Actualités du marché des devises

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juil. 02, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

L'emploi américain tient en haleine les marchés des changes /  Le dollar garde le sourire, le ZAR et le BRL frémissent

  
Tendance du jour : cela ne surprendra personne de dire que ce vendredi c'est l'attentisme qui domine, toute l'attention étant focalisée sur les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis qui seront publiés en début d'après-midi. Pour un grand nombre d'observateurs, ce résultat pourrait être décisif dans la réflexion actuelle de la Fed de procéder dans un futur proche à une opération de "tapering", et si oui à quelle magnitude. Le consensus est assez optimiste et anticipe 700k créations, ce qui serait le plus haut volume observé sur les trois derniers mois et le second plus élevé depuis octobre 2020. Les spéculations iront bon train dans l'après-midi, d'autant plus si le résultat officiel diverge assez significativement de l'estimation du consensus. Si le dollar sera le premier impacté par ce résultat, un bon nombre de devises suivent attentivement les répercussions de ce résultat sur le sentiment des acteurs de marché. Plusieurs devises émergentes ont lourdement chuté en amont de ce rapport comme le ZAR ou le BRL, ce qui nous offre un avant-goût d'une possible séance très volatile à suivre ce vendredi.

 
EUR/USD - Le dollar garde un œil sur l'emploi : les regards seront braqués ce vendredi après-midi sur les nouvelles statistiques de l'emploi aux Etats-Unis (14h30), lesquelles permettront d'évaluer l'état de santé de l'économie américaine mais aussi de fournir des précisions sur la problématique de pénurie de main d'œuvre que rencontre certains secteurs. Le consensus mise sur 700k créations de poste en juin, soit une augmentation de +25% par rapport au précédent rapport de mai (+559k en première lecture). Le chômage est attendu en légère baisse à 5,7% contre 5,8% le mois précédent et une nouvelle hausse importante des salaires de +0,4% (Vs. +0,5% M/M en mai) est également anticipé par le marché. Ce sont là des estimations plutôt optimistes qui, si elles se matérialisent, pourraient donner du grain à moudre à un scénario d'une réduction imminente (possiblement à la fin de l'été) des mesures de soutien de la réserve fédérale américaine (Fed). Les spéculations à ce sujet sont d'autant plus élevées au regard de certains déséquilibres de marché qui apparaissent comme l'explosion des prix de l'immobilier ou encore plus récemment le niveau record de presque 1000 Mds$ d'opérations de reverse-repo effectuées par la Fed pour évacuer le trop-plein de liquidités sur les marchés financiers. Néanmoins, pour valider le choix de réduire la voilure en matière de rachat d'actifs, il faut que les banquiers centraux américains aient l'assurance que l'économie est sur de bons rails et que les risques de rechute sont très réduits. De mauvais chiffres de l'emploi - du moins bien en-dessous des attentes - pourraient instaurer un doute et repousser dans le temps les prises de décision. Le dollar est resté orienté à la hausse hier face à l'euro mais la volatilité a été très réduite, la faute à un attentisme des acteurs de marché en amont des données américaines sur l'emploi. Si le taux EUR/USD a clôturé la séance à son plus bas niveau depuis 12 semaines, la barrière de 1,1850 $ a joué son rôle de support et évité à la paire de change qu'elle ne se replie plus significativement. L'EUR/USD va-t-il faire la passe de 5 et connaître toute une semaine de repli ? C'est ce qui se profile pour le moment puisque le taux de change est sur la défensive ce matin (-0,1% à 1,1840 $). Une hausse des spéculations autour de l'agenda de la Fed et une remontée des taux courts américains pourraient stimuler le dollar et le rapprocher un peu plus de ses plus hauts de l'année (1,17 $). Si on a aucune surprise à l'issue de la séance, il n'est pas impossible d'observer des prises de bénéfice et un léger retracement de la paire en direction de 1,19 $. Si l'emploi américain risque de dominer tous les débats, on aura également une oreille attentive aux propos tenus par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui participera cet après-midi aux rencontres économiques d'Aix.

 
EUR/GBP - Retour à la case départ : au regard des résultats finaux des enquêtes d'activité mensuelles PMI, l'industrie britannique a progressé un peu moins fortement que prévu (estimation révisée à la baisse de 64,2 à 63,9) tandis qu'en Zone Euro le secteur a à la surprise générale mieux performé que ne le laissait penser les premières estimations publiées le mois dernier (estimation révisée à la hausse de 63,1 à 63,4). Cette divergence de dynamique - même si en soi elle n'implique pas forcément une différence significative de rythme d'activité entre les deux régions - a favorisé l'euro au détriment de la livre sterling. Les commentaires également du gouverneur central britannique, Andrew Bailey, indiquant qu'il n'avait pas l'intention de sur-réagir à des données élevées de l'inflation ont affecté les acheteurs de livre. Retour donc à la case départ pour l'EUR/GBP qui est revenu se positionner jeudi à hauteur du seuil de 0,86 £. La moyenne journalière du taux de change en clôture depuis le 11 mai est de 0,8595 £, c'est dire au combien depuis plusieurs semaines celui-ci est peu volatile pour ne pas dire prévisible. Stable ce matin, la paire de change ne devrait à priori pas nous offrir de coups d'éclat sur cette fin de semaine compte tenu de l'absence aujourd'hui de publication de chiffres majeurs outre-Manche. Si les tensions politiques héritées du Brexit semblent s'être dégonflées ces derniers jours et notamment depuis l'annonce mercredi d'une trêve de 3 mois concernant le conflit autour de la frontière nord-irlandaise, on surveillera toutefois les échanges aujourd'hui entre le premier ministre britannique Boris Johnson et la chancelière allemande Angela Merkel qui est en visite officielle de l'autre côté de la Manche.

 
EUR/JPY - L'euro porté par ses fondamentaux : cela va un petit mieux pour la paire EUR/JPY qui vient d'enchaîner deux séances consécutives de hausse (+0,5% de gains en cumulé) et qui a fait son retour depuis hier au-dessus du seuil de 132 ¥. La révision à la hausse surprise de l'indice PMI manufacturier de juin et la baisse, tout aussi inattendue, du taux de chômage en Zone Euro à son plus bas niveau depuis 11 mois (7,9% Vs. 8,1% en avril) ont porté l'euro face au yen. Pas d'emballement pour autant puisque la paire de change fait du sur-place ce matin et reste encore éloigné du seuil de 132,6 ¥ qui fait office de seuil de résistance contre lequel le taux EUR/JPY bute depuis maintenant deux semaines. La paire n'a pas encore tout à fait retracé la moitié des pertes (-2,4%) subies sur le mois de juin, aussi elle peut encore se redresser davantage mais encore faut-il que les conditions de marché soient favorables. Il faudra suivre attentivement les réactions aux chiffres de l'emploi américains et les éventuelles secousses que pourraient rencontrer les marchés actions en cas de nouvelle poussée significative des rendements obligataires américains. Une hausse de la volatilité annihilerait la tentative de redressement de la paire EUR/JPY et au contraire la redirigerait vers ses récents points bas (130,7 ¥).

 
EUR/ZAR - Incertitudes monétaires et hausse du dollar ne font pas bon ménage pour le rand : la devise sud-africaine a chuté de -1% jeudi face à l'euro et cédait ce matin près de -0,5% de pertes, retombant ainsi sur ses plus bas niveaux depuis début mai à presque 17,2 ZAR. Les incertitudes très fortes concernant la recrudescence de la pandémie et les restrictions sanitaires que celle-ci pourrait impliquer, à l'échelle mondiale mais aussi en Afrique du Sud où un pic de contamination depuis janvier a été atteint hier avec plus de 20k nouveaux cas recensés, affectent une devise comme le rand. Celle-ci pâtit également de la hausse récente du dollar et de la nervosité qui monte sur les marchés financiers en amont de la publication ce vendredi des chiffres de l'emploi aux Etats-Unis. Il est clair que de bons résultats cet après-midi et une intensification des spéculations monétaires aux Etats-Unis pourraient occasionner de nouvelles secousses sur la devise sud-africaine. Une première résistance située à 17,2 ZAR fait barrage à l'ascension de la paire EUR/ZAR. Une fois ce seuil franchi, la paire devra s'attaquer à celui de 17,5 ZAR qui est tout simplement le plafond observé au second trimestre 2021.

 
EUR/BRL - Le réal tremble avant l'emploi américain : la devise brésilienne a lourdement chuté jeudi et subi sa pire séance face à l'euro depuis presque 3 mois (-1,5%). La cause des tourments, la nervosité bien sûr en amont du rapport sur l'emploi aux Etats-Unis et les implications de celui-ci sur les futurs choix de la Fed, notamment sa décision de procéder à un "tapering" (réduction des rachats d'actifs) plus ou moins rapidement et plus ou moins significatif. Le taux EUR/BRL que l'on avait vu chuter fin juin à un creux d'un an à 5,85 BRL est remonté hier au niveau du seuil de 6,0 BRL. Celui-ci retrace très légèrement ce matin une partie des gains de la veille (-0,1%) mais ne manquera pas de réagir dans l'après-midi, positivement ou négativement, selon la teneur des chiffres américains.


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