Actualités du marché des devises

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juin 24, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les hausses de taux sont à la mode au sein des économies émergentes, la livre sterling surveille un signe de la BoE

  

Tendance du jour : on assiste, une fois n'est pas coutume, à un début de séance calme. C'est souvent le cas avant de grandes échéances. Celles d'aujourd'hui est la réunion de la Banque d'Angleterre dont les conclusions seront rendues publiques à la mi-journée et l'enchainement de discours publics de pas moins de six membres de la Fed cet après-midi et dans la soirée. L'euro est plutôt orienté à la hausse ce matin malgré la (mini) déception causée par la stabilité de l'indice de climat des affaires en France alors que le consensus misait sur une hausse. Il est possible que les anticipations d'un rebond des indices Ifo de climat des affaires en Allemagne tiennent l'euro à flot. On verra très vite si cela est justifié ou non. On note que les devises d'Europe de l'Est gardent le vent en poupe après les hausses de taux successives opérées cette semaine en Hongrie et en République Tchèque.

 
EUR/USD - La Fed sème la confusion : orientée à la hausse après la publication de bons indicateurs PMI en Europe, la paire EUR/USD a échoué dans sa tentative d'enchaîner une 3ième séance consécutive de hausse et retracé la totalité des gains de la journée durant la séance américaine. La journée avait pourtant bien débuté grâce à la publication d'enquêtes d'activité indiquant une accélération du secteur privé européen en juin à un pic de croissance de 15 ans. Malgré des soucis d'approvisionnement et des tensions sur les prix, l'activité dans l'industrie reste très robuste. Quant au secteur des services, il a vivement progressé en cette fin de premier semestre sous l'impulsion d'une relaxation des restrictions sanitaires au sein des principales économies de la Zone Euro. Stimulé par ces nouvelles preuves d'une amélioration des perspectives européennes, l'EUR/USD s'est apprécié jusqu'à atteindre un nouveau pic cette semaine à 1,1970 $ en début d'après-midi. La séance américaine a été plus compliquée pour la paire de change, la faute aux propos de membres de la Fed qui ont à nouveau semé la confusion dans l'esprit des opérateurs de marché. Le président de l'antenne de la Fed à Dallas, Robert Kaplan, et son homologue à Atlanta, Raphael Bostic, ont tenu hier des propos que l'on peut qualifier de "faucon" car favorable à un ajustement plus rapide que prévu du programme quantitatif à partir duquel la Fed achète 120 Mds$ d'actifs par mois (dont 80 Mds$ de bons du Trésor). Ces propos viennent corroborer avec le scénario central actuel intégré sur les marchés monétaires qui table sur une première hausse de taux aux Etats-Unis dès 2022. À défaut d'enclencher un nouveau rebond du dollar, ils ont au moins eu l'effet d'endiguer le mouvement correctif dont la devise américaine fait l'objet depuis le début de cette semaine. Stable ce matin et bien arrimé au-dessus du seuil de 1,19 $, le taux EUR/USD suivra avec attention ce jeudi les indicateurs de climat des affaires en Allemagne et en France ainsi que les commentaires des banquiers centraux américains. Ils seront pas moins de six à se succéder entre le milieu d'après-midi et la fin de journée.  

 
EUR/GBP - Une ascension de la livre en suspens en attendant la BoE : la livre sterling a débuté la journée de mercredi en atteignant un pic de 11 semaines face à l'euro à moins de 0,8530 £ sur fond d'enthousiasme autour d'une possible trêve entre britanniques et européens sur la frontière nord-irlandaise. La devise britannique n'a néanmoins pas eu l'opportunité d'aller tester ses plus hauts de l'année et la barrière de 0,85 £, la faute à des indicateurs PMI un peu en-dessous des attentes au mois de juin. La propagation rapide du variant Delta aux Etats-Unis et la forte remontée des cas de COVID outre-Manche (nouveau pic de 4 mois atteint mercredi avec plus de 15k nouveaux cas recensés) a poussé le gouvernement à reporter la dernière étape de déconfinement et maintenir certaines restrictions. Cela s'est répercuté sur la performance du secteur des services dont l'activité a reculé en juin alors que le consensus misait plutôt sur une progression (61,7 vs. 62,9 en mai et consensus à 63,0). Retraçant en direction de la barrière de 0,8550 £, la livre aura une nouvelle opportunité de "se faire la malle" ce jeudi à l'occasion de la publication en milieu de journée des conclusions de la réunion monétaire de la Banque d'Angleterre. Si aucun ajustement n'est attendu aujourd'hui au niveau des taux d'intérêt (0,1%) et du programme quantitatif (895 Mds£), les marchés surveillent néanmoins le moindre signe de la part de la banque qui indiquerait une volonté de réduire la voilure et opérer une transition vers une politique moins accommodante. La montée de l'inflation au Royaume-Uni au-dessus de l'objectif de long terme de la banque centrale fixé à 2% a réveillé les débats au Royaume-Uni autour de la légitimité à maintenir de manière prolongée une politique de soutien aussi massive. Au regard du regain d'incertitudes sur le plan sanitaire, la banque centrale pourrait décider d'attendre le mois d'août et la publication des nouvelles projections économiques, ainsi que de nouvelles estimations d'inflation, pour donner un peu plus de lisibilité à son agenda monétaire. Autant un signe d'interventionnisme pourrait égayer la livre sterling, autant un statu quo sans nouveau indice sur les plans de la banque pourrait à l'inverse décevoir les acheteurs de livre et déteindre sur la valorisation de la devise britannique.

 
EUR/AUD - Le dollar australien poursuit son opération rachat : surfant sur la remontée des prix des matières première, et notamment du pétrole qui en Europe a atteint hier un nouveau pic de plus de 2 ans (75 $), le dollar australien poursuit son opération rachat qui consiste à retracer les pertes subies la semaine dernière en marge de la réunion de la FED. Ainsi la devise australienne a réalisé la passe de trois et enchaîné une 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro pour un gain cumulé de +0,7%. Le taux EUR/AUD, que l'on a vu clôturer hier à un creux d'une semaine sous le seuil de 1,5750 A$, demeure très stable ce matin.

 
EUR/CZK - Une hausse de taux qui renvoie la couronne tutoyer ses plus hauts de l'année : comme attendu la banque centrale tchèque a opéré un rehaussement de son taux directeur de +25 pbs à 0,5%. Comme son homologue hongroise mardi, la CNB justifie son choix par une volonté de dompter l'inflation et la forte hausse des prix observée au printemps. Face à cette menace le gouverneur central tchèque a ouvert la porte à la possibilité d'opérer une hausse de taux à chacune des réunions à venir si la situation le justifiait mais a néanmoins indiqué qu'il n'espérait pas devoir en arriver là. En marge de cette réunion monétaire, la couronne tchèque s'est appréciée de +0,5% face à l'euro, portant ainsi ses gains à +0,75% sur la semaine. Le taux EUR/CZK reste orienté à la baisse ce matin et oscille à hauteur du seuil de 25,35 CZK, à quelques encablures seulement de la barrière de 25,26 CZK qui est le point le plus bas enregistré par la paire de change en 2021 (et depuis février 2020).

 
EUR/CLP - La banque centrale chilienne ouvre la porte à une hausse de taux : décidément c'est la thématique du moment au sein des économiques émergentes. Dans le compte rendu de la réunion monétaire de juin on a pu lire que la banque centrale chilienne considérait opérer une première hausse de taux pour contenir la montée de l'inflation. Cette annonce n'a pas laissé le peso chilien indifférent puisque celui-ci a bondi de +0,8% hier face à l'euro et clôturé à son plus haut niveau cette semaine à hauteur de 877 CLP. Un léger mouvement correctif haussier s'observait ce matin sur la paire EUR/CLP.


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