Actualités du marché des devises

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juil. 20, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Devises cycliques et pétrolières tentent de panser leurs plaies /  La livre sterling heurtée par le retour de tensions liées au Brexit

Tendance du jour : l'aversion au risque alimentée par les peurs d'une reprise handicapée par une nouvelle vague de contaminations de variants reste dominante ce matin et l'euro reste toujours hautement fragilisé face au dollar et au yen.  À l'inverse, la devise européenne continue à prendre le dessus sur la livre sterling au lendemain d'une séance marquée par le retour de tensions liées au Brexit. Les devises asiatiques se reprennent vivement face à l'euro ce matin, et pour cause il semblerait que l'on observe un point d'inflexion à la baisse concernant le nombre de nouvelles contaminations dans la région. Les devises pétrolières sont stables ce matin et tentent de retrouver leur esprit en s'appuyant ce matin sur le rebond du pétrole (+1%). En l'absence de publications majeures au programme ce mardi, la volatilité sur les marchés des changes devrait grandement être influencée par l'humeur générale des marchés actions. Après les secousses de la veille, on peut s'attendre à des mouvements correctifs si jamais les tensions s'apaisent... ce qui n'est absolument pas certain.

 
EUR/USD - Les peurs liées au variant profitent au dollar : nouvelle séance de baisse lundi pour l'EUR/USD - la 3ième consécutive - et nouveau point bas depuis 3 mois touché à 1,1760 $ par la paire de change au sein d'un environnement de marché dominé par l'aversion au risque et les peurs liées aux répercussions du variant sur la croissance. La vive recrudescence des contaminations en Europe sème le doute sur la bonne tenue de la saison estivale et de possibles revenus touristiques beaucoup moins élevés que prévu sur le mois d'août en cas de retour de restrictions sur le continent européen. Alors que l'on espérait un rattrapage européen dans son cycle de reprise grâce à la vaccination, une politique fiscale expansionniste et des conditions monétaires favorables, le facteur variant menace ce scénario. Malgré l'apparition de nuages noirs à l'horizon, la glissade de l'euro reste pour le moment très graduelle, et la paire reste encore pour le moment valorisée au-dessus de son point bas de l'année situé à 1,17 $. Si la situation sanitaire venait à se détériorer davantage en Europe et si les divergences de stratégie monétaire entre les Etats-Unis et l'Europe étaient à nouveau accentuées ce mois-ci par un décalage de discours entendu de part et d'autre par la Banque centrale européenne (décision monétaire le 22 juillet) et la Réserve fédérale américaine (décision monétaire le 28 juillet) alors nous pourrions voir cette barrière s'effondrer et le taux EUR/USD glisser davantage. Pour le moment, les acheteurs d'euro - très majoritaires sur le début d'année 2021 - s'accrochent à l'espoir que les répercussions économiques et financières causées par le variant seront beaucoup moins dommageables que ne l'ont été les précédentes vagues de contamination. On se rattache aujourd'hui au fait que les vaccins actuellement disponibles sont jugés très efficaces contre les variants du coronavirus d'après les rapports de santé publiés à ce jour. Aussi, il n'y a pas de raisons de céder à la panique... pour le moment. Le taux de change reste sur une pente descendante ce matin et revient tester le seuil de 1,1780 $ qui fait office de support sur ce mois de juillet. Si les débats autour de la situation sanitaire et l'humeur des marchés boursiers devraient continuer d'influencer la volatilité des marchés des changes, on aura tout de même un regard attentif ce mardi sur les statistiques du secteur de la construction publiées en début d'après-midi aux Etats-Unis (permis de construire et mises en chantier).

 
EUR/GBP- Le retour de tensions sur le Brexit endommage la livre : la devise britannique a vécu lundi sa pire séance depuis 2 mois face à l'euro, cette dernière cédant -0,6% et touchant en séance un point bas depuis un mois à 0,8640 £. Une fois n'est pas coutume avec la livre sterling, c'est l'apparition de risques de nouvelles tensions géopolitiques entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne héritées du Brexit qui a été la cause hier des tourments de la devise britannique. La pomme de la discorde n'est pas non plus nouvelle puisqu'il s'agit, encore et toujours, du statut juridique de la frontière nord-irlandaise. Selon plusieurs médias, Londres s'apprête à faire le forcing pour pousser les européens au compromis sur cette question et ainsi éviter l'application de contrôles douaniers sur les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l'Irlande du Nord comme le prévoit initialement l'accord sur le Brexit signé par les deux parties. Pour David Frost, membre du gouvernement britannique et interlocuteur officiel avec l'Union Européenne, la situation actuelle n'est pas tenable et des ajustements doivent être opérés. Ce dernier met littéralement la pression sur Bruxelles pour un changement, sinon quoi les autorités britanniques pourraient recourir à l'article 16 du protocole sur le Brexit et opérer à des actions unilatérales. C'est un nouveau jeu de poker menteur que s'apprête à jouer les Britanniques, l'objectif étant certainement l'obtention d'un accord plutôt que d'un clash avec les européens. C'est bien la principale leçon qu'on a retiré des quatre années de négociations bilatérales entre 2016 et 2020, les échéances et les menaces n'existent que pour donner un cadre aux discussions qui finissent, parfois dans la douleur, par se conclure par un accord. Néanmoins la longueur et les péripéties qui entourent ce processus de négociation sont souvent une source de stress pour les marchés et les acheteurs de livre sterling. On est prévenu, avec le retour de tensions politiques, les débats actuels sur le calendrier monétaire de la Banque d'Angleterre et la montée des risques sanitaires au Royaume-Uni, la fin de l'été pourrait se révéler être très volatile pour la livre. Cette dernière reste sur la défensive ce matin face à l'euro et est desservie par le sentiment d'aversion au risque qui reste encore dominant sur les marchés financiers.

 
EUR/JPY & EUR/CHF - Un coup de stress qui va bien aux devises refuges : le yen est sans conteste le principal bénéficiaire de la montée de la nervosité sur les marchés financiers provoquée par la recrudescence de la pandémie mais aussi l'accélération des pressions inflationnistes. Lundi, la devise japonaise a surfé sur le sentiment d'aversion au risque qui s'est déversé sur les marchés financiers et violemment heurté les bourses mondiales (-2,3% pour l'indice européen Stoxx 600, -1,6% pour l'indice américain S&P 500). La devise japonaise a ainsi progressé de +0,6% hier face à l'euro, portant ainsi ses gains à +2,3% en cumulé depuis son dernier creux touché le 1er juillet dernier. Le taux EUR/JPY a ainsi chuté à son plus bas niveau depuis 3 mois à moins de 129 ¥ avant de retracer légèrement en fin de journée. Ce matin la paire de change restait toujours en retrait. Si le yen brille, dans une moindre mesure le franc suisse performe plutôt bien dans les conditions de marché actuelles. Également considérée comme un actif refuge particulièrement prisé par les investisseurs européens, la devise helvète a également rebondi hier face à l'euro (+0,2%) et s'est rapproché de ses plus hauts niveaux depuis février dernier situés aux alentours du seuil de 1,0820 ₣. Sur le mois de juillet, cette barrière fait véritablement office de support qui empêche pour le moment la paire EUR/CHF de chuter davantage et tenter de glisser sous le seuil de 1,08 ₣.

 
EUR/AUD - L'Aussie dollar dégringole à son plus bas de l'année : le dollar australien a eu une journée noire lundi et enregistré sa seconde pire performance journalière des deux derniers mois face à l'euro, la devise océanienne cédant -0,7%. Les doutes qui pèsent sur la croissance mondiale dont on questionne actuellement la vigueur dans un contexte de probable nouvelle vague de contamination à travers le monde poussent les investisseurs à prendre moins de risques et se détourner des valeurs cycliques. Le recul des prix des matières premières et notamment du pétrole qui a abandonné presque -7% hier en Europe alimentent le peu d'engouement pour les devises sensibles aux matières premières et au cycle économique global comme le dollar australien. Le taux EUR/AUD est sur une série de 4 séances consécutives de hausse pour un gain cumulé qui avoisine +1,6%, et semble en bonne voie ce matin pour la poursuivre. La paire de change tutoie ce matin le seuil de 1,61 A$ et culmine actuellement à son plus haut niveau de l'année. La devise australienne n'est pas aidée ce matin par les commentaires de la Réserve bancaire australienne qui confirme dans le compte rendu de la réunion monétaire de juillet que les conditions préalables à une première hausse de taux ne seront pas atteintes avant 2024.

 
EUR/CAD - Le dollar canadien victime de l'effondrement des prix du pétrole : le loonie a enregistré lundi sa pire séance depuis presque un an et cédé -1,1% face à l'euro sur fond de dégringolade des prix du pétrole sur fond de peurs sur l'impact du variant sur la reprise et d'anticipations de hausse de l'offre en pétrole après l'accord conclu par l'OPEP + le weekend dernier. Les prix du pétrole ont ainsi chuté de -7,5% aux Etats-Unis (pire chute depuis septembre 2020) et de presque -7% en Europe (pire chute depuis mars dernier). Le taux EUR/CAD a clôturé la première séance de la semaine à un pic de presque 3 mois à presque 1,5050 C$ et est ainsi revenu se repositionner au-dessus de son cours moyen annuel (1,50 C$).


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