Actualités du marché des devises

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sept. 22, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'accord trouvé par Evergrande rassure les marchés  en attendant la Fed ce soir

Tendance du jour : l'accalmie se prolonge ce matin sur les marchés financiers après l'annonce d'un accord trouvé par le groupe Evergrande pour régler l'échéance prévue demain d'intérêt sur une dette libellée en devise locale et l'annonce dans la foulée de nouvelles injections massives de la part de Pékin (120 Mds¥ ou presque 19 Mds$) sur les marchés monétaires dans un souci de calmer les nerfs de acteurs de marché. Résultat, le yen recule (128,5 ¥) ce matin après un nouveau statu quo de la Banque du Japon tandis que les devises cycliques et pétrolières remontent légèrement. Le yuan également retrouve le sourire (même s'il ne l'a jamais perdu) et revient se repositionner ce matin à hauteur de ses plus hauts de l'année face à l'euro (7,59 ¥). La couronne norvégienne est également orientée à la hausse à la veille d'une possible première hausse de taux en Norvège. Si la situation du promoteur chinois Evergrande reste un sujet de discussion majeur, il se voit aujourd'hui concurrencer par la réunion de la Fed dont les investisseurs espèrent glaner ce soir quelques signaux et détails concernant son agenda monétaire et son projet notamment de tapering de son programme de rachat d'actif. Le dollar est stable ce matin face à l'euro (1,17 $) mais la volatilité pourrait monter d'un cran au fur et à mesure de la journée. À noter également le repli de la livre sterling ce matin qui flirte à nouveau avec le seuil de 0,86 £ face à l'euro après l'annonce d'une probabilité réduite d'un accord commercial rapide entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

  • EUR/USD - Statu quo avant la Fed (+0,0% hier) : le taux EUR/USD a, sans grande surprise, connu une séance assez calme mardi à la veille du dévoilement des conclusions de la réunion monétaire de la réserve fédérale américaine (Fed). Profitant également d'une accalmie sur les marchés boursiers sur fond de dissipation temporaire de l'agitation autour des risques de faillite du promoteur immobilier chinois Evergrande, le taux de change s'est maintenu hier au-dessus du seuil de 1,17 $ et n'a à aucun moment été en situation de repli sous cette barrière qui fait office de support. Comme souvent avant une grande échéance, on a assisté à une séance d'observation où les positions sont restées figées. La dynamique risque d'être bien différente d'ici ce soir alors que les investisseurs suivront avec attention la communication de la banque centrale américaine et les éventuels signaux de sa part concernant l'agenda d'une action de tapering très largement attendue pour la fin d'année. La question reste à savoir quand et comment la banque américaine va opérer la réduction de son programme quantitatif à travers lequel elle injecte 120 Mds$ de liquidités chaque mois via des rachats de dettes et crédits hypothécaires. Les récents chiffres décevants de l'emploi américain au mois d'août (seulement 235k créations d'emploi), mais aussi l'accentuation des tensions sanitaires aux Etats-Unis sur la fin de l'été, les risques de contagion et turbulences financières globales autour d'une potentielle chute d'Evergrande, ou encore la question non résolue encore de la levée du plafond sur la dette américaine sont autant de facteurs qui justifieraient le choix de reporter encore de plusieurs semaines l'annonce d'un ajustement de la politique de soutien. Jerome Powell avait surpris les marchés fin août dernier à Jackson Hole en réclamant de la patience alors même que certains investisseurs spéculaient sur une possible action prématurée compte tenu de la flambée des prix et de la hausse de l'inflation au cours de l'été à un pic de 13 ans à 5,4%. Depuis la dynamique de prix a légèrement dégonflé (5,3% en août), ce qui pourrait accréditer la thèse défendue depuis de long mois par Powell de pressions haussières "temporaires" sur les prix. L'alignement des planètes apparaît donc plutôt favorable à un statu quo en septembre, aussi bien sur les outils monétaires que dans la communication (au grand dam des acheteurs de dollar) mais on se préservera de faire des conclusions trop hâtives car ce ne serait pas la première fois (et sûrement pas la dernière fois) que la Fed nous surprend. Outre le débat autour du tapering, c'est aussi le débat autour du calendrier monétaire et de la date de la première hausse de taux qui sera très largement suivi et (très largement) commenté par les marchés ce soir puisque la banque américaine publiera ce mois ses nouvelles projections économiques et monétaires. Si jamais la Fed ne lie pas une action de tapering à une hausse immédiate de taux - un premier rehaussement était annoncé en 2023 lors de la réunion de juin - alors on pourrait assister à un large mouvement de déception parmi les acheteurs de dollar, ce qui pourrait lors entraîner un retour du taux EUR/USD sur les niveaux de 1,18-1,19 $. À l'inverse, des signaux montrant une avancée dans le projet d'ajustement monétaire pourrait lever le verrou empêchant pour le moment l'EUR/USD de glisser sous 1,17 $. Les plus bas de l'année (1,1660 $ fin août) pourraient être testés en cas de fort rebond du dollar.
  • EUR/GBP - Les promesses du Brexit s'envolent, mauvaise nouvelle pour la livre sterling (+0,0% hier) : après une séance relativement calme mardi, le taux EUR/GBP reprend ce matin la direction du seuil de 0,86 £ en réaction aux divers commentaires des médias ce matin faisant référence à la réduction des probabilités d'accord commercial rapide entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Principale promesse de la campagne en faveur du Brexit menée par l'actuel premier ministre britannique Boris Johnson, la conclusion d'un accord commercial avec les Etats-Unis a pris du plomb dans l'aile ces dernières heures. Du moins, ce n'est clairement pas la priorité des Etats-Unis qui sont aujourd'hui davantage préoccupés et concentrés sur le fait de contrôler (et limiter) la zone d'influence de la Chine dans le monde. Le Royaume-Uni pourrait en guise de compensation tenter de rejoindre la zone commerciale entre le Canada, Mexique et Etats-Unis (ex-ALENA), révèlent ce matin plusieurs articles. Si les mauvaises nouvelles sur le volet commercial agitent la livre sterling, la volatilité devrait rester importante sur cette fin de semaine alors que se profile jeudi une réunion de la Banque d'Angleterre au cours de laquelle l'institution monétaire pourrait donner plus de détails sur son agenda monétaire face à une inflation recensée en août à un pic de 9 ans (3,2%). On surveillera attentivement toute tentative de cassure du seuil de 0,86 £, barrière contre laquelle le taux EUR/GBP s'est cassée à plusieurs reprises les dents au mois d'août et en septembre.
  • EUR/JPY - La Banque du Japon ne change rien en attendant la désignation du nouveau candidat du PLD (-0,2% hier) : quand bien même si les inquiétudes autour d'Evergrande se sont temporairement calmées hier, l'approche de la Fed a maintenu les marchés financiers sous tension. Ainsi, le yen a enchaîné une 6ième séance consécutive de hausse face à l'euro et une 8ième séance de baisse sur les 10 derniers jours ouvrés pour un gain cumulé de +2%. Le taux EUR/JPY a titillé le seuil de 128 ¥, ou ses plus bas niveaux depuis février dernier, mais la barrière a tenu bon et contenu les pressions haussières s'exerçant sur le yen. Le taux de change enregistre un rebond assez significatif ce matin (+0,3-0,4%) consécutivement à l'annonce faite ce matin par le groupe chinois Evergrande concernant un accord trouvé sur le paiement de l'échéance prévue demain sur une dette en yuan. Aucune précision n'a néanmoins été données concernant le montant remboursé, ni la date à laquelle le versement sera réalisé. Ce matin, on a également assisté à un statu quo de la part de la Banque du Japon, laquelle a maintenu sa politique ultra-accommodante inchangée sur fond de fortes pressions sanitaires au Japon qui pèsent sur l'économie. Ce choix de ne rien changer s'inscrit également dans une stratégie volontairement attentiste de la part de la banque centrale japonaise avant la nomination du nouveau président du Parti Libéral Démocrate (PLD), principale formation politique du pays, qui deviendra très probablement une fois nommée le prochain premier ministre du pays en lieu et place de Yoshihide Suga lors des élections législatives de novembre. Ce matin, le taux EUR/JPY remonte au-dessus de 128,5 ¥.
  • EUR/CHF - Le franc retrouve de la vigueur avant la Fed et la BNS (-0,5% hier) : le franc vient d'enchaîner deux séances consécutives de fort rebond face à l'euro (+0,9% en cumulé) et a clôturé la séance de mardi à un pic de 3 semaines à 1,0830 ₣. Quand bien même si les risques de contagion des problèmes du groupe chinois Evergrande sur les marchés mondiaux se sont dissipés hier après les révélations par plusieurs grandes banques américaines d'aucune exposition majeure au groupe chinois, le franc a tout de même connu une très forte demande. Malgré le rebond correctif hier des marchés actions européens, il se pourrait que certains investisseurs aient décidé de se tourner vers le franc et son profil de valeur refuge pour réduire l'exposition au risque de leurs portefeuilles en cas de secousses à venir sur les marchés financiers mondiaux. Car outre les soucis d'Evergrande, il y a aussi une réunion de la Fed ce soir aux Etats-Unis qui pourrait apporter son lot de secousses, notamment si la banque américaine avance son calendrier et ouvre la voie à un tapering imminent de son programme de rachat d'actifs. La réunion demain également de la Banque Nationale Suisse est également un évènement majeur pour les suiveurs du franc. Par le passé, les commentaires des banquiers centraux helvètes ont causé d'importantes réactions sur le franc. Les commentaires sur la devise suisse, souvent qualifiée par les banquiers centraux de "hautement valorisée", sera l'un des points d'attention majeur de la réunion de jeudi de la BNS.
  • EUR/NOK - la Norvège première de cordée dans le cycle de hausse de taux ? (-0,5% hier) : il y a actuellement une unanimité de voix qui table sur une première hausse de taux en Norvège demain, ce qui ferait du pays nordique la première économie développée à débuter un cycle de normalisation monétaire après la pandémie. Selon la dernière enquête de projection réalisée par Refinitiv en amont de la réunion monétaire de jeudi de la Norges Bank, la totalité des 24 économistes sondés mise sur une hausse de taux de 25pbs, le taux directeur remontant de 0,00% à 0,25%. Alors que l'on avait vu la couronne norvégienne bondir la semaine dernière à un pic de 3 mois à 10,11 NOK face à l'euro, cette dernière avait rétrocédé une partie de ses gains dans un environnement de marché plus averse au risque. La dissipation depuis hier des incertitudes autour d'Evergrande et des effets de contagion potentiels sur les marchés mondiaux couplée aux anticipations de hausse de taux en Norvège renvoient la couronne norvégienne en direction de ses plus hauts niveaux de l'été. La paire EUR/NOK oscille ce matin au niveau de 10,16 NOK.
  • EUR/CNH - L'accord trouvé par Evergrande et les injections monétaires de la PBoC soulagent les marchés... et le yuan (+0,0%) : ce matin les tensions autour de la menace de faillite du promoteur chinois Evergrande et de ses répercussions économiques et financières continuent de se dissiper. Les médias financiers ont révélé ce matin un accord trouvé par le groupe chinois pour payer l'échéance prévue demain sur une dette libellée en yuan, et dans le même temps que la banque centrale chinoise a injecté 120 Mds ¥ (environ 19 Mds$) sur les marchés monétaires via des opérations d'achat de reverse repo à court terme. La banque centrale chinoise tente d'éteindre un incendie naissant à coup de liquidités et cela semble porter ses fruits. Après deux jours de fermeture, la bourse de Shanghai a connu un rebond ce matin (+0,4%), la bourse de Hong Kong où est listé Evergrande était quant à elle fermée, ce qui participe ce matin à l'accalmie générale. Dans ce contexte, le yuan retrouve le sourire - même s'il n'a jamais vraiment montré de signaux de panique au cours des derniers jours - et vient se rapprocher ce matin de ses plus hauts de l'année (et depuis février 2020) face à l'euro. Le taux EUR/CNH oscille sous le seuil de 7,59 ¥ et a testé ce matin la barrière de 7,58 ¥ qui fait office de support ou plancher annuel depuis le mois d'août.
  • EUR/BRL - Nouvelle hausse de taux attendue au Brésil ce soir (-1,0% hier) : le consensus économique table sur une nouvelle hausse de taux de +100 pbs ce soir au Brésil, et un retour des taux directeurs à un plus haut depuis 2 ans à 6,25%. Si ce scénario se matérialise, il s'agirait de la 5ième hausse de taux opérée par la banque centrale brésilienne en 2021, soit un ajustement cumulé de +425 pbs du taux directeur en l'espace de seulement 6 mois. Cette politique de durcissement monétaire s'inscrit dans une stratégie de lutte contre l'inflation, laquelle approche les 10% ou un pic de 5 ans. Cette hausse de taux redonnera-t-elle de l'allant à un réal brésilien qui connaît un été très compliqué (-5% face à l'euro depuis fin juin) ? Pas certain si les développements en Chine et au sein de la Fed dans les prochaines heures/jours génèrent de nouvelles secousses sur les marchés financiers mondiaux. Le réal brésilien est très sensible au sentiment de confiance global, aussi une hausse de l'aversion au risque pourrait se répercuter négativement sur la devise brésilienne. Le taux EUR/BRL a connu un fort repli hier avant la réunion monétaire au Brésil et s'échange ce matin à moins de 6,20 BRL.

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