Actualités du marché des devises

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juil. 08, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les risques sanitaires et la chute du pétrole rendent les marchés nerveux / Le yen grimpe à un pic depuis avril

  

Tendance du jour : l'aversion au risque domine les marchés ce matin au lendemain de la publication des Minutes de la Fed qui a mis en exergue une banque centrale américaine très divisée sur la question de la marche à suivre en matière de resserrement monétaire. Ce document a conforté le scénario central qui est que la banque centrale américaine devrait procéder à un ajustement de ses rachats d'actif incessamment sous peu et pourrait relever les taux dès l'année prochaine. La hausse des contaminations causées par le variant Delta en Europe mais aussi la chute prolongée des cours du pétrole alimentent un sentiment d'aversion au risque ce matin. Les devises cycliques telles que l'AUD et le NZD sont en net recul, tout comme les devises pétrolières d'ailleurs (CAD, MXN, NOK, RUB). Les devises émergentes sont également en difficultés, notamment les devises asiatiques, d'Europe de l'Est et le rand sud-africain. Le yen se renforce vivement et oscille ce matin sous le seuil de 130 ¥ pour la première fois depuis avril.

 
EUR/USD - Le dollar proche de ses plus hauts de l'année après les Minutes de la Fed : la paire de change a enchaîné mercredi une seconde séance consécutive de repli et chuté sous le seuil de 1,18 $ pour la première fois en 3 mois en marge de la publication hier soir du compte rendu de la réunion monétaire de juin de la réserve fédérale américaine. Les marchés anticipent très largement l'annonce, possiblement à la fin de l'été ou lors de la réunion de septembre, d'une réduction du rythme de rachat d'actifs actuellement de 120 Mds$ par mois dont 80 Mds$ de bons du Trésor. Les Minutes de la Fed ne nous ont pas apporté plus de détails sur le sujet sinon confirmées ce que l'on savait déjà, c'est à dire l'existence d'importantes divisions au sein du conseil de gouvernance sur la question du "tapering" et sur les conditions préalables à une première hausse de taux. Comme déjà observé à travers les récentes sorties publiques, un groupe de membres de la Fed qualifiés de "faucon" estiment que les pressions inflationnistes pourraient persister et considèrent qu'un rehaussement des taux directeurs pourrait être nécessaire plus rapidement que prévu. Dans le camp des "colombes" auquel appartient le gouverneur central Jerome Powell on préfère jouer la carte de la patience. Ce groupe estime qu'un trop grand nombre d'incertitudes entoure la reprise de l'économie américaine et qu'il serait préjudiciable de couper trop tôt ou trop massivement la perfusion monétaire introduite durant la pandémie. Si pour le moment le camp des "colombes" a le dessus sur celui des "faucons", rien ne prédit que ce sera encore le cas dans quelques mois. C'est le sentiment dominant qui émane depuis hier soir. Si le dollar n'a pas réellement réagi à la publication des Minutes, il n'a pas pour autant retracé les gains acquis en journée. Si ce document ne vient pas appuyer le scénario central anticipé par les marchés, à contrario il ne le remet absolument pas en cause. Au risque de se répéter, les divergences monétaires demeurent actuellement le principal catalyseur de la volatilité de l'EUR/USD. Celles-ci ont été renforcées hier, tant pas par la perspective d'un resserrement monétaire à venir aux Etats-Unis que par l'anticipation en parallèle du maintien probable d'une politique très accommodante en Zone Euro. En effet, les médias financiers ont révélé mercredi les principales conclusions de la première revue stratégique en 16 ans de la stratégie de la Banque Centrale Européenne (BCE). Parmi elles, on apprend que l'objectif d'inflation va être relevé à 2% (contre un peu moins de 2% actuellement) et que la banque se montrera flexible dans le futur à l'égard de possibles dépassements temporaires de ce seuil. Si cela n'est pas fait exprès, on peut tout de même noter que le timing de l'annonce est plutôt mal tombé pour l'euro. Celui-ci reste aux abords de 1,18 $ ce matin mais n'est plus qu'à quelques encablures de son point bas annuel atteint fin mars à 1,17 $. Il y a très peu de chiffres au programme ce jeudi si ce n'est la publication en début d'après-midi des traditionnelles statistiques hebdomadaires d'allocation chômage aux Etats-Unis. La présentation officielle, en début d'après-midi également, des conclusions de la revue stratégique de la BCE par Christine Lagarde ainsi que la publication des Minutes de la BCE de juin seront également à suivre ce jeudi.

 
EUR/JPY - Pas d'effets durables de la révision des perspectives européennes : le taux EUR/JPY a touché un pic en séance hier à 131 ¥ après la publication par la Commission Européenne d'une révision à la hausse significative de +0,5% de la projection de croissance de la Zone Euro en 2021 (4,8% Vs. 4,3% en mai dernier). La paire de change s'est toutefois cassée les dents sur cette barrière et n'a pas réussi à aller plus loin. Au contraire, elle a retracé ses gains de la matinée pour finalement clôturer la journée dans le rouge (-0,3%) à un plus bas depuis avril à 130,4 ¥. Outre les anticipations de changement de cap monétaire aux Etats-Unis qui agitent vivement les marchés des changes, le yen est en ce moment préféré à l'euro en raison des incertitudes sanitaires qui grandissent en Europe. Après le Royaume-Uni et le Portugal, c'est cette fois l'Espagne qui est au centre de l'attention puisque le pays a vu la semaine dernière les nouvelles contaminations quasiment tripler, révélait hier le journal The Financial Times. La saison estivale en Europe n'est actuellement pas remise en cause même si les autorités publiques commencent à sérieusement tirer la sonnette d'alarme face à la propagation rapide du variant Delta qui pourrait très bientôt être dominant en Espagne, mais aussi dans plusieurs autres pays européens dont la France. Le taux EUR/JPY continue de glisser ce matin et teste la barrière de 130 ¥ sous laquelle il n'a plus oscillé depuis le 23 avril dernier.

 
EUR/NOK - La couronne toujours endommagée par la chute du pétrole : les cours du brut enchaînent ce matin une 3ième séance consécutive de repli et teste un support de 3 semaines situé à 73 $. La recrudescence des risques sanitaires, les tensions au sein de l'OPEP et le spectre de la fin à venir d'une ère de taux bas aux Etats-Unis affectent le pétrole. En cumulé, les prix du brut reculent en Europe de plus de -5% depuis mardi. Après une pause hier, la couronne norvégienne accélère ce matin sa glissade (-0,7%) et chute à un plus bas depuis 4 mois face à l'euro à 10,35 NOK.

 
EUR/CNH - Une baisse de taux à venir en Chine ? : la question agite les marchés depuis hier et les propos sur le sujet délivrés par un ancien membre de la banque centrale chinoise Sheng Songcheng. Face aux multiples signaux de ralentissement de la reprise chinoise ; encore récemment observé à travers les dernières enquêtes d'activité PMI de juin ; Sheng a indiqué qu'il y avait de grandes chances que la banque centrale chinoise décide d'assouplir les conditions de crédit au second semestre. Jusqu'à présent, les autorités monétaires chinoises ont plutôt œuvré sur ce début d'année pour réduire l'émission de nouveaux crédits et ainsi contenir la hausse de l'endettement des entreprises chinoises, lequel se trouve déjà à des niveaux très significativement élevés. Or cette politique semble avoir un effet préjudiciable sur une économie chinoise qui doit en plus faire face à une forte hausse des prix des matières premières et un renforcement récent de sa devise à un pic de 3 ans face au dollar. Les marchés obligataires chinois ont vivement réagi à cette annonce, au contraire du yuan qui a bondi hier à un nouveau pic d'un an face à l'euro à 7,63 ¥. Si ce mouvement baissier relève davantage d'une dépréciation de l'euro que d'un renforcement du yuan, le fait est que la paire EUR/CNH n'en finit pas de glisser et accumule une perte de plus de -1% sur les deux dernières semaines et de -3% depuis le 20 mai. Le taux EUR/CNH retrace ses pertes de la veille ce matin et se repositionne au niveau du seuil de 7,65 ¥. Une baisse de taux en Chine pourrait inverser, ou au moins contenir la dynamique baissière visible actuellement sur la paire EUR/CNH.

 
EUR/HUF - Levée de bouclier à Bruxelles contre une loi controversée en Hongrie : l'entrée en vigueur hier par le Parlement hongrois d'une nouvelle loi contre la "promotion" de l'homosexualité auprès des mineurs a provoqué une vive levée de boucliers au sein de l'Union Européenne. Sous couvert de discrimination contre des personnes en fonction de leur orientation sexuelle, la Commission Européenne menace Budapest de lancer une procédure d'infraction pour violation présumée du droit européen. En parallèle, plusieurs parlementaires européens ont appelé Bruxelles à bloquer les aides du fonds de relance destinées à la Hongrie. Dans les faits, des sanctions européennes contre le gouvernement d'Orban sont compliquées à mettre en place car la décision nécessite un vote unanime des membres de l'UE or il est peu probable à ce stade que la Pologne soutienne ce projet. Cela n'empêche pas le forint hongrois de subir d'importantes secousses et de reculer ce matin sur ses plus bas niveaux depuis presque 2 mois face à l'euro à 358 HUF.


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