Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 09, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La nervosité gagne les marchés : le yen et le franc suisse rient,  l'Aussie dollar et la livre sterling pleurent

 
Tendance du jour : au lendemain d'une séance très volatile sur les marchés des changes, la pression est retombée et l'on observe ce matin un certain nombre de mouvements correctifs. Les devises qui se sont vivement appréciées la veille reculent à l'image du yen et de l'euro (face au dollar) tandis que celles qui ont le plus déchangé tentent de se reprendre comme le dollar australien, le dollar canadien ou encore le rand sud-africain. Au regard de la faiblesse du calendrier économique ce vendredi, il sera surtout question aujourd'hui de résilience ou fragmentation de la confiance sur les marchés boursiers. Si la nervosité apparue la veille sur les marchés actions ne se prolonge pas, cela pourrait renforcer la dynamique de retracement visible ce matin. Dans le cas inverse, nous pourrions voir le yen continuer de briller et les devises cycliques piquer du nez. Si l'euro a enregistré un rebond technique hier face au dollar, cela ne présage en rien d'une remontée de la devise laquelle apparaît actuellement fragilisée par la remontée des risques sanitaires en Europe et des répercussions potentielles que cela pourrait avoir sur les perspectives de reprise.

 
EUR/USD - Le dollar rattrapé par le recul des taux longs : retombé mercredi à un plus bas depuis 3 mois à moins de 1,18 $, le taux EUR/USD s'est offert hier un rebond technique assez significatif (+0,4%). Le retour d'un sentiment d'aversion au risque alimenté par la hausse des contaminations par le variant Delta et le spectre d'un changement de cap monétaire aux Etats-Unis ont engendré une rotation des positions de la part de fonds spéculatifs (hedge funds) vers des actifs moins risqués. L'euro a été le grand bénéficiaire de ces mouvements tandis que le dollar commence à être rattrapé par le recul des taux longs américains. Les taux souverains 10 ans ont enregistré hier une 8ième séance consécutive de recul et ont été aperçus en journée à un creux de presque 4 mois à 1,25% avant de retracer en fin de journée vers le seuil de 1,30%. La publication par ailleurs d'une hausse surprise des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis la semaine dernière (+373k Vs. 371k la semaine auparavant & consensus à 350k) a alimenté le mouvement de repli du dollar. Côté européen, les regards se portaient hier sur la BCE et la présentation par Christine Lagarde des conclusions de la première revue stratégique effectuée en presque 20 ans. Le nouvel objectif d'inflation fixé à 2% contre "un peu moins de 2%" auparavant avait déjà filtré la veille dans les médias aussi on s'attendait à peu de surprises. On retiendra tout de même que la présidente de la BCE n'a pas fait de références claires au niveau de tolérance de la banque en cas de dépassement de cet objectif. Cette absence a ainsi quelque peu nuancé les anticipations de marché considérant ce nouvel objectif d'inflation comme l'assurance d'un maintien plus long que prévu d'une politique accommodante en Europe. Les planètes étaient alignées jeudi pour favoriser un rebond de l'EUR/USD néanmoins ce mouvement ne permet pas de tirer la moindre conclusion sur la trajectoire de la paire qui semble toujours orientée à la baisse. Les anticipations de divergences monétaires entre les Etats-Unis et l'Europe mais aussi la montée des peurs en Europe sur une possible remise en question de la saison touristiques estivale à cause du variant Delta sont des facteurs pénalisants pour l'euro. Hier la France a déconseillé à ces citoyens de se rendre au Portugal et en Espagne où l'on observe en ce moment une forte remontée des contaminations de COVID. Sachant la part importante que représente le tourisme pour certaines économies européennes, il ne va sans dire que les scénarios de reprise pourraient être altérés si jamais de nouvelles restrictions de déplacement venaient à être prononcées sur l'ensemble du territoire européen. Le taux EUR/USD amorce la dernière séance de la semaine dans le rouge à 1,1830 $ et devrait être globalement sensible aujourd'hui au sentiment général de marché faute de publications de chiffres économiques majeures en Zone Euro et aux Etats-Unis.

 
EUR/GBP - L'aversion au risque et l'ombre de nouvelles tensions post-Brexit endommagent la livre sterling : généralement à son aise lorsque les marchés actions grimpent, la livre sterling l'est beaucoup moins lorsque les bourses mondiales commencent à s'agiter comme cela a été le cas hier. En effet, la devise britannique a cédé -0,6% face à l'euro pour revenir aux abords du seuil de 0,86 £.  Comme la devise commune européenne, la livre sterling est également la cible de craintes à l'égard des perspectives britanniques à la lueur de la forte remontée des contaminations de COVID outre-Manche. Jeudi, pour la seconde journée consécutive le Royaume-Uni a recensé plus de 30k nouveaux cas, ce qui n'était plus arrivé depuis janvier dernier. Alors que Boris Johnson se tient pour le moment à son plan initial de lever procéder le 19 juillet prochain à la dernière étape de déconfinement, il a été interpellé mercredi par la communauté scientifique et médicale qui dans une lettre ouverte signée par plus de 4000 personnes a qualifié la stratégie du premier ministre britannique de "dangereuse et immorale". Le chef du gouvernement britannique prendra une décision finale le 12 juillet prochain en fonction des données dont il dispose. Si jamais il venait à changer son fusil d'épaule et reporter une seconde fois ses plans de déconfinement, cela pourrait être préjudiciable pour la livre sterling. Autre sujet qui inquiète les marchés, l'ombre d'une nouvelle dispute entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne qui refait surface après la publication hier d'un rapport budgétaire européen dans lequel on apprend que le gouvernement britannique est tenu de verser la somme de € 47,5 Mds à Bruxelles en vertu de ses engagements financiers préalables au Brexit. Il s'agit d'un montant un peu plus élevé que prévu par rapport à la somme de € 41,4 Mds calculée en 2018 le Bureau de responsabilité budgétaire (OBR). Si aucun commentaire n'a pour le moment filtré du 10 Downing Street par rapport à cette annonce, on doute qu'elle ait été bien accueillie. Alors que les tensions s'étaient récemment apaisées entre les deux partenaires économiques consécutivement à la décision d'une trêve de 3 mois concernant l'application des règles de l'accord du Brexit sur la frontière nord-irlandaise, ce nouvel héritage du Brexit risque de remettre de l'huile sur le feu. La livre sterling reste ce matin légèrement sur la défensive face à l'euro après la publication de chiffres de croissance presque deux fois moins importants que prévu au mois de mai (+0,8 % M/M Vs. consensus +1,5%) et d'une contraction surprise de l'activité manufacturière (-0,1% M/M vs. consensus +1,0%) et du secteur de la construction (-0,8% M/M vs. consensus +1,0%) sur la même période.

 
EUR/JPY - Une hausse des risques dont se délecte le yen : très fortement mise à mal par la dynamique de "reflation" invoquée par les marchés depuis un an pour caractériser l'environnement financier dans cette phase de reprise de l'économie mondiale, la devise japonaise se délecte de la remontée des risques et des peurs autour des perspectives globales. Que ce soit la recrudescence de la pandémie ou les spéculations d'une possible réduction à venir de la politique de soutien de la Fed, on observe de la nervosité près de deux semaines sur les marchés obligataires et celle-ci commence tout doucement à gagner les marchés actions. Hier, la bourse américaine a cédé -0,9% (indice S&P 500) alors que son homologue européenne avait juste avant elle dégringolé de -1,7% (indice Stoxx 600). Le pétrole a cédé jusqu'à -1,8% en séance avant de retracer ses pertes et finir la journée avec un gain de presque +1%. Autant de turbulences et de mouvements d'aller-retour qui effritent la confiance des opérateurs de marché mais qui à l'inverse solidifient la demande pour le yen qui est en ce moment recherché pour ses qualités de valeur "refuge". Le taux EUR/JPY a reculé de -0,3% jeudi et ainsi enchaîné une 5ième séance consécutive de repli pour une perte cumulée de -1,6%. La paire de change a oscillé furtivement hier sous le seuil de 130 ¥ pour la première fois depuis le 23 avril dernier avant de retracer en fin de journée au niveau de cette barrière. Alors que les tensions semblent dégonfler ce matin, le taux enregistre un modeste rebond technique de +0,2%. Il faudra en premier lieu surveiller les marchés boursiers vendredi pour voir s'ils continuent à afficher le même niveau de résilience qui les caractérise depuis le début d'année ou si l'optimisme général commence à s'effriter.

 
EUR/CHF - Plus fort rebond du franc en presque 3 ans : même au plus fort de la pandémie on n'avait jamais vu le franc connaître une performance aussi forte que celle observée hier. La devise helvète s'est appréciée jeudi de +0,7% face à l'euro et ainsi enregistré sa meilleure séance depuis septembre 2018. Le retour des craintes à l'égard des perspectives européens face à la remontée des risques sanitaires cumulé à la lourde chute hier des marchés actions européens ont semble-t-il provoqué une large vague de demande en franc suisse. Résultat, le taux EUR/CHF a cassé hier le seuil de 1,09 ₣ et a clôturé à son plus bas niveau depuis février dernier. Cette vive remontée du franc soulève aussitôt des questions sur une éventuelle action de la Banque Nationale Suisse pour venir atténuer la revalorisation de la devise dont on sait qu'elle n'est pas très friande. Durant la pandémie, on avait vu la banque centrale helvète défendre ardemment le seuil de 1,05 ₣. Il est certain que le mouvement de la veille a très certainement attiré leur attention, toutefois sauf nouvelle accélération du franc on doute que les banquiers centraux interviennent massivement sur les marchés des changes pour influer sur la valeur du franc. Il ne serait pas forcément judicieux d'utiliser des cartouches trop tôt. Le taux EUR/CHF est stable ce matin à 1,0830 ₣.

 
EUR/AUD - Le dollar australien est le grand perdant du retour de l'aversion au risque : la devise australienne, qui a plus que n'importe qu'elle autre devise largement bénéficié de la dynamique de "reflation" sur les marchés, est désormais vivement impactée par le retour de l'aversion au risque. Celle-ci a enregistré jeudi sa pire séance depuis 4 mois et reculé de -1,2% face à l'euro pour clôturer la séance à un plus bas depuis 6 mois à plus de 1,59 A$. La baisse des tensions ce matin permet à l'Aussie dollar de retracer un peu des pertes de la veille (+0,2%), le taux EUR/AUD s'échangeant à 1,5920 A$.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.