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Actualités du marché des devises

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juil. 27, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Turbulences prolongées sur les marchés chinois : le yen en hausse, le yuan étonnement stoïque

  

Tendance du jour : ce matin on continue très largement de parler et commenter la déroute des actions chinoises provoquée par une crise de confiance des investisseurs étrangers face à l'extension d'un durcissement de la régulation sur de nouveaux secteurs de l'économie chinoise. L'indice CSI 300 cède presque -3% ce matin, ce qui porte les pertes en cumulé à un total de plus de -7% depuis vendredi. Les marchés des changes ne sont pas insensibles à ces secousses en provenance de Chine, ainsi le yen (130 ¥) s'apprécie ce matin alors que le dollar australien recule (1,60 A$). Les devises nordiques sont également sur la défensive tout comme les devises d'Europe de l'Est et le rand sud-africain (17,5 ZAR). Le yuan reste étonnement stoïque à ces secousses et se renforce même ce matin face à l'euro. La devise européenne reperd un peu de terrain face au dollar et repasse sous le seuil de 1,18 $ dans cet environnement de marché où l'aversion au risque domine. On est surpris de voir la livre s'apprécier face à l'euro dans un tel climat mais il semblerait que la devise britannique accueille favorablement les signaux de décrue de la pandémie au Royaume-Uni puisque les contaminations semblent avoir atteint un pic et reculent depuis quelques jours.

 
EUR/USD - Le dollar perd de son éclat avant la Fed : on aurait parié sur une baisse du taux EUR/USD tant les conditions de marché apparaissaient désavantageuses à l'euro, or on a assisté hier à un rebond de la paire de change au niveau de 1,18 $. L'aversion au risque provoqué par les désagréments de la bourse chinoise ou encore la déception causée par un recul surprise du moral des chefs d'entreprise allemands n'ont pas empêché la devise européenne de s'apprécier face au billet vert. Le recul hier des rendements obligataires américains réels sur 10 ans à un nouveau creux historique a impacté négativement le dollar, tout comme d'ailleurs la rotation des positions vendeuses sur l'EUR/USD en amont de la réunion de la Fed. En effet, les données hebdomadaires du CFTC ont mis en avant un recul des positions nettes vendeuses sur les contrats à terme 3 mois sur l'EUR/USD aux Etats-Unis pour la seconde semaine consécutive alors que mi-juillet celles-ci avaient été recensées à un pic depuis février 2019. Stable ce matin à 1,18 $, le taux de change reste tout même près de 4% en-dessous de son pic touché fin mai à 1,2270 $ et moins de 1% au-dessus de son plus bas point touché cette année à 1,17 $. Si l'on jettera bien sur un regard attentif aux statistiques européennes en matière de prêts aux entreprises et aux ménages, ce sont surtout les publications macroéconomiques américaines programmées dans l'après-midi qui risquent de faire bouger la paire de change. On y attend notamment les statistiques de commandes de biens durables et l'indice Conference Board de confiance des ménages. Il n'est toutefois pas certain que l'on assiste à une séance très volatile, les investisseurs préfèreront certainement attendre la Fed mercredi soir avant de prendre de nouvelles positions.

 
EUR/GBP - Un membre de la BoE préconise la patience en matière de politique monétaire : alors que les débats sur la date d'une première hausse de taux de la part de la Banque d'Angleterre battent leur plein outre-Manche depuis plusieurs semaines et la publication d'une inflation désormais supérieure à 2%, un membre de la BoE est venu hier calmer l'euphorie générale. Selon Gertjan Vlieghe, il est encore trop prématuré pour durcir la politique monétaire sans avoir l'assurance que le marché du travail britannique peut se passer sans tracas des aides déployées par le gouvernement. La hausse récente des contaminations au Royaume-Uni ainsi que la conviction que les pressions haussières sur les prix sont transitoires sont deux autres arguments qui, selon lui, justifient le fait de ne pas se précipiter à vouloir réduire trop vite la politique de soutien et risquer une rechute de l'économie britannique. Ce son de cloche diffère de celui entendu récemment par deux membres du conseil de gouvernance soulevant l'hypothèse qu'un rehaussement des taux d'intérêt pourrait être approprié si jamais l'inflation continue de grimper. Au regard des échos entendus ci et là, il semble que la pensée dominante au sein de la BoE est plus "colombe" que "faucon" mais on en aura le cœur net la semaine prochaine à l'occasion de la nouvelle réunion monétaire du 5 août en marge de laquelle la banque publiera ses nouvelles projections économiques trimestrielles. Une variation de perspectives est souvent propice à des annonces cependant il est fort possible qu'au regard du contexte sanitaire actuel hautement incertain et du manque de recul pour le moment sur la magnitude de la reprise économique outre-Manche les banquiers centraux britanniques décident de patienter avant de procéder à un ajustement tangible de leur politique de soutien. Dans le cas contraire, nous pourrions assister à une vive réaction de la part des marchés et des suiveurs de la livre sterling. Coincée depuis février dans un couloir étroit de prix de 0,85-0,87 £ face à l'euro, la livre sterling pourrait se saisir de l'effet d'annonce d'une réduction de la voilure par la BoE pour tenter une sortie par le bas de ce couloir. Après avoir touché un pic de presque 2 mois en milieu de semaine dernière à 0,8670 £, la paire EUR/GBP est depuis sur la défensive et est retombée lundi sous le seuil de 0,8550 £. Les propos de Vlieghe ont eu peu de résonnances sur la livre sterling, tout comme d'ailleurs l'aversion au risque générale dont on sait que la devise britannique n'est pas très friande. Le manque de vigueur de l'euro depuis la réunion de la BCE de la semaine dernière est possiblement une des raisons de cette glissade du taux de change qui malgré tout reste historiquement peu volatile.

 
EUR/CHF- Une clôture à un plus bas depuis 5 mois  : on évoquait hier que le taux EUR/CHF tapait à la porte du seuil de 1,08 ₣ qui est une barrière majeure que l'on a déjà entrevu par le passé. La paire de change n'a pas franchi ce cap lundi mais elle continue de s'en approcher, cette dernière clôturant hier à son plus bas niveau depuis plus de 5 mois à 1,0807 ₣. Les secousses subies par les marchés actions chinois mais aussi les risques sanitaires en Europe et les risques liés à l'inflation sont des éléments qui tirent la paire de change vers le bas. Tout comme d'ailleurs la faiblesse passagère de l'euro qui n'a pas été grandement aidé hier par la publication d'indices Ifo de climat des affaires en Allemagne décevants (recul surprise de l'indice en juillet). Evoluant déjà sous son cours moyen calculé à 1,10 ₣ depuis l'abandon en janvier 2015 par la Banque Nationale Suisse du plafond de 1,20 ₣ sur le franc, le taux EUR/CHF oscillerait, en cas de repli sous 1,08 ₣, dans le dernier quartile des zones de fluctuation observées ces 6 dernières années (1,05-1,08 ₣, 1,08-1,12 ₣, 1,12-1,15 ₣ et 1,15-1,20 ₣).

 
EUR/SEK - La couronne suédoise s'offre sa meilleure séance depuis 3 mois : il est difficile de déceler quels ont été les catalyseurs à l'origine hier du rebond de la devise suédoise face à l'euro sachant qu'il n'y avait pas hier de publications économiques majeures en Suède. Le nouveau rebond de la bourse suédoise de plus de 1% hier pour s'offrir un nouveau pic historique a possiblement influencé la couronne. Quoi qu'il en soit cette dernière s'est offert un rebond de +0,6% face à l'euro, soit sa meilleure performance depuis plus de 3 mois. Le taux EUR/SEK a lui clôturé à un creux de 2 semaines sous le seuil de 10,17 SEK.  Ce matin la paire retrace une partie de ses pertes de la veille et remonte à hauteur de 10,19 SEK. La semaine sera rythmée par la publication en Suède de nombreuses statistiques économiques dont les chiffres de PIB au T2 et du chômage ce jeudi.

 
EUR/PLN - Le zloty sur ses plus bas niveaux depuis 4 mois : cela fait maintenant trois semaines que la devise polonaise se déprécie vivement face à l'euro, une dynamique qui semble coïncider avec la montée des peurs sur les marchés financiers liées à la hausse des contaminations dues au variant Delta en Europe. Depuis le 5 juillet dernier, le zloty a cédé plus de 2% face à l'euro et se retrouve ce matin à osciller sur ses plus bas niveaux depuis presque 4 mois à hauteur du seuil de 4,60 PLN. L'observation hier d'une baisse de confiance des chefs d'entreprise allemands envers les perspectives économiques de la région a été une autre source de déception pour les acheteurs de zloty sachant que l'économie polonaise est très dépendante des commandes faites par les industries allemandes. On ne peut pas dire non plus qu'en tant que devise émergente le zloty ait totalement été insensible au sentiment d'aversion au risque qui s'est déversé hier sur les marchés des changes consécutivement aux secousses subies par les marchés actions chinois. Comme on l'a déjà vu par le passé, le seuil de 4,60 PLN est un cap majeur et a fait souvent office de résistance, limitant ainsi l'ascension du taux EUR/PLN. Si celui-ci venait à être franchi, ce serait une belle opportunité pour les importateurs de zloty de placer des contrats à terme sur ce niveau.

 
EUR/CNH - Un yuan modérément sensible aux turbulences financières en Chine : en dépit du large recul hier des actions chinoises cotés en Chine, à Hong Kong mais aussi aux Etats-Unis, le yuan chinois reste stoïque et a limité les pertes, aussi bien face au dollar que face à l'euro. La devise chinoise a cédé -0,4% face à la devise européenne (7,65 ¥) et seulement -0,1% face à la devise américaine (6,48 ¥). La déroute des marchés actions se poursuit ce matin et l'indice CSI 300 listant des entreprises cotées à Shanghai et Shenzhen cède presque -3%, ce qui porte ses pertes à plus de -7% sur les trois dernières séances. La perte de confiance des investisseurs étrangers s'accentue face à la peur d'un durcissement généralisé de la régulation à tous les secteurs de l'économie chinoise, mais cela ne semble guère affecter le yuan. Il est stable ce matin face au dollar et il retrace une partie des pertes subies la veille face à l'euro. Il est difficile de saisir pourquoi la défiance des investisseurs à l'égard des actions chinoises ne se répercute pas sur le yuan, lequel a par ailleurs peu été impacté également par les annonces ce mois-ci d'un abaissement du taux de réserve obligatoire pour les banques. Cette résilience de la devise chinoise pourrait ne pas durer dans le temps si la nervosité générale sur les marchés financiers chinois venait à s'intensifier et à durer. C'est d'autant plus vrai que le catalyseur favori du yuan, à savoir les bons fondamentaux économiques de la Chine commencent à s'étioler. Plusieurs signaux de ralentissement de la reprise chinoise ont été observés ces derniers mois et on l'observe encore une fois ce matin à travers la baisse de la croissance des profits industriels (baisse causée par la hausse des prix des matériaux). Sachant que le taux EUR/CNH oscille actuellement sur ses plus bas niveaux depuis plus d'un an, son potentiel haussier est assez important.


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