Actualités du marché des devises

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juin 07, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un retour des inquiétudes domine les débats

    

Tendance du jour : les marchés des changes amorcent cette nouvelle semaine doucement mais sûrement. Le dollar semble avoir digéré la déception causée par des résultats sur l'emploi mitigé et c'est l'inquiétude qui semble dominer les débats sur cette première séance. Inquiétude tout d'abord autour d'un possible changement de cap monétaire de la part des banques centrales majeures et de la fin plus rapide que prévu des politiques de taux bas. Les réunions monétaires programmées cette semaine au Canada (mercredi) et en Zone Euro (jeudi) seront à suivre cette semaine. Inquiétude également à l'égard de l'inflation et les répercussions néfastes que pourrait provoquer une flambée durable des prix sur la reprise. Les nouvelles statistiques d'inflation en Chine (mercredi) et aux Etats-Unis (jeudi) seront particulièrement scrutées. Inquiétude enfin à l'égard d'une remontée des infections de COVID dans certaines régions du monde. La semaine dernière, l'Australie et plusieurs pays asiatiques étaient ciblés or depuis quelques jours on observe également un début de hausse préoccupante des cas de variants indiens au Royaume-Uni. Si la livre sterling est peu impacté, les devises dites refuges comme le yen, le franc ou encore le dollar sont orientés à la hausse.

   
EUR/USD - Le dollar à nouveau pénalisé par l'emploi : après le (très) bon rapport ADP (+978k créations d'emploi dans le privé en mai), les marchés s'étaient mis à rêver d'une possible surprise positive ce mois-ci au niveau de l'emploi américain. Mal leur en a pris d'être trop optimiste. Les Etats-Unis ont officiellement enregistré +559k créations d'emploi en mai, ce qui se révèle être un résultat mitigé au regard des attentes (consensus : 650k) mais qui en réalité n'est pas de mauvais chiffres. On est sur un volume deux fois plus important qu'en avril (+278k) et supérieur à la moyenne annuelle (+478k). Malgré cette nuance et le fait que le chômage continue de reculer (5,8% en mai = nouveau point bas depuis le début de la pandémie), les taux courts américains se sont vivement replié et le dollar a effacé une partie des gains engrangés jeudi qui l'avaient porté à un pic de 3 semaines face à l'euro à presque 1,21 $. Malgré cette nouvelle défaillance du dollar survenue vendredi, le taux EUR/USD n'a pas réussi à revenir se positionner au-dessus de 1,22 $ et se maintient ce lundi matin sous cette barrière (1,2160 $). On aurait pu croire que la victoire ce weekend de la formation politique d'Angela Merkel en Saxe devant le parti d'extrême-droite AfD constituerait un catalyseur haussier pour l'euro or il n'en est rien. Les positions semblent en effet gelées en amont des deux principales échéances de la semaine, lesquelles se tiendront toutes les deux ce jeudi : 1) la réunion monétaire de la BCE et 2) les nouvelles statistiques d'inflation aux Etats-Unis.

   
EUR/GBP - nouvelle tentative avortée de repli sous 0,86 £ : surfant sur la hausse du taux GBP/USD au niveau d'un seuil plafond vieux de 3 ans situé à 1,42 $, la livre sterling a tenté vendredi dernier de s'écarter du seuil de 0,86 £ face à l'euro et réussi à cette occasion à toucher un pic de trois semaines à 0,8565 £. Cependant, la devise britannique n'a pas réussi à tenir la distance, au même titre que le taux GBP/USD s'est une nouvelle fois cassé les dents sur la barrière de 1,42 £. La paire EUR/GBP a retracé une partie de ses pertes en fin de séance et faisait son retour ce lundi matin au niveau de 0,86 £. Tout est à refaire. Derrière la frilosité de la livre à s'apprécier davantage on peut possiblement y voir la montée graduelle des inquiétudes à l'égard d'une remontée des infections outre-Manche dues à la propagation du variant indien sur le territoire. Alors que le Royaume-Uni a réouvert plus rapidement son économie que ses voisins européens, il faudra surveiller l'évolution de la situation sanitaire au Royaume-Uni et les réponses gouvernementales qui y seront apportées. En attendant, il faudra probablement attendre la fin de semaine pour voir la livre sterling s'agiter à nouveau puisque les principaux indicateurs économiques à suivre au Royaume-Uni seront concentrés sur la dernière séance de la semaine. On surveillera les données de PIB mensuel, ainsi que les statistiques de production industrielle et commerciales.

   
EUR/JPY - Une correction qui se prolonge : la paire EUR/JPY a-t-elle touché un plafond à 134 ¥ ? Cela semble être le cas, au moins temporairement. Le taux a enregistré 3 séances de repli sur les quatre derniers jours ouvrés et est ce matin à nouveau orienté à la baisse. Si les pertes cumulées restent pour l'heure modestes et inférieures à -1% (-0,7% exactement sur le mois de juin), on ne peut s'empêcher de craindre une contraction plus importante au regard de la très forte valorisation du taux de change (pic de 3 ans en mai). Celui-ci oscille actuellement à un creux d'une semaine à quasiment 133 ¥. Si une remontée des cas d'infection de COVID dans le monde venait à se confirmer, il ne serait pas surprenant alors d'assister à une accélération du repli de la paire EUR/JPY.

   
EUR/CAD - L'emploi vient stopper le dollar canadien - alors que la remontée des prix du pétrole à un pic de 2 ans faisait miroiter un nouveau rebond de la devise canadienne, son ascension fut stoppée nette par de nouveaux chiffres plutôt décevants de l'emploi au Canada. Pour le second mois consécutif, le voisin des Etats-Unis a enregistré des destructions d'emploi (-68k en mai Vs. -207k en avril). Le taux de chômage au Canada est remonté en mai pour le second mois d'affilé et est désormais à un plus haut depuis 4 mois (8,2%). Ces résultats mitigés, combinés avec ceux observés la semaine dernière du PIB et d'un rebond moins vigoureux que prévu de la croissance de l'économie canadienne au premier trimestre pourraient avoir des répercussions sur l'agenda monétaire de la Banque du Canada (BoC). Première de cordée dans la course à la réduction du soutien monétaire, la banque centrale canadienne a déjà amorcé une diminution du volume de ses rachats d'actif et faisait miroiter en mai dernier une possible hausse de taux dès le second semestre 2022. Il sera intéressant de voir cette semaine à l'occasion de la nouvelle réunion monétaire de la BoC (mercredi) si cette dernière maintient ses plans inchangés. Alors que le dollar canadien fait figure des meilleurs performeurs de l'année au sein des marchés des changes, sa performance stagne depuis des semaines en raison d'un plafonnement des taux longs canadiens. Cela conforte l'idée que les opérateurs de marché attendent un signe de la banque centrale. Le taux EUR/CAD reste assez stable ce matin au niveau de 1,47 C$, non loin de ses plus bas niveaux depuis un an.


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