Actualités du marché des devises

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juil. 16, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Une volatilité balancée entre doutes sur la croissance et s péculations monétaires

Tendance du jour : le début de journée est marqué par plusieurs mouvements correctifs consécutifs à la volatilité des derniers jours grandement marquée par un retour de l'aversion au risque qui prend source dans l'émergence de doutes concernant la croissance mondiale. Les marchés actions sont sur courant alternatifs depuis plusieurs jours et avancent sans réelle tendance. Après la lourde chute hier des marchés européens (-1%), il faudra surveiller ce vendredi leur réaction. Un rebond pourrait entretenir la dynamique corrective visible ce matin et ainsi offrir l'occasion à l'euro de regagner un peu de terrain face au dollar et face au yen contre lequel il a clôturé hier à un creux de 12 semaines. Les devises pétrolières se reprennent modestement ce matin à l'image du dollar canadien (1,4850 C$) et de la couronne norvégienne (10,4 NOK) mais restent néanmoins fragilisées par la glissade qui se poursuit des prix du pétrole (Brent à 73 $). Les plus gros mouvements ce matin sont ceux du kiwi dollar (1,68 NZ$) qui surfe sur les anticipations de hausse de taux cette année en Nouvelle Zélande après la publication ce matin d'un rebond de l'inflation à plus de 3% au T2, et du rand sud-africain (17,1 ZAR) qui retrace les pertes subies en début de semaine consécutivement aux manifestations violentes qui ont frappé le pays.

 
EUR/USD - Les doutes sur la croissance font rebondir le dollar : après une séance compliquée mercredi marquée entre autres par les commentaires dovish (ie. colombe) du président de la Fed, le dollar s'est repris jeudi. Profitant d'un environnement financier dans lequel les doutes sur la reprise se voient renforcées en juillet par la remontée des risques sanitaires ainsi que les pressions inflationnistes causées par les pénuries de puces électroniques, le dollar a pu retracer une partie des pertes subies mercredi. Malgré le rebond du dollar, la paire EUR/USD a toute de même réussi à résister aux pressions baissières tentant de le renvoyer sous le seuil de 1,18 $. La publication par ailleurs de résultats macroéconomiques mitigés aux Etats-Unis - rebond plus modeste que prévu de la production industrielle (+0,4% M/M vs. consensus +0,6%) en raison des difficultés rencontrées par le secteur automobile et repli plus prononcé de l'enquête d'activité économique de la Fed de Philly (21,9 Vs. 30,7 en juin, consensus 28,0) - ont grandement participé à alimenter les inquiétudes sur la croissance tout en participant à contenir les gains sur le dollar. La seconde intervention en deux jours du gouverneur central américain Jerome Powell au Congrès n'a pas donné lieu à d'importantes réactions, ce dernier se contentant de maintenir la même communication qu'il avait tenu la veille. Alors que l'on assiste ce matin à un repli des bourses chinoises et japonaises en écho à l'annonce de nouvelles sanctions américaines contre sept responsables chinois jugés de jouer un rôle dans le recul de la démocratie à Hong Kong, le taux EUR/USD reste orienté à la baisse et menace à nouveau de rechute sous 1,18 $. L'attention se portera ce vendredi à nouveau sur l'inflation européenne à l'occasion de la publication ce matin des estimations finales du mois de juin et sur la consommation américaine avec à l'agenda cet après-midi les nouvelles statistiques de ventes au détail aux Etats-Unis et l'estimation préliminaire de l'indice Michigan de confiance des ménages.

 
EUR/GBP- Les débats monétaires continuent d'agiter la livre : depuis la publication mercredi des nouvelles statistiques d'inflation au Royaume-Uni, lesquelles ont montré un rebond de la croissance des prix à la consommation à un pic en juin de presque 3 ans à 2,5%, les débats vont bon train sur le futur agenda monétaire de la Banque d'Angleterre. Hier c'est un membre externe du comité directeur de la banque centrale britannique, Michael Saunders, qui a allumé une mèche en faisant savoir qu'il était favorable à un durcissement des conditions de crédit afin de contenir la montée de l'inflation. Selon ce dernier, la BoE pourrait stopper plus rapidement que prévu son programme quantitatif si jamais l'inflation venait à accélérer davantage et dépasser les 3%. C'est le second responsable monétaire en deux jours à évoquer publiquement la nécessité de réduire les mesures de soutien en réponse à la hausse des prix. Cette sortie renforce encore davantage les attentes à l'égard de la prochaine réunion monétaire programmée le 5 août prochain. Malgré cette frénésie autour des futurs choix de la BoE, la livre sterling peine toujours autant à s'apprécier face à l'euro et passer le cap des 0,85 £. Le taux EUR/GBP s'est une nouvelle fois approchée très près hier de cette barrière sans toutefois réussir à l'attendre puis a fini par retracer à la hausse pour clôturer la séance dans le vert (+0,1%) à 0,8540 £. Les lignes bougent de l'autre côté de la Manche, pas encore la livre sterling. Cela ne saurait tarder et quand cela se produira cela pourrait être fracassant.

 
EUR/JPY - Repli à un creux de 12 semaines : de vives inquiétudes sur la reprise de l'économie mondiale se font ressentir depuis le début du mois et ont une nouvelle fois très largement influencée la volatilité des marchés des changes jeudi. Les risques sanitaires mais aussi la déception causée par des chiffres de croissance en Chine pas réellement à la hauteur des attentes et de nouveaux signaux de ralentissement de la reprise aux Etats-Unis sont les principaux catalyseurs de l'apparition de ces doutes sur la capacité de l'économie mondiale à réaliser les hauts niveaux de performance qu'on lui prédestine en cette supposée année post-COVID. Se nourrissant de la nervosité ambiante sur les marchés actions américains et surtout européens (presque -1% jeudi pour l'indice Stoxx 600), le yen a progressé de +0,3% face à l'euro et clôturé l'avant dernière séance de la semaine à son plus bas niveau depuis 12 semaines sous la barrière de 130 ¥. Si elle s'en est approchée tout près, la paire de change n'a pas été capable de rejoindre le seuil de 129,5 ¥ qui n'a plus été touché depuis le mois de mars dernier. Après deux séances de repli, le taux EUR/JPY tente de se reprendre ce matin et enregistre un rebond correctif très modeste. On suivra attentivement la réaction des marchés actions européens après leur lourde chute de la veille, car de celle-ci dépendra la continuité ou non du rebond ce matin de la paire de change.

 
EUR/NOK - La chute du pétrole envoie la couronne à un plus bas depuis février : -4% en deux jours... c'est la triste performance des prix du pétrole qui pâtissent pleinement des doutes sur la croissance et des nouvelles restrictions de voyage imposées par certains gouvernements pour limiter l'expansion du variant Delta qui se propage depuis quelques semaines à une vitesse très rapide à travers le monde. En tant que devise du plus gros producteur et exportateur européen de pétrole, la couronne norvégienne n'est pas insensible à la chute des cours du brut. Ainsi, le cours EUR/NOK a conclu la journée de jeudi sur un jolie rebond de +0,9% et clôturé à un pic depuis le 26 février dernier à presque 10,43 NOK. C'est seulement la 5ième fois cette année que la paire de change clôture une séance à plus de 10,40 NOK ce qui donne un bon aperçu de la performance réalisée hier. Cette dernière tente de corriger ce matin mais la dynamique de repli reste modeste sachant que le pétrole continue lui de glisser vers le bas (Brent à 73 $ = plus bas depuis une semaine).

 
EUR/NZD - Les chiffres d'inflation au T2 confortent les spéculations de hausse de taux en Nouvelle-Zélande : sur le reculoir hier en raison du sentiment dominant d'aversion au risque, le kiwi dollar reprend sa marche en avant et surfe sur la hausse cette semaine des spéculations autour d'une possible première hausse de taux en Nouvelle Zélande avant la fin de l'année. Ce matin, ce sont les nouvelles statistiques d'inflation néo-zélandaise qui enflamment les débats. Au second trimestre, la dynamique annuelle de croissance des prix à la consommation a plus que doublé, passant de 1,5% à 3,3% et atteignant ainsi un pic depuis 2011. Il n'en fallait pas plus pour renforcer la conviction des opérateurs de marché qu'une action de resserrement monétaire est clairement envisageable et envisagée par la RBNZ. Cette dernière a en effet surpris tout le monde en annonçant mercredi l'arrêt de son programme de rachat d'actifs et à cette occasion envoyé un signal aux marchés qu'une hausse de taux est très certainement la prochaine mesure qu'elle prendra. Le kiwi dollar engrange +0,4% de gains ce matin face à l'euro et teste à nouveau le seuil de 1,68 NZ $ qui a plutôt bien résisté cette semaine aux assauts de la devise néo-zélandaise.

 
EUR/CLP - La banque centrale chilienne pas chaude pour remonter les taux : le peso chilien a lourdement chuté jeudi et enregistré sa pire séance depuis plus de 7 semaines face à l'euro, la devise abandonnant -1,4% et clôturant à son plus bas niveau depuis fin mai à presque 894 CLP. La cause de cette chute est à mettre au crédit de la banque centrale chilienne qui a délivré un message jugé trop "accommodant" aux yeux des investisseurs dans un contexte où la montée des pressions inflationnistes a déclenché ces derniers mois un cycle de resserrement monétaire dans un certain nombre de pays émergents, dont le Brésil, le Mexique, la Hongrie ou encore la République Tchèque. Apparaissant à la traîne dans la course à la hausse de taux et pénalisé du coup par des rendements comparativement moins attractifs par rapport à ses pairs sud-américains, le peso a été lourdement sanctionné hier et éprouvait des difficultés à se reprendre.


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