Actualités du marché des devises

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juin 10, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Place à la volatilité : regards braqués sur la BCE et l'inflation américaine

Tendance du jour : ne nous y trompons pas, le calme ambiant ne présage en rien d'une séance qui pourrait donner lieu à d'importantes secousses sur les marchés des changes. Les regards sont braqués sur deux évènements majeurs : la réunion de la BCE et les chiffres d'inflation aux Etats-Unis. C'est davantage le second cité qui suscite le plus d'incertitudes, pour ne pas dire d'inquiétudes. Une accélération des prix aux Etats-Unis pourrait en effet raviver les débats sur une possible action à venir de la Fed et la fin progressive des politiques de soutien des principales banques centrales. Si le dollar suit avec attention les réactions en marge de la publication de ces indicateurs, plusieurs devises émergentes à l'image du rand sud-africain montrent également de la nervosité.

 
EUR/USD - Un dollar sur le recul avant l'inflation et des regards tournés vers la BCE : hier le taux EUR/USD a fait une percée furtive au-dessus du seuil de 1,22 $ et même touché un pic d'une semaine (1,2220 $), principalement sous l'impulsion d'un repli d'un dollar handicapé par une recul marqué des rendements souverains. En effet, de manière assez paradoxale les taux longs américains ont chuté hier à leur plus bas niveau depuis plus de 3 mois (cas pour les taux souverains 10 ans & 30 ans) alors même que le marché anticipe ce jeudi la publication aux Etats-Unis de nouveaux chiffres d'inflation en hausse malgré un pic depuis 2008 atteint le mois dernier (consensus 4,7% A/A Vs. 4,2% en avril). La faiblesse récurrente du dollar ou encore les opérations massives de rachat de titres de la Fed sous forme de contrats de reverse repo sur 24 heures, ou encore les derniers chiffres moins vigoureux que prévu de l'emploi américain sont les facteurs avancés pour justifier un regain d'appétit pour les titres de dette publique américaine, notamment auprès des investisseurs étrangers. La Fed ne semble pas pressée à l'idée de réduire son soutien monétaire, ce qui laisse augurer encore quelques mois d'injection massive de liquidités au rythme actuel de 120 Mds$ de rachat d'actifs par mois. La poussée de l'EUR/USD n'a pas duré et le taux a retracé en fin de journée sous 1,22 $, probablement à cause d'un effet "BCE". Les marchés pensent que la Banque centrale européenne devrait annoncer cet après-midi un statu quo de sa politique monétaire et repousser à après l'été la décision de réduire ou non son rythme de rachat d'actifs sous le programme d'urgence relatif à la pandémie PEPP (actuellement à 20 Mds€ / semaine). La banque devrait justifier sa décision par un "choix sage" d'attendre la fin de l'été afin d'avoir une meilleure évaluation de l'état de la situation sanitaire et de la conjoncture en Zone Euro. Le communiqué officiel de la Banque centrale européenne sera publié en début d'après-midi (13h45) puis, comme c'est désormais le cas après chaque réunion monétaire, la présidente Christine Lagarde tiendra une conférence de presse (14h30) au cours de laquelle elle reviendra et commentera les nouvelles projections économiques trimestrielles réalisées par la banque. Cela coïncidera avec la publication des statistiques d'inflation aux Etats-Unis. Cela nous promet un après-midi agité. Cela sera-t-il néanmoins suffisant pour extirper le taux EUR/USD du couloir de 1,21-1,22 $ (par le haut ou par le bas) dans lequel il est coincé depuis une semaine ? On peut le penser si des surprises s'observent, aussi bien du côté européen qu'américain.

 
EUR/GBP - Bruxelles menace de sanctions, la livre sterling flanche : depuis plusieurs jours on voit monter - notamment dans la presse - les tensions entre Bruxelles et Londres sur le futur de la frontière nord-irlandaise. Les européens menacent de sanctions si jamais les autorités britanniques ne régularisent pas la situation rapidement et ne rétablissent pas des contrôles aux frontières entre la Grande Bretagne et l'Irlande du Nord, de son côté le Royaume-Uni évoque de prolonger la grâce unilatéralement accordée à l'Irlande du Nord sans consultation préalable avec l'UE. La livre sterling a subi quelques secousses hier mais elles sont restées très modestes. Le taux EUR/GBP a ainsi touché un pic d'une semaine à presque 0,8640 £ mais a vite retracé à l'approche du seuil de 0,8650 £ qu'il n'a pas encore touché en juin. On peut penser que le risque d'escalade de tensions entre les deux voisins est pour le moment réduit du fait de la position des Etats-Unis dans le rôle d'arbitre dans ce conflit. Alors que Boris Johnson rêve depuis son arrivée au pouvoir d'un nouvel accord commercial bilatéral avec les Etats-Unis, Joe Biden a de son côté émis des réserves sur la faisabilité du projet si jamais Londres ne respectait pas ses engagements vis-à-vis de l'UE présents dans l'accord sur le Brexit. Le cas épineux de la frontière nord-irlandaise devrait être très probablement évoqué lors de la première rencontre officielle prévue ce jeudi entre Biden et Johnson, et l'on peut espérer un début de résolution en marge du Sommet du G7 qui débutera demain à Cornwall au Royaume-Uni. Ce matin, le taux EUR/GBP retrace une partie des gains engrangés la veille et reprend la route du seuil de 0,86 £.

 
EUR/CHF - Le seuil de 1,09 ₣ en danger : en amont de la réunion de la BCE dont on craint que le manque d'indications claires de la part de la banque sur son calendrier monétaire frustre les acheteurs d'euro mais également de la publication des chiffres d'inflation aux Etats-Unis qui pourraient générer quelques tensions sur les marchés actions, le franc poursuit sa marche en avant face à l'euro. Le taux EUR/CHF chute ce matin sous le seuil de 1,09 ₣ pour la première fois depuis février dernier. Si on observe néanmoins une certaine résistance de la paire à l'idée de casser ce cap psychologique, cette barrière pourrait tomber si jamais on devait observer une hausse de la volatilité sur les marchés financiers cet après-midi.

 
EUR/HUF - La banque centrale hongroise confirme une hausse de taux à venir en juin : le forint hongrois a engrangé +0,7% de gains face à l'euro et est revenu se positionner à hauteur de ses plus hauts niveaux de l'année (et depuis août 2020) à 346 HUF. Le gouverneur central hongrois a confirmé hier ce que l'on présageait déjà, à savoir que la banque centrale allait amorcer un cycle de hausse de taux pour combattre les pressions inflationnistes dans le pays. En avril, l'inflation en Hongrie a été recensé à 5,1%, soit son plus haut niveau depuis novembre 2012.
 
EUR/ZAR - Un statut de top-performeur en danger ? : le rand sud-africain étant avant la séance d'hier la devise qui enregistrait sur l'année 2021 la meilleure performance face au dollar américain, devant le dollar canadien et le grivna ukrainien. La faiblesse du dollar découlant de la politique ultra-accommodante de la Fed a beaucoup joué dans la bonne performance du rand. Aussi, les acheteurs sont nerveux à l'idée que cette période faste arrive bientôt à son terme et que les décideurs monétaires américains décident très prochainement de réduire leur politique de soutien. D'où la nervosité qui gagne les acheteurs de rand en amont de la publication ce jeudi des chiffres d'inflation aux Etats-Unis, lesquels, si une hausse se confirme, pourraient accentuer la pression sur les épaules de la Fed pour agir rapidement et réduire la voilure en matière de rachats d'actifs. Le rand a cédé mercredi -1,3% face à l'euro et clôturé à un creux d'une semaine à plus de 16,70 ZAR. Le taux EUR/ZAR retrace légèrement ce matin mais on peut s'attendre à de nouveaux mouvements importants dans l'après-midi si jamais l'accélération de l'inflation américaine se révèle plus importante que prévu et déclenche une vague de secousses sur les marchés financiers.

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