Actualités du marché des devises

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août 26, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les marchés retiennent leur souffle en amont de Jackson Hole :  le dollar rebondit, les devises émergentes frissonnent

 

Tendance du jour : l'euphorie du début de semaine se dissipe quelque peu ce matin alors que l'on assiste une nouvelle fois à une importante correction des marchés actions chinois (-1% pour l'indice Shanghai Composite) après trois séances de forte hausse. Les craintes autour du durcissement de la régulation en Chine et l'ouverture ce jeudi de la conférence annuelle de la réserve fédérale américaine à Jackson Hole suscite quelques craintes parmi les investisseurs. Les marchés questionnent quels signaux enverra la Fed concernant l'actionnement d'une réduction du programme de rachats d'actif dont la majorité des membres du comité directeur de la banque américaine s'accorde à penser qu'elle est opportune au regard de la forte reprise de l'économie américaine, nous a rapporté les Minutes de la réunion monétaire de juillet publiées la semaine dernière. On assiste donc à des mouvements contraires à ceux observés depuis le début de la semaine, c'est à dire que le dollar est en hausse et le yen stoppe sa correction tandis que les devises cycliques et pétrolières (CAD notamment) sont en recul. Un certain nombre de devises émergentes sont en retrait ce matin, notamment les devises asiatiques y compris le won coréen (-0,5%) qui ne profite pas de la première hausse de taux réalisée ce matin en Corée du Sud.

EUR/USD - L'euro consolide ses gains avec l'appui de membres de la BCE (+0,1% hier) : le taux EUR/USD a enchaîné hier une 4ième séance consécutive de hausse pour un gain cumulé de +0,8% sur la période. La paire de change s'éloigne du creux de 9 mois touché la semaine dernière à 1,1660 $ et a désormais les yeux tournés vers le seuil de 1,18 $. Outre l'environnement favorable de prolongement du rallye des marchés actions (notamment aux Etats-Unis où de nouveaux records ont été atteints), l'euro a reçu le soutien de propos rassurants de membres de la Banque centrale européenne sur les perspectives en Europe. Selon le vice-président de l'institution monétaire, Luis de Guindos, la banque pourrait relever une nouvelle fois ses perspectives en septembre après la meilleure performance que prévu de l'économie européenne au T2. Même son de cloche pour le chef économiste de la BCE, Philip Lane, pour qui les effets néfastes du variant sont "limités" et ne devraient pas remettre en cause les projections de reprise dans la région. Malgré ce constat, il n'est pas opportun de se précipiter à discuter une réduction des mesures de soutien comme le fait actuellement la réserve fédérale américaine avec ses débats de "tapering". Il serait prématuré selon Lane de commencer à discuter dès septembre d'un arrêt du programme quantitatif d'urgence de 1850 Mds€ dont le terme arrive en mars 2022. Le décalage de cycle monétaire entre les Etats-Unis et la Zone Euro existe bel et bien et devrait de ce fait freiner une forte revalorisation de la paire EUR/USD à court terme. D'autant plus que la toile de fond en Europe n'est pas aussi rose que ne le laisse penser les commentaires entendus hier. Les doutes sur la reprise liés à la propagation du variant Delta et au maintien de tensions sur l'approvisionnement des matières premières et matériaux en provenance d'Asie sont réels. Le recul plus important que prévu de l'indice Ifo de climat des affaires en Allemagne ainsi que la contraction des exportations allemandes vers la Chine en juillet (une première depuis un an) ont fait office de rappel quant à l'existence de ces risques. Le rebond de l'EUR/USD cette semaine s'apparente à un mouvement d'ordre technique et ce sont les prochaines 48 heures qui feront office de juge de paix quant à une possible extension ou non de ce rallye. Tous les regards sont en effet braqués sur l'ouverture ce jeudi de la conférence annuelle de la réserve fédérale américaine à Jackson Hole et le discours attendu vendredi du gouverneur central américain Jerome Powell dont on scrute la communication de possibles indices sur les plans de la banque américaine en ce qui concerne ses projets de "tapering" (ie. réduction de son programme de rachat d'actifs). Il y a actuellement un certain consensus de marché sur le fait que la Fed pourrait amorcer son virage monétaire plutôt en novembre ou en décembre aussi cela surprendrait les marchés si Powell venait à ouvrir la porte demain à une action dès septembre. Un tel scénario provoquerait de vives réactions et une probable remontée des taux obligataires américains qui profiterait au dollar. Outre le facteur temps, les investisseurs questionnent également la magnitude et la célérité de la réduction des rachats à laquelle la Fed entend procéder dans les prochains mois. Là encore le consensus mise sur un "tapering" graduel aussi tout autre scénario viendrait enflammer le dollar. En attendant le discours demain de Powell, les marchés auront un œil sur la publication cet après-midi des Minutes de la BCE relatives à la réunion de juillet en marge de laquelle la banque avait présenté son nouvel objectif d'inflation, et la publication des chiffres révisés de PIB au T2 aux Etats-Unis.

EUR/GBP - Un environnement d'appétit au risque au soutien de la livre (-0,1% hier) : sous couvert d'un regain d'appétit au risque des acteurs de marché avant la conférence de la Fed à Jackson Hole, la livre sterling en profite pour se refaire la cerise et effacer une partie des pertes subies en août face à l'euro lors d'épisodes d'aversion au risque. La paire EUR/GBP est en retrait depuis le début de la semaine et tente péniblement de s'écarter du seuil de 0,86 £ dont elle s'était approchée très près en fin de semaine dernière. Le mouvement de repli reste néanmoins modeste et le taux semble pour l'heure rencontrer des difficultés à descendre sous le seuil de 0,8550 £. Il faut dire que les récentes nouvelles sur le front économique en provenance du Royaume-Uni n'ont pas matière à tirer la livre vers le haut. Alors que l'on évoquait en débit de semaine un ralentissement plus marqué que prévu de l'activité des services au Royaume-Uni au mois d'août, deux nouvelles ce matin mettent à nouveau en lumière les défis auxquels fait actuellement face l'économie britannique. On apprend en effet qu'en juillet la production de voiture outre-Manche a enregistré sa pire contraction depuis 1956 (-37,6% sur un an) et que la confiance des entreprises britanniques s'est contractée selon une enquête trimestrielle réalisée par la principale confédération d'entreprises du pays (CBI). Cette dernière pointe du doigt les pénuries de main d'œuvre et la forte hausse des prix de production comme principales sources d'incertitude pour les entreprises britannique. Certains secteurs notamment l'hôtellerie et la restauration sont vivement impactés par les difficultés de recrutement tandis que le secteur manufacturier est davantage impacté par les goulets d'étranglement à l'échelle internationale qui participent à la flambée des prix des intrants ou l'allongement des délais d'approvisionnement.

 
EUR/JPY - La correction du yen se prolonge (+0,4% hier) : le yen vient d'enchaîner quatre séances consécutives de repli face à l'euro pour une perte cumulée de -1% sur cette période. On assiste à une correction d'ordre technique de la part de la devise japonaise après le pic de 6 mois atteint la semaine dernière à moins de 128 ¥, laquelle est favorisée par le rebond cette semaine des actifs risqués tels que les actions (américaines et chinoises) et le pétrole. Ces deux actifs enregistrent un fort rebond depuis l'annonce notamment en début de semaine de l'homologation du vaccin Pfizer aux Etats-Unis et de la communication par la Chine d'une absence de cas de COVID reporté sur son territoire sur cette fin du mois d'août. Remonté depuis hier à un pic de 8 séances à hauteur de 129,5 ¥, le taux EUR/JPY stagne ce matin et semble sur ses gardes alors que l'on surveille de possibles turbulences sur les marchés financiers sur cette fin de semaine en marge de la conférence annuelle de la Fed qui débute ce jeudi à Jackson Hole pour une durée de trois jours. Les marchés actions pourraient subir quelques secousses en cas d'envoi de signaux de la part de la banque centrale américaine qu'elle est prête à réduire très bientôt ses rachats d'actions, ou au contraire ils accueilleront avec soulagement un discours plus prudent laissant suggérer que rien ne presse à réduire le soutien. Le yen sera comme à son habitude très sensible à ces variations.

 
EUR/CHF - Le rebond des actions et du pétrole pèse sur la demande en franc (+0,2% hier) : le prolongement du rallye sur les actifs risqués associé aux propos rassurants de membres de la BCE sur les perspectives européennes et aux doutes sur la reprise en Suisse ont pesé sur la valeur du franc suisse. On a en effet appris hier qu'un indicateur de sentiment économique réalisé par Crédit Suisse avait chuté de -51pts au mois d'août, soit la plus forte chute observée depuis le choc sur le franc provoqué début 2015 par l'annonce surprise de la suppression du taux plancher de 1,20 ₣ sur le taux EUR/CHF. Comme le yen, le franc suisse connait une vive correction cette semaine face à l'euro qui s'évalue actuellement à -0,6% depuis mardi. Le taux accentue ainsi sa remontée ce matin en direction du seuil de 1,08 ₣ et oscille à un pic depuis 8 séances. Même commentaire que pour le yen, le franc sera très sensible sur cette fin de semaine aux réactions de marché aux discours entendus à Jackson Hole.
EUR/KRW - Une hausse de taux en Corée qui ne profite pas au won (+0,2% hier) : la banque centrale coréenne a opéré ce matin une hausse de son taux directeur de +25pbs à 0,75% et devient ainsi la première banque d'une économie majeure en Asie à durcir les conditions de crédit. Cette décision est légitimée par la banque coréenne du fait de la forte hausse des prix de l'immobilier et de la dette des ménages. Cette annonce était anticipée par les marchés et n'a donc pas constitué en soi une réelle surprise. Première hausse de taux en Corée du Sud depuis fin 2018, celle-ci n'a pas de réels effets bénéfiques sur la devise coréenne qui enchaîne ce matin une seconde séance consécutive de repli face à l'euro et perd près de -0,5% à 1376 KRW.


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