Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

juil. 01, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Pire performance en 3 ans pour l'EUR/USD en juin, l'EUR/CNH sur ses plus bas de l'année à l'occasion des 100 ans du PCC

  

Tendance du jour : une fois n'est pas coutume, le début de séance est relativement calme en Europe. L'euro paraît encore sonné de la séance de la veille au cours de laquelle elle a été en retrait face à un grand nombre de devises dont le dollar contre lequel elle a enregistré en juin sa pire performance depuis 3 ans. Si l'environnement global se détend malgré des risques sanitaires toujours présents, la devise européenne éprouvait des difficultés à se redresser. On pourrait assister à une séance tactique et attentiste ce jeudi sachant que les attentes sont focalisées sur les chiffres de l'emploi américains qui seront publiés vendredi après-midi. À noter tout de même le rebond ce matin des devises pétrolières et cycliques (AUD, NZD) en marge de la poursuite aujourd'hui des débats entre l'OPEP et ses alliés à l'occasion d'un séminaire semestriel. Le yuan chinois teste ce matin ses plus hauts de l'année face à l'euro en marge des célébrations des 100 ans du parti communiste chinois.

 
EUR/USD - Une fin de mois en eau de boudin : le taux EUR/USD a enchaîné mercredi une 3ième séance consécutive de repli, portant ainsi ses pertes à -3% sur l'ensemble du mois de juin. C'est tout simplement sa pire performance depuis 3 ans. La combinaison d'un environnement de marché averse au risque et de regain de flamme du thème des divergences monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro ont grandement influencé la sous-performance de la paire de change. Sans surprise pourtant, l'inflation européenne a ralenti au mois de juin, la dynamique annuelle de l'indice principal redescendant sous le seuil de 2,0% (1,9% exactement) et celle de l'indice sous-jacent s'est rétractée sous le seuil de 1,0% (0,9% exactement). Ce ralentissement peu détonner au regard de la reprise d'activité des services grâce à l'allègement des restrictions sanitaires effectué en Europe à cette période. Si une nouvelle accélération des prix pourrait se matérialiser dans les prochains mois (consensus), on se rend néanmoins bien compte que les risques liés à l'inflation ne sont absolument pas les mêmes en Europe qu'aux Etats-Unis, d'où une probable différence d'approche et de calendrier monétaire entre la BCE et la FED dans les prochains mois et trimestres. À la lecture seule des résultats d'hier, on peut légitimement penser qu'ils enlèvent de la pression sur les épaules des banquiers centraux européens à statuer rapidement de l'évolution de son programme quantitatif d'urgence et de son enveloppe de € 1850 Mds qui arrive à échéance en mars 2022. Par ailleurs, la publication hier d'un rapport aux Etats-Unis indiquant un volume de créations d'emploi supérieur aux attentes dans le secteur privé (692k Vs. consensus 600k) a été positivement accueillie par les acheteurs de dollar, et ainsi alimenté la dynamique de repli de l'EUR/USD. Hier, la paire de change a clôturé la séance, le mois et le trimestre à son plus bas niveau depuis près de 3 mois juste au-dessus du seuil de 1,1850 $. Ce matin, elle restait sur la défensive et prenait la direction de 1,18 $ alors que les ventes au détail en Allemagne ont enregistré un rebond moins fort que prévu en mai (+4,4% M/M Vs. consensus +5,0%) et que les estimations d'avril ont été revues à la baisse (-6,8% M/M Vs. -5,5% en 1ière est.). À moins de 48 heures de l'évènement majeur de la semaine, à savoir la publication vendredi après-midi des statistiques officielles de l'emploi aux Etats-Unis, le dollar a clairement la cote auprès des opérateurs de marché. Avant cette échéance majeure, on se concentrera aujourd'hui sur la publication ce matin en Zone Euro des chiffres de chômage et le résultat final de l'enquête PMI dans le secteur manufacturier, et cet après-midi aux Etats-Unis sur les statistiques d'inscriptions aux allocations chômage et le résultat de l'indice d'activité ISM dans le secteur manufacturier au mois de juin.

 
EUR/GBP - Confirmation d'une trêve de 3 mois dans la "guerre des saucisses" : Bruxelles a confirmé mercredi qu'elle prolongeait de 3 mois le moratoire autorisant le commerce de viandes réfrigérées entre le Royaume-Uni et l'Irlande du Nord, ce qui sans cet accord n'aurait plus été possible à compter du 1er juillet. Grandement attendue, cette décision s'inscrit dans une volonté de désescalade des tensions entre l'UE et le Royaume-Uni que l'on avait ressurgir au printemps, notamment sur des questions de pêche mais aussi concernant le statut juridique de la frontière nord-irlandaise. Si on ne peut pas attribuer à cette seule annonce le crédit du rebond observé hier de la livre sterling contre l'euro (+0,3% à 0,8570 £), elle est néanmoins un argument qui favorise davantage un rallye qu'un mouvement dépréciatif de la devise britannique. Stable ce matin, la paire EUR/GBP reste toujours à proximité du seuil de 0,86 £ dont elle a du mal à se défaire depuis près d'une semaine. Sauf surprise, on doute que les résultats finaux de l'enquête PMI du secteur manufacturier au Royaume-Uni provoquent d'importantes fluctuations au niveau de la livre, celle-ci devrait ainsi restée sensible à l'humeur des marchés financiers et notamment l'appétence aux risques des investisseurs. Le maintien de risques sanitaires au Royaume-Uni apparaît pour le moment comme un frein à une revalorisation plus important de la livre. Hier, la région a enregistré plus de 25 000 nouveaux cas pour la première fois depuis janvier dernier. Le fait que la courbe des décès reste très basse (moyenne 7 jours à 16 décès journaliers) contient toutefois tout effet de panique outre-Manche.

 
EUR/CAD - Le loonie se reprend et revient tutoyer ses plus hauts niveaux de l'année : après deux séances consécutives de repli, le dollar canadien s'est repris et a rebondi de +0,4% face à l'euro mercredi. La dépréciation de l'euro en écho au ralentissement de l'inflation en Zone Euro combinée à la réception positive d'une contraction plus modeste que prévu de l'économie canadienne au mois d'avril (-0,3% M/M Vs. consensus -0,8%) et d'une révision à la hausse de l'estimation de mars (+1,3% M/M Vs. +1,1% en 1ière lecture) ont grandement participé au retraçage de la paire EUR/CAD. Le maintien des prix du pétrole aux Etats-Unis sur ses plus hauts niveaux depuis 2018 joue également un rôle non négligeable dans le rebond du loonie. Finalement, le taux EUR/CAD est de retour depuis hier sous le seuil de 1,47 C$ et revient se positionner à proximité de la barrière de 1,4650 C$ qui joue le rôle de seuil support du cours de change en 2021 et de plancher depuis février 2020. La devise canadienne sera attentive sur cette fin de semaine aux fluctuations des cours du pétrole qui eux seront sensibles aux discussions qui se tiendront ce jeudi entre les membres de l'OPEP et leurs alliés à l'occasion d'un séminaire semestriel.

 
EUR/CNH - Le yuan revient tester ses plus hauts annuels face à l'euro pour célébrer les 100 ans du parti communiste chinois : l'euro est en perte de vitesse cette semaine et semble souffrir d'un complexe monétaire au sein d'un environnement inflationniste en Europe moins inquiétant qu'ailleurs. Le yuan est relativement stable et ne semble pas impacté par la publication coup sur coup de deux enquêtes d'activité en Chine montrant un ralentissement de l'activité dans le secteur manufacturier en juin. Les marchés préfèrent retenir que l'économie chinoise reste en expansion et que par ailleurs les contraintes liées à la forte hausse des cours des matières premières se détendent grâce à l'appui d'une politique gouvernementale de contrôle des prix. Le yuan est très stable face au dollar ce matin (6,46 ¥) mais enchaîne en revanche une 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro (une 6ième sur les sept derniers jours ouvrés) pour un gain cumulé qui approche désormais les 1%. Alors que l'actualité du jour est marquée par la célébration du centenaire du parti communiste chinois et le discours offensif du président Xi Jinping sur fond d'opposition entre l'ancien monde et un nouveau monde marqué par l'essor de l'économie chinoise, le taux EUR/CNH teste ce matin ses plus bas de l'année. En effet, la paire flirte avec la barrière de 7,66 ¥ qui fait office de seuil support depuis mars 2020 et qui n'a été touché qu'à quatre reprises depuis un an (dont ce matin).

 
EUR/ZAR - La nervosité décroit, le rand retrace ses pertes : le dégonflement hier des inquiétudes liées au variant Delta et l'apparition d'une nouvelle vague mondiale susceptible de mettre en péril les scénarios de reprise ont favorisé des mouvements correctifs. Le rand, que l'on a vu sur la défensive face à l'euro en juin, en a profité pour retracer une partie des pertes accumulées au cours du mois. La devise sud-africaine a en effet progressé mercredi de +0,8% face à l'euro et s'est repositionnée à hauteur de 16,90 ZAR. Malgré ce sursaut, le rand termine le mois avec un recul de -0,8% face à l'euro et enregistre ainsi sa pire performance mensuelle depuis 5 mois. La paire EUR/ZAR est très stable ce matin et reste très attentif à l'humeur des marchés financiers et aux réactions sur cette fin de semaine aux nouveaux chiffres de l'emploi aux Etats-Unis


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.