouvert à la baisse ce vendredi et enregistrent un repli de près de -1%. Aussi, après un net rebond de la veille l'euro est à l'arrêt face au dollar, au yen et au franc. Les devises cycliques et pétrolières sont sur la défensive, tout comme d'ailleurs un grand nombre de devises émergentes. Le rand sud-africain et la livre turque enregistrent ce matin de fortes pressions baissières, la seconde citée pâtissant certainement encore de la déception causée par une baisse de taux surprise hier en Turquie.

 
EUR/USD - Rebond technique de l'EUR/USD après la Fed (+0,4% hier) : on avait quitté l'EUR/USD mercredi soir à la sortie de la réunion de la réserve fédérale américaine à un creux de presque 5 semaines à moins de 1,17 $, et non loin par ailleurs de ses plus bas de l'année (1,1660 $). Encouragé par le rebond des marchés actions, lesquels ont vu dans le rehaussement en septembre des projections monétaires (50% des membres du FOMC tablent sur une hausse de taux en 2022, 56% anticipent au moins trois hausses de taux d'ici 2023 et la médiane de projection envisage un retour du taux directeur au-dessus de ses niveaux d'avant crise à horizon 2024) comme le signe d'une bonne santé de l'économie américaine et accueille par ailleurs favorablement le prolongement pour encore quelques semaines de conditions ultra-accommodantes. La faible valorisation du taux EUR/USD a aussi largement très largement favorisé ce rebond. Celui-ci est plus technique qu'autre chose, le dollar ayant plus que jamais un avantage sur la devise européenne du fait de divergences de cycle monétaire entre les Etats-Unis et la Zone Euro qui se sont agrandies à l'issue des réunions monétaires de septembre. La publication par ailleurs hier d'indicateurs PMI en-dessous des attentes du consensus (indice composite ressorti à 56,1 en première estimation contre 58,5 anticipé et 59 en août) n'est pas de nature à stimuler la devise européenne. S'il n'y a pas d'inquiétudes à avoir face à un ralentissement qui apparaît naturel après de si fortes performances enregistrées les mois précédents, la devise européenne ne bénéficie pas de leviers qui auraient pu favoriser un rebond plus important. Le taux EUR/USD est à l'équilibre ce matin à 1,1740 $ et voit son ascension stoppée par le retour d'incertitudes sur le dossier Evergrande et des éventuels effets de contagion qu'une chute du promoteur immobilier pourrait provoquer à l'échelle globale en cas de faillite de sa part.

 
EUR/GBP - Une première hausse de taux désormais attendu au Royaume-Uni dès février 2022, la livre se reprend (-0,3% hier) : la Banque d'Angleterre a sans surprise maintenu sa politique monétaire inchangée, que ce soit son taux directeur (0,1%) ou l'objectif sur son programme de rachat d'actifs (plafond fixé à 895 Mds£). La surprise est venue de l'arrivée d'un nouveau membre du conseil de gouvernance de la banque dans le camp des partisans à une sortie prématurée de la politique de crise héritée de la pandémie. Ainsi, pour la première fois, le gouverneur Dave Ramsden a voté, en compagnie du gouverneur Michael Saunders, en faveur d'une réduction du programme quantitatif. Ils sont désormais deux parmi les neuf membres disposant d'un droit de vote au sein de la BoE à solliciter une telle action. Le discours officiel est que malgré les risques de dérapage de l'inflation - la BoE voit un possible rebond à plus de 4% d'ici la fin d'année - la banque préfère rester prudente et avoir davantage d'éléments en main pour jauger de la durabilité ou non de ces pressions haussières sur les prix. Sur les marchés monétaires, les réactions ont été immédiates et on a observé hier une forte hausse des spéculations de hausse de taux. Désormais, les positions intègrent une première hausse de taux de +10 pbs dès février prochaine et une autre de +35 pbs à horizon 12 mois. La livre en a profité pour s'écarter du seuil de 0,86 £ avec lequel elle avait flirté mercredi. Néanmoins, les pressions haussières sur la livre sont relativement modestes et l'on voit le taux EUR/GBP caler depuis hier sur le seuil de 0,8550 £. Il faut dire que ce ne sont pas l'annonce ce matin du plus fort recul depuis octobre 2020 de la confiance des ménages (-5pts, indice GfK à -13 en septembre) ou encore le retour de la nervosité ambiante autour de la situation d'Evergrande qui favorisent un rebond de la livre.

 
EUR/JPY - Pire séance de l'année pour le yen en écho au rebond des actions après la Fed (+0,9% hier) : grâce à un second rebond consécutif des marchés actions après la réunion de la Fed et un virage plus agressif opéré par cette dernière sur ses projections monétaires, le taux EUR/JPY a engrangé près de 1% de gain en séance. Il s'agit tout simplement de la pire séance de l'année pour le yen face à l'euro, une performance qui s'inscrit dans une rotation de la demande et une dynamique corrective eu égard un rebond de 2% du yen en deux semaines et d'un niveau proche d'un pic depuis mars atteint en début de semaine par la devise japonaise. Après avoir flirté avec le seuil de 128 ¥, le taux EUR/JPY tape désormais à la porte de la barrière de 130 ¥. Toutefois, la paire de change pourrait continuer à faire le yo-yo encore aujourd'hui et n'est pas à l'abri d'enregistrer une nouvelle contre-performance en cas de regain d'inquiétude marqué des places boursières par rapport aux derniers développements dans le dossier Evergrande. Si les nouveaux commentaires faits ce matin par plusieurs banques sur leur faible exposition au groupe chinois (aussi bien sur le titre que sur sa dette) sont matière à rassurer, on reste toujours dans l'attente de savoir quelles pourraient être les conséquences d'une faillite du groupe chinois qui, selon plusieurs médias, n'auraient pas honorer le paiement de 84 Mds$ de règlement d'intérêts sur sa dette qui était initialement prévue hier. Plusieurs créditeurs indiquent ce matin ne pas avoir été payés par Evergrande. Si le taux EUR/JPY reste orienté à la hausse ce matin, le vent pourrait tourner.

 
EUR/NOK - la Norvège opère une première hausse de taux et en annonce une seconde en décembre (-0,5% hier) : sans surprise, la banque centrale norvégienne a opéré sa première hausse de +25 pbs, de 0,00 à 0,25 %, de son taux directeur principal et devient ainsi la première économie développée du G10 à réaliser une action de durcissement monétaire depuis le début de la pandémie. La banque centrale norvégienne ne compte pas s'en tenir à un seul ajustement et a déjà prévenu les marchés qu'elle prévoyait de procéder à une nouvelle hausse de taux en décembre prochain. Les investisseurs ont accueilli favorablement la nouvelle et la couronne norvégienne a enregistré jeudi une 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de +1,7%. En raison du statut de pionnière de la banque norvégienne en matière de normalisation monétaire, la couronne norvégienne acquiert un nouvel avantage par rapport à ses pairs, notamment d'une nouvelle attractivité acquise grâce à des rendements obligataires plus élevées. Le taux EUR/NOK a glissé à un creux de 3 mois mais a buté sur le seuil de 10,05 NOK. Cette barrière a déjà joué le rôle de support par le passé et semble une nouvelle fois se mettre sur la route de la couronne, bloquant temporairement les velléités d'ascension de cette dernière. On observe justement un léger rebond correctif de la paire de change en direction de 10,10 NOK.

 
EUR/TRY - Baisse de taux surprise en Turquie (+1,7% hier) : alors que de nombreuses banques ont déjà ou envisagent bientôt de relever leur taux d'intérêt pour combattre la forte remontée de l'inflation à l'échelle mondiale, la banque centrale turque a surpris tout le monde jeudi en opérant une baisse de -100 pbs de son taux directeur principal, de 19% à 18%. La banque a justifié son action sur le fait que l'inflation sous-jacente avait dégonflé ces derniers mois (16,8% en août après un pic recensé à 17,8% en avril) et que donc il n'était pas justifié aujourd'hui d'avoir un taux d'intérêt bien supérieur à ce niveau. Cet argument n'a pas été jugé crédible par les marchés qui voient plutôt derrière ce choix l'influence du président turc Recep Tayyip Erdogan dont on connait de longue date l'appétence pour une baisse des taux et des conditions de crédit plus favorable. Derrière les inquiétudes d'absence d'autonomie de la banque centrale et de politique monétaire décorrélée de la réalité économique, la livre turque a violemment chuté hier et cédé -1,7% face à l'euro. Le taux EUR/TRY a clôturé à un pic de quasiment 3 mois hier et reste ce matin largement orienté à la hausse, approchant tout près du seuil de 10,40 TRY. Pas très loin de ses plus bas historiques face à l'euro (10,60 TRY), la livre turque a touché un nouveau point bas record face au dollar à plus de 8,80 TRY


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