Actualités du marché des devises

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juil. 05, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Tentative de rebond de l'euro malgré un contexte général tendu (variants, cyberattaques & tensions à l'OPEP)

  
Tendance du jour : les principales tendances de ce début de semaine est la tentative de rebond de l'euro qui profite ce matin de bons indicateurs d'activité dans le secteur des services, les tensions qui émanent du groupe OPEP + sur l'avenir de la politique de quota de pétrole, les interrogations que soulèvent la multiplication des cyberattaques depuis le début de la pandémie (plus de 1000 entreprises américaines ciblées ce weekend), et bien évidemment la menace que fait planer le variant sur la reprise. Un grand nombre de devises liées au pétrole (CAD, NOK, MXN) et de devises émergentes comme le rand sud-africain (-1%) sont en net repli ce matin face à l'euro. Le taux EUR/USD tente timidement de se redresser mais reste encore assez éloigné du seuil de 1,19 $.

 
EUR/USD - Des progrès sur l'emploi insuffisants pour enflammer le dollar : malgré la publication de chiffres de l'emploi bien meilleurs qu'attendu vendredi dernier aux Etats-Unis (+850k créations d'emploi vs. consensus +700k / plus fort volume en 10 mois), les acheteurs de dollar ont guère été impressionnés. La hausse surprise du chômage (de 5,8% à 5,9%) et la croissance plus modeste que prévu des salaires (+0,3% M/M vs. consensus +0,4%) ont donné l'impression qu'il y avait encore des progrès à faire sur ce volet pour forcer les banquiers centraux américains à réduire la voilure en termes de soutien. Ainsi la conclusion qui est faite à l'issue de la séance de vendredi est que les progrès sur l'emploi sont de bon augure mais pas encore assez forts pour que la réserve fédérale considère une action de tapering tout de suite. Cela conforte la thèse actuelle d'une possible annonce d'ajustement fin août lors du symposium annuel de Jackson Hole ou lors de la réunion monétaire de septembre. La banque centrale américaine reste délibérément floue sur les objectifs en matière d'emploi et d'inflation qui justifierait une réduction de sa politique de rachat d'actifs. Cela lui permet de garder la main sur sa communication et de réguler, autant que possible, la volatilité sur les marchés financiers pour éviter de trop forts mouvements. En parlant justement de communication, les marchés liront attentivement le compte rendu de la réunion monétaire de la Fed en juin qui sera publié mercredi soir. Jerome Powell a reconnu le mois dernier que pour la première fois la discussion d'un tapering avait été mis sur la table, aussi il intéressera grandement les investisseurs d'avoir un peu plus de détails sur la teneur des échanges et la position officielle de la banque sur le sujet. On sait qu'il y a aujourd'hui deux camps au sein de la Fed entre ceux qui voudraient que l'on commence à amorcer rapidement une politique de transition monétaire vers un nouveau cycle de hausse de taux pour endiguer le risque de surchauffe de l'économie et la montée de l'inflation et le camp de ceux qui réclament de la patience et de la prudence sous couvert que la hausse des prix est transitoire et que le chemin de la reprise est encore jonché d'incertitudes. Le gouverneur Powell appartient à ce second camp et joue actuellement de son influence pour poursuivre pour le moment une politique de statu quo. Le dollar a vivement progressé sur le mois de juin et s’est apprécié de plus de 3% depuis son dernier point bas touché le 25 mai dernier à 1,2250 $. Après quatre séances consécutives de hausse et un pic de 12 semaines à presque 1,18 $ touché vendredi en réaction immédiate à la publication des données sur l'emploi, le dollar a retracé ses gains et clôturé la dernière séance de la semaine dans le rouge à plus de 1,1850 $. Le manque de traction sur les taux courts américains ont d'autant plus pénalisé le dollar que le dégonflement momentané des incertitudes sanitaires en Europe a favorisé un rebond correctif de l'euro. La paire EUR/USD est en hausse ce matin et surfe sur la bonne surprise d'une révision à la hausse de l'estimation de l'indice d'activité PMI des services en Zone Euro au mois de juin. La séance sera exclusivement influencée par l'Europe puisque les investisseurs américains profitent d'un weekend prolongé en raison des célébrations de la journée de l'indépendance des Etats-Unis du 4 juillet. Le maintien de risques sanitaires en Europe fragilise pour le moment l'euro et rend difficile un retour à 1,19 $.

 
EUR/JPY - Cyberattaques, variants & tensions sur le pétrole stimulent le yen : les sources de tension sur les marchés financiers sont multiples ces dernières 72 heures d'où ce regain d'intérêt pour le yen auquel on assiste depuis vendredi. Les risques sanitaires sont à nouveau sous les feux des projecteurs et inquiètent d'autant plus les acteurs financiers qu'ils commencent à être de plus en plus évoqués par les autorités politiques comme une menace potentielle pour les perspectives. Autre source d'inquiétude, les multiples cyberattaques dont ont été victimes plus d'un millier d'entreprises américaines durant le weekend. Si on ne mesure pas encore les impacts de ces tentatives groupées de rançon, la multiplication de ces attaques depuis le début de la pandémie ne laisse pas les acteurs de marché insensibles. Autre source de tension, cette fois sur le pétrole, est le conflit observé en ce moment même au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) entre l'Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis concernant la stratégie de quota que le premier cité souhaiterait voir prolonger jusqu'à fin 2022 mais que le second refuse. La paire EUR/JPY est retombée vendredi sous le seuil de 132 ¥ et est assez stable ce lundi matin. Si les fondamentaux économiques européens porte l'euro ce matin, cela pourrait ne pas durer. D'autant plus si la panique commence à s'emparer des cours du pétrole en cas d'absence d'accord à l'OPEP et de montée des craintes d'implosion de l'organisation.

 
EUR/ZAR - Incertitudes monétaires et hausse du dollar ne font pas bon ménage pour le rand : la devise sud-africaine a chuté de -1% jeudi face à l'euro et cédait ce matin près de -0,5% de pertes, retombant ainsi sur ses plus bas niveaux depuis début mai à presque 17,2 ZAR. Les incertitudes très fortes concernant la recrudescence de la pandémie et les restrictions sanitaires que celle-ci pourrait impliquer, à l'échelle mondiale mais aussi en Afrique du Sud où un pic de contamination depuis janvier a été atteint hier avec plus de 20k nouveaux cas recensés, affectent une devise comme le rand. Celle-ci pâtit également de la hausse récente du dollar et de la nervosité qui monte sur les marchés financiers en amont de la publication ce vendredi des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis. Il est clair que de bons résultats cet après-midi et une intensification des spéculations monétaires aux Etats-Unis pourraient occasionner de nouvelles secousses sur la devise sud-africaine. Une première résistance située à 17,2 ZAR fait barrage à l'ascension de la paire EUR/ZAR. Une fois ce seuil franchi, la paire devra s'attaquer à celui de 17,5 ZAR qui est tout simplement le plafond observé au second trimestre 2021.

 
EUR/CAD & EUR/NOK - La crainte d'une implosion de l'OPEP impacte les devises pétrolières : aussi bien le dollar canadien (-0,5% à 1,4650 C$) que la couronne norvégienne (-0,3% à 10,18 NOK), deux devises sensibles au prix du pétrole, sont sur la défensive ce matin face à l'euro alors même que les cours du brut continuent de grimper et tutoient ce matin ses plus hauts niveaux depuis 2018 (76 $ pour l'indice Brent). Outre le rebond correctif de l'euro qui tente d'effacer ce matin les lourdes pertes subies vendredi dernier, les devises pétrolières sont sensibles ce lundi aux tensions observées depuis plusieurs jours au sein du groupe OPEP + (OPEP & ses alliés comme la Russie). Le risque d'une absence d'accord sur une politique commune de réintégration graduelle de nouveaux barils sur le marché à travers une politique de quota que l'Arabie Saoudite souhaiterait voir prolonger jusqu'à la fin de l'année 2022 fait planer la menace d'une forte correction des prix du pétrole. Le rallye des cours du brut - de près de +300% en Europe depuis le point bas touché en avril 2020 - repose en grande partie sur la politique de quota introduite par les principaux producteurs et exportateurs de pétrole. Une hausse soudaine et importante de l'offre en pétrole sur les marchés en cas de mésentente sur une prolongation des quotas est fortement susceptible d'engendrer une correction. On suivra attentivement l'avancée des discussions sur le sujet qui se poursuivront ce lundi.


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