Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

août 24, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'homologation du vaccin Pfizer redonne le sourire aux investisseurs :  mais pour combien de temps ?

  

Tendance du jour : bien morose la semaine dernière, les investisseurs affichent une bien meilleure mine sur ce début de semaine. L'homologation hier de l'usage du vaccin Pfizer/BioNTech aux Etats-Unis n'est pas étrangère à ce regain d'optimisme. Cette accalmie pourrait n'être que passagère puisque les inquiétudes préliminaires des marchés à l'égard des risques économiques causés par la propagation du variant semblent se matérialiser à en juger par les résultats hier bien moins forts que prévu des enquêtes du secteur privé au mois d'août. L'organisation en fin de semaine de la conférence annuelle de la Fed à Jackson Hole, ou encore les tensions palpables en Afghanistan depuis le retour au pouvoir des talibans pourraient occasionner de nouveaux remous. Le nouveau régime afghan a menacé les américains de "grave conséquence" si ces derniers ne respectaient pas l'échéance fixée au 31 août pour retirer les troupes militaires du pays. Ce matin, les tensions entre Chine et Etats-Unis sont au cœur de l'actualité après les commentaires adressés depuis Singapour par la vice-présidente Kamala Harris. Cette dernière évoque notamment le rôle "perturbateur" de Pékin en mer de Chine méridionale. Il y a donc beaucoup de facteurs d'incertitude qui risque d'enrayer l'élan d'optimisme déployé la veille, et du coup altérer les mouvements correctifs dont l'euro, la livre, les devises pétrolières et certaines devises émergentes (rand notamment) ont pleinement profité hier.

 
EUR/USD - L'euro relève la tête : on avait quitté l'euro bien mal en point en fin de semaine dernière à un creux de 9 mois à quasiment 1,1660 $ face au dollar, la devise commune a relevé la tête lundi et rebondi de +0,4% à 1,1740 $ sous l'impulsion d'un regain de forme des marchés actions. L'homologation hier par les autorités de santé américaines (FDA) du vaccin contre le COVID produit par le duo américano-germain Pfizer/BioNTech a redonné le sourire à des investisseurs dont la confiance avait été fragilisée la semaine dernière par les Minutes de la Fed et les tensions géopolitiques en Afghanistan. Grâce à cette autorisation officielle - le vaccin bénéficiait jusqu'à présent d'une autorisation "d'urgence" - les investisseurs voient là un catalyseur susceptible de relance une campagne de vaccination en perte de vitesse de l'autre côté de l'Atlantique. Outre rassurer les plus indécis, cette annonce devrait favoriser les politiques d'incitation à la vaccination au sein des administrations et des entreprises. Le Pentagone a d'ailleurs annoncé dans la foulée qu'il allait rendre la vaccination obligatoire au sein de l'armée. En parallèle de cette annonce ont été publiés hier en Zone Euro et aux Etats-Unis les premiers résultats des enquêtes d'activité dans le secteur privé au mois d'août. Les deux régions ont connu de la croissance mais une performance bien moins importante que ne l'anticipait le consensus. Si en Zone Euro cette contre-performance est facilement explicable après un pic de 20 ans atteint en juillet, aux Etats-Unis le secteur privé enchaîne un 3ième mois consécutif de ralentissement et connaît au mois d'août son plus faible rebond de l'année. Il est trop tôt pour y conclure un éventuel impact du variant sur l'économie mais il est certain que ce résultat a grandement joué dans le rebond lundi de la paire EUR/USD. La paire de change est assez stable ce matin et est peu impactée par la révision à la hausse des chiffres de croissance en Allemagne au T2 (1,6% T/T Vs. 1,5% initialement). Il est fort probable que l'on assiste à une volatilité limitée d'ici jeudi et l'ouverture du symposium de la Fed à Jackson Hole. L'euro pourrait profiter de ces quelques jours de flottement pour accentuer sa revalorisation et tenter de rejoindre les 1,18 $, d'autant plus si les nouvelles sur la situation sanitaire et/ou géopolitique au Moyen-Orient se veulent rassurantes. Ce qui n'est pas clairement pas assuré.

 
EUR/GBP - La livre sterling accueille d'un haussement d'épaule la contre-performance du secteur des services : après un repli de presque -1,5% en 7 séances face à l'euro, la livre sterling s'est reprise hier et s'est appréciée de presque +0,4% pour s'écarter du seuil de 0,86 £. Le rebond général des marchés actions et le regain d'appétit au risque des acteurs financiers ont largement favorisé ce rebond de la devise britannique. Les données macroéconomiques publiées hier ont été plutôt décevantes et ont montré un ralentissement bien plus important que prévu de l'activité du secteur privé dans les services - plus faible rebond depuis 6 mois. La hausse des contaminations outre-Manche semble peu à peu se répercuter sur l'économie britannique. L'autre problématique à laquelle fait face le Royaume-Uni est une pénurie de travailleurs dans certains secteurs, cela malgré un nombre encore important de britanniques au chômage partiel. Un article publié ce matin par l'agence d'information Bloomberg (lien) évoque ce paradoxe et met en lumière les difficultés qui pourraient en découler pour l'économie britannique. Cela n'a pas d'influence pour le moment sur la livre sterling dont la volatilité apparaît en ce moment régit par le degré d'appétit au risque des opérateurs de marché. Le taux EUR/GBP accentue son repli ce matin et teste le seuil de 0,8550 £ alors qu'il n'y aura pas d'indicateurs majeurs à suivre ce mardi côté britannique.

 
EUR/JPY- Pause dans le rallye du yen  : le rebond des actions a sonné une pause temporaire du rallye du yen. Depuis son creux touché fin mai à plus de 134 ¥, le yen s'est renforcé de plus de 4% face à l'euro jusqu'à toucher un pic de 6 mois la semaine dernière à moins de 128 ¥. L'homologation hier du vaccin Pfizer aux Etats-Unis a rassuré les investisseurs sur un nouvel élan adressé à la vaccination dans le pays où les contaminations sont en nette hausse depuis des semaines (pic depuis le 8 janvier recensé lundi 23 août à 266k), tout comme les décès (cap des 1000 décès quotidiens atteint à plusieurs reprises depuis la semaine dernière). Le rebond de la bourse américaine (+0,9% pour l'indice S&P 500) et de la bourse européenne (+0,7% pour l'indice Stoxx 600) a favorisé un repli du yen. Si la paire EUR/JPY tutoie ce matin le seuil de 129 ¥, il faudra surveiller de nouveaux possibles remous sur les marchés actions en fin de semaine en marge des annonces faites par les responsables américains à Jackson Hole. L'éventualité d'une réduction du programme de rachat d'actifs en septembre pourrait actionner un mouvement de repli assez marqué des places boursières, un épisode de volatilité dont se complairait vivement le yen.

 
EUR/CAD & EUR/NOK - Un effet pétrole marquant et remarqué : le rebond hier de plus de 5% des cours du pétrole en Europe et aux Etats-Unis a donné un véritable "coup de fouet" aux devises pétrolières qui avaient connu d'importants désagréments sur ces derniers jours, notamment en marge des évènements en Afghanistan et des rumeurs d'un possible virage monétaire imminent de la part de la Fed. Le dollar canadien a rebondi de +0,9% hier face à l'euro et ainsi retracé une partie des 2% de pertes subies en moins de deux semaines. Après avoir tutoyé le seuil de 1,50 C$ et ses plus hauts niveaux des quatre derniers mois, le taux EUR/CAD est de retour ce matin au niveau de 1,48 C$. Le taux EUR/NOK a lui corrigé hier de -0,8% et accentue ce matin son repli (-0,4%) pour revenir osciller sous le seuil de 10,5 NOK qu'il avait franchi allègrement en fin de semaine dernière. Malgré ce mouvement correctif, on n'est pas à l'abri d'observer de nouvelles secousses sur cette fin de semaine en cas de signaux forts de la part des responsables monétaires américains d'une volonté de réduire incessamment sous peu leurs rachats d'actif. La question que se pose actuellement les marchés est de savoir la magnitude que prendra cette réduction. Plus elle sera forte et plus violente pourrait être les réactions des opérateurs de marché et le rebond de la volatilité sur les actions et les prix des matières premières.

 
EUR/HUF - Nouveau durcissement monétaire en Hongrie ? : le consensus anticipe une hausse de 30 pbs des deux taux d'intérêt principaux de la Banque Nationale de Hongrie, de 1,2% à 1,5% pour le taux principal et de 0,25% à 0,55% pour le taux de dépôt. Ce serait la 3ième hausse de taux consécutive après celles de 30 pbs réalisées en juin et en juillet. La banque centrale hongroise est pleinement engagée dans une politique de durcissement monétaire destinée à infléchir les pressions inflationnistes qui ont vivement grimpé sur cette première moitié d'année jusqu'à atteindre en juin un pic depuis 2012 à 5,3%. Les efforts déployés par la banque semblent porter ses fruits puisque les derniers chiffres de croissance des prix à la consommation ont montré un ralentissement marqué de l'inflation à 4,6% en juillet, néanmoins ce chiffre reste très élevé ce qui semble justifier l'approche actuelle de la banque hongroise à vouloir continuer à resserrer les conditions de crédit. Le forint hongrois profite pleinement d'une nouvelle attractivité acquise grâce à ces hausses de taux successives. La devise hongroise vient d'enregistrer un rebond de plus de 3% sur les 4 dernières semaines face à l'euro et reste orienté à la hausse en ce début de semaine. La paire EUR/HUF oscille ce matin à un creux de 2 mois à 349,5 HUF et est désormais à un peu plus de 1% de ses plus bas de l'année atteints en juin à environ 345 HUF. Les marchés seront sensibles à la décision de la NBH de poursuivre ou non sur la fin de l'année sa politique de normalisation. L'annonce d'une pause indéfinie de sa part pourrait décevoir les opérateurs de marché et favoriser un rebond correctif de la paire EUR/HUF.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.