Actualités du marché des devises

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juin 11, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La BCE fait déprimer l'euro,  les devises émergentes à la fête après l'inflation américaine

Tendance du jour : ce matin l'euro se reprend face à un très grand nombre de ses pairs et semble avoir déjà effacé le mauvais souvenir hier d'une BCE très prudente au sujet du retrait de son soutien. L'absence de panique sur les marchés financiers à l'accueil de chiffres d'inflation en nette hausse aux Etats-Unis (dynamique annuelle de l'indice de prix sous-jacent à un pic depuis 1992) est finalement la principale information de la journée. Pas de sentiment d'aversion au risque donc et un dollar qui souffre toujours d'une faible cote de popularité. On sera attentif ce vendredi aux sujets géopolitiques alors que s'ouvre ce vendredi au Royaume-Uni un sommet du G7 de trois jours qui est l'occasion d'assister à la première visite de Joe Biden en Europe depuis son arrivée au pouvoir.

 
EUR/USD - Des forces contrariantes : la montagne a accouché d'une souris. On aurait pu penser que la combinaison BCE et inflation américaine allait créer d'importants remous sur la paire EUR/USD, mais il n'en fut rien. Ce sont les pressions baissières sur l'euro qui ont dominé hier, la faute à une banque centrale européenne qui a fait savoir hier aux marchés qu'il était bien trop tôt pour réduire le soutien, cela en dépit d'une réévaluation à la hausse de sa part des perspectives de croissance et d'inflation sur 2021 et 2022. Maintenant sans surprise ses taux directeurs inchangés hier, la banque centrale a d'ailleurs indiqué qu'elle comptait augmenter le rythme de ses rachats d'actif cet été pour faciliter l'accès au crédit et de ce fait soutenir la reprise économique en Zone Euro. Pas de "tapering" en vue pour le moment pour la BCE qui attend de lire dans les publications économiques les preuves tangibles que la crise est bien derrière nous et que les risques de rechute sont minimes. L'euro était donc sur le reculoir hier mais a tout de même réussi à limiter les pertes. Ce dernier n'a d'ailleurs jamais été en danger hier de chuter sous le seuil 1,21 $, ce qui témoigne de la faiblesse du mouvement de recul. Il faut dire que le dollar pâtit d'une très faible cote de popularité en ce moment et ce n'est pas l'accélération de l'inflation aux Etats-Unis qui a changé les choses. La dynamique annuelle de l'indice général de prix à la consommation a progressé à un rythme plus soutenu que prévu et atteint en mai un nouveau pic depuis 2008 à 5% (vs. consensus 4,7% et 4,2% en avril), tandis que la dynamique annuelle de l'indice sous-jacent a atteint au mois de mai son plus haut niveau depuis 1992 (3,8%) ! Malgré ces résultats inédits, les taux américains sont restés littéralement muets comme si la réserve fédérale américaine avait réussi à ensorceler les marchés et les convaincre qu'elle n'avait pas l'intention de faire le moindre ajustement à court terme qu'elle que soit le niveau de l'inflation sachant qu'à ses yeux les pressions haussières sur les prix ne sont que temporaires et vont dégonfler sur la seconde moitié d'année. La hausse de l'inflation affaiblit les rendements réels offerts par les bons du Trésor américains, lesquels sont aujourd'hui négatifs sur les maturités courtes et longues, et ainsi affaiblit l'attractivité du dollar. D'où sa faiblesse récurrente ce printemps. Le taux EUR/USD semble avoir déjà oublié ses désagréments de la veille et est en hausse ce matin en direction du seuil de 1,22 $ en amont d'une séance qui sera principalement dominée par l'ouverture du sommet du G7 à Cornwall au Royaume-Uni et la publication dans l'après-midi des premières estimations de l'indice Michigan de confiance des ménages aux Etats-Unis au mois de juin (16h00).

 
EUR/GBP - l'influence pesante de la BCE : après trois jours consécutifs de gains, le taux EUR/GBP s'est contracté hier (-0,4%) principalement sous l'influence d'un recul de l'euro qu'à cause d'un renforcement de la livre sterling. La prudence de la BCE à retirer son soutien rapidement a lourdement pesé. La banque européenne apparaît en retard sur certaines autres banques en matière de cycle monétaire dont la Banque d'Angleterre que plusieurs observateurs voient possiblement relever ses taux d'intérêt dès l'année prochaine. Retombant hier sous le seuil de 0,86 £, le taux EUR/GBP a une nouvelle fois vu les pressions baissières s'exerçant sur lui se dégonfler à mesure qu'il se rapprochait du seuil support de 0,8580 £. On surveillera attentivement les variations de la livre sterling ce vendredi car plusieurs éléments pourraient générer quelques secousses. En premier lieu la large série de statistiques économiques publiée ce matin qui inclut notamment les chiffres de croissance de l'économie britannique au mois d'avril ainsi que les statistiques d'activité industrielle et commerciale. L'ouverture ce vendredi au Royaume-Uni d'un sommet du G7, où parmi les nombreux sujets discutés il sera question du conflit entre britanniques et européens sur la gestion de la frontière nord-irlandaise, sera un autre élément auquel la livre sterling sera très attentive.

 
EUR/CHF - La BCE appuie sur la tête de la paire EUR/CHF : Et de 6 à la suite ! La paire EUR/CHF vient d'enregistrer 6 séances consécutives de repli pour une perte cumulée de -0,6%. L'affaiblissement généralisé de l'euro en marge de la réunion de la BCE a influencé le mouvement de repli de la paire de change qui a clôturé jeudi sous le seuil de 1,09 ₣ pour la première fois depuis 15 semaines. Touché mais pas complètement coulé. L'absence de mouvements de panique sur les marchés financiers après la publication de chiffres d'inflation américains bien plus importants que prévu a freiné l'expansion du franc. Le taux est relativement stable ce matin mais ne semble pas en mesure pour le moment de réaliser un retracement haussier.

 
EUR/ZAR& EUR/TRY - Pas de panique, bonne nouvelle : l'absence de vives réactions hier sur les marchés après la publication des chiffres d'inflation aux Etats-Unis a été favorablement accueilli par plusieurs devises émergentes dont on avait observé la veille quelques signes de fébrilité. C'est le cas du rand sud-africain qui a progressé jeudi de +1,1% face à l'euro à 16,55 ZAR, mais aussi de la livre turque qui a engrangé près de 2% de gains face à l'euro et clôturé à un pic de 2 semaines à moins de 10,30 TRY.

 
EUR/RUB - Première hausse de taux en Russie : le consensus table sur une première hausse de taux de 50 pbs à 5,5% de la part de la banque centrale russe en guise de réponse à une inflation qui a atteint en mai un pic de 4 ans de 6%. Oscillant actuellement sur ses plus hauts niveaux depuis près de 3 mois face à l'euro (87,5 RUB) grâce notamment à un rebond de près de 3% sur les 7 dernières séances, le rouble russe semble avoir déjà intégré cette annonce. Les marchés seront attentifs à savoir si ce premier resserrement monétaire en appellera d'autres (biais haussier sur le rouble) ou pas forcément (risque de correction sur le rouble).


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