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Actualités du marché des devises

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juil. 22, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les marchés actions résistent aux risques sanitaires /  Rebond technique de l'euro avant la BCE

 
Tendance du jour : l'aversion au risque observé sur ce début de semaine sur les marchés financiers s'est dissipée, la bonne saison de résultats en Europe et surtout aux Etats-Unis ayant eu raison du regain de vigueur de la pandémie. Malgré le spectre d'une 4ième vague qui menace l'Europe, l'indice européen Stoxx 600 a progressé de +1,7% hier et est à nouveau en hausse ce matin, se trouvant désormais à un peu plus de 1% de son sommet historique atteint la semaine dernière. Les bourses asiatiques ont connu une séance faste ce matin et alimente un regain d'optimisme parmi les acteurs financiers. L'euro a stoppé hier sa chute face au dollar et est remonté à hauteur de 1,18 $. Le répit pourrait être de très courte durée puisque se profile cet après-midi la réunion de la BCE en marge de laquelle la banque présentera ses nouvelles orientations monétaires qui découlent des ajustements réalisés dans sa revue stratégique. La livre sterling profite du rebond de marchés actions pour se refaire une santé et efface les pertes récentes face à l'euro (retour sous 0,86 £), cela malgré le regain de tensions entre Britanniques et Européens sur la question du protocole nord-irlandais. Le dollar australien rebondit et tente de s'éloigner de ses plus bas de l'année touchés hier à plus de 1,61 A$. L'optimisme ambiant profite également à un certain nombre de devises émergentes dont le rand sud-africain (17,1 ZAR) qui rebondit vivement en amont de la présentation cet après-midi des conclusions de la réunion monétaire de la SARB.

 
EUR/USD - Rebond technique avant la BCE, les pressions baissières néanmoins toujours omniprésentes : après quatre séances consécutives de baisse, et six sur les sept derniers jours ouvrés pour une perte cumulée de -0,8%, le taux EUR/USD s'est offert un rebond technique mercredi sans toutefois parvenir à se réinstaller au-dessus du seuil de 1,18 $. Porté par un environnement plus optimiste, matérialisé par un fort rebond des marchés actions américain et européen, le taux de change s'est offert un court répit dans la chute qui l'a rapproché ces derniers jours de ses plus bas niveaux de l'année. L'approche de la réunion monétaire de la BCE a également favorisé ce retracement technique, les marchés ayant souvent tendance à prendre des positions inverses de la dynamique du moment avant ce genre d'évènement majeur pour se prémunir contre un risque de retournement en cas d'annonces et/ou déclarations inattendues. Les risques baissiers restent toutefois omniprésents. La dégradation de la situation sanitaire reste une source de préoccupation majeure quand bien même si pour le moment le nombre d'hospitalisation ne suit pas la courbe haussière des contaminations, ce qui en soit pourrait limiter le risque de retour de restrictions sanitaires très rigides et de nouvelles mesures de confinement. Au niveau monétaire, l'euro est handicapé par le manque de traction des rendements obligataires européens par rapport à ceux d'autres pays industrialisés comme les Etats-Unis. L'impression d'un décalage de cycle monétaire entre la BCE et ses consœurs est un sentiment qui domine actuellement, les opérateurs de marché étant convaincus que la banque européenne amorcera probablement un cycle de durcissement monétaire plus tardivement qu'ailleurs. La réunion monétaire de ce jeudi sera l'occasion de tester cette croyance et surtout de voir comment la banque centrale se positionne face au spectre d'une nouvelle vague de contamination. Alors que le consensus économique anticipe une possible réduction du rythme de rachat d'actifs via le programme quantitatif d'urgence de 1875 Mds€ déployé pendant la pandémie (PEPP) à partir de cet automne, la BCE pourrait décider rester flou sur le sujet et ne pas se hâter à faire des annonces pour éviter de devoir effectuer un rétropédalage si jamais la situation économique venait à se dégrader en Europe. Au regard de la situation sanitaire actuelle mais aussi de l'absence de fortes pressions inflationnistes en Europe (inflation sous-jacente à 0,9% en juin) et d'un niveau de chômage encore bien au-dessus des niveaux d'avant crise (7,9% en mai), la banque a tout intérêt à conserver une approche prudente et renouveler son soutien tout en restant flou sur son agenda. Un tel positionnement pourrait causer quelques tourments à l'EUR/USD car il confirmerait l'impression de divergences monétaires grandissantes entre l'Europe et les Etats-Unis où les débats sur une possible réduction des rachats d'actif a déjà débuté au sein de la Fed. On surveillera très attentivement l'EUR/USD pendant et juste après la conférence de presse de Christine Lagarde, deux moments où la volatilité est généralement plus importante que d'habitude. La paire de change débute la journée dans le vert et tutoie ce matin le seuil de 1,18 $.

 
EUR/GBP - La dissipation de l'aversion au risque plus forte que le risque de tensions sur le Brexit : retombée sur le début de semaine à un creux d'un mois face à l'euro à près de 0,8650 £, la livre sterling s'est vivement reprise mercredi et a bondi de +0,5% face à l'euro pour clôturer la journée à 0,86 £. Le fort rebond des marchés actions principalement alimenté par la publication de bons résultats trimestriels d'entreprise a rassuré les investisseurs. Malgré le retour de risques pandémiques, les spéculations de hausse de taux au sein de plusieurs pays industrialisés ou encore le blocage pour le moment du plan d'infrastructure au Sénat américain, la bourse tient bon et reste à proximité de ses plus hauts historiques. On évoquait pourtant hier un risque de turbulence pour la livre sterling sur fond de retour des tensions géopolitiques entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne sur le protocole nord-irlandais, or si elles se sont bien matérialisées elles n'ont pas réellement fait sourciller la livre sterling. En soi les déclarations du gouvernement britannique réclamant une renégociation du protocole n'a surpris personne, tout comme d'ailleurs le refus dans la foulée de Bruxelles de céder à cette exigence. C'est le jeu des négociations d'afficher une position ferme pour limiter les concessions. Si ce regain de tensions entre les deux voisins promet des prochaines semaines, voire mois, agitées néanmoins on peut penser qu'au final un accord sera trouvé entre les deux parties. C'est le sens commun, et c'est ce qu'anticipe des marchés forts d'une expérience de plus de près de 4 ans de négociation bilatérale. Si les tensions sur le Brexit ne manqueront pas de générer quelques secousses sur la paire EUR/GBP, à ce stade il est peu probable qu'elles déclenchent de fortes variations. À moins bien sûr que les liens se distendent réellement et que la menace de sanctions économiques et/ou commerciales soit évoquée. Cela changerait la donne. Sur fond de très bonne performance des bourses asiatiques ce matin en écho au rebond la veille de Wall Street, le taux EUR/GBP poursuit son retracement baissier et repasse sous le seuil de 0,86 £.

 
EUR/JPY, EUR/CAD & EUR/NOK - Forts mouvements de retracement technique  : rassurés par le fort rebond des marchés actions mercredi, les investisseurs ont retrouvé le sourire et un certain appétit au risque. En conséquence, cela a donné lieu à d'importants mouvements de retracement technique relatif aux importants mouvements observés sur le début de semaine. Ainsi le yen a cédé -0,5% hier face à l'euro, faisant ainsi remonter le taux EUR/JPY à 130 ¥. Ce rebond néanmoins ne se prolonge pas ce matin puisque la paire de change est à nouveau sur la défensive à quelques heures de la publication des conclusions de la dernière réunion de la Banque centrale européenne (BCE). Grâce à l'appui d'un rebond de plus de 4% des prix du pétrole hier, le dollar canadien a rebondi de +0,9% face à l'euro (meilleure performance en 3 mois) et la couronne norvégienne s'est appréciée de +1,3% face à l'euro (meilleure performance en 8 mois). Le taux EUR/CAD, que l'on avait vu monter à un pic de 3 mois à 1,5050 C$ grâce à un rebond de plus de 2% entre mercredi dernier et lundi, vient de retracer de plus de plus de -1,5% pour revenir osciller à un peu plus de 1,48 C$. Avant hier, le taux EUR/NOK venait d'atteindre un pic en 2021 à plus de 10,60 NOK, or le mouvement correctif de mercredi l'a ramené sous le seuil de 10,50 NOK.

 
EUR/ZAR - Peu de surprises sur l'inflation et un rand toujours sous pression : la dynamique annuelle d'inflation générale en Afrique du Sud a un peu moins reculé que prévu en juin de 5,2% à 4,9% contre 4,8% anticipé, tandis que celle de de l'indice sous-jacent a légèrement accéléré de 3,1% à 3,2% alors que le consensus misait sur un niveau stable. Peu de surprises donc et des pressions inflationnistes qui ne révèlent pas à ce jour assez fortes pour pousser la banque centrale sud-africaine à considérer une hausse de ses taux directeurs en juillet. Justement, il y a une unanimité totale parmi les économistes interrogés en amont de la réunion de juillet en faveur d'un scénario de statu quo sur les taux directeurs (actuellement à 3,5%). La banque présentera cet après-midi les conclusions de ses débats monétaires et l'on surveillera si un resserrement monétaire est envisageable d'ici la fin d'année ou totalement exclu. Le taux EUR/ZAR a enchaîné hier une 3ième séance consécutive de hausse pour clôturer à un pic d'une semaine à presque 17,25 ZAR. Ce matin, la paire corrige vivement (-0,5% à 17,15 ZAR), très certainement en raison de prises de profit en amont des conclusions des réunions monétaires en Zone Euro et en Afrique du Sud.


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