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Actualités du marché des devises

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juil. 21, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les risques sanitaires et l'approche de la BCE pèsent sur l'euro / La livre sterling attentive aux développements sur l'Irlande du Nord

Tendance du jour : après une séance de pause hier marquée par d'importants mouvements correctifs et techniques, une volatilité marquée de l'empreinte d'un sentiment d'aversion au risque refait son apparition ce matin sur les marchés des changes. Plusieurs pays européens ont enregistré hier des pics de contamination depuis mai à l'image de la France, de l'Italie ou de la Belgique alors qu'en Grèce on a tout simplement atteint un pic historique. Les risques sanitaires continuent d'affecter grandement les prises de décision, au détriment en ce moment de l'euro qui se dirige vers ses plus bas de l'année face au dollar (1,1750 $) et oscille à un creux de 3 mois face au yen (129 ¥) à la veille de la réunion de la BCE. Les devises cycliques et pétrolières sont sur la défensive à l'image du dollar australien et de la couronne norvégienne qui n'en finissent plus de glisser et oscillent tous les deux à leur plus bas niveau de l'année face à l'euro. La livre sterling est plutôt calme ce matin (0,8650 £) mais cela pourrait ne pas durer puisque la publication d'un rapport au Royaume-Uni sur l'interprétation du protocole nord-irlandais pourrait réveiller de nouvelles tensions géopolitiques entre Britanniques et Européens. Le rand sud-africain reste sur la défensive ce matin et s'attend à vivre de possibles agitations lors de ces prochaines 48 heures où s'enchaîneront la publication en Afrique du Sud des chiffres d'inflation et des conclusions de la réunion monétaire de la banque centrale.

 
EUR/USD - L'euro reste affecté par les risques sanitaires : et de quatre à la suite. Et même possiblement cinq puisque le taux EUR/USD reste orienté à la baisse ce matin et se rapproche progressivement de son plus bas niveau de l'année situé à 1,17 $. Si les investisseurs ont été globalement rassuré hier par le rebond des marchés actions, aussi bien européen qu'américain, après la lourde chute de lundi, cela n'a pas néanmoins pas suffi à inverser la dynamique baissière de l'EUR/USD. Les risques sanitaires restent prédominants en Europe et continuent de saper l'attrait des investisseurs pour les actifs européens. Hier la France (plus de 18000 cas), l'Italie (3550) et la Belgique (environ 3800) ont enregistré un pic de contamination depuis mai tandis que la Grèce a recensé un pic historique avec plus de 4300 cas recensés mardi. Si on compare les moyennes mobiles 7 jours, on parle d'une hausse de +97% des cas en France et +91% en Italie. Le spectre d'une 4ième vague commence à être évoqué par les autorités publiques et possiblement dans son sillage le retour de restrictions sanitaires dont on sait par expérience qu'elles ont un impact négatif, plus ou moins fort selon la rigidité et la durée des mesures, sur l'économie. Si les Etats-Unis sont également touchés par une vive recrudescence de la pandémie - moyenne mobile 7 jours des nouveaux cas à un pic de 2 mois de 35k - les marchés ne s'inquiètent pas (pour le moment) d'éventuelles répercussions sur l'économie américaine et surtout sur les ambitions de la réserve fédérale américaine de relever par deux fois les taux directeurs en 2023. Une réduction des anticipations actuelles de normalisation monétaire aux Etats-Unis serait très préjudiciable au dollar mais pour le moment il semblerait que les inquiétudes soient concentrées sur l'Europe où la saison touristique estivale pourrait être vivement détériorée par le retour en force de la pandémie. Cela entraînerait alors une révision à la baisse des anticipations optimistes de croissance de presque 5% au sein de l'UE et de la Zone Euro cette année. L'euro reste donc sur la défensive ce mercredi (1,1760 $) et ce n'est pas l'approche de la réunion de la Banque centrale européenne ce jeudi qui devrait réellement changer la donne. Alors que l'on attend des précisions de la part de la présidente Christine Lagarde sur les implications de la revue stratégique sur les orientations monétaires de la banque et ses perspectives en matière de soutien alors que le programme exceptionnel de rachat d'actifs déployé durant la pandémie (PEPP) arrive à échéance en mars 2022, une large majorité des observateurs s'attend à une communication générale et une approche très prudente en juillet compte tenu des risques actuels qui pèsent sur l'économie européenne. La réunion de demain ne devrait que confirmer l'impression de décalage de la BCE dans son cycle monétaire par rapport à ses consœurs américaine, britannique ou encore canadienne. Des divergences monétaires et un probable élargissement des spreads de taux ne jouent clairement pas en la faveur de l'EUR/USD. Bien au contraire.

 
EUR/GBP- Boris Johnson va dévoiler ses plans pour l'Irlande du Nord, ou de nouvelles secousses en perspectives pour la livre ? : le gouvernement britannique doit publier ce mercredi un rapport de politique générale dans lequel il exprimera ses préférences concernant le traitement juridique de la frontière nord-irlandaise, source depuis des mois de conflit avec l'Union Européenne. On le sait très bien maintenant que Londres n'est pas favorable à suivre à la lettre le protocole tel qu'il est actuellement décrit dans l'accord de sortie qui a pourtant été signé par les deux parties. Pour les Britanniques il n'est pas concevable que les échanges commerciaux en provenance de Grande Bretagne fasse l'objet de contrôles douaniers à leur arrivée en Irlande du Nord alors même que le pays ne fait officiellement plus parti de l'union douanière européenne. D'après les révélations faites lundi par plusieurs médias, le gouvernement britannique se laisserait la possibilité de recourir à l'article 16 du traité de sortie pour ne pas à avoir à respecter le protocole si jamais les Européens refusaient de répondre de manière satisfaisante aux demandes britanniques d'ajustement de ce dernier. Si le gouvernement britannique n'a pas voulu commenter cette information, elle a tout l'air d'une menace indirecte pour faire pression dans les négociations à venir. Alors que l'on surveillera attentivement les réactions européennes aux exigences britanniques, on ne se fait peu de doutes quant à la ligne de conduite qui sera suivie : se tenir aux engagements pris dans l'accord qui a été signé. Le retour éventuel de frictions entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pourrait générer quelques secousses sur la livre sterling sur cette fin de semaine. On en a déjà eu un premier échantillon lundi avec le large repli de la devise britannique à un creux d'un mois face à l'euro. Bien que modestes, les pressions s'exerçant sur la livre sterling depuis lundi sont baissières et le taux EUR/GBP oscille désormais dans la partie supérieure de son couloir de fluctuation des 5 derniers mois à hauteur de 0,8650 £. Si la barrière de 0,87 £ fait aujourd'hui figure d'obstacle à une ascension plus forte du taux de change, le franchissement de cette barrière pourrait constituer un choc psychologique susceptible d'accélérer le mouvement.

 
EUR/JPY - Une hémorragie temporairement stoppée grâce au rebond des actions : retombée lundi à un creux de 16 semaines à un peu plus de 129 ¥, le taux EUR/JPY a enregistré hier un rebond correctif sous l'impulsion du retracement haussier des marchés actions et de la dissipation temporaire des incertitudes actuelles autour de la reprise. Il s'agit simplement d'un mouvement technique qui ne remet absolument pas en cause la trajectoire baissière du taux EUR/JPY qui reste hautement fragilisé par la hausse des risques sanitaires en Europe.

 
EUR/AUD - Rien ne va plus pour le dollar australien : sur la défensive depuis plusieurs semaines en raison de la détérioration de l'optimisme général des acteurs financiers à l'égard des perspectives de croissance globale dans un contexte conjoncturel marqué par le regain de forme de la pandémie aux quatre coins du monde (ou presque), le dollar australien se voit doublement pénalisé par des fondamentaux en berne marquée par le retour en juin de mesures de confinement en Australie. La ville de Sydney a été la première à prendre des mesures face au retour des contaminations sur le continent océanien, d'autres provinces ont suivi et depuis mardi c'est désormais plus de la moitié du pays qui est confinée (environ 13 millions de personnes). Cela se ressent sur l'économie comme l'illustre ce matin une contraction plus forte que prévu des ventes au détail au mois de juin (-1,8% M/M en première lecture Vs. consensus -0,4%). Il s'agit du premier recul des ventes en quatre mois et le plus important sur les 6 derniers mois. Le dollar australien se déprécie de -0,3% ce matin face à l'euro et touche un nouveau creux en 2021 à plus de 1,61 A$. La paire EUR/AUD est désormais valorisé près de 1% au-dessus de sa moyenne sur un an (1,5960 A$).

 
EUR/NOK - La couronne norvégienne chute à son plus bas niveau de l'année : vivement impactée lundi par la lourde chute des prix du pétrole (près de -7% en Europe), la couronne norvégienne a continué de glisser hier et a été insensible au modeste rebond correctif des prix du baril de brut. La devise norvégienne a ainsi enchaîné une 4ième séance consécutive de recul face à l'euro pour une perte cumulée qui approche les -3% sur cette période. Désormais le taux EUR/NOK oscille à un pic de 7 mois à plus de 10,60 NOK et a littéralement effacé près de 60% des -11% de pertes subies entre novembre 2020 et avril 2021. La paire de change continue ce matin son ascension (10,64 NOK) en écho à une légère contraction du pétrole sur ce début de journée.

 
EUR/ZAR - Les risques politiques en Afrique du Sud pèsent toujours sur les prises de décision : hier on a vu l'ensemble des devises émergentes se renforcer face à l'euro à l'exception notable du rand sud-africain qui lui a cédé -0,2% face à la devise commune. Si le taux EUR/ZAR a légèrement retracé à la baisse la semaine dernière une partie des gains acquis en écho aux manifestations et émeutes violentes dont a été théâtre l'Afrique du Sud après la prononciation d'une condamnation à une peine de de prison de l'ex-président du pays Jacob Zuma, la paire de change se maintient tout de même à proximité de ses plus hauts niveaux depuis le mois d'avril à presque 17,30 ZAR ce matin. Si la situation sociale semble s'être stabilisée en Afrique du Sud et que le risque d'insurrection semble être dissipé, les investisseurs restent pour le moment prudents et restent à l'écart des actifs sud-africains en attendant d'avoir plus de garanties quant au retour de la stabilité dans le pays. Le rand pourrait connaître un regain de volatilité lors de ces prochaines 48 heures alors que l'on va se voir s'enchaîner la publication ce matin des statistiques d'inflation en Afrique du Sud et demain la publication du compte rendu de la nouvelle réunion monétaire de la banque centrale sud-africaine. Le consensus mise sur un statu quo sur les taux directeurs (actuellement à 3,50%) mais il se pourrait que des débats sur la question d'une hausse de taux fassent leur apparition en cas de publication de chiffres d'inflation en nette hausse. Dans ce scénario, cela pourrait aider le rand à moins broyer du noir.


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