Actualités du marché des devises

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juin 25, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La livre échaudée par l'attentisme de la BoE, l'ascension fulgurante du réal brésilien se poursuit

  
Tendance du jour : on recense très peu de volatilité ce matin sur les marchés des changes mais l'on attend que cela s'agite un peu plus dans l'après-midi à l'occasion de la publication aux Etats-Unis des indices de prix PCE qui ne manqueront pas d'alimenter les débats actuels autour des futures actions de la réserve fédérale américaine. L'optimisme domine les échanges et l'euro reste (modérément) orienté à la hausse, lequel continue également de s'appuyer sur la publication cette semaine d'indices de confiance en progrès en Europe (confiance des ménages en Allemagne ressortie ce matin à un pic de 11 mois). Les marchés actions asiatiques sont en hausses ce matin après les nouveaux records atteints hier par Wall Street et l'annonce d'un accord bipartisan trouvé par la Maison Blanche autour d'un plan d'infrastructure d'un montant de 1,2 Trn$ sur 8 ans. Si un vote au Congrès n'est pas encore à l'ordre du jour, c'est néanmoins une avancée majeure compte tenu des blocages qui subsistaient ces dernières semaines sur ce dossier. Le pétrole continue de grimper, ce qui fait les affaires de la couronne norvégienne ou encore du rouble russe qui enchaînent les séances de hausse. Le réal brésilien, que l'on a vu bondir hier à un pic d'un an face à l'euro, et le peso mexicain, qui a enregistré hier sa meilleure séance depuis 3 mois, corrigent légèrement. Le yuan chinois est orienté à la hausse ce matin et surfe sur le rebond de plus de 1% des actions chinoises.

 
EUR/USD - Pas de direction claire : malgré la publication en Europe d'indices de climat des affaires en nette hausse (pic depuis 2007 en France / pic depuis 2018 en Allemagne), l'euro ne parvient pas à enclencher une ascension en direction de 1,20 $. Même l'annonce d'un accord bipartisan trouvé hier entre la Maison Blanche et un groupe de sénateurs des deux principales formations du pays sur un plan d'infrastructure de 1,2 Trn$ sur 8 ans et les nouveaux records atteints dans la foulée par Wall Street n'ont pas permis à la paire de change de décoller. Une pointe a été recensée hier à presque 1,1960 $ mais l'EUR/USD a fini par retracer et revenir vers le niveau de 1,1930 $ qui était le sien à l'ouverture de la séance. Le spectre d'un réajustement par la réserve fédérale américaine de sa politique de soutien continue de trotter dans l'esprit des investisseurs et d'influer leurs prises de décision. Les divers commentaires entendus hier de membres de la Fed n'ont fait que renforcer la confusion autour du sujet alors qu'il apparaît clairement que la banque centrale américaine est actuellement scindée en deux entre ceux qui préconisent une action rapide face aux risques liés à l'inflation et ceux comme le gouverneur central J. Powell qui considèrent qu'il n'y a pas de raisons de se précipiter sachant que la montée des prix est un phénomène transitoire. Au regard de l'environnement de marché actuel, plutôt favorable aux prises de risque, on a tendance à croire que l'équilibre des risques est plutôt orienté à la hausse qu'à la baisse sur la paire EUR/USD. Néanmoins les échecs successifs de la paire de change à passer le cap des 1,1950 $ pourrait à force lasser les acheteurs d'euro et participer à un retour en grande pompe des vendeurs. La publication cet après-midi aux Etats-Unis des indices de prix PCE et de l'indice Michigan de confiance des ménages seront les deux évènements majeurs de la journée qui ne manqueront pas de faire réagir les suiveurs de la paire EUR/USD. Il apparaît clair qu'une nouvelle preuve d'une accélération de l'inflation outre-Atlantique viendrait nourrir les spéculations autour d'une action imminente de la Fed et d'un probable "tapering" des rachats d'actif d'ici la fin de l'été. En cas de forts mouvements haussiers sur les taux courts, nous pourrions assister à un nouveau rebond du dollar et une rechute de l'EUR/USD sous 1,19 $.

 
EUR/GBP - La BoE calme les spéculations de hausse de taux : marchant dans les pas de son homologue américaine, la Banque d'Angleterre a repoussé les spéculations autour d'une possible réduction de sa politique de soutien, cette dernière jugeant qu'il n'y avait aucune raison de se précipiter au regard des incertitudes qui persistent à l'égard des perspectives économiques. Comme la Fed, la banque centrale britannique minimise les risques liés à l'inflation et considère le phénomène transitoire. Si elle s'attend à voir l'inflation prochainement dépasser les 3% dans les prochains mois, la banque pense néanmoins que les pressions haussières vont assez vite dégonfler en raison de l'amenuisement des facteurs à l'origine de cette flambée des prix. Alors que les investisseurs espéraient glaner lors de cette réunion monétaire quelques indices sur l'orientation monétaire de la BoE, ils sont ressortis totalement bredouilles. La carte de la prudence affichée par la banque centrale britannique peut s'entendre sachant qu'elle n'a pas encore assez de recul sur la soutenabilité de la dynamique de reprise au Royaume-Uni ou encore sur les perspectives d'inflation dans le pays, et que dans le même temps des incertitudes persistent concernant l'environnement sanitaire. Le regain de vitalité du virus outre-Manche soulève des interrogations sur son impact potentiel sur l'économie dans les prochains mois. Un nouveau pic de 4 mois a été atteint hier avec plus de 16k nouveaux cas recensés. Le fait qu'il n'y ait pas cette fois de corrélation entre le nombre de cas et le nombre de décès (moyenne mobile 7 jours à 15 décès/jour au 24 juin) limite pour le moment le risque de nouveau confinement. Alors que l'on avait vu la livre sterling s'approcher du seuil de 0,85 £ en début de semaine, celle-ci a retracé hier vers le seuil de 0,86 £ sur fond de déception générale à l'égard de l'attentisme affichée par la BoE. C'est une nouvelle occasion ratée pour la livre sterling de s'extraire du couloir de 0,85-0,87 £ dans lequel elle est coincée depuis 4 mois. Il faudra maintenant probablement attendre le mois d'août et la publication des nouvelles projections économiques de la Banque d'Angleterre pour savoir combien de temps encore cette dernière entend maintenir sa politique de soutien.

 
EUR/NOK - La hausse du pétrole donne des ailes à la couronne norvégienne : le rebond des prix du brut en Europe qui ont clôturé jeudi à leur plus haut niveau depuis octobre 2018 à presque 76 $ redonne de l'entrain à une couronne norvégienne que l'on avait vu subir quelques secousses en marge de la dernière réunion de la Fed. La devise norvégienne vient d'enchaîner quatre séances consécutives de hausse face à l'euro, ce qui ne lui était plus arrivé depuis mars dernier, et enregistrait un gain cumulé de +1,4% avant la séance de vendredi. La devise n'a pas encore effacé l'intégralité des -2% de pertes subies la semaine dernière mais elle s'en approche. De retour depuis hier sous le seuil de 10,15 NOK, la paire EUR/NOK reste sur la défensive ce matin et continue d'avancer en direction du seuil de 10,10 NOK.

 
EUR/BRL - Le réal touche un pic d'un an : le réal a enregistré hier une nouvelle séance durant laquelle il a engrangé au moins 1% de gains face à l'euro. C'est déjà la 21ième fois que cela arrive cette année, ce qui représente un ratio de 17% des séances de 2021. La devise brésilienne enregistre désormais un gain cumulé de presque +16% face à l'euro depuis son point bas touché en mars dernier et oscille désormais à son plus haut niveau depuis un an à moins de 5,90 BRL. La devise brésilienne est encore valorisée 7% en-dessous du point haut touché en juin 2020 à 5,44 BRL ce qui préfigure un potentiel haussier encore important. Hier, c'est le rebond d'un indice de confiance des ménages au Brésil à un pic de 7 mois couplé au regain d'appétit au risque des opérateurs de marché qui semble avoir alimenté le rallye de la devise brésilienne. Celle-ci corrige légèrement ce matin mais reste toujours valorisée sous le seuil de 5,90 BRL.

 
EUR/MXN - Une hausse de taux inattendue : à la surprise générale la banque centrale mexicaine a décidé hier de relever de 25 pbs son taux directeur principal à 4,25% afin de contenir les effets négatifs provoqués par la vive hausse des prix sur le début d'année. L'inflation est actuellement à 6%, soit un niveau bien au-dessus de l'objectif de 3% que la banque a fixé avec une bande de tolérance de +/- 1%. Si la banque reconnaît que l'équilibre des risques autour de l'inflation est actuellement haussier, elle est restée relativement floue sur l'éventualité de nouvelles hausses de taux lors des prochains mois. Le peso a vivement réagi à l'annonce d'un premier resserrement monétaire auquel on ne s'attendait pas et progressé de +1,6% face à l'euro. Alors que le peso a clôturé hier à un pic de 15 mois sous le seuil de 23,70 MXN, il retraçait modestement une partie de ses gains ce matin.


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