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Actualités du marché des devises

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juil. 23, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'euro panse ses plaies après la BCE et surveille les PMI

Tendance du jour : l'euro se remet doucement de ses émotions ce matin après une séance compliquée hier marquée par un mouvement de recul généralisé en marge de la réunion de la Banque Centrale Européenne. Cette dernière a confirmé sa politique de soutien indeffectible à l'économie face à la menace que représente les variants par rapport à la reprise européenne et délivrés de nouvelles "forward guidance" qui présupposent que les taux d'intérêt européens pourraient rester à leur niveau actuel pendant encore longtemps. On observe assez peu de volatilité ce matin sur les marchés des changes mais le calme ne pourrait pas durer puisque la publication ce vendredi des premiers indicateurs d'activité du mois de juillet en Europe et aux Etats-Unis pourrait donner lieu à de vifs débats. Ce sera l'occasion pour les acteurs de marché de jauger de l'impact de la recrudescence de la pandémie sur l'activité dans l'industrie et les services. Pour l'euro, si les perspectives ne sont pas remises en cause la journée d'aujourd'hui pourrait être le théâtre d'un rebond technique de sa part. Les marchés actions et le pétrole se sont bien repris après la petite frayeur du début de semaine, il faudra voir si la saison des résultats et les indicateurs PMI alimentent cette dynamique haussière ou provoquent une nouvelle sortie de route. On aura tout particulier sur le comportement du rouble russe alors que le consensus anticipe une 4ième hausse de taux significative de 100 pbs à la mi-journée en Russie.

 
EUR/USD - L'euro replonge après la BCE : sans surprise la banque centrale européenne a maintenu ses taux d'intérêts et ses autres outils monétaires inchangés (notamment son programme quantitatif exceptionnel PEPP de 1,85 Trn€) lors de sa réunion de juillet, mais ce n'était pas sur ce volet que les investisseurs attendaient la banque. L'évaluation des perspectives européennes face aux risques sanitaires et surtout la présentation des nouvelles "forward guidance" en lien avec le nouvel objectif d'inflation défini dans la revue stratégique présentée en début de mois étaient les deux principaux points auxquels les suiveurs de l'euro attendaient des réponses, et le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont été un peu échaudés par ce qu'ils ont entendu de la part de la présidente Christine Lagarde. Tout d'abord, en ce qui concerne la conjoncture européenne, Lagarde s'est montrée très préoccupée par la dégradation de la situation sanitaire qui, selon elle, menace la reprise. En ce sens, elle a renouvelé son soutien indéfectible à l'économie et délibérément laissé le flou concernant l'avenir du PEPP dont l'échéance est programmée en mars prochain, laissant au passage la porte ouverte à une éventuelle prolongation si jamais la pandémie venait à perdurer et impacter l'économie européenne au-delà de cette date. Revenant ensuite dans les grandes lignes sur ce qu'impliquait le nouvel objectif d'inflation de 2% sur la politique de taux de la banque, le gouverneur central européen a fait comprendre qu'un environnement de taux bas pourrait perdurer longtemps. En effet, désormais la BCE ne s'autorisera à relever les taux d'intérêt que lorsqu'elle aura la conviction que l'inflation remonte durablement au niveau de 2%, c'est à dire qu'il faudra qu'une projection de retour à ce seuil intervienne au moins à mi-chemin de la période de 3 ans que couvre les projections économiques de la banque publiées tous les trimestres. Il se pourrait que les prédictions des économistes sondés en amont de cette réunion par l'agence Bloomberg soient justes et qu'en réalité, aussi cosmétique qu'a pu sembler l'ajustement de l'objectif d'inflation, ce choix pourrait impliquer un report dans le temps du lancement du processus de durcissement monétaire en Zone Euro. Les acteurs de marché sont plutôt pessimistes et anticipent à ce jour une première hausse de taux à horizon 2025-2026 si l'on se réfère aux swaps de taux d'intérêt européen. La réunion d'hier n'a fait que confirmer ce qu'on savait plus ou moins, à savoir un réel décalage entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de cycle monétaire, d'où un déséquilibre d'attractivité en faveur du dollar face à l'euro en écho à un élargissement des spreads de taux souverains entre les deux zones géographiques. À la sortie de la conférence de presse de Mme Lagarde, les taux obligataires à 10 ans allemand et français ont chuté, le premier à un creux de 5 mois (-0,42%) et le second à un creux de 3 mois (-0,08%). Après une courte escapade à plus de 1,18 $ durant la conférence de presse le taux EUR/USD a glissé de -0,2% et clôturé à son plus bas niveau depuis le 2 avril dernier à 1,1770 $. S'il se rapproche tout doucement de ses plus bas niveaux de l'année relevés à 1,17 $, la glissade de l'EUR/USD n'est pas franche et on perçoit certaine résistance qui freine pour le moment un mouvement plus prononcé à la baisse. La bonne dynamique des marchés actions qui semblent déjà avoir oublié les frayeurs du début de semaine en fait partie, tout comme d'ailleurs la déception causée auprès des acheteurs de dollar par la publication hier de statistiques d'inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis à un niveau bien plus haut que celui auquel on l'attendait (+419k vs. +350k). Ce vendredi matin le taux de change est à l'équilibre en amont de la publication ce jour des premiers résultats des enquêtes d'activité PMI du secteur privé en Zone Euro et aux Etats-Unis. Des signaux de résilience de l'économie européenne malgré les risques pandémiques pourraient rassurer les marchés et donner l'occasion à l'euro de se reprendre et tenter de retracer au-dessus du seuil de 1,18 $. Dans le cas inverse, des signaux d'effritement de la reprise pourraient nourrir la dynamique baissière actuelle.

 
EUR/GBP- La livre sterling prend le dessus sur un euro affaibli : la déception causée par la réunion de la BCE auprès des acheteurs d'euro (voir ci-contre) a donné l'occasion à la livre sterling de poursuivre l'entreprise de retracement des pertes subies en début de semaine consécutivement à la réapparition de frictions autour du Brexit entre Britanniques et Européens. Le taux EUR/GBP a ainsi glissé de -0,6% jeudi et a clôturé à son plus bas niveau de la semaine juste en-dessous du seuil de 0,8550 £. La journée de vendredi sera riche en chiffres, surtout au Royaume-Uni où on assistera ce matin à la publication des nouvelles statistiques de ventes au détail et les premiers indicateurs PMI du mois de juillet. S'il est trop tôt pour capter dans les chiffres du jour un effet "déconfinement" relatif à la récente levée des dernières restrictions outre-Manche le 19 juillet dernier, ce sera néanmoins l'occasion d'observer si l'activité dans l'industrie et les services est impactée par la forte recrudescence de contaminations au Royaume-Uni depuis le mois dernier. Ce sera surtout intéressant d'observer s'il existe un écart de dynamique avec la Zone Euro. Selon les résultats de ce matin, en cas de gros écarts, on pourrait voir le taux EUR/GBP basculer vers le seuil de 0,85 £ ou au contraire rejoindre celui de 0,86 £. On reste toujours à l'écoute des échanges entendus de part et d'autre concernant le protocole nord-irlandais sans assurance pour autant qu'ils auront un impact sur le cours de change.

 
EUR/JPY - Un rebond des actions ne suffit pas à défendre l'euro face au yen : après deux séances consécutives de hausse relatives à la chute du cours sur ses plus bas niveaux depuis début avril, le taux EUR/JPY a corrigé hier et est retombé à cette occasion sous le seuil de 130 ¥. L'euro a été pénalisé par un effet "BCE" lequel a pris le pas sur le soulagement que constitue la bonne conduite des marchés actions après le dérapage du début de semaine. Or le rebond des bourses américaine et européenne s'est avéré moins prononcé que mercredi, d'où un certain manque de soutien pour la paire de change dont la volatilité est très sensible à l'humeur des opérateurs de marché. Le taux est en légère hausse ce matin et sera très attentif ce vendredi aux réactions diverses et variées concernant les premiers résultats PMI du mois de juillet. En cas de retour des peurs sur la croissance, nous pourrions assister à un coup d'arrêt du rallye sur les actions et un nouveau repli de l'EUR/JPY.

 
EUR/AUD - Les restrictions pèsent sur l'économie australienne, l'Aussie dollar stoppé dans son retracement technique : profitant amplement du retour au calme sur les marchés actions et de la faiblesse générale de l'euro après la BCE, le dollar australien en a profité pour se renforcer face à la devise européenne et ainsi s'écarter des plus bas de l'année touchés un peu plus tôt cette semaine à plus de 1,61 A$. Avec son rebond de la veille (+0,6%), le dollar australien a effacé la moitié des pertes subies entre jeudi dernier et mardi (-1,6%). On parle ici d'un rebond technique et non d'un regain de confiance pour la devise océanienne. En effet, ce matin celle-ci reperdait un peu de terrain face à l'euro (-0,1% à 1,5960 A$) après la publication ce matin d'une première contraction depuis 11 mois en Australie de l'activité dans les services. Le secteur est très largement impacté par la série de mesures de confinement réintroduite le mois dernier par les autorités australiennes pour contenir le regain de vigueur de la pandémie sur le continent. La dégradation des fondamentaux économiques en Australie assène un coup d'arrêt à la dynamique de revalorisation du dollar australien face à l'euro. Sauf séance faste des marchés boursiers ce vendredi et/ou forte déception causée par les PMI européens, le taux EUR/AUD pourrait rester orienté à la hausse.

 
EUR/RUB- Une 4ième hausse de taux attendue ce vendredi en Russie : le consensus actuel anticipe une hausse de 100 pbs des taux directeurs, de 5,5% à 6,5%, à l'issue de la réunion monétaire de juillet, soit littéralement au-dessus du niveau d'avant crise de 6%. Il s'agirait de la 4ième hausse de taux réalisée cette année par la banque centrale russe, soit un rehaussement cumulé de +225 pbs. Si un tel scénario se confirme, la question sera de savoir si la CBR décidera d'une pause dans son cycle de resserrement monétaire ou laissera la porte ouverte à un nouvel ajustement d'ici la fin d'année dans la mesure où l'inflation continuerait de gonfler. Relevée en juin à 6,5%, la dynamique annuelle de croissance des prix à la consommation en Russie est actuellement à son plus haut depuis presque 5 ans. En ce qui concerne le rouble, ce dernier sort de trois séances consécutives de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de +1,5%. De retour hier à un pic de plus de 2 semaines à moins de 87 RUB, le rouble a clairement profité sur ces derniers jours des spéculations monétaires en amont de la réunion de la CBR mais aussi de la faiblesse de l'euro et surtout du rebond significatif des prix du pétrole qui lors des 3 dernières séances a effacé la totalité des pertes subies lundi (près de -7%). Justement les prix du baril de brut corrigent légèrement ce matin (Brent à 73,5 $) et le rouble accuse un peu le coup. En cas de nouvelle ascension du rouble, ce dernier pourrait rapidement se retrouver sur son chemin face à la barrière de 86 RUB qui lui résiste depuis maintenant presque un an.

 
EUR/ZAR - Statu quo unanime en Afrique du Sud : les cinq membres du conseil de gouvernance de la banque centrale sud-africaine (SARB) ont unanimement décidé de maintenir le taux d'intérêt principal à 3,5% comme l'anticipait très largement le consensus. Le gouverneur central a néanmoins fait savoir que selon le modèle de projections utilisé par la banque qui pointe du doigt des risques toujours haussiers en ce qui concerne les perspectives d'inflation, il était désormais prévu une hausse de taux de 25 pbs par trimestre à partir du T4 2021 jusqu'à fin 2022. Cela n'a pas vraiment aidé le rand à se refaire une santé puisque celui-ci a fini la journée de jeudi dans le rouge (-0,2%) à 17,3 ZAR. Les risques d'instabilité politique restent une source de préoccupation majeure pour les investisseurs, tout comme d'ailleurs la banque centrale qui hier les a pointé du doigt comme frein potentiel à la croissance du pays. Ce matin, le rand reste sur la défensive et tutoie ses plus bas niveaux depuis début mai face à l'euro.


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