Actualités du marché des devises

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sept. 15, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Retour de l'aversion au risque,  le yuan toujours résilient aux difficultés de l'économie chinoise

  • Tendance du jour : l'aversion au risque a fait son retour hier sur les marchés des changes et ce sentiment se propage modestement ce matin sous l'impact de chiffres décevants publiés en Chine. Le ralentissement de l'économie chinoise est un nouvel élément qui vient nourrir les inquiétudes autour de la conjoncture mondiale et d'un scénario de rebond cette année possiblement moins robuste qu'anticipé. L'EUR/USD s'accroche comme il peut à la barrière de 1,18 $ tandis que le taux EUR/JPY reste orienté à la baisse. Le yuan limite les pertes face à l'euro et ne paraît pas réellement affecté par la dégradation des fondamentaux en Chine. Après son large repli de la veille, le dollar australien accuse le coup et reste sur la défensive. Globalement les devises émergentes sont en retrait ce matin face à l'euro.
  • EUR/USD - Le dollar profite de la nervosité des actions à défaut des anticipations de tapering (-0,1% hier) : l'attention des opérateurs de marché était principalement tournée hier vers les nouveaux chiffres d'inflation aux Etats-Unis. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont déçu puisque l'indice principal de prix à la consommation a enregistré au mois d'août un rebond plus modeste que prévu (+0,3% M/M vs. consensus +0,4%), la dynamique annuelle reculant comme prévu du pic de 13 ans touché en juin et juillet, de 5,4% à 5,3%. La dynamique annuelle de l'indice sous-jacent a enregistré un ralentissement plus prononcé, reculant de 4,3% à 4,0% (consensus 4,2%) et retombant à un plus bas depuis 3 mois. Ces résultats viennent accréditer la thèse défendue depuis des mois par la réserve fédérale américaine d'une poussée "transitoire" des prix due à des facteurs conjoncturels tels que la hausse des prix de l'énergie et les pénuries de semi-conducteurs. S'il ne faut pas tirer de conclusions hâtives et que ce n'est que l'échelle de temps qui permettra de juger de la persistance ou non d'une menace inflationniste, la Fed s'achète grâce à ces résultats un peu de temps avant de décider d'ajuster ou non sa politique monétaire. Si les obligations souveraines américaines ont bien performé face à la perspective du possible maintien prolongé du programme de rachat d'actifs dans sa forme actuelle, les actions américaine ont connu un nouveau coup de mou, la faute à la poussée d'inquiétude autour de la croissance américaine mais aussi de craintes à l'égard des projets de hausse d'impôt (sur les sociétés et les ménages) que les Démocrates veulent inclure dans le plan budgétaire de 3,5 Trn$ pour financer les nouvelles dépenses publiques et surtout le plan d'infrastructure de plus de 1 Trn$. Ce mélange d'aversion au risque et de réduction des anticipations monétaires aux Etats-Unis a donné lieu à une volatilité très saccadée du taux EUR/USD, celui-ci enregistrant un pic en séance en 1,1845 $ puis se rétractant pour finir finalement la séance dans le rouge juste au-dessus de 1,18 $. Les regards resteront tournés vers les Etats-Unis où l'on attend entre autres les statistiques de production industrielle. Le taux est légèrement orienté à la hausse mais la volatilité demeure très modeste.
  • EUR/GBP - Une poussée de l'inflation britannique parviendra-t-elle à tirer la livre vers le haut ? (+0,2% hier) : après 4 séances consécutives de repli et plusieurs tentatives avortées de cassure du seuil de 0,85 £, le taux EUR/GBP s'est légèrement redressé mardi et a été victime du retour de l'aversion au risque sur les marchés. Le recul du chômage britannique observé en début de matinée mardi n'a pas suffi à stimuler la livre, ni d'ailleurs l'annonce par Londres d'un report au 1er janvier 2022 du déploiement de contrôles douaniers sur les marchandises en provenance de l'Union Européenne. Un choix très largement applaudi par les confédérations d'entreprises britanniques au regard du poids que fait peser les tensions sur les approvisionnements internationaux sur l'économie, mais qui a eu peu de résonnances sur les marchés des changes. La publication ce matin d'une forte poussée de l'inflation au Royaume-Uni à un pic de 9 ans de 3,2% (Vs. 2% en juillet) redonne un peu d'entrain à la livre, mais ne lui permet néanmoins pas pour le moment de revenir tester la barrière de 0,85 £. Celle-ci reste un obstacle majeur dans l'ascension de la livre sterling.
  • EUR/JPY & EUR/CHF - Le nouveau repli des actions sourit aux devises refuges (-0,3% & -0,3% hier) : le nouveau repli des marchés actions américains et le retour d'inquiétudes autour de la croissance mondiale ont constitué un terreau favorable à un rebond des devises dites "refuges" comme le yen japonais ou le franc suisse. Les deux devises ont enregistré hier un gain similaire face à l'euro (+0,3%) et restaient orientées à la hausse ce matin. Le taux EUR/JPY se rapproche du seuil de 129 ¥ avoir flirté hier avec la barrière de 130 ¥ tandis que le taux EUR/CHF s'est écarté du seuil de 1,09 ₣ qui apparaît pour le moment une marche trop haute à gravir pour lui et oscille ce matin à hauteur de 1,0850 ₣.
  • EUR/AUD - Un mélange d'aversion au risque et réduction des anticipations monétaires assomme l'Aussie dollar (+0,6% hier) : elle est la devise du G10 qui a le plus sous-performé hier, l'Aussie dollar a été largement pénalisé par la dégradation du sentiment des investisseurs et la réduction des prises de risque. À cela s'est ajouté un mouvement de rotation des anticipations monétaires autour d'un scénario de possible hausse prématurée de taux en Australie, lequel a été repoussé par le gouverneur central australien. Après avoir clôturé hier à un pic de 2 semaines à plus de 1,61 A$, le taux EUR/AUD accentue légèrement son rebond grâce à l'appui d'une aversion au risque nourrie ce matin par des données économiques chinoises décevantes.
  • EUR/CNH - Un yuan peu impacté par les nouveaux signaux de ralentissement en Chine (-0,2% hier) : on s'attendait à une contre-performance de l'économie chinoise au mois d'août, période marquée par la fermeture du 3ième port du pays et un retour de restrictions partielles à cause de la résurgence de cas de COVID en Chine, mais celle-ci se révèle bien plus importante que prévu. La consommation domestique notamment s'est vivement dégradée sous l'impact du retour de la pandémie en Chine cet été. La dynamique annuelle de ventes au détail a glissé bien plus que prévu, celle-ci reculant de 8,5% à 2,5% contre 7,0% anticipé et retombant à un plus bas depuis 11 mois. La croissance annuelle de la production industrielle ralentit également plus fortement que prévu, de 6,4% à 5,3% contre 5,8% anticipé. Ces résultats ravivent les débats de marché sur une possible stimulus monétaire de la banque centrale chinoise, néanmoins l'injection de nouvelles liquidités et/ou la réduction des taux de crédit ne semblent pas être l'option privilégiée par cette dernière. Pour cette raison, le yuan paraît peu troublé par la dégradation des fondamentaux économiques chinois. Le mouvement de recul enregistré ce matin par ce dernier face à l'euro est très modeste et la devise chinoise reste toujours à la hauteur de ses plus hauts niveaux depuis février 2020 à 7,60 ¥. Malgré des fondamentaux en déclin, le yuan garde la cote auprès des investisseurs et bénéficie toujours du différentiel de stratégie monétaire entre la Chine et les Etats-Unis ou encore la Zone Euro durant la pandémie, laquelle assure aujourd'hui une certaine attractivité aux obligations chinoises. À cet égard, un article de l'agence d'information Bloomberg nous apprend ce matin l'important attrait du yuan pour les investisseurs hongkongais, lequel se matérialise par la hausse des dépôts en yuan à Hong Kong à un plus haut depuis 2016. On restera à l'affut de la communication des autorités monétaires et politiques chinoises à l'égard de ces signaux de ralentissement, lesquels à force de se répéter au fil des mois pourraient finir par entamer la confiance des investisseurs étrangers et générer des sorties de capitaux.

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