Actualités du marché des devises

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juil. 19, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La reprise questionnée : actifs européens et pétroliers sur une pente descendante

Tendance du jour : on est cueilli sur ce début de semaine par une forte poussée de l'aversion au risque, notamment au niveau européen au regard de la recrudescence de la pandémie dans la région mais aussi de la contestation sociale en France à l'égard des mesures coercitives pour encourager la vaccination. Risques sanitaires et politiques ne font pas bon ménage, au point de venir questionner la dynamique de forte reprise très largement anticipée cette année en Europe. La saison des résultats en Europe n'est pour le moment pas des plus réjouissantes puisque près de la moitié des entreprises européennes qui ont publié leurs résultats trimestriels au T2 (environ 13% du total) ont fait moins bien que prévu. Les nombres de contamination sont par ailleurs en forte remontée un peu partout en Europe et on relève une hausse de plus de 100% des contaminations moyennes entre juin et juillet dans la région. Le Royaume-Uni vient de découronner l'Indonésie comme épicentre actuel de la pandémie avec plus de 50k nouveaux cas recensés dimanche. L'actualité du weekend c'est aussi l'accord trouvé par l'OPEP pour continuer d'encadrer la remontée de la production pétrolière jusqu'en fin 2022. Les marchés actions européens chutent lourdement ce matin (-1%), tout comme le pétrole (-2% et prix du Brent à un plus bas depuis un mois). L'euro (1,18 $) est à la peine et teste ses plus bas niveaux depuis 3 mois face au dollar. Les devises pétrolières sont en grande difficulté à l'image du loonie canadien (1,50 C$) et de la couronne norvégienne (10,50 NOK), alors qu'à l'inverse le yen continue de briller de mille feux (129 ¥).

 
EUR/USD - Les risques sanitaires pèsent sur les actifs européens : on avait quitté le taux EUR/USD vendredi en léger recul juste au-dessus du seuil de 1,18 $, on le retrouve ce matin à nouveau sur la défensive et aux prises avec le seuil support de 1,1780 $ qui fait figure de seuil plancher en juillet. La cause des tourments de la paire de change c'est la montée des risques sanitaires en Europe mais aussi de la gronde sociale qui monte contre les mesures, non plus incitatives mais coercitives, déployées par les autorités publiques pour stimuler la vaccination. Les manifestations observées en France le weekend dernier contre l'application du pass sanitaire ont fait renaître le spectre du mouvement "gilet jaune" dont les manifestations ont secoué le pays pendant plus d'un an avant la pandémie. L'euro fait donc face à une double problématique : 1) les risques sanitaires qui vient assombrir les perspectives de reprise et 2) le risque politique qui intervient en amont d'élections fédérales cet automne en Allemagne et d'élections présidentielles au printemps prochain en France. Parmi les évènements à suivre cette semaine, on suivra d'un œil très attentif les conclusions jeudi de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) qui a été qualifiée d'"importante" par Christine Lagarde elle-même, ainsi que la présentation vendredi des premiers indicateurs d'activité économique dans le secteur privé en Zone Euro et aux Etats-Unis au mois de juillet (indicateurs PMI). Il est fort possible que ni l'un ni l'autre des deux évènements ne prêtent secours à l'euro. En ce qui concerne la BCE, on attend de voir de quelle manière le nouvel objectif d'inflation défini à l'issue de la revue stratégique (désormais à 2%) va impacter les orientations monétaires de la banque. Pour une majorité d'observateurs sondés la semaine dernière par l'agence Bloomberg, celui-ci devrait probablement retarder le cycle de normalisation de la banque centrale et donc la date de la première hausse de taux depuis 2011. Les statistiques d'inflation publiées vendredi dernier en Zone Euro ont confirmé que les pressions sur les prix restaient très modestes en Europe contrairement à ce que l'on observe actuellement aux Etats-Unis (indice sous-jacent d'inflation à 0,9% en Zone Euro Vs. 4,5% aux Etats-Unis au mois de juin). Quant aux indicateurs d'activité, il y a un véritable risque que l'on observe un mouvement d'inflexion sur le mois de juillet en Europe à cause de la recrudescence de la pandémie mais aussi des problèmes récurrents d'approvisionnement dont souffre l'industrie. L'euro a moins la cote que le dollar, et cela se ressent de plus en plus, aussi bien au niveau des positions spéculatives sur les marchés monétaires. Les positions nettes vendeuses de dollar/acheteuses d'euro à un creux depuis mars 2020 sur les marchés à terme américain selon les dernières données du CFTC. On suivra attentivement toute éventuelle tentative de repli de la paire EUR/USD sous 1,17 $ qui est son plus bas niveau touché en 2021.

 
EUR/GBP - Le Royaume-Uni est l'épicentre de la pandémie : avec plus de 50k nouveaux cas recensés dimanche, le Royaume-Uni fait figure d'épicentre de la pandémie et enregistre désormais plus de cas que l'Indonésie ou encore l'Inde. Cela ne pouvait pas plus mal tomber sachant que le gouvernement britannique s'apprête à lever ce lundi les dernières restrictions majeures encore en place dans la région. Boris Johnson, qui va être forcé de s'isoler quelques jours après avoir été déclaré cas contact ce weekend, ne compte pas reculer sur son choix de déconfiner intégralement malgré les recommandations inverses des experts de santé. Du côté des investisseurs, on questionne véritablement à quoi pourrait ressembler la situation économique du pays dans les prochains mois si jamais la situation sanitaire venait à se dégrader davantage. En raison de ces incertitudes qui planent sur le Royaume-Uni mais aussi du sentiment d'aversion au risque à l'égard des actifs européens qui se propage ce matin sur les marchés financiers, la livre sterling perd du terrain face à l'euro et poursuit la dynamique de retracement baissier entrevue en fin de semaine dernière. Le taux EUR/GBP revient ainsi se repositionner ce lundi aux abords du seuil de 0,86 £ alors même qu'on l'avait vu la semaine dernière flirter avec la barrière de 0,85 £ et osciller à un plus bas depuis 3 mois. On reste malgré tout sur des mouvements de volatilité très réduits et un couloir de volatilité 0,85-0,87 £ toujours d'actualité 5 mois après sa formation. Parmi les principaux évènements majeurs à suivre cette semaine au Royaume-Uni, on s'attardera sur les déclarations politiques à l'égard de la situation monétaire, les commentaires de membres de la BoE sur les risques d'inflation en amont de la réunion du 5 août prochain et enfin les premiers résultats des enquêtes PMI du mois de juillet qui tomberont en fin de semaine.

 
EUR/JPY - Perte de confiance pour les actifs européens, le yen en profite  : les marchés actions européens enregistrent ce matin un recul de -1% (indice Stoxx 600), portant ainsi les pertes à -2,2% sur les trois dernières séances. La montée des risques sanitaires et les premiers relents de contestation sociale en Zone Euro sont à l'origine de cette contre-performance. Le yen en profite pour progresser de +0,6% ce matin face à l'euro et toucher un nouveau pic de 3 mois à presque 129 ¥.

 
EUR/CAD & EUR/NOK - L'OPEP tombe d'accord, le pétrole poursuit sa chute : les membres de l'Organisation de pays exportateurs de pétrole et leurs alliés ont trouvé un accord ce weekend pour réintroduire 400k barils de pétrole par mois sur les marchés entre août et septembre 2022, mais certains pays comme les Emirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite ou encore la Russie verront leurs quotas de production relevés à partir de mai prochain. Le conflit observé le mois dernier entre les Saoudiens et les autorités d'Abu Dhabi avait fait bondir les prix sur fond de perspectives d'une offre réduite par rapport à la demande. La hausse prospective de la production de pétrole dès le mois prochain et la remontée des risques sanitaires font lourdement chuter les cours du brut ce lundi matin. En Europe, l'indice Brent cède plus de -2% et accumule désormais -6% de pertes sur les quatre dernières séances. Les prix oscillent désormais à un plus bas depuis un mois à moins de 72 $. On reste toutefois encore valorisé 40% au-dessus des niveaux du début d'année. Les devises pétrolières sont vivement impactées par la chute des prix comme la couronne norvégienne qui cède -0,5% face à l'euro et oscille ce matin à son plus bas niveau de l'année à plus de 10,5 NOK. Le dollar canadien se déprécie de -0,7% et oscille à un plus depuis avril face à l'euro à presque 1,50 C$.


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